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Philippe Agostini (Antécédent bibliographique)
ISBN : 2020066890
Éditeur : Seuil (01/01/1984)

Note moyenne : 3.82/5 (sur 64 notes)
Résumé :
"Nous aimons à retrouver dans cette oeuvre les thèmes familiers de Bernanos, comme nous y retrouvons sa noblesse, sa brûlure, sa voix puissante et douloureuse."
Marcel Arland

"Cette oeuvre prend, à l'heure où nous sommes, comme un regain de signification et d'actualité, car l'angoisse ou la peur est devenue ou est en train de devenir notre élément."
Gabriel Marcel

"Le génies de Bernanos est de nous rendre sensible, une foi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
PhilippeCastellain
  28 décembre 2017
Peut-on aujourd'hui dissocier la pièce de théâtre de Bernanos de l'opéra qu'en fit Francis Poulenc ? Je ne pense pas. Les deux inauguraient, chacun dans leur domaine, un langage nouveau et fort qui ouvrait de multiples voies… Laissées à l'abandon, car ce qu'elles proposaient était bien trop complexe pour les écrivains et compositeurs qui suivirent.

Car ce qui se montre là est impressionnant. Une discussion sur un fer à repasser prend une dimension théâtrale. La lecture d'un décret ou d'un jugement devient musicale. L'agonie d'un des personnages n'est ni la douce mort de Werther ni le rapide coup de couteau de Caligula. C'est une femme malade qui se débat, qui souffre, qui paniquée face à la mort essaye désespérément d'échapper à l'inéluctable. La langue française, si difficile à manier, s'y exprime avec une puissance et une diversité de rythme inimitable.

Il est vrai que l'histoire semblait choisie pour faire fuir d'éventuels élèves. Peu avant la Révolution une jeune aristocrate, Blanche de la Force, entre au Carmel. Outre son naturel très religieux, elle espère y trouver un refuge à son tempérament craintif et son agoraphobie. Expulsées par un décret révolutionnaire, les religieuses doivent retourner à la vie civile. Mais la Terreur fait rage, et la moindre dénonciation ou le plus petit soupçon mènent à la guillotine…

Il y a là de quoi refroidir tout le monde. Les républiques françaises n'ont jamais aimé qu'on s'appesantisse trop sur les envois intensifs à l'abbaye de Monte-à-Regret de la première du nom. Les thèmes abordés – la foi et la vie religieuse, la mort et la peur, le sacrifice et l'orgueil, le courage et la lâcheté – rebuteront les non-croyants ; et ils sont explorés si durement et avec une telle profondeur qu'il y a de quoi perdre la plupart des croyants.

