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Philippe Agostini (Antécédent bibliographique)
EAN : 9782020066891
154 pages
Éditeur : Seuil (01/01/1984)
4.11/5   108 notes
Résumé :
"Nous aimons à retrouver dans cette oeuvre les thèmes familiers de Bernanos, comme nous y retrouvons sa noblesse, sa brûlure, sa voix puissante et douloureuse."
Marcel Arland

"Cette oeuvre prend, à l'heure où nous sommes, comme un regain de signification et d'actualité, car l'angoisse ou la peur est devenue ou est en train de devenir notre élément."
Gabriel Marcel

"Le génies de Bernanos est de nous rendre sensible, une foi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (16) Voir plus Ajouter une critique
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PhilippeCastellain
  28 décembre 2017
Peut-on aujourd'hui dissocier la pièce de théâtre de Bernanos de l'opéra qu'en fit Francis Poulenc ? Je ne pense pas. Les deux inauguraient, chacun dans leur domaine, un langage nouveau et fort qui ouvrait de multiples voies… Laissées à l'abandon, car ce qu'elles proposaient était bien trop complexe pour les écrivains et compositeurs qui suivirent.

Car ce qui se montre là est impressionnant. Une discussion sur un fer à repasser prend une dimension théâtrale. La lecture d'un décret ou d'un jugement devient musicale. L'agonie d'un des personnages n'est ni la douce mort de Werther ni le rapide coup de couteau de Caligula. C'est une femme malade qui se débat, qui souffre, qui paniquée face à la mort essaye désespérément d'échapper à l'inéluctable. La langue française, si difficile à manier, s'y exprime avec une puissance et une diversité de rythme inimitable.

Il est vrai que l'histoire semblait choisie pour faire fuir d'éventuels élèves. Peu avant la Révolution une jeune aristocrate, Blanche de la Force, entre au Carmel. Outre son naturel très religieux, elle espère y trouver un refuge à son tempérament craintif et son agoraphobie. Expulsées par un décret révolutionnaire, les religieuses doivent retourner à la vie civile. Mais la Terreur fait rage, et la moindre dénonciation ou le plus petit soupçon mènent à la guillotine…

Il y a là de quoi refroidir tout le monde. Les républiques françaises n'ont jamais aimé qu'on s'appesantisse trop sur les envois intensifs à l'abbaye de Monte-à-Regret de la première du nom. Les thèmes abordés – la foi et la vie religieuse, la mort et la peur, le sacrifice et l'orgueil, le courage et la lâcheté – rebuteront les non-croyants ; et ils sont explorés si durement et avec une telle profondeur qu'il y a de quoi perdre la plupart des croyants.

