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Critiques sur Les forêts de Ravel (18)
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Annette55
  22 mai 2016
Dans cet ouvrage lu d'une traite, Michel Bernard conte le tournant de la vie de Maurice Ravel, le talentueux compositeur.
En mars 1916, peu après avoir achevé son Trio en la majeur, il rejoint Bar le Duc puis Verdun.
Mince et léger, célibataire et sans enfant, très attaché à sa mére, à 41 ans, il réussit enfin à s'enrôler dans l'armée.
Il a été réformé pour sa taille de jockey , 1m61, et sa fragilité.
Engagé volontaire, il rêvait de l'aviation........
Il conduira les poids lourds, récupérant les blessés jusqu'aux hôpitaux de campagne, des hommes
Abîmés, usés, broyés par l'offensive allemande et le matériel cassé..
Michel Bernard, habité par son sujet, nous montre un Maurice Ravel fort, qui s'agite, ne se confie pas, ne parle pas sauf aux forêts .......qu'il arpente dès qu'il le peut..
Cette histoire suscite des instants de grâce contés avec un amour immodéré et salvateur de
soleil et de ciel, des choses de la terre , de l'humus et des bois, des hauts fûts de chênes et des hêtres , des tâches de lumiére colorée, des bancs d'oiseaux, des vols de grue, des fours à chaud meusiens qui poudrent de blanc les alentours.
Michel Bernard joue avec les mots comme Ravel joue du piano, pour nous entraîner sur des chemins mystérieux , parfois opaques.
Le célèbre compositeur désire participer à l'effort de guerre.il accourt, se dépense sans compter pour transporter les arrivants vers les salles d'opération ou de repos, ce petit homme frêle n'hésite pas à présumer de ses forces.....
Mais il se retrouve parfois au clavier d'un piano oublié , un Erard demi- - queue , dans son habit de chêne clair et luisant, oublié dans un hôpital de campagne.
Alors il joue spontanément du Chopin, puis la Mazurka en ré majeur ...miraculeusement, les malades, les infirmiers, les médecins s'approchent soudain, silencieusement, muets , comme en arrêt , pour l'écouter...
Le style est imagé , poétique, musical.L'écriture est délicate, rare , d'une extrême sensibilité , elle nous porte et nous parle, les phrases ciselées :" les trous noirs des maisons bombardées ", "sous les bois violets, " sa paupière d'ardoise ", la confiture de groseilles tremblante dans son pot de verre ", "la lumière du matin plus sinueuse depuis l'entrée en guerre ....."
Les chemins ombragés qui longent le fleuve La Meuse jusqu'à Verdun sont rendus avec une justesse sans égale , la description de la beauté des quartiers anciens de la ville de Bar Le Duc enchanteresse .........
Un ouvrage à l'écriture magique; magnifique et précieux !
Je connais l'auteur pour avoir assisté à une conférence à Bar le Duc , à propos de deux de ses livres "Pour Genevoix " paru en 2011 et "La grande guerre vue du ciel paru en 2013" qui figurent dans ma bibliothèque.
Grand merci à Marilyn mon amie de la médiathèque.











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Pancrace
  06 mars 2020
Fantastique voyage tout en délicatesse, tout en murmure, tout en musique de la vie.
Michel Bernard m'a permis de faire la connaissance d'un homme de qualité, de valeur et de caractère que je ressens très pudique dans ses émotions.
Déterminé à partir à la guerre malgré sa petite taille et son maigre poids, Ravel sera conducteur de véhicules. Nous sommes en 1916. Il acheminera personnels et matériels jusqu'à la ligne de front. Cet engagement marque le début de ce roman, il a 41 ans.

Les pages poétiques de Michel Bernard sont en parfaite symbiose avec le tempérament lyrique et sensitif de Maurice Ravel qui, lors des bombardements intensifs, perçoit bien plus nettement le chant des oiseaux perchés sur leurs arbres décharnés que le fracas des canonnades.

Pendant cette période, la musique est bannie de sa vie, les balades en forêt feutrées seront le révélateur de l'acuité sensorielle du musicien et des vertus morales de l'homme où l'on sent poindre le raffinement tout autant que l'angoisse ce qui permet l'éclosion d'oeuvres abouties d'un caractère méticuleux.
Dans les lignes de Michel Bernard j'entends la musique de Ravel, la claire mélodie de l'eau, le doux bruissement des arbres et la complainte du vent dans les plaines.
Les notes et les mots racontent la même histoire : la vie, l'amour, la mort.

