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Le Bon Cœur tome 1 sur 2
EAN : 9782710383215
240 pages
La Table ronde (04/01/2018)
3.86/5   99 notes
Résumé :
Le Bon Cœur n’apportera pas de révélations scandaleuses ou d’hypothèses hasardeuses sur Jeanne d’Arc. L’ambition romanesque de Michel Bernard est ailleurs : tout son talent est de nous faire revivre cette histoire que l’on connaît ou que l’on croit connaître tel un chroniqueur de cette époque. Il chante les paysages traversés avec un lyrisme discret et les batailles gagnées ou perdues avec une manière d’étonnement calme pour que Jeanne nous apparaisse comme elle est... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
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« Cette fois, il la gifla. »
Avec cet incipit percutant, Michel Bernard entre de plain-pied dans l'action de son nouveau roman. Certes, l'héroïne est une icône de l'histoire de France, mais à dix-sept ans, l'anonyme paysanne de Domremy est avant tout une donzelle illetrée, sans crédibilité, voire une illuminée, qui agace Robert de Baudricourt par ses demandes extravagantes et répétées pour rencontrer le roi et sauver la France. Rien que cela.

Alors, si la gifle n'est pas historiquement avérée, elle est néammoins plausible : c'est la liberté de l'écrivain que de donner vie à une jeune fille légendaire par-delà six siècles d'histoire, nous la rendre plus proche, presque moderne. Et ça fonctionne magnifiquement bien grâce au talent de l'auteur que j'avais découvert avec son très réussi Deux remords de Claude Monet.

Concision et force d'évocation du propos, écriture d'une délicatesse remarquablement poétique, voilà selon moi sa marque de fabrique, cocktail rare que j'apprécie infiniment. En se focalisant sur l'essentiel historique, les archives de son procès, tout en utilisant avec naturel le liant romanesque, Jeanne d'Arc par Michel Bernard, c'est la formidable aventure d'une guerrière hors du commun qui se lit quasiment d'une seule traite. Un très beau portrait de femme qui, par sa conviction, son courage mais aussi sa générosité et sans doute ce que l'on pourrait appeler sa grâce, car elle garde toujours une part de mystère, a réussi à une époque dure et trouble à sauver le royaume de France.

Bien sûr, on connait sa fin tragique sur le bûcher, l'issue du roman n'est donc pas une surprise, mais je suis ravie d'avoir appris encore beaucoup à propos de Jeanne et je serai curieuse de savoir si les spécialistes, historiens de métier, adhèrent à ce portrait vivant et sensible qui la sort un peu de sa gangue de légende nationale intouchable pour en faire une héroïne fascinante…de roman.



« Il n'y avait aucun doute, c'était bien elle. Il s'émerveillait de l'aplomb de cette fille, et de l'autorité qui en émanait, puisque lui-même en était maître maintenant. Il était frappé de son éloquence, cette vigueur et clarté du verbe dans sa bouche. Pour ses oreilles d'homme de l'Est, le parler lorrain ne gâtait point la limpidité de l'expression. Il avait immédiatement perçu cette manière spontanée de donner à chaque mot, avec précision et économie, son juste poids, sa complète portée. Elle parlait net et droit, sans geste, sans mimique, jambes bien campées, bras croisés. »
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Grâce à cette lecture je retrouve un personnage, et quel personnage, que j'ai côtoyé indirectement puisque j'ai vécu longtemps à Orléans, où Jeanne d'Arc est fêtée tous les 8 Mai (nous avions même par le passé un jour férié supplémentaire ce jour là avant que la date ne devienne également la commémoration de l'armistice de 1945.... drôle de coïncidence quand on y pense ..... la guerre, la paix......).

Mais qui était donc cette jeune fille de 19 ans qui fut brûlée à Rouen ? D'où lui vient cette force d'affronter Robert de Baudricourt, d'arriver à le convaincre de lui donner les moyens à elle,  simple bergère,  de sa mission divine de sauver la France, malgré une gifle à la première entrevue mais qui ne l'empêchera pas de revenir à la charge et qui lui donnera finalement les moyens d'y parvenir,  de faire plier les Anglais en leur infligeant de cinglantes batailles et en provoquant leur fuite et leur haine,  arrivant à se faire respecter des troupes et devenant une stratège guerrière ?