Une tendance à braquer tout le monde typiquement bernanosienne. Quant à Poulenc, son homosexualité combinée à un catholicisme flamboyant en font une provocation vivante pour les cléricaux comme pour les anticléricaux, ou un test pour reconnaître les gens réellement ouverts d'esprit d'un côté et de l'autre.
Aussi pièce et opéra restèrent-ils confinés aux connaisseurs et n'eurent pas le rôle que, je pense, ils auraient du avoir dans le renouvellement de la culture française. le théâtre alla lorgner du côté du Boulevard ou de l'abstrait ; et je n'ai jamais retrouvé une telle puissance et une telle force même dans le metal le plus extrême.
Le ‘Dialogue des Carmélites' résume pour moi tout un avortement de la culture française dans l'après-guerre, dont le principal symptôme fut un maniement de plus en plus laborieux de notre langue, de ses tournures tordues et de sa rythmique complexe. Voila en tout cas ce que je ressens à chaque fois que je l'écoute…
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gabylis
  19 février 2016
Bernanos n'est pas un auteur facile à lire : ses écrits reflètent une âme tourmentée, sa plume nous entraîne des envolées les plus mystiques et les plus hautes, à la bassesse et la faiblesse de l'homme. Impossible de sortir indemne ou indifférent de la lecture d'une de ses oeuvres.
Le Dialogue des Carmélites, pièce de théâtre adaptée à partir d'une nouvelle de Gertrud von le Fort ne fait pas exception. Avec un profond réalisme, Bernanos nous décrit les profondeurs de l'âme humaine : la peur de l'homme face à la mort, les grands désirs, l'héroïsme, la foi pure et joyeuse, ou sévère et janséniste. Force et faiblesse. Grandeur et bassesse.
Le thème central de cette pièce est bien celui de la mort, vécue douloureusement, difficilement, dans la révolte ou dans l'acceptation, comme un sacrifice consenti. Dolorisme diraient certains, ou martyr diraient d'autres. Il n'en reste pas moins que Bernanos fait preuve d'une connaissance de l'âme humaine absolument époustouflante, sur un sujet quelque peu tabou : celui de notre propre confrontation à la mort. Et sous-tend à toute cette oeuvre, cette petite musique, légère et à peine distinguable, celle de la joie, chant délicat de la confiance puisée à la source de la foi en Dieu.
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Wyoming
  26 juillet 2018
Dernière oeuvre de Bernanos et pas des moindres. le contexte de la révolution française lui sert de cadre pour exprimer l'abnégation et la foi. Dans cette pièce, il y en a pour tous, croyants et incroyants. Les premiers y verront des martyrs, fervents, connaissant la peur, humains finalement, comme le Christ au jardin des oliviers. Les autres verront inévitablement la force et la grandeur de ces filles qui vont à la mort en chantant. Elles n'ont pas choisi ce supplice et finissent par l'accepter. Bernanos veut démontrer que la confiance est salvatrice, comme l'espérance. Elles ne suffisent pas à l'homme mais le grandissent chaque fois qu'il est héroïque et cela quelles que soient ses convictions.
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camati
  08 septembre 2021
Pour les Dialogues des Carmélites, j'ai tout fait à l'envers : choriste amateure, j'ai d'abord chanté une partie de la partition de l'opéra de F.Poulenc (et joué sans paroles dans les actes 2 et 3), ne m'intéressant d'abord qu'aux lignes des choristes (contrairement au scénario du film, et malgré les coupures, la partition est un pavé). Puis, j'ai voulu découvrir le texte des solistes pour mieux comprendre l'histoire, le contexte, et donc mieux interpréter. Et enfin, j'ai terminé par la lecture du scénario cinématographique de Georges Bernanos.
Je tiens à préciser que je n'étais fan ni de la musique (profane) de Francis Poulenc ni des oeuvres de Georges Bernanos, lues à l'adolescence. C'est l'expérience musicale de l'opéra qui m'avait tout d'abord attirée.
Je précise également que je suis non-croyante mais cette expérience a été inoubliable, intense de bout en bout. Bien sûr, les Carmélites sont des religieuses mais elles sont aussi des êtres humains, avec leurs forces et leurs faiblesses, leurs peurs et leurs joies. En d'autres termes, elles sont comme nous, de simples mortels.
Nous avons chanté cet opéra dans des décors minimalistes et en costumes. Ce n'étaient pas des déguisements, mais de vrais habits de Carmélites que nous avions empruntés au Carmel de Compiègne, d'où étaient originaires les religieuses qui ont été guillotinées. Croyez-moi, endosser un tel habit n'est pas anodin, c'est comme enfiler une seconde peau, et cela vous transforme. Alors non, je ne me suis pas convertie, mais je crois que j'ai ressenti leur émotion et j'ai chanté plus intensément. le séjour en prison, la montée à l'échafaud ont été terribles, m'ont portée au comble de l'émotion. Des larmes ont coulé sur scène et dans la salle. Je vous mets au défi d'écouter le Salve Regina qui les accompagne à la guillotine sans avoir la chair de poule.
En dépit de ce que l'on pourrait croire avant d'entamer cette lecture, les thème abordés nous concernent tous et posent des questions essentielles sur l'être humain, la vie, la mort, le sens du sacrifice.
En conclusion, malgré les handicaps multiples de départ en ce qui me concerne, j'ai réellement apprécié la lecture de ce texte et surtout de l'avoir « vécu » de l'intérieur. On n'en sort pas indemne, même quand on est choriste habituée à chanter de la musique sacrée et à éprouver de fortes émotions.
Je me souviendrai toujours, je crois, des mots de ce spectateur à la fin de notre première représentation : « Waouh… je ne trouve pas de mots. »
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Pas-chacha
  13 octobre 2021
Très difficile de donner son avis sur une oeuvre destinée à être présentée à des spectateurs plutôt qu'à des lecteurs. Et difficile de donner son avis sur une oeuvre d'un tel auteur.
Alors il me reste à dire que j'ai beaucoup aimé: le style, la belle langue, les mots qui coulent mais qui font réfléchir, les personnages qu'on voit si peu mais qui sont pourtant déjà denses, et la description émouvante du courage, de la peur et du sentiment de fraternité de femmes, qu'on comprenne leur chemin ou non.
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Citations et extraits (43) Voir plus Ajouter une citation
PiertyMPiertyM   15 janvier 2015
La véritable humilité est d'abord une décence, un équilibre.

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MartinServalMartinServal   14 janvier 2021
Ma pauvre enfant, un poisson ne saurait vivre hors de l'eau, mais un chrétien peut très bien vivre hors la Loi. Que nous garantissait la Loi ? Nos bien et nos vies. Des bien auxquels nous avons renoncé, une vie qui n'appartient plus qu'à Dieu... Autant dire que la loi ne nous servait pas à grand-chose.
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kommienezuspadtkommienezuspadt   18 mars 2016
On dirait qu'au moment de la lui donner, le bon Dieu s'est trompé de mort, comme au vestiaire on vous donne un habit pour un autre. Oui, ça devait être la mort d'une autre, une mort pas à la mesure de notre Prieure, une mort trop petite pour elle, elle ne pouvait seulement pas réussir à enfiler les manches...
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PiertyMPiertyM   15 janvier 2015
La vie était pour elle comme remplie à pleins bords d'un breuvage délicieux qui se changeait en amertume dès qu'elle y trempait les lèvres.

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chartelchartel   20 décembre 2007
Les Français ne se sont jamais battus entre eux que pour le compte et au bénéfice d'autrui. Mais ils ont toujours voulu croire qu'ils se battaient pour des principes. Ainsi toute guerre civile tourne en guerre de religion.
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Videos de Georges Bernanos (38) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
Rencontres de Chaminadour 2021 : « Lydie Salvayre sur les grands chemins de Georges Bernanos ».
Jean-Basptiste Sastre et comédien et metteur en scène. Après des études au Conservatoire national supérieur d'Art dramatique de Paris, il signe en 1995 sa première mise en scène, Histoire vécue du roi Toto, d'après l'oeuvre d'Antonin Artaud. Il montera par la suite des textes de Genet, Duras, Marlowe, Büchner, Marivaux, Labiche ou Coleridge. Son travail de metteur en scène ne consiste pas seulement à assurer la direction d'acteurs, mais aussi à créer avec ceux qui l'accompagnent, et plus particulièrement les poètes et les plasticiens dont il s'entoure, une esthétique propre à chaque spectacle. À partir de 2005, Jean-Baptiste Sastre, alors lauréat de la Villa Médicis hors les murs à Londres, débute un travail sur le théâtre élisabéthain et tout particulièrement sur La Tragédie du roi Richard II. En 2018, il présente au Festival d'Avignon La France contre les robots de Georges Bernanos, co-adapté avec Gilles Bernanos.
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