« Alors par longs trilles le hautbois tantôt fusant, tantôt sautillant chante l'allègre mélancolie des autrefois et le goût de bonheur qu'ils laissent au coeur. »

Réformé en 1917, il écrira pour ses amis morts au combat, « le Tombeau de Couperin ».
Son tempérament solitaire et sa santé médiocre le mèneront à s'installer à Montfort-L'amaury où il achètera une propriété qui le comblera par sa position dominante sur le village et ses forêts environnantes. Il y écrira de nombreuses pièces musicales avec entrain en regardant ondoyer depuis sa fenêtre les belles futaies.
Ravel est un grand musicien reconnu, de multiples voyages dans toute l'Europe et aux Etats-Unis l'éloigneront vraisemblablement de visions parfois funèbres que l'on détecte dans ses oeuvres ténébreuses.
Sa rencontre avec Strauss et un de ses amis manchot, ancien militaire, lui fera composer le « Concerto pour la main gauche » aux harmonies oppressantes.

J'ai énormément aimé ce roman qui ne peut se lire sans l'extraordinaire envie d'écouter les mélodies de Ravel afin de pénétrer les phrases sensibles et sensuelles de Michel Bernard qui a su tremper sa plume dans la liquidité de l'encre noire et blanche des notes éclatantes extraites de l'âme de ce compositeur intemporel.
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TerrainsVagues
  20 février 2019
Depuis que Michel Bernard m'avait fait rencontrer Monet et ses « Deux remords », je m'étais juré d'aller à un nouveau rendez vous d'artiste si l'occasion se présentait.
Les forêts de Ravel, nature et zik, banco que j'me suis dit même si le Bolero c'est pas toute la musique que j'aime. Sait on jamais, peut être a-t-on découvert un concerto joué en blouse (pardon j'le ferai pu).
Ravel, sa vie, son oeuvre, ben… non. La page wikipedia sur le bonhomme en apprend plus sur le musicien que ce livre.
Il est question ici des vingt dernières années de sa vie. On arrive directement en 1916 où vingt et un ans après avoir été réformé, Ravel fait le forcing pour s'engager, pour faire la guerre. Jeté plusieurs fois, à force d'aller de ville en ville (sans son et vent couvert, pardon bis mais j'adore la Véro 70 80. Non c'est pas hors sujet c'est de la zik aussi) donc à force d'aller de ville en ville pour s'engager, il va avoir les recruteurs à l'usure et finir chauffeur de camion (genre ravitaillement) et d'ambulance, avant d'être démobilisé quelques mois plus tard because « arrêt maladie » et tout le tralala.
Fin de la partie du bouquin qui si elle ne m'a pas tenue en haleine, m'aura au moins tenu éveillé.
Par contre après… quel ennui. L'écriture est belle, il n'y a rien à dire mais je n'ai pas accroché du tout. le contemplatif j'aime quand il est fait avec une âme, quand on ressent dans les mots les pulsations d'un arbre, qu'une couleur parfume la page, que ce qui semble inerte est plein de vie, comme chez René Frégny par exemple. Là c'est du chirurgical, de l'aseptisé où rien ne dépasse. Les herbes folles n'ont pas droit de citer. C'est juste très bien écrit et figé, froid.
Mon ressenti est peut être un peu vérolé par le souvenir toujours présent du merveilleux « Deux remords de Claude Monet » du même auteur. Un bouquin qui quand on le referme laisse le sentiment d'avoir toujours connu le peintre, voir d'avoir été proche. Là je serais plus ascendant Poucet qui s'est bien fait larguer dans la forêt à force d'avoir été baladé.
Grosse déception qui ne m'empêchera pas d'aller à un prochain rencard avec Michel Bernard.
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Krout
  01 août 2019
Projections fantasmées dans les traces de Maurice Ravel sursaturées de volubilis.


En contrepoint ceci.