C'est ce que l'auteur (que je ne connaissais pas) Michel Bernard relate dans ce roman biographique et historique. Une jeune fille, bergère, illettrée, venue de son Barrois natal, veut sauver la France, conduire Charles VII à Reims pour le faire couronner Roi de France, et bouter les anglais hors de France.

On la suit depuis la gifle jusqu'au bûcher, toujours "droite dans ses bottes", investie et sûre d'elle (en apparence), affrontant chefs de guerre, puissants, lettrés, juges, hommes d'église, de son église, qui l'abandonneront à son sort malgré ce qu'elle a apporté au peuple de France : courage, force, détermination et reconnaissance. On ne saura jamais vraiment d'où lui venait son courage : croyance, détermination ou peut être illumination, inconscience mais ce qui est sûr c'est qu'elle avait une capacité à convaincre, à mener les plus nobles, les troupes, le peuple dont elle faisait partie.

Grâce à des archives et aux greffiers qui prirent en note les minutes de son simulacre de procès, nous ne pouvons nier les faits et cette jeune femme reste, malgré tout, une énigme.

Ce qui est écrit ne meurt pas... (p234)

Le livre, bien écrit, relatant les faits, se lit comme une aventure, j'ai retrouvé mon ancienne région par le passage de cette héroïne le long de la Loire : Orléans, Meung-sur-Loire, Beaugency etc.... où le souvenir est très présent et respecté. Il y a des personnages dans l'histoire, qui par leur action, leur volonté, leur inconscience parfois mais ne faut-il pas en avoir, leur intelligence et leur bon sens, ont offert à leur pays la paix mais l'ont payé de leur vie car on a souvent tendance à oublier ce qui nous a sauvé.

C'est le genre de lecture qui vous porte à réfléchir sur une histoire qui se répète souvent, sur la place également de la femme dans l'histoire très masculine, où sûrement le fait qu'elle soit une femme a joué parfois en sa faveur et parfois l'a condamnée. le livre montre sa détermination mais aussi ses doutes, ses peurs, son courage et son bon sens. Il y avait dans cette jeune femme une force et d'où qu'elle venait n'était pas ordinaire.

Une autre manière d'aborder l'histoire, riche en détails, accessible et facile à  lire, en nous replongeant dans une époque où il ne faisait pas bon être celle qui avait le regard lucide et franc.
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Elle inspira historiens, musiciens, peintres et cinéastes.
Son souvenir a traversé les siècles, on ne compte plus les églises et statues érigées à sa gloire.
Pas moins de 423 écoles, collèges et lycées portent aujourd'hui son nom.
Elle, vous l'aurez compris, c'est Jeanne d'Arc.

Cette fois c'est Michel Bernard, ancien haut fonctionnaire et écrivain plein d'érudition, qui s'empare de cette héroïne sans pareille et de son histoire légendaire mille fois ressassée.
Sur la forme, le résultat est assez réussi, et je ne m'étonne pas que la grande qualité stylistique du texte ait suscité l'enthousiasme des critiques qui lui ont décerné divers prix et récompenses. "L'histoire est sidérante", souligne un membre du jury, et comme lui on ne peut que s'émerveiller devant "cette jeune fille qui vient de nulle part, qui ne sait pas lire ni écrire et qui grâce à sa seule force de conviction réussit à emmener une armée derrière elle... Ce roman c'est le verbe en action !" Très juste.

Pour autant, je mentirais en disant que "Le Bon Coeur" m'a complètement transporté. Ni véritable roman, ni véritable livre d'Histoire, le récit de Michel Bernard se contente de nous faire cheminer avec Jeanne à travers les paysages de France, d'abord de Domremy à Chinon pour rejoindre le dauphin Charles VII, puis de Chinon à Reims pour le couronnement de Charles, et enfin de Reims à Rouen pour le procès et l'exécution de la jeune paysanne devenue  (** Attention spoil ** : elle meurt à la fin...)

