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Jacques Julliard (Préfacier, etc.)Jean-Loup Bernanos (Éditeur scientifique)
ISBN : 2253933031
Éditeur : Le Livre de Poche (01/01/1999)

Note moyenne : 3.95/5 (sur 52 notes)
Résumé :
Un demi-siècle après Bernanos, nous pouvons témoigner qu'il a dit vrai, nous pouvons même nous avancer encore plus loin que lui : l'ennemi le plus implacable et le plus destructeur de toute vie de l'esprit, c'est le capitalisme industriel.

Pourquoi ? Parce qu'il détruit toute trace de vie spirituelle avec le consentement et la complicité des intéressés. La tyrannie, les dictatures modernes, le totalitarisme lui-même ne sont jamais parvenus à tuer l'es... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  19 novembre 2018
Violemment ébranlé par la montée des nationalismes, dégoûté par le nazisme et le fascisme qui en ont été la consécration, affolé par ces dictatures qui ont allègrement piétiné les droits de l'homme, mais aussi bouleversé par ces démocraties qui ont choisi de mettre un terme à la deuxième guerre mondiale en lançant sur des populations civiles la bombe atomique, inquiet de la place que prennent déjà le confort, le profit, la machine dans l'ère qui s'annonce, Bernanos, presque au terme de sa vie, trempe sa plume dans le vitriol et adresse une harangue aussi mordante que visionnaire aux jeunes gens et jeunes filles qui feront l'histoire de demain...
Imbéciles, nous dit-il, avec une tendresse teintée de mépris, imbéciles, vous abdiquez chaque jour un peu de votre liberté, de votre responsabilité, accordant ainsi aux états un pouvoir inconsidéré sur la vie individuelle.
Dans votre désir de confort, se devine un conformisme qui a déjà transformé l'égalité en conformité: quel progrès y a-t-il à vous voir tous pareils, si ce n'est qu'on peut plus facilement vous guider, vous manipuler, vous conditionner?
Imbéciles, le marché, le libéralisme économique, sont les nouveaux monstres qui se nourrissent de l'abdication de votre jugement et de votre liberté...
C'est de votre aveuglement, de vos faiblesses qu'ils croissent et se fortifient, puissamment secondés par les machines...
Un texte fort. Visionnaire. Qui secoue l'imbécile en nous!
L'appel à la révolte, chez Bernanos, bien sûr, va de pair avec celui de la Foi- mais chacun peut l'entendre à sa facon, croyant ou non : la foi de Bernanos est celle des pauvres, celles des anarchistes, celle des révoltés : on peut l' entendre comme une forme de courage, courage à espérer et courage à agir.
À relire...ou écouter dans le remarquable spectacle créé par Hiam Abbas, Jean-Baptiste Sastre et Gilles Bernanos ( petit-fils de..).
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Godefroid
  20 décembre 2015
Ecrire sur ce texte est un vrai défi. On pourrait empiler les adjectifs : pamphlétaire, cogneur, affligé, révolté, ceci pour la forme ; humaniste, écologiste, incroyablement prophétique pour le fond. Bernanos s'érige en critique de la technique comme d'autres avant lui, tout en poussant le bouchon de manière originale et intuitive, à un point véritablement sidérant : la course aux bien matériels, l'abandon de tout esprit critique, l'abandon de la liberté vraie, c'est-à-dire l'asservissement de l'homme aux machines et aux gadgets, la mondialisation de l'économie, l'illusion de la vitesse, la maladie de la gestion, l'abandon des valeurs morales, la déresponsabilisation des individus (désormais éloignés des conséquences de leurs actes, qu'ils ne veulent plus voir de toute façon), et "cette forme abjecte de la Propagande qui s'appelle la Publicité"... Bernanos désigne dès 1945 les maux qui accablent la société occidentale de 2015, celle-là même qui sert à présent de modèle (clinquant) à une humanité qui est en passe de perdre tout repère à sa mesure, la pente étant inexorable, dramatiquement. On pourrait aussi empiler les citations... il faudrait alors recopier un quart de l'ouvrage.
