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ISBN : 2841094804
Éditeur : Le Temps des Cerises (01/05/2005)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 3 notes)
Résumé :
L'auteure ayant vécu dix ans en Chine, nous livre son témoignage d'autant plus fort qu'il se trouve sublimé par un amour interdit. Ce roman constitue la suite de "Chair de papier"
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
fanfanouche24
  05 août 2019
Ouvrage sauvé du pilon, et racheté à ma médiathèque en novembre 2013---***Billet très bref ,écrit fin 2013; Chronique remaniée en août 2019—
Très , très intéressante découverte, aussi captivante intellectuellement qu'émotionnellement !!... Une grande dame à redécouvrir, dont les deux passions étaient La Chine et le moyen-âge !!...

Maoïste, Suzanne Bernard est partie travailler en Chine, en 1978, dans le secteur culturel, aux côtés de "travailleurs intellectuels" chinois. La révolution culturelle achevée, l'enthousiasme était grand, tout était à construire.
Le témoignage de Suzanne Bernard qui a vécu dix ans à Pékin, s'inscrit à contre-courant du discours dominant "politiquement correct". "j'ai connu le pire et le meilleur du socialisme chinois."

5 août 2019. J'avais été des plus lapidaires dans ce premier billet. Suzanne Bernard a été jusqu'au bout de ses convictions. Elle était partie en Chine pour deux années… elle y resta dix années , s'immergeant dans le pays, la mentalité, les codes sociaux aux antipodes de l'Occident…Et pour complexifier l'adaptation à son « nouveau pays », elle vécut un amour interdit avec un Chinois. Doublement interdit car les Chinois ne peuvent épouser un étranger… Et l'homme aimé est marié…

J'ai repris la relecture de l'expérience courageuse de cette occidentale : l'euphorie de la Révolution culturelle … puis les désillusions, et révoltes contre les dérapages de cette nouvelle société promettant un monde futur, basé sur la liberté, l'égalité et la démocratie…
Suzanne Bernard participa à la reconstruction de cette nouvelle société, à de multiples niveaux, dont celle de maquettiste et de traductrice pour une nouvelle collection littéraire, La collection Panda, qui publiait les oeuvres les plus marquantes de la littérature chinoise.( en 1981)….
« Si j'ai été maoïste, c'est bien avec au coeur ce désir de rebâtir le monde !
L'ami chinois, dans le silence, répète la question :
-Tu ne crois pas qu'on t'a utilisée ?
Je réponds sans hésiter, un peu peinée qu'il me la pose :
-La Chine m'a tout pris mais aussi tout donné, ce fut un vrai échange.
-Alors, tout est bien. (p. 79) »
Comme je souhaite offrir cet ouvrage (épuisé) pour l'anniversaire d'un ami, passionné par la Chine et le bouddhisme… Je complète aujourd'hui cette chronique trop parcellaire et frustrante !!
J'aimerais désormais dénicher les autres récits de Suzanne Bernard inspirés par ses années chinoises : Une étrangère à Pékin (1986) ; Un amour à Tian An Men (1990), les enfants de Yenan (1985), Automne chinois (1994), etc.

« Il y a le meilleur et il y avait le pire, je l'ai dit.
Les aspects positifs, le meilleur, ne me rendaient pas aveugle sur le pire du système socialiste.
Dans -Automne chinois- j'ai dit la persécution. Dans -Une Etrangère à Pékin-, les crimes de la révolution culturelle, l'absence de liberté. Dans -Un amour de Tian An Men- je tiens la chronique, jour après jour, de la grande espérance brisée. On ne peut m'accuser d'être une inconditionnelle."
(p. 82)
Un très beau texte sans langue de bois où Suzanne Bernard explique , avec sincérité, comment une jeunesse massacrée, mortifère l'a poussée à partir… mais aussi comment le « militantisme l'a sauvée…où son engagement pour la « Nouvelle Chine » lui a fait tout quitter, où elle tout donné… pour cette révolution maoïste, tout en faisant elle-même son autocritique, sans complaisance, en n'ayant pas le moindre regret, expliquant même très finement comment ces années d'adaptation, d'apprentissages à un nouveau mode de vie et de pensée l'ont forgée !...
Comme je le formulais précédemment, une grande dame à lire, relire, découvrir et re-découvrir…car il y a encore dans sa propre expérience, beaucoup de questions d'actualité sur les espoirs d'une nouvelle société plus juste et les dérapages que provoquent trop fréquemment le goût et l'addiction au pouvoir !!!

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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
fanfanouche24fanfanouche24   11 novembre 2013
Avec les situationnistes on criait:
"Ne travaillez jamais! "
On cherchait l'épanouissement personnel, on aimait le risque, l'aventure.
Il fallait que le monde bouge.
Que la vie soit à la hauteur de nos rêves.
On ignorait le stress, l'anxiété, tous les "principes de précaution"...On n'avait peur de rien !
A dix-huit ans on ne pensait pas à la retraite. Il était évident que nous, on ne serait jamais vieux, raisonnables, encagés, piégés !
(...) La pauvreté n'était pas un problème. On ne se sentait pas pauvre, on vivait légèrement, naturellement, comme les oiseaux.
Cette pauvreté-là est devenue impossible.
Le capitalisme a gagné. l'argent, partout, a gagné. (p. 22)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 août 2019
Vraiment la souffrance est une drôle de bête en Chine. Noire, opaque, malfaisante.
On se débat entre ses griffes, étonné après l'assaut d'être en vie.
En Occident, la souffrance est claire, féroce aussi, mais franche aussi. Peut-être parce qu'on peut la partager, se confier, lui ôter ainsi de la malignité, de la force.
L'autre existe, soutient, aide...

Aujourd'hui on s'étonne de ma bonne humeur constante, de la tranquillité, voire de l'humour que je montre dans ma misère.
jamais une plainte !
La Chine m'a formée...Déformée, reformée...Comme un bonsaï. Quel travail ! (p. 86)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 août 2019
1ère partie
Chair à papier, suite

Et pour l'écrivain, pas d'indemnités de chômage !
Là, c'est la peur, on crève de peur.
-Tu n'as jamais travaillé ?
Quand tu touches le fond, il y a toujours quelqu'un pour te dire qu'il faut "travailler", alors que quand un livre "marche", comme c'est curieux, le même admet qu'on a "travaillé". Le travail sur le livre n'a pourtant rien à voir avec le chiffre des ventes ! Avant leur entrée en capitalisme, les Chinois l'avaient compris. Quand l'écrivain amateur devenait un écrivain "professionnel", c'est-à-dire qu'il quittait son ancien métier pour devenir un écrivain à part entière, on continuait à