De la mesure avant toute chose.
Alors seulement
Alors peut-être
Apparaîtra
Au détour d'une phrase
Lors d'une respiration
Une petite musique
Intérieure
Jusqu'au sens du frisson

La guerre n'est guère
Terreau de poésie
Ni appeau aux ballades forestières
Loin de moi toute envie
De cirage de bottes

Pour la guerre
A la charge du Clairon
Aux canons des Trompettes
Répandons
Des Cors
Des Cors
Et encore
Des Cors
Et non des Violons
Moins que tout
La Lyre et son isme

Que la phrase
Stoppe brutale
Hymne au chevet
Des soldats inconnus
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thisou08
  02 mars 2019
Ravel éprouve le besoin brûlant de participer à la guerre. Il désire de toutes ses forces ressentir aux tréfonds de son être l'agitation du front. Or l'armée ne veut pas de lui à cause de sa faible constitution et de sa petite taille.
Il se démènera et fera jouer ses relations jusqu'à obtenir ce qu'il veut.
Après avoir été réformé et après une période difficile de "réinsertion", il choisit un mode de vie simple et créatif à Montfort-l'Amaury. Il est fasciné par la forêt que ce soit celles de Verdun ou de Rambouillet. Il y passe de longs moments qui nourrissent son inspiration. Il y écoute le chant des oiseaux.
L'auteur a su me rendre très proche de Ravel. Il restitue avec talent sa vie, que ce soit à la guerre ou à Montfort-l'Amaury. On sent sa très grande admiration et sa grande compréhension du processus de création de ses oeuvres.
Un livre court mais dense que j'ai beaucoup aimé.
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zazy
  17 février 2015
Dès les premières phrases, les mots de Michel Bernard m'ont enveloppée. Son écriture classique et délicate fait revivre Ravel lors de la première guerre mondiale.

D'aucun aurait tout fait pour ne pas être mobilisé, Ravel, au contraire, malgré ses 48 kilos a fait des pieds et des mains pour partir. « Il voulait autant faire la guerre que fuir l'arrière » car « il lui répugnait de poursuivre son existence comme avant alors que des millions d'autres hommes, riches ou humbles, humbles surtout, avaient été mobilisés pour défendre le pays ». le voici donc à Bar-le-Duc, au volant d'un gros camion Ariès « Maurice Ravel tenait et tournait à force de bras le grand volant d'un poids lourd de l'armée française » Dur à imaginer ce frêle jeune homme au volant d'un tel véhicule.

Jean Echenoz avait proposé un Ravel superbe sur les dernières années de la vie du compositeur. Michel Bernard enveloppe Ravel dans son époque ; un Ravel, comme tous ses congénères, à jamais marqué par la guerre. le compositeur trouve un peu de sérénité dans les forêts, à écouter les chants d'oiseaux. J'ai partagé avec les spectateurs unmoment de grâce dans ce beau livre lorsque Ravel déniche, dans un hôpital de fortune,un piano. Là, le « petit soldat pianiste » enchantera les soirées. Ce sera un moment de magie pour soignants et soignés. "Une musique délicieuse, apparemment très simple et incroyablement raffinée. Joyeuse et douloureuse à la fois, sans qu'il soit possible de dire laquelle dans ces harmonies était joyeuse, laquelle était douloureuse, elle ne ressemblait à rien de connu.»

Ce que fait dire Michel Bernard à Ravel sur ce qu'écrivent les journalistes, je l'ai ressenti dans « L'enfer de Verdun » de Félicien Champsaur.

Un livre superbe. J'ai aimé l'écriture de Michel Bernard puissante, classique, délicate. Beaucoup d'images dans ses phrases comme celles concernant « la voie sacrée » toujours en réparation (p.48).

Livre lu dans le cadre Opération Masse Critique organisée par Babelio que je remercie sincèrement pour cette belle lecture.