Il faut, pour être juste, souligner également les quelques égarements de l'auteur qui peuvent très facilement être excusés, résultat d'un optimisme viscéral (la confiance dans les jeunes générations qui sauront démystifier les fausses idoles et recouvrer leur liberté d'hommes... chose que l'on attend toujours), ou bien du contrecoup subit au sortir des terribles horreurs de la 2e guerre mondiale. Il reste de ce magistral coup de gueule des imprécations édifiantes qui secouent mille fois plus que certain gentil opuscule nous exhortant à nous indigner avec un point d'exclamation.
Quelques unes, pour la route – rappelez-vous, écrites en 1945 :
* La plus redoutable des machines est la machine à bourrer les crânes, à liquéfier les cerveaux
* Etre informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles
* Qui de nous est sûr, non seulement de résister à tous les slogans, mais aussi à la tentation d'opposer un slogan à un autre ?
* L'état technique n'aura demain qu'un seul ennemi : "l'homme qui ne fait pas comme tout le monde" – ou encore : "l'homme qui a du temps à perdre" – ou plus simplement si vous voulez : "l'homme qui croit à autre chose qu'à la technique".
* Il y a 150 ans, tous ces marchands de coton de Manchester – Mecque du capitalisme universel – qui faisaient travailler dans leurs usines seize heures par jour des enfants de douze ans que les contremaitres devaient, la nuit venue, tenir éveillés à coup de baguette, couchaient tout de même avec la Bible sous leur oreiller. Lorsqu'il leur arrivait de penser à ces milliers de misérables que la spéculation sur les salaires condamnait à une mort lente et sure, ils se disaient qu'on ne peut rien contre les lois du déterminisme économique voulu par la Sainte Providence, et ils glorifiaient le bon Dieu qui les faisaient riches... Les marchands de coton de Manchester sont morts depuis longtemps, mais le monde moderne ne peut les renier, car ils l'ont engendré matériellement et spirituellement.
* Un jour on plongera dans la ruine du jour au lendemain des familles entières parce qu'à des milliers de kilomètres pourra être produite la même chose pour deux centimes de moins à la tonne.
* Nous n'assistons pas à la fin naturelle d'une grande civilisation humaine, mais à la naissance d'une civilisation inhumaine qui ne saurait s'établir que grâce à une vaste, à une immense, à une universelle stérilisation des hautes valeurs de la vie.
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NMTB
  19 décembre 2014
Georges Bernanos a d'abord publié ce livre au Brésil, à la fin de la deuxième guerre mondiale, pendant son exil. Il a pour sujet l'avenir de l'humanité et l'éventuel rôle que la France, pays de la Révolution et de la Liberté, aurait à jouer dans cet avenir.
Il m'a beaucoup rappelé le livre de Simone Weil, « L'enracinement », écrit à peu près à la même période. Les deux auteurs se rejoignent sur le rôle néfaste de l'Etat qui, en France, a remplacé le mot de patrie par celui de nation et dans d'autre pays a pu aboutir au totalitarisme. Si mes souvenirs sont exacts, Weil insistait sur le rapport des français aux impôts et à la police. Bernanos s'en prend davantage à la conscription et au fichage, à commencer par les cartes d'identité. Mais les deux auteurs partagent une même aversion face à l'oppression et la toute-puissance de l'Etat. Tous les deux s'interrogent aussi sur l'Histoire de France et peut-être se rejoignent-ils encore sur ce point : la France est traditionnellement un pays de révolte. En tout cas, pour Bernanos, c'est évident, il l'écrit clairement dans « La France contre les robots ».
Et Bernanos est révolté par la mise à mort industrielle de la guerre moderne. La Technique est la cible privilégiée de Bernanos. Peut-être un peu trop alarmiste, marqué par la guerre, Bernanos est quand même étonnant par son ton prophétique.
