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EAN : 9782812601897
231 pages
Éditeur : Editions du Rouergue (09/02/2011)

Note moyenne : 4/5 (sur 3 notes)
Résumé :

En janvier 2005 Catherine Bernard, quarante ans, journaliste originaire de l'Ouest de la France, achète trois hectares d'une parcelle dans les coteaux du Languedoc et s'installe comme vigneronne. Elle commence une autre vie, une nouvelle vie. Ce livre est le récit de son installation dans une région viticole bien particulière, le Languedoc, transformée dans les années 1960 par l'installation des pieds-noirs et où l'on ar... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
ChezLo
  16 mars 2020
Catherine Bernard a longtemps été journaliste dans la région nantaise. A 40 ans, en plus des mots qui la constituent, elle ressent l'appel des vignes et achète trois hectares d'une parcelle - La Carbonelle - en coteaux du Languedoc et devient une néo, une femme d'ailleurs qui s'installe comme vigneronne. Une double étrangère dans l'univers viticole macho et vieillissant de Saint Drézéry, commune de l'est de Montpellier. Commence alors non pas une aventure, terme trop galvaudé, mais une renaissance, une reconversion, un nouvel apprentissage au rythme de la vigne, sa taille, son entretien, sa vendanges, des achats à faire en amont puis après l'embouteillage. Elle raconte le nouvel univers qui est le sien, qu'elle apprivoise sans totalement y adhérer, dont elle veut comprendre l'histoire tout en gardant sa liberté d'innover et d'être libre de toujours aimer la fraîcheur et l'acidité des vins de Loire, ses amours d'antan. Mois après mois, elle dévoile sa première année, son premier cru, ses premières bouteilles.
Dès les premières pages, ce récit me séduit. D'abord par la femme qui se dessine derrière cette plume, cette écriture maîtrisée, nette, agréable. Et puis par le thème et sa proximité géographique. Je réalise ensuite qu'il s'agit de la même vigneronne ayant publié son cri d'alarme à l'heure du pic de canicule du 29 juin 2019 dans l'Hérault et le Gard quand nombre de pieds se retrouvèrent brûlés au chalumeau des cieux.
A la fois pédagogique, le récit qu'elle fait de sa première année nous emmène vraiment dans les vignes, dans ses vignes et un peu les autres de la région, au magasin Gamm Vert de Castries, héritage de la Copal destinée aux viticulteurs, pour s'équiper, nous dit les cépages typiques comme le marselan, ce métis né à l'Inra en 1961 d'un croisement Grenache et Cabernet Sauvignon, et vivant en cépage clandestin de l'appellation Coteaux du Languedoc. Elle nous parle de la bureaucratie viticole, de la Safer aux déclarations de récolte, en passant par l'organisme de certification bio. Elle parle de la solitude du vigneron, et des technico commerciaux et oenologues qui dispensent leurs conseils qu'elle suivra ou non. Elle nous parle de son Nouveau Monde sur lequel elle s'installe sans être tout à fait d'ici, ses vignes qu'elle dompte en conquérante, sa terre qu'elle apprend à écouter. Et la lire nous parler est un pur bonheur.
D'elle il faudra assurément que je lise Une place sur terre ...
Lien : https://chezlorraine.blogspo..
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Citations et extraits (1) Ajouter une citation
ChezLoChezLo   16 mars 2020
L’acidité est mon pays gustatif. Avant de faire du vin je ne savais pas la reconnaître tant elle fait partie de moi. De là où je viens, les terres sont acides, les fruits sont toujours un peu acides – même les mûres quand elles sont mûres –, l’air est iodé. Le muscadet et le gros-plant sont les premiers vins que j’ai bus, le muscadet avec le brochet au beurre blanc et les civelles, le gros-plant avec les huîtres du Croisic. Ce sont des vins, et de tous les jours, et du dimanche. Ils rincent la bouche, se mettent juste ce qu’il faut en retrait quand on mange quelque chose qui leur va bien, comme la main gauche accompagne le chant de la main droite au piano. Ils ont le goût de la mer entrant dans l’estuaire, ne craignent ni les échalotes vinaigrées du beurre blanc ni le filet de citron sur les huîtres dans les salles à manger nappées de blanc, ou sur les tables des restaurants des bords de Loire. Ils se boivent au comptoir, le matin de la solitude, le dimanche au coude à coude, dans un brouhaha de voix graves et de souffles qui recouvrent les vitres des bistrots d’une pellicule de buée, car souvent dehors il pleut. Dans mon village, il y a eu, jusqu’à mes dix ans, à peu près, 22 cafés pour 2800 habitants où l’on buvait des petits blancs, du muscadet et du gros-plant. C’est simple, à peu près une maison sur deux faisait café (on dit chez nous café plutôt que bar ou bistrot, comme on dit crayon de bois pour crayon tout court, je ne sais pas pourquoi). Au moment des vendanges, on trouvait dans les rues de Nantes, à côté de dames vendant dans des caisses en polystyrène des sardines de la Turballe ou de Saint-Gilles, du bourru conditionné dans des bouteilles en plastique. Lui aussi était acide. Maintenant, je sais que l’acidité est mon pilote.
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