Lien : http://zazymut.over-blog.com..
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adtraviata
  12 janvier 2018
Sa constitution chétive l'avait fait réformer bien avant 1914 mais Maurice Ravel tenait absolument à participer à l'effort de guerre. A l'âge de quarante ans, il fut donc affecté dans un service à l'arrière du front, au volant d'une camionnette qu'il surnomme Adélaïde, il achemine du matériel, il ramène du front les soldats blessés pendant la longue et terrible bataille de Verdun. Au coeur de la guerre, le soldat Ravel est attentif aux sons des obus, des canons et se détend comme il le peut en écoutant chanter les oiseaux dans les forêts de l'Argonne et du Barrois, entre Marne et Meuse. de retour à la vie civile, Ravel retrouve la source de la composition, à la fois semblable et à jamais changée, sans doute nourrie, approfondie par la présence rassurante, immémoriale de la forêt et des longues promenades pendant lesquelles Ravel se ressource et se livre aux rêves inspirants. Forêt du Vexin normand, forêt d'Ardèche, et jusqu'à la forêt de Rambouillet que Ravel aperçoit de la maison étroite et pleine de charme qu'il a achetée à Montfort-L'Amaury et où il vit seul, en compagnie de ses deux siamois et de sa gouvernante. Il alterne moments de solitude et de création et rencontres variées à Paris et un peu partout en Europe où il est reconnu comme le plus grand compositeur de son époque. C'est lors d'un voyage en Autriche (dont il a défendu, même en 14-18, les compositeurs) qu'il rencontrera Paul Wittgenstein, célèbre pianiste amputé du bras droit pendant la Grande Guerre et qui lui commandera un concerto pour la main gauche. Etonnamment c'est cette demande qui le replongeait dans la guerre qui fit aussi avancer la composition du Concerto en sol majeur, bien plus léger.

Vous l'aurez sans doute compris, j'ai été passionnée par ce roman de Michel Bernard, auteur manifestement très bien documenté sur la première guerre mondiale et sur Maurice Ravel. Passionnée et tellement touchée de suivre le soldat Ravel, l'homme petit et mince, raffiné, apparemment froid mais hypersensible, le gourmet bienveillant, le collectionneur d'objets liés à l'enfance, le fils inconsolable d'avoir perdu sa mère en 1916, l'ami et le Basque fidèle à ses racines, le grand lecteur, le compositeur éclectique. (Peut-être que j'aime tellement ce compositeur parce que j'ai – en toute modestie évidemment – l'un ou l'autre petit point commun avec lui, mystérieusement ?) J'ai aimé aussi l'évocation du roman le grand Meaulnes, d'Alain-Fournier, mort dans les premiers jours de la guerre le 22 septembre 1914 et dont le corps n'a jamais été retrouvé.

L'écriture de Michel Bernard est élégante, musicale, à la fois sobre et évocatrice : il raconte la guerre vue de l'arrière sans rien enlever à son atrocité, il décrit les forêts comme des êtres vivants, il explique quelques pièces de Ravel sans lourdeur, il évoque avec sensibilité la mélancolie qui a accompagné le musicien toute sa vie. Et à travers ses mots discrets, j'ai vu la maladie dégénérative qui a affecté Ravel pendant quatre ans, le privant de la parole et de sa faculté d'écrire la musique qu'il portait en lui, comme une soeur jumelle de la grande guerre qu'il a menée pour la France.

Cela fait du bien, une telle note romanesque.
Lien : https://desmotsetdesnotes.wo..
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fran6h
  19 février 2015
Maurice Ravel, le talentueux compositeur, était-il à ce point marqué par la forêt ? de Bar-le-Duc à Montfort l'Amaury en passant par Ciboure et Verdun c'est un invariant de sa vie, qu'elle soit celle du musicien ou celle du soldat engagé volontaire dans les affres de la grande guerre. C'est que ce milieu convient bien à son âme solitaire.

A quarante et un ans, alors qu'il avait été jugé trop frêle pour être déclaré apte au service quelques années plus tôt, et qu'il est déjà un musicien célèbre, il s'engage dans l'armée. Affecté à la conduite de camion du côté de Bar le Duc, le voilà quelques temps plus tard, ambulancier à Verdun, chargé de descendre le blessés du front vers les hôpitaux militaires.

Cet épisode, comme une parenthèse dans sa vie, est passionnant. le voilà simple soldat, partageant avec humilité la vie des troufions, leur quotidien (même si Ravel sans bénéficier d'un régime de faveur, a su se ménager un petit confort personnel) leurs angoisses. Toujours soucieux de servir, simplement mais efficacement, il se laisse absorber par les tâches ingrates et par l'ennui consubstantiel à la condition de soldat. Mais, apercevant un piano rangé dans un coin de la grande salle du château servant d'hôpital, comment résister à la tentation ? Et voilà que les notes de Chopin viennent alléger et soulager l'ambiance générale, faite de cris, d'amputations, de malaises et d'opérations en tous genres.

A la fin de la guerre, il reprendra, plus ou moins sa vie d'avant, ne trouvant finalement une certaine stabilité qu'à partir du moment où il achètera le "Belvédère" à Monfort l'Amaury.