D'un point de vue formel, « La France contre les robots » est un modèle de pamphlet. Pas seulement un livre écrit pour provoquer l'indignation ou le rire aigre, mais aussi un discours qui sait enflammer et faire vibrer. L'édition du Castor Astral est complétée par des lettres et des conférences écrites au Brésil sur le même sujet et parfois inédites.
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nadejda
  23 novembre 2010
Un livre que l'on croirait écrit aujourd'hui alors qu'il date de 1944. Visionnaire.
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Liloochat
  18 juin 2017
Tout d'abord je souhaite remercier Babelio et la maison d'éditions le Castor Astral qui m'ont permis via l'opération Masse Critique, de découvrir ce livre !
Et j'en suis très heureuse car ce livre est une vrai pépite ! En effet il faut remettre les choses dans le contexte, Georges Bernanos, qui a écrit ce livre il y a plus de 60 ans maintenant, dépeint ici un tableau visionnaire pour son époque car lorsqu'on lit son oeuvre on s'aperçoit qu'il avait prédit une grande partie de notre société actuelle au sujet notamment de la liberté.
Par exemple il s'insurge devant le fait que les criminels à l'époque devaient laisser leur empreintes, et aujourd'hui on sait qu'il n'y a plus qu'eux, puisque pour faire une carte d'identité nous devons systématiquement désormais laissé nos empreintes.
L'ensemble du livre est ainsi, l'auteur nous relate des événements de son temps qui le choque ou qu'il analyse et lorsque nous faisons le parallèle avec notre vie actuelle on s'aperçoit qu'il avait vu juste il y a plus de 60 ans.
Bien qu'un essai, la lecture n'est pas trop compliquée, elle est accessible à tous. Même si effectivement l'auteur fait certaine fois des références à des faits historiques, celui qui ne les connait pas, pourrait sans même aller s'informer, comprendre ce dont il s'agit. Des mots techniques sont présents mais sans la compréhension de ceux-ci, le lecteur peux également comprendre le sens du reste car en général l'auteur vulgarise la notion.
Enfin j'ai beaucoup aimé la préface de Pierre-Louis Basse, qui introduit de manière fort intéressante cet ouvrage.
Enfin pour conclure, je pense que vous l'aurez compris, j'ai beaucoup apprécié ce livre qui comme 1984 de Georges Orwell fait pour moi partie des livres d'anticipation tristement devenus réalités …
Lien : https://lecturesdepau.wordpr..
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Citations et extraits (69) Voir plus Ajouter une citation
hupomnematahupomnemata   16 novembre 2013
Assez de grimaces, hypocrites! Torchez-vous une dernière fois les yeux, et revenons si vous le voulez bien à l'aviateur bombardier. Je disais donc que le brave type qui vient de réduire en cendres une ville endormie se sent parfaitement le droit de présider le repas de famille, entre sa femme et ses enfants, comme un ouvrier tranquille sa journée faite. "Quoi de plus naturel!" pense l'imbécile, dans sa logique imbécile, "ce brave type est un soldat, il y a toujours eu des soldats". Je l'accorde. Mais le signe inquiétant, et peut-être fatal, c'est que précisément rien ne distingue ce tueur du premier passant venu, et ce passant lui-même, jusqu'ici doux comme un agneau, n'attend qu'une consigne pour être tueur à son tour, et, devenant tueur, il ne cessera pas d'être agneau. Ne trouvez-vous pas cela étrange? Un tueur d'autrefois se distinguait facilement des autres citoyens, non seulement par le costume, mais par sa manière de vivre. Un vieux routier espagnol, un lansquenet allemand, ivrogne, bretteur et paillard, se mettaient, comme d'eux-mêmes, en dehors, ou en marge de la communauté. Ils agissaient ainsi par bravade sans doute, mais nous savons que la bravade et le cynisme sont toujours une défense, plus ou moins consciente, contre le jugement d'autrui, le masque d'une honte secrète, une manière d'aller au-devant d'un affront possible, de rendre terreur pour mépris. Car le routier espagnol, le lansquenet allemand se jugeaient, eux