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ISBN : 2259024394
Éditeur : Plon (12/09/1999)

Note moyenne : 3.38/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Bernanos Georges – La Joie : Voici la suite de L’imposture. M. de Clergerie, sa mère (qui joue la comédie de la folie) et sa fille, Chantal, ont provisoirement quitté Paris pour un séjour à Laigneville. Ils profitent de l’agréable été normand. Au cours d’une discussion avec son père, la jeune Chantal laisse percevoir sa nature mystique, sa pureté et sa simplicité, mais elle ne se sent pas prête pour prendre le voile. Son père souhaite pourtant qu’elle s’établisse: i... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
PiertyM
  15 avril 2016
J'aime bien la vieille littérature, celle du XIXe et XXe siècle, j'adore! Mais avec la joie de Bernanos, j'en sors avec un avis très mitigé, les personnages m'ont déroutés un peu, ils étaient presque tous des Georges Bernanos, c'est l'auteur qui s'est plus révélé on dirait dans sa relation avec Dieu, le livre s'apparente plus à un essai plutôt qu'à un roman malgré des longs dialogues...
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NMTB
  29 septembre 2017
Dans les journaux une telle histoire ne serait rapportée que dans la page des faits divers, parmi d'autres, Georges Bernanos en fait un drame surnaturel d'une intensité incroyable. Ça s'appelle le talent. Un roman terrible avec du mystère, des choses qu'il faut comprendre à demi-mots, d'autres qui restent obscures, des intrigues qu'on découvre peu à peu, une fin en coup de tonnerre et de superbes dialogues. Il ne faut pas lire « La Joie » sans avoir lu avant « L'Imposture » (malheureusement un peu plus fastidieux), ce serait dommage car beaucoup d'aspects de l'intrigue principale y trouvent leur source.
Avec un tel nom, la famille de Clergerie, la grand-mère, le père, la mère morte et la fille pourraient être un symbole du clergé et peut-être même de l'ensemble de l'Eglise catholique. Je ne sais pas jusqu'à quel point il faut interpréter ces symboles, et s'il faut aller jusqu'à faire de « L'Imposture » et de « La Joie » des romans à clef, car on trouve dans la réalité des personnes qui ont probablement inspirées Bernanos (j'ai vaguement lu, il y a quelques années, le livre « De L'Angoisse à L'Extase » de Pierre Janet, et je ne serais pas surpris que ce professeur ait été un modèle du docteur La Pérouse). Je pense que l'essentiel n'est pas là, c'est avant tout une oeuvre d'imagination sur la vie d'une jeune fille toute simple et d'une humilité à toute épreuve.
L'aventure de Chantal est une aventure spirituelle, il y a une graduation dans ses souffrances et son élévation, on la voit passer de l'innocence de l'enfance à la pure sainteté, et cela sans éclat, dans les conditions d'une vie commune. Toute l'action du roman a lieu dans la propriété de son père, et bien qu'elle soit une maison correcte et bourgeoise, une ambiance sournoisement maléfique y règne ; ce sont les domestiques qui le ressentent le plus, mais tout le monde est dans l'attente d'un évènement catastrophique. Tout est en tension sous-jacente et en non-dit, rien de spectaculaire, mais les personnages qui entourent Chantal sont autant d'épreuves pour elle et elles sont toutes de plus en plus périlleuses ; il s'agit qu'elle ne perde ni sa charité ni sa joie.
D'abord face à Fiodor, le chauffeur de M. de Clergerie, joueur invétéré au grand bagout (il y aurait beaucoup à dire sur ce personnage dostoïevskien), ensuite face à sa grand-mère, en apparence une vieille folle avare, puis son (pas très) propre père tout aussi empêtré dans ses remords indéfinis. Enfin la grande épreuve temporelle face à M. La Pérouse, psychanalyste de son état. Déjà Bernanos mettait la psychanalyse et la religion en concurrence dans « L'Imposture », d'une manière presque informulée, mais dans « La Joie » il les oppose carrément et critique la psychanalyse en la personne du docteur La Pérouse, un alcoolique amoraliste. Je pense que Bernanos ne voyait aucun intérêt aux mécanismes de la psyché sans la reconnaissance de la primauté morale. La confession plutôt que l'analyse.
