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EAN : 9782710376071
176 pages
Éditeur : La Table ronde (08/01/2015)

Note moyenne : 3.74/5 (sur 59 notes)
Résumé :
« Quand Ravel leva la tête, il aperçut, à distance, debout dans l’entrée et sur les marches de l’escalier, une assistance muette. Elle ne bougeait ni n'applaudissait, dans l’espoir peut-être que le concert impromptu se prolongeât. Ils étaient ainsi quelques médecins, infirmiers et convalescents, que la musique, traversant portes et cloisons, avait un à un silencieusement rassemblés. Le pianiste joua encore la Mazurka en ré majeur, puis une pièce délicate et lente qu... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (22) Voir plus Ajouter une critique
Annette55
  22 mai 2016
Dans cet ouvrage lu d'une traite, Michel Bernard conte le tournant de la vie de Maurice Ravel, le talentueux compositeur.
En mars 1916, peu après avoir achevé son Trio en la majeur, il rejoint Bar le Duc puis Verdun.
Mince et léger, célibataire et sans enfant, très attaché à sa mére, à 41 ans, il réussit enfin à s'enrôler dans l'armée.
Il a été réformé pour sa taille de jockey , 1m61, et sa fragilité.
Engagé volontaire, il rêvait de l'aviation........
Il conduira les poids lourds, récupérant les blessés jusqu'aux hôpitaux de campagne, des hommes
Abîmés, usés, broyés par l'offensive allemande et le matériel cassé..
Michel Bernard, habité par son sujet, nous montre un Maurice Ravel fort, qui s'agite, ne se confie pas, ne parle pas sauf aux forêts .......qu'il arpente dès qu'il le peut..
Cette histoire suscite des instants de grâce contés avec un amour immodéré et salvateur de
soleil et de ciel, des choses de la terre , de l'humus et des bois, des hauts fûts de chênes et des hêtres , des tâches de lumiére colorée, des bancs d'oiseaux, des vols de grue, des fours à chaud meusiens qui poudrent de blanc les alentours.
Michel Bernard joue avec les mots comme Ravel joue du piano, pour nous entraîner sur des chemins mystérieux , parfois opaques.
Le célèbre compositeur désire participer à l'effort de guerre.il accourt, se dépense sans compter pour transporter les arrivants vers les salles d'opération ou de repos, ce petit homme frêle n'hésite pas à présumer de ses forces.....
Mais il se retrouve parfois au clavier d'un piano oublié , un Erard demi- - queue , dans son habit de chêne clair et luisant, oublié dans un hôpital de campagne.
Alors il joue spontanément du Chopin, puis la Mazurka en ré majeur ...miraculeusement, les malades, les infirmiers, les médecins s'approchent soudain, silencieusement, muets , comme en arrêt , pour l'écouter...
Le style est imagé , poétique, musical.L'écriture est délicate, rare , d'une extrême sensibilité , elle nous porte et nous parle, les phrases ciselées :" les trous noirs des maisons bombardées ", "sous les bois violets, " sa paupière d'ardoise ", la confiture de groseilles tremblante dans son pot de verre ", "la lumière du matin plus sinueuse depuis l'entrée en guerre ....."
Les chemins ombragés qui longent le fleuve La Meuse jusqu'à Verdun sont rendus avec une justesse sans égale , la description de la beauté des quartiers anciens de la ville de Bar Le Duc enchanteresse .........
Un ouvrage à l'écriture magique; magnifique et précieux !
Je connais l'auteur pour avoir assisté à une conférence à Bar le Duc , à propos de deux de ses livres "Pour Genevoix " paru en 2011 et "La grande guerre vue du ciel paru en 2013" qui figurent dans ma bibliothèque.
Grand merci à Marilyn mon amie de la médiathèque.