aussi, de simples instruments irresponsables entre les mains de leurs chefs, mais n'en étaient pas fiers. Ils préféraient qu'on les crût plutôt criminels que dociles. Ils voulaient que leur irresponsabilité parût venir plutôt de leur nature, de leurs penchants, de la volonté du Bon Dieu, auquel ils croyaient en le blasphémant. Le bombardier d'aujourd'hui, qui tue en une nuit plus de femme et d'enfants que le lansquenet en dix ans de guerre, ne souffrirait pas qu'on le prît pour un garçon mal élevé, querelleur. "Je suis bon comme le pain, dirait-il volontiers, bon comme le pain et même, si vous y tenez, comme la lune. Le grincement de la roulette du dentiste me donne des attaques de nerfs et je m'arrêterais sans respect humain dans la rue pour aider les petits enfants à faire pipi. Mais ce que je fais, ou ne fait pas , lorsque je suis revêtu d'un uniforme, c'est-à-dire au cours de mon activité comme fonctionnaire de l'État, ne regarde personne."
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hupomnematahupomnemata   14 novembre 2013
Le système n'admet pas de mécontents. Le rendement d'un mécontent - les statistiques le prouvent - est inférieur de trente pour cent au rendement normal, et de cinquante ou soixante pour cent au rendement d'un citoyen qui ne se contente pas de trouver sa situation supportable - en attendant le Paradis -, mais qui la tient pour la meilleure possible. Dès lors, le premier venu comprend très bien quelle sorte de collaborateur le technicien est tenu logiquement de former. Il n'y a rien de plus mélancolique que d'entendre les imbéciles donner encore au mots de Démocratie son ancien sens. Imbéciles ! Comment diable pouvez-vous espérer que la Technique tolère un régime où le technicien serait désigné par le moyen du vote, c'est-à-dire non pas selon son expérience technique garantie par des diplômes, mais selon le degré de sympathie qu'il est capable d'inspirer à l'électeur? La société moderne est désormais un ensemble de problèmes techniques à résoudre. Quelle place le politicien roublard, comme d'ailleurs l'électeur idéaliste, peuvent-ils avoir là-dedans? Imbécile ! Pensez-vous que la marche de tous ces rouages économiques, étroitement dépendants les uns des autres et tournant à la vitesse de l'éclair, va dépendre demain de bon plaisir des braves gens rassemblés dans les comices pour acclamer tel ou tel programme électoral? Imaginez-vous que la Technique d'orientation professionnelle, après avoir désigné pour quelque emploi subalterne un citoyen jugé particulièrement mal doué, supportera que le vote de ce malheureux décide, en dernier ressort, de l'adoption ou du rejet d'une mesure proposée par la Technique elle-même? Imbéciles ! chaque progrès de la Technique vous éloigne un peu plus de la démocratie rêvée jadis par les ouvriers idéalistes du faubourg Saint-Antoine.
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hupomnematahupomnemata   16 novembre 2013
La Civilisation des machines a besoin, sous peine de mort, d'écouler l'énorme production de sa machinerie et elle utilise dans ce but - pour employer l'expression vengeresse inventée au cours de la dernière guerre mondiale par le génie populaire - des machines à bourrer le crâne. Oh! Je sais, le mot vous fait sourire. Vous n'êtes même plus sensibles au caractère réellement démoniaque de cette énorme entreprise d'abêtissement universel, où l'on voit collaborer les intérêts les plus divers, des plus abjects aux plus élevés - Car les religions utilisent déjà les slogans. Politiciens, spéculateurs, gangsters, marchands, il ne s'agit que de faire vite, d'obtenir le résultat immédiat, coûte que coûte, soit qu'il s'agisse de lancer une marque de savon, ou de justifier une guerre, ou de négocier un emprunt de mille milliards. Ainsi les bons esprits s'avilissent, les esprits moyens deviennent imbéciles, et les imbéciles, le crâne bourré à éclater, la matière cérébrale giclant par les yeux et par les oreilles, se jettent les uns sur les autres, en hurlant de rage et d'épouvante.