Mais la confrontation spirituelle n'arrive qu'avec l'abbé Cénabre de « L'Imposture ». A vrai dire, la pauvre Chantal attire la corruption comme le miel les mouches. C'est comme si tous les corrompus cherchaient la rédemption auprès d'elle, comme si elle pouvait la donner, comme si elle éclairait le fond de leur âme involontairement, la grande révélatrice. Alors forcément on se demande comment le grand imposteur qui avait déjà résisté au vieil abbé Chevance va se comporter face à cette jeune fille. Va-t-elle réussir là où son maître a échoué ?
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brigittelascombe
  23 avril 2012
Entre lumière et ténèbres, Georges Bernanos dans La joie, mystique torturé, jette le lecteur avec force dans le spectacle dantesque, celui de la pure, "trop sage" Chantal de Clergerie, emplie de la joie de Dieu, qui, par "simple ignorance de sa vie intérieure" plonge dans "le regard ténébreux" semblable à celui "des bêtes corrompues"du Colonel Fiodor, chauffeur russe de son père, qui la devine.
L'enfer de Bernanos, brûlerait-il semblable à celui de Sartre dans Huis-clos (dont les mots d'Ines sont un exemple: "Vous m'avez volé jusqu'à mon visage, vous le connaissez et je ne le connais pas.")?
Mais se connait-on vraiment soi-même et qui peut vraiment prétendre nous connaître?
Seule la mort, la folie ou l'oubli délivrent du paradoxe.
Une oeuvre classique magistrale!
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brigittelascombe
  22 avril 2012
"Méfiez-vous de ce qui trouble" lui avait conseillé l'Abbé Chevance.
Chantal de Clergerie, (entre un père veuf académicien égoïste qui rêve de la voir "entrer en religion" et une grand-mère sénile "méchante femme"), pure,bonne,trop claire,trop confiante; se voit un jour troublée par l'insolent Colonel Fiodor, le chauffeur russe "habillé comme un prince" "au regard d'une fixité ténébreuse".
Il est "l'ennemi", "l'homme à craindre". Et cette jeune fille qui "donne sa joie", "parle à Dieu", devenant lucide va ressentir douloureusement sa propre solitude, son vide, ses imperfections.
Cacherait-elle un secret? Le piège se refermera-t-il sur elle?
La joie (prix Fémina 1929) de Georges Bernanos (écrivain français académicien du XX° siècle déchiré et mystique) exulte de ferveur catholique, campe un portrait fort de Chantal de Clergerie, incarnant le bien confrontée au mal et à ses propres doutes et critique l'éducation trop stricte des jeunes filles élevées au couvent , (proies faciles, qui ne savent rien de la vie).
Un peu trop alambiqué à mon goût!
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
NMTBNMTB   27 septembre 2017
Oh ! non ! je ne méprise personne. Quoi que je fasse, moi-même je n’arriverais pas à me mépriser. Le mépris est le poison de la tristesse, monsieur La Pérouse. La tristesse bue, c’est lui qui reste au fond… une boue noire, amère. Et si malheureuse que je puisse être un jour, la tristesse n’aura pas de part en moi, jamais… Vous ne me faites plus peur, monsieur La Pérouse, ni vous, ni les autres. Jadis je craignais le mal ; non pas comme on doit le craindre, j’en avais horreur. Je sais à présent qu’il ne faut avoir horreur de rien. Une fille pieuse, qui entend sa messe, communie, cela vous paraît bien sot, bien puéril ; vous avez vite fait de nous prendre pour des innocentes… Hé bien, nous en savons parfois plus long sur le mal que bien des gens qui n’ont appris qu’à offenser Dieu. J’ai vu mourir un saint, moi qui vous parle, et ce n’est pas ce qu’on imagine, cela ne ressemble pas à ce qu’on lit dans les livres ; il faut tenir ferme là-devant : on sent craquer l’armure de l’âme. Alors, j’ai compris ce qu’était le péché… Le péché, nous sommes tous dedans, les uns pour en jouir, d’autres pour en souffrir, mais à la fin du compte, c’est le même pain que nous rompons au bord de la fontaine, en retenant notre salive, le même dégoût.