Écrit dans un style laissant une large place à la description, et parfois un peu précieux par le vocabulaire utilisé, ce roman alterne le bon et le moins bon. Autant la première partie, et la vie du soldat, est passionnante, dynamique et humaine, autant la fin du roman est assez terne, plus contemplative. Un peu à l'image de Ravel lui-même en quelque sorte. Mais ce déséquilibre entraîne une certaine lourdeur à la lecture.

On ne peut s'empêcher de penser, à la fin, à l'excellent roman d'Echenoz qui retrace les dernières années du compositeur, et qui nous plonge sans ambage dans son esprit torturé, ses manières maladives, sa personnalité complexe et attachante à la fois.
Lien : http://animallecteur.canalbl..
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Floyd2408
  12 décembre 2016
Le trio en la mineur de Ravel tinte l 'atmosphère de son épaisseur, le piano, le violon et le violoncelle s 'entrecroise, s'épouse, s'évite, le roman débute au prémisse de la création de cet opus, Maurice Ravel désire servir la France enfin, veut s'engager dans l'armée, il a 41 ans, la première guerre mondiale déchire l 'Europe, Verdun est une cacophonie meurtrière, les obus dénaturent la terre meusienne.
Michel Bernard sublime le regard de Ravel dans cette nature côtoyant la vie de notre musicien, devenu conducteur ambulancier entre Bar le Duc et Verdun.La forêt reine de la dame Nature déploie ses charmes avec magnificence dans le tourbillon chantant des oiseaux rieurs, farceurs, mélodieux. La musique de ce paysage ondule l 'humeur de Ravel, les arbres, le sol, l'atmosphère cristallise la mélancolie pesante de cette grande de guerre, la langueur du temps perdu sur les cours d'eaux reflètent la rêverie inspiratrice de notre compositeur. Ce roman respire la tranquillité de l'espace verdoyant, ce poumon au coeur changeant, Ravel se promène avec non challenge dans ces bois, les souvenirs de Saint-Jean de Luz n'oublie pas son enfance, Montfort-l'Amaury sera le lieu de sa bicoque, maison à lui, proche de Paris, 45 kilomètres et ancrée dans cette Forêts, muse de ses compositions comme celle du Concerto de la main gauche et du concerto en sol majeur....Maurice Ravel peint sa Forêts dans les notes de ces compositions, il aura aussi le vacarme des bombardements comme exutoire puis rode dans son esprit Alain Fournier avec le Grand Meaulnes paru en 1913, la mort de ce jeune auteur au front, sera l'écho inconscient sourd d'une composition virtuelle.
Michel Bernard chef d'orchestre des mots, distille avec maestria ce superbe roman.
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meslinoulautre
  21 août 2016
« Le service aux armées ne lui avait donné ni l'occasion, ni le loisir de jouer depuis qu'il c'était engagé. Il n'en avait d'ailleurs pas éprouvé l'envie. Il lui arrivait de penser que la musique, c'était fini pour lui, qu'il avait tout donné, que son sac était vide, que la guerre l'avait crevé et qu'il n'était désormais plus bon qu'à mourir pour la patrie, quelque part sur le front. La guerre l'avait distrait de lui-même, avant de le soustraire à la vie. Elle avait bouché tout l'horizon, dévoré tout l'avenir, l'avait livré tout entier au présent. »

Engagé volontaire sur le front pendant la Première Guerre Mondiale mais cependant réformé car trop chétif et fragile, c'est finalement à bord d'une ambulance que Maurice Ravel sert sa patrie. Conduisant à travers les chemins embusqués les soldats blessés, le virtuose de quarante et un ans délaisse le temps de l'offensive piano et musique. D'un courage et d'une force mentale incroyable, tenant jusqu'à refuser la légion d'honneur par humilité, c'est finalement à travers ses compositions qu'il veut rendre hommage et remercier son pays.
Constamment habité par ses souvenirs de guerre, même lors de son exil final à Montfort-L'amaury, il composa tout de même dans ses dernières années ses plus belles oeuvres, sonnant comme un écho de la symphonie grondante qu'il avait laissé sur le front il y a des années de cela.
Michel Bernard, comme à son habitude, reprend avec délectation cette période méconnue de l'artiste, armé d'une plume aussi musicale que les concerts de son personnage.
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