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Pancrace
  06 mars 2020
Fantastique voyage tout en délicatesse, tout en murmure, tout en musique de la vie.
Michel Bernard m'a permis de faire la connaissance d'un homme de qualité, de valeur et de caractère que je ressens très pudique dans ses émotions.
Déterminé à partir à la guerre malgré sa petite taille et son maigre poids, Ravel sera conducteur de véhicules. Nous sommes en 1916. Il acheminera personnels et matériels jusqu'à la ligne de front. Cet engagement marque le début de ce roman, il a 41 ans.
Les pages poétiques de Michel Bernard sont en parfaite symbiose avec le tempérament lyrique et sensitif de Maurice Ravel qui, lors des bombardements intensifs, perçoit bien plus nettement le chant des oiseaux perchés sur leurs arbres décharnés que le fracas des canonnades.
Pendant cette période, la musique est bannie de sa vie, les balades en forêt feutrées seront le révélateur de l'acuité sensorielle du musicien et des vertus morales de l'homme où l'on sent poindre le raffinement tout autant que l'angoisse ce qui permet l'éclosion d'oeuvres abouties d'un caractère méticuleux.
Dans les lignes de Michel Bernard j'entends la musique de Ravel, la claire mélodie de l'eau, le doux bruissement des arbres et la complainte du vent dans les plaines.
Les notes et les mots racontent la même histoire : la vie, l'amour, la mort.
« Alors par longs trilles le hautbois tantôt fusant, tantôt sautillant chante l'allègre mélancolie des autrefois et le goût de bonheur qu'ils laissent au coeur. »
Réformé en 1917, il écrira pour ses amis morts au combat, « le Tombeau de Couperin ».
Son tempérament solitaire et sa santé médiocre le mèneront à s'installer à Montfort-L'amaury où il achètera une propriété qui le comblera par sa position dominante sur le village et ses forêts environnantes. Il y écrira de nombreuses pièces musicales avec entrain en regardant ondoyer depuis sa fenêtre les belles futaies.
Ravel est un grand musicien reconnu, de multiples voyages dans toute l'Europe et aux Etats-Unis l'éloigneront vraisemblablement de visions parfois funèbres que l'on détecte dans ses oeuvres ténébreuses.
Sa rencontre avec Strauss et un de ses amis manchot, ancien militaire, lui fera composer le « Concerto pour la main gauche » aux harmonies oppressantes.
J'ai énormément aimé ce roman qui ne peut se lire sans l'extraordinaire envie d'écouter les mélodies de Ravel afin de pénétrer les phrases sensibles et sensuelles de Michel Bernard qui a su tremper sa plume dans la liquidité de l'encre noire et blanche des notes éclatantes extraites de l'âme de ce compositeur intemporel.
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TerrainsVagues
  20 février 2019
Depuis que Michel Bernard m'avait fait rencontrer Monet et ses « Deux remords », je m'étais juré d'aller à un nouveau rendez vous d'artiste si l'occasion se présentait.
Les forêts de Ravel, nature et zik, banco que j'me suis dit même si le Bolero c'est pas toute la musique que j'aime. Sait on jamais, peut être a-t-on découvert un concerto joué en blouse (pardon j'le ferai pu).
Ravel, sa vie, son oeuvre, ben… non. La page wikipedia sur le bonhomme en apprend plus sur le musicien que ce livre.
Il est question ici des vingt dernières années de sa vie. On arrive directement en 1916 où vingt et un ans après avoir été réformé, Ravel fait le forcing pour s'engager, pour faire la guerre. Jeté plusieurs fois, à force d'aller de ville en ville (sans son et vent couvert, pardon bis mais j'adore la Véro 70 80. Non c'est pas hors sujet c'est de la zik aussi) donc à force d'aller de ville en ville pour s'engager, il va avoir les recruteurs à l'usure et finir chauffeur de camion (genre ravitaillement) et d'ambulance, avant d'être démobilisé quelques mois plus tard because « arrêt maladie » et tout le tralala.
Fin de la partie du bouquin qui si elle ne m'a pas tenue en haleine, m'aura au moins tenu éveillé.
Par contre après… quel ennui. L'écriture est belle, il n'y a rien à dire mais je n'ai pas accroché du tout. le contemplatif j'aime quand il est fait avec une âme, quand on ressent dans les mots les pulsations d'un arbre, qu'une couleur parfume la page, que ce qui semble inerte est plein de vie, comme chez René Frégny par exemple. Là c'est du chirurgical, de l'aseptisé où rien ne dépasse. Les herbes folles n'ont pas droit de citer. C'est juste très bien écrit et figé, froid.
Mon ressenti est peut être un peu vérolé par le souvenir toujours présent du merveilleux « Deux remords de Claude Monet » du même auteur. Un bouquin qui quand on le referme laisse le sentiment d'avoir toujours connu le peintre, voir d'avoir été proche. Là je serais plus ascendant Poucet qui s'est bien fait larguer dans la forêt à force d'avoir été baladé.
Grosse déception qui ne m'empêchera pas d'aller à un prochain rencard avec Michel Bernard.
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Krout
  01 août 2019
Projections fantasmées dans les traces de Maurice Ravel sursaturées de volubilis.

En contrepoint ceci.