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NMTBNMTB   25 septembre 2017
« Qu’ai-je fait ? répète-t-elle tristement. Quelle faute ai-je commise ? »
L’idée ne lui vint pas qu’elle souffrait peut-être sans raison, sans but, que la question posée n’a pas de réponse possible, que son angoisse est faite pour se perdre, avec tant d’autres, dans la sérénité universelle, ainsi qu’un cri ne dépasse pas un certain cercle de l’espace, et, hors de ce cercle, n’est rien. […] Mais le jour vient où la vie brise pour jamais la céleste insouciance des petits, impose tout à coup le choix décisif, substitue instantanément la résignation à la joie.
« Je ne suis pas résignée ! disait-elle jadis à son vieil ami. La résignation est triste. Comment se résigner à la volonté de Dieu ? Est-ce qu’on se résigne à être aimée ? » Cela lui paraissait clair, trop clair. Seulement, il y a sans doute dans la volonté de Dieu une part que le triste amour humain ne saurait réduire tout entière, incorporer parfaitement à sa propre substance. La grande soif, la Soif éternelle s’est détournée des sources vives, n’a voulu que le fiel et le vinaigre, n’a désiré que l’amertume.
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NMTBNMTB   24 septembre 2017
Sans doute, elle n’ignorait pas le mal et n’avait jamais feint de l’ignorer, trop sensible et trop vive pour se dissimuler à soi-même, comme tant d’ingénues volontaires, certaines méfiances et certains dégoûts, mais sa droiture était la plus forte. Ce pressentiment du péché, de ses dégradations, de sa misère, restait vague, indéterminé, parce qu’il faut la déchirante expérience de l’admiration ou de l’amitié déçue pour nous livrer le secret tragique du mal, mettre à nu son ressort caché, cette hypocrisie fondamentale, non des attitudes, mais des intentions, qui fait de la vie de beaucoup d’hommes un drame hideux dont ils ont eux-mêmes perdu la clef, un prodige de duperie et d’artifice, une mort vivante. Mais qui peut décevoir celle qui croit d’avance ne posséder ni mériter rien, n’attend rien que de l’indulgence ou de la charité d’autrui ? Qui peut décevoir la joyeuse humilité ? L’agonie du vieux prêtre avait pourtant fait ce miracle.
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moraviamoravia   11 février 2018
Tu ne sais rien du monde, tu n’en veux rien savoir, c’est tellement plus simple ! Ta mère prétendait déjà marcher à travers les chemins boueux avec la petite pantoufle de Cendrillon. Oui, il fallait que tu l’apprisses un jour ou l’autre, le monde n’est pas fait pour les anges. Je suis un catholique irréprochable, j’ai consacré une partie de ma vie à l’histoire de l’Eglise et je dis : le monde n’est pas fait pour les anges. J’ajoute même : tant pis pour les anges qui s’y hasardent sans précaution !
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PiertyMPiertyM   13 avril 2016
Toute vie surnaturelle a sa consommation dans la douleur, mais l’expérience n’en a jamais détourné les saints.
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Videos de Georges Bernanos (32) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Georges Bernanos
Dictionnaire amoureux des saints Christiane Rancé Alain Bouldouyre Plon, mars 2019 Collection Dictionnaire amoureux
Présentation des saints de la religion chrétienne. Leur histoire, leur parcours, leur rôle ainsi que leurs caractéristiques sont détaillés, de Jean-Baptiste de la Salle à Jean-Paul II en passant par Paul de Tarse, Thérèse de Lisieux ou François d'Assise. La notion de sainteté est abordée à travers le point de vue de ceux qui l'ont célébrée tels Emil Cioran, Jean Cocteau ou Georges Bernanos. ©Electre 2019
https://www.laprocure.com/dictionnaire-amoureux-saints-christiane-rance/9782259248624.html
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