Ne pas comprendre! Il faudrait un peu plus de coeur que n'en possèdent la plupart des hommes d'aujourd'hui pour ressentir la détresse de ces êtres malheureux auxquels on retire impitoyablement toute chance d'atteindre le petit nombre d'humbles vérités auxquelles ils ont droit, qu'un genre de vie proportionné à leurs modestes capacités leur aurait permis d'atteindre, et qui doivent subir, de la naissance à la mort, la furie des convoitises rivales, déchaînées dans la presse, la radio. Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles. Toute la vie d'un de ces infortunés ne suffirait pas probablement à lui permettre d'assimiler la moitié des notions contradictoires qui, pour une raison ou pour une autre, lui sont proposées en une semaine. Oui, je sais que je suis presque seul à dénoncer si violemment ce crime organisé contre l'esprit. Je sais que les imbéciles dont je prends ainsi la défense n'attendent que l'occasion de me prendre, ou peut-être de me manger, car où s'arrêtera leur colère? N'importe! Je répète que ce ne sont pas les Machines à tuer qui me font peur.
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michfredmichfred   18 novembre 2018
Être informé de tout et condamné ainsi à ne rien comprendre, tel est le sort des imbéciles. Toute la vie d’un de ces infortunés ne suffirait pas probablement à lui permettre d’assimiler la moitié des notions contradictoires qui, pour une raison ou pour une autre, lui sont proposées en une semaine. Oui, je sais que je suis presque seul à dénoncer si violemment ce crime organisé contre l’esprit. Je sais que les imbéciles dont je prends ainsi la défense n’attendent que l’occasion de me pendre, ou peut-être de me manger, car où s’arrêtera leur colère ? N’importe ! je répète que ce ne sont pas les Machines à tuer qui me font peur. Aussi longtemps que tueront, brûleront, écorcheront, disséqueront les Machines à tuer, nous saurons du moins qu’il y a encore des hommes libres, ou du moins suspects de l’être. La plus redoutable des machines est la machine à bourrer les crânes, à liquéfier les cerveaux.
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hupomnematahupomnemata   12 novembre 2013
L'objection qui vient aux lèvres du premier venu, dès qu'on met en cause la Machinerie, c'est que son avènement marque un stade de l'évolution naturelle de l'Humanité! Mon Dieu, oui, je l'avoue, cette explication est très simple, très rassurante. Mais la Machinerie est-elle une étape ou le symptôme d'une crise, d'une rupture d'équilibre, d'une défaillance des hautes facultés désintéressés de l'homme, au bénéfice de ses appétits? Voilà une question que personne n'aime encore se poser. Je ne parle pas de l'invention des machines, je parle de leur multiplication prodigieuse, à quoi rien ne semble devoir mettre fin, car la machinerie ne crée pas seulement les machines, elle a aussi les moyens de créer artificiellement de nouveaux besoins qui assureront la vente de nouvelles machines. Chacune de ces machines, d'une manière ou d'une autre, ajoute à la puissance matérielle de l'homme, c'est-à-dire à sa capacité dans le bien comme dans le mal. Devenant chaque jour plus fort, plus redoutable, il serait nécessaire qu'il devînt chaque jour meilleur. Or, si effronté qu'il soit, aucun apologiste de la Machinerie n'oserait prétendre que la Machinerie moralise. La seule machine qui n'intéresse pas la Machine, c'est la machine à dégoûter l'homme des machines, c'est-à-dire d'une vie entière orientée par la notion de rendement, d'efficience et finalement de profit.
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Videos de Georges Bernanos (31) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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