De la mesure avant toute chose.
Alors seulement
Alors peut-être
Apparaîtra
Au détour d'une phrase
Lors d'une respiration
Une petite musique
Intérieure
Jusqu'au sens du frisson
La guerre n'est guère
Terreau de poésie
Ni appeau aux ballades forestières
Loin de moi toute envie
De cirage de bottes
Pour la guerre
A la charge du Clairon
Aux canons des Trompettes
Répandons
Des Cors
Des Cors
Et encore
Des Cors
Et non des Violons
Moins que tout
La Lyre et son isme
Que la phrase
Stoppe brutale
Hymne au chevet
Des soldats inconnus
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thisou08
  02 mars 2019
Ravel éprouve le besoin brûlant de participer à la guerre. Il désire de toutes ses forces ressentir aux tréfonds de son être l'agitation du front. Or l'armée ne veut pas de lui à cause de sa faible constitution et de sa petite taille.
Il se démènera et fera jouer ses relations jusqu'à obtenir ce qu'il veut.
Après avoir été réformé et après une période difficile de "réinsertion", il choisit un mode de vie simple et créatif à Montfort-l'Amaury. Il est fasciné par la forêt que ce soit celles de Verdun ou de Rambouillet. Il y passe de longs moments qui nourrissent son inspiration. Il y écoute le chant des oiseaux.
L'auteur a su me rendre très proche de Ravel. Il restitue avec talent sa vie, que ce soit à la guerre ou à Montfort-l'Amaury. On sent sa très grande admiration et sa grande compréhension du processus de création de ses oeuvres.
Un livre court mais dense que j'ai beaucoup aimé.
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critiques presse (2)
Lexpress   07 avril 2015
L'oeuvre de cet homme timide dissimule à peine des trésors de sensibilité et d'hédonisme, et nul n'est besoin de chercher pour y lire en filigrane les confessions d'un masque.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Telerama   11 février 2015
Sur les bonheurs et tragédies intimes du musicien, on ne saura rien. Et pourtant, on pénètre peu à peu comme chez soi dans sa demeure solitaire de Montfort-l'Amaury. Pas besoin de psychologie, de dialogues pour se sentir proche. Le style infiniment rare et musical de l'écriture fait ici le lien. Magique.
Lire la critique sur le site : Telerama
Citations et extraits (38) Voir plus Ajouter une citation
PiatkaPiatka   27 janvier 2017
Le sentiment d'un manque, un manque devenu si grand, si impérieux, que la rêverie n'arrivait plus à distraire, indiquait que le temps était venu d'écrire. Ravel le savait d'expérience, pourtant il n'était jamais parvenu à apprivoiser cette phase ingrate de la composition. Il travaillait dur, avec l'application butée des anciens cancres et des faux paresseux, jusqu'à ce que sa volonté et sa science soient soulevées par une autre force, douce et puissante. La mystérieuse inconnue n'avait jamais fait défaut. Le moment venu, elle l'enlèverait, comme la vague le nageur, et, soudain délivré de la pesanteur, l'emporterait et le déposerait, dans la surprise et le ravissement, là où il avait toujours voulu.
+ Lire la suite
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PiatkaPiatka   26 janvier 2017
Comme la veille, il jouait par cœur.
[..] C'était une musique délicieuse, apparemment très simple et incroyablement raffinée. Joyeuse et douloureuse à la fois, sans qu'il soit possible de dire laquelle dans ces harmonies était joyeuse, laquelle était douloureuse, elle ne ressemblait à rien de connu. La même note éveillait en même temps les deux sentiments dans la petite assemblée. Ils l'empoignaient doucement et lui faisaient boire l'émotion infinie.
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PiatkaPiatka   31 janvier 2017
Les connaissances ornithologiques de Ravel émerveillaient ses compagnons. Feignant la modestie, alors qu'il en était plus fier que de sa science musicale, il invitait à en remercier la guerre et la vie dans les bois où elle l'avait jeté. Il leur raconta que l'une des choses qui l'avaient le plus impressionné sur le front, c'est que, tant qu'il restait quelques arbres debout, les oiseaux y continuaient de chanter, même sous les bombardements les plus intenses.
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TerrainsVaguesTerrainsVagues   17 février 2019
La proximité du front avait progressivement augmenté l’étendue de son agglomération de baraquements et parcs de matériel. Dans ces dépôts et ces remous d’hommes en bleu, se trouvaient des combattants qui avaient vu tous les secteurs du front et des embusqués qui n’en connaissaient que la rumeur. Les uns, résignés, attendaient d’y retourner, les autres travaillaient à les y renvoyer.
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Annette55Annette55   21 mai 2016
"Il s'était habitué à charbonner dans sa clairière.
Il avait senti se resserrer un lien ancien, un lien de naissance avec la forêt ..
Elle s'était comme épanouie en lui.
Il l'aimait pour sa beauté fixe et changeante, sa puissance et sa vie secrète.

Elle était l'enfance et le refuge, la mére des contes et des songes.
Elle était comme l'océan, elle était l'océan sur la terre........."
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