Toutes les étapes de son éblouissante ascension puis de sa terrible disgrâce sont soigneusement documentées, mais l'ensemble m'est apparu trop répétitif et j'ai fini par me lasser d'assister pages après pages aux mêmes scènes de chevauchées, de liesses populaires, de batailles (livrées tantôt face aux envahissuers Anglais, tantôt face à leurs alliés Bourguignons), et de rencontres entre Jeanne et des notables rapidement conquis par sa miraculeuse aura, fascinés par "les deux figures de la même femme, chef de guerre et pieuse enfant".

Manifestement, l'auteur a fait le choix de respecter le plus fidèlement possible la réalité historique, et son texte joliment travaillé ravira à coup sûr les "puristes" du  Moyen Âge. En ce qui me concerne, malgré quelques jolies envolées lyriques, je l'ai parfois trouvé un peu trop scolaire : des lieux, des dates, des noms propres à la pelle... Pour qui ne maîtrise pas à la perfection cette tumultueuse période de notre Histoire nationale, la lecture pourra à la longue s'avérer un peu fastidieuse, jusqu'aux derniers chapitres retraçant son procès qui, à mon sens, sont heureusement parmi les plus réussis.

Jeanne et sa foi pure, un peu naïve mais ô combien profonde et sincère, restent donc de très beaux sujets, et malgré quelques impressions de redites, je salue volontiers le travail de Michel Bernard. Il a su se réapproprier une figure emblématique de l'Histoire de France, parfois malmenée ou récupérée, et retrace en détails l'existence aussi brève qu'extraordinaire de la Pucelle d'Orléans, elle dont "le bruit métallique de la pauvre armure paraissait l'annonce d'un temps nouveau", elle dont l'exemple "fendait les coeurs pour y verser la confiance et la force".
Une trajectoire fulgurante et un bel exercice de style, qui tous deux ont de quoi impressionner !
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Un roman magnifiquement écrit dans une édition elle-même raffinée et agrémentée de quatre jolies cartes toutes simples. C'est l'épopée de Jeanne d'Arc que Michel Bernard nous donne à suivre de Domremy à Rouen.

Quatre périodes rythment le récit : convaincre de sa mission tous les intermédiaires qui la séparent du "gentil Dauphin" et gagner sa confiance en délivrant Orléans, le conduire à Reims pour se faire sacrer, rallier les principales villes d'Ile de France et du Berry à l'autorité royale, puis la captivité et le bûcher pour avoir voulu préserver Compiègne menacée par le Duc de Bourgogne.

On fait la connaissance d'une jeune fille audacieuse, résolue et pleine d'une autorité qui s'impose naturellement à ceux qui la rencontrent. Une autorité qui émane de sa foi en sa mission, de sa sagesse, de sa grande piété et de son humanité profonde. Une Jeanne touchante.

Michel Bernard, avec finesse et dans une écriture simple et délicate, retrace les combats et donne également corps aux figures des grands capitaines qui ont accompagnée la Pucelle, les La Hire, Xaintrailles, d'Alençon, Gilles de Rais... dont on sent tout l'attachement qui les liera sincèrement à elle.

C'est également Charles VII qui se dévoile, non comme le personnage falot que l'on a coutume de voir en lui, mais comme un souverain chez qui, une fois sacré, le sens politique prend le pas, gardant deux fers au feu : négocier secrètement et laisser Jeanne combattre entrainée par son énergie farouche à bouter les anglais hors de France.

Enfin, c'est une belle promenade au coeur des paysages qui font les campagnes de la France de cette époque et qui nous sont encore familières : le Barrois, la rives de la Loire, la Beauce, le Berry, l'Ile de France, la Champagne, la Normandie, leurs châteaux austères, leurs cathédrales, leurs villes fortifiées derrières d'épaisses murailles où se pressent notables, belles dames, bourgeois et paysans.