Une tendance à braquer tout le monde typiquement bernanosienne. Quant à Poulenc, son homosexualité combinée à un catholicisme flamboyant en font une provocation vivante pour les cléricaux comme pour les anticléricaux, ou un test pour reconnaître les gens réellement ouverts d'esprit d'un côté et de l'autre.
Aussi pièce et opéra restèrent-ils confinés aux connaisseurs et n'eurent pas le rôle que, je pense, ils auraient du avoir dans le renouvellement de la culture française. le théâtre alla lorgner du côté du Boulevard ou de l'abstrait ; et je n'ai jamais retrouvé une telle puissance et une telle force même dans le metal le plus extrême.
Le ‘Dialogue des Carmélites' résume pour moi tout un avortement de la culture française dans l'après-guerre, dont le principal symptôme fut un maniement de plus en plus laborieux de notre langue, de ses tournures tordues et de sa rythmique complexe. Voila en tout cas ce que je ressens à chaque fois que je l'écoute…
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gabylis
  19 février 2016
Bernanos n'est pas un auteur facile à lire : ses écrits reflètent une âme tourmentée, sa plume nous entraîne des envolées les plus mystiques et les plus hautes, à la bassesse et la faiblesse de l'homme. Impossible de sortir indemne ou indifférent de la lecture d'une de ses oeuvres.
Le Dialogue des Carmélites, pièce de théâtre adaptée à partir d'une nouvelle de Gertrud von le Fort ne fait pas exception. Avec un profond réalisme, Bernanos nous décrit les profondeurs de l'âme humaine : la peur de l'homme face à la mort, les grands désirs, l'héroïsme, la foi pure et joyeuse, ou sévère et janséniste. Force et faiblesse. Grandeur et bassesse.
Le thème central de cette pièce est bien celui de la mort, vécue douloureusement, difficilement, dans la révolte ou dans l'acceptation, comme un sacrifice consenti. Dolorisme diraient certains, ou martyr diraient d'autres. Il n'en reste pas moins que Bernanos fait preuve d'une connaissance de l'âme humaine absolument époustouflante, sur un sujet quelque peu tabou : celui de notre propre confrontation à la mort. Et sous-tend à toute cette oeuvre, cette petite musique, légère et à peine distinguable, celle de la joie, chant délicat de la confiance puisée à la source de la foi en Dieu.
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mercutio
  24 juin 2014
Comme souvent avec les oeuvres de qualité, chacun, dans sa lecture du "Dialogue des Carmélites" aura la possibilité d'hypertrophier le thème résonant le plus fortement en lui, parmi tous ceux proposés par l'auteur.
Indépendamment du contexte historique choisi, particulièrement dramatique et propice aux émotions extrêmes -la Terreur en France- c'est le jeu ironique de Dieu avec la volonté et les pulsions des hommes (ici des femmes, ce qui donne d'ailleurs à l'oeuvre une intensité toute particulière) qui m'a le plus séduit.
En effet, Blanche de la Force renommée "de l'Agonie du Christ", ayant fui au couvent par peur pathologique du siècle et voulant à tout prix y échapper à une mort inéluctable, finit par suppléer volontairement sur l'échafaud Marie de l'Incarnation, celle-là même dont toutes les forces étaient depuis longtemps tendues vers le martyr et qui se trouve de ce fait contrainte d'y renoncer et vivre.
Si on s'affranchit du caractère éminemment religieux de l'oeuvre et encore plus si on est athée, on parlera, non du jeu de Dieu, mais de celui du destin. Et on ne manquera pas de s'interroger sur l'éventuelle pertinence de cet état d'esprit qu'on appelle aujourd'hui le lâcher-prise.
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chartel
  20 décembre 2007
Dernière oeuvre écrite par Georges Bernanos. C'était au départ une commande, un scénario d'après une nouvelle en langue allemande de Gertrud von le Fort, "La dernière à l'échafaud".
L'histoire présente seize carmélites de Compiègnes qui subissent les bouleversements et la tyrannie de la Révolution française. Bernanos y développe le mystère de la peur, et plus particulièrement la peur de la mort, thème central dans l'oeuvre de cet auteur.
Pour les croyants et fervents catholiques, cette pièce pourra peut-être les attendrir devant la foi inébranlable et l'héroïsme de ces carmélites, mais pour les autres, simples impies et athés de tout bords dont je fais partie, on n'en retiendra que le ridicule et la bêtise de petites écervellées qui sont prêtes à aller vers la mort pour un principe, une idée qu'elles ne comprendront jamais.
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Albounet
  18 décembre 2012
Unique pièce de théâtre et ultime oeuvre de Georges Bernanos.
L'auteur introduit des personnages "romanesques" dans un évènement historique. L'action se situe à Paris et à Compiègne en 1789.
Blanche décide d'entrer dans un couvent carmélite au lieu de bénéficier des privilèges que peuvent lui procurer son statut social.
Les émeutes éclatent et menacent de s'en prendre au carmel.
L'oeuvre homonyme de Francis Poulenc est tout aussi exquise.
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Citations et extraits (35) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   15 janvier 2015
La véritable humilité est d'abord une décence, un équilibre.

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PiertyMPiertyM   15 janvier 2015
La vie était pour elle comme remplie à pleins bords d'un breuvage délicieux qui se changeait en amertume dès qu'elle y trempait les lèvres.

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kommienezuspadtkommienezuspadt   18 mars 2016
On dirait qu'au moment de la lui donner, le bon Dieu s'est trompé de mort, comme au vestiaire on vous donne un habit pour un autre. Oui, ça devait être la mort d'une autre, une mort pas à la mesure de notre Prieure, une mort trop petite pour elle, elle ne pouvait seulement pas réussir à enfiler les manches...
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cathcorcathcor   13 avril 2013
Une fois sortis de l'enfance, il faut longtemps souffrir pour y rentrer, comme tout au long de la nuit on retrouve une autre aurore.
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chartelchartel   20 décembre 2007
Les Français ne se sont jamais battus entre eux que pour le compte et au bénéfice d'autrui. Mais ils ont toujours voulu croire qu'ils se battaient pour des principes. Ainsi toute guerre civile tourne en guerre de religion.
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Videos de Georges Bernanos (22) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
Bande annonce de "Mouchette" (Robert Bresson, 1967), par Jean-Luc Godard
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