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Tout le monde connaît peu ou prou l'histoire de Jeanne d'Arc, même ceux que l'histoire de France ne passionne pas. On sait que la figure de cette jeune fille mystique et héroïque vit encore dans nos mémoires, qu'elle a été le prétexte aux déchaînements des principales passions françaises, la dispute, le déchirement, la trahison et la guerre civile. Il n'est donc pas facile d'écrire un roman historique dont le personnage principal est en plus une sainte de l'église catholique, qui reconnut l'injustice qu'elle avait commise contre elle et ses vertus.

Michel Bernard ancre son histoire et son héroïne dans une nature, des saisons, des paysages français, tels qu'on imagine que les vit une jeune fille quittant sa Lorraine natale pour la première fois. Les lumières et les sons dans les descriptions de l'auteur donnent au récit des allures d'enluminure, mais sans idéalisation inutile. Simplement, le style du romancier fait de ce XV°s français une oeuvre d'art.

Jeanne d'Arc, c'est aussi l'irruption de la pureté, de la vocation divine, de la simplicité du devoir, dans l'univers de la politique, qui est intrigues, machinations et mensonges. Jeanne arrache le dauphin Charles à la routine de ses échecs, et même à la fin, à Rouen, sa voix retentit et dissipe les ruses juridiques des casuistes qui instruisent son procès (à la manière de Sophie Scholl dans le film qui lui a été consacré). En sa présence, les foules ressentent "comme un retour à des sentiments profonds, qu'ils pensaient dissous, à l'enfance, aux voix du père et de la mère. Chassées par le vent nouveau, les fumées des raisonnements et des calculs étaient dissipées... Les mots étaient revenus sur les choses. le noir était noir, le blanc était blanc, l'ennemi était l'ennemi. L'usage du mot "oui" et du mot "non" ne leur échappait plus. Ils se connaissaient, voyaient d'où ils venaient et à quoi ils appartenaient. Ils se sentaient délivrés." (p. 172)

Enfin, l'auteur se garde bien de recréer les pensées et les paroles de son héroïne, tâche devant laquelle même Bernanos avait reculé (mais non je ne sais quel imbécile cinéaste). Il se contente de décrire les effets qu'elle produit sur les autres : en sa présence, les gens respirent mieux, plus amplement, se prennent à espérer de reprendre les rênes de leur vie et les reprennent en effet. Elle témoigne de la présence du Dieu de la liberté en élargissant l'espace et l'air libre autour d'elle.

Pas de meilleure hagiographie que celle-là.
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critiques presse (2)
LeMonde
09 mars 2018
L’écrivain vient du même « coin de terre » que la Pucelle, et s’est de tout temps senti proche d’elle et de son mystère. Une proximité d’où a jailli « Le Bon Cœur ».
Lire la critique sur le site : LeMonde
LaCroix
02 février 2018
Admirable de tranchante douceur, le récit de Michel Bernard s’attache à la personne toute simple et parfaitement extraordinaire de Jeanne d’Arc.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
Le lendemain, une messe fut dite pour le repos de l'âme de la jeune fille. Tous étaient là, les hommes qui avaient combattu à ses côtes et ceux qui l'avaient servie. Jean et Pierre, près de l'autel, assistaient l'officiant. A l'issue de la cérémonie, suivi des capitaines, il remonta la nef jusqu'au porche de l'église devant lequel attendaient Jean de Metz et un cheval qu'il tenait par la bride. Le prêtre leva le bras et, lentement, de la main, sur l'animal traça le signe de croix. C'était le cheval de Vaucouleurs, celui de l'homme tué l'avant-veille sur le rempart de Rouen. Il était brave et généreux. Ses camarades l'appelaient le Bon Cœur.
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Elle les voyait venir avec leurs gros sabots. Ils voulaient la faire passer pour une sorcière, une illuminée, une folle, une affabulatrice, une fille des bois, adoratrice des fées, des sources et des arbres magiques. Et puis encore, une semeuse de discorde, une femme travestie en homme, avide de pouvoir et de luxe, amoureuse de la compagnie des mâles, les provoquant à la luxure, à la guerre et au meurtre, troublant leur entendement et les détournant de l'Église. Elle répondait posément, avec bon sens, avec humour dès que l'occasion s'en présentait. Elle avait de la répartie, au point que certains avaient du mal à réprimer un sourire lorsqu'elle mouchait un de leurs pairs.
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Coup de cœur pour ce roman qui raconte avec panache et inspiration la vie d’un personnage de légende : Jeanne d’Arc.
Quel talent de conteur ce Michel Bernard ! Et quelle héroïne ! Passionnant de découvrir la femme derrière le personnage historique, dans son quotidien et dans son incroyable épopée, de la gifle retentissante (mais aussitôt regrettée) donnée par Robert de Baudricourt à qui elle avait osé réclamer de l'aide, jusqu’au bûcher dressé sur la Place du Vieux-Marché à Rouen. Une formidable battante, totalement déterminée à mener à bien les missions murmurées par ses voix : oui, elle, petite paysanne de Lorraine, libérera Orléans, oui elle convaincra le dauphin de se faire sacrer à Reims et oui, elle boutera les Anglais hors de France en réunissant le royaume alors dans un sale état (merci les Bourguignons !). Rien de moins. On ne peut qu’admirer la foi de cette jeune fille partie pourtant avec si peu d’atouts en poche mais qui deviendra ce chef de guerre charismatique, soulevant des armées derrière son étendard blanc. Eclairée par cette foi sans faille, elle va convaincre tous ceux qu’elle trouvera sur son passage, du simple paysan au seigneur le plus puissant et jusqu’au futur Charles VII, qui lui doit une fière chandelle… mais qui aura la mémoire bien courte quand il s’agira de lui venir en aide.
Erudit sans être assommant, poétique sans être lyrique, ce roman redonne de l’éclat et un sacré coup de jeune mais aussi de la chair à ce personnage légendaire. J’ai adoré redécouvrir Jeanne d’Arc dans ces pages qui, cerise sur le gâteau, sont imprimées sur un joli papier tout doux pour les tourner avec encore plus de plaisir 😊
Lu dans le cadre du Prix littéraire France Télévisions
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Privée de ravitaillement, à bout de ressources, Orléans finirait par tomber. Alors l'Anjou ne serait plus tenable et il ne resterait au dauphin qu'à se replier en Auvergne, dans une des vieilles forteresses de granit qu'il avait là-bas. Ensuite, ce serait le Languedoc, les remparts ensablés d'Aigues-Mortes, la résignation et la mer. Parfois, au réveil, au sortir de rêves dont il ne se souvenait pas, Charles était surpris de voir ses serviteurs encore là, à s'affairer autour de lui, la garde se relayer dans la cour du château, et la bannière aux lys de France, celle de ses ancêtres, dans les remous de l'air, balayer de ses plis la coiffe d'une tour.
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Avoir la Pucelle à ses côtés, c'était doubler la capacité de ses forces. Les soldats étaient galvanisés par sa présence et rivalisaient d'audace. Ses cris, ses encouragements, sa voix, aiguë, joyeuse jusque dans l'engagement, l'apparition de son étendard produisaient un effet étonnant. La Hire n'avait pas autant d'ascendant sur sa bande de guerriers. Jean d'Alençon voulait l'avoir pour cela, et parce qu'il aimait sa compagnie, sa bonne humeur. La guerre l'avait endurcie, pas abîmée. Elle pleurait quand elle était émue, ce qui lui arrivait souvent. L'excès d'enthousiasme, ce caractère présomptueux que lui reprochaient ses détracteurs, était pour lui énergie, lucidité et fermeté d'âme. Tout prince de sang qu'il fût, il aurait aimé que ces qualités lui eussent été accordées avec la même intensité. Il se sentait meilleur près d'elle et souvent heureux. Avoir la grâce, ce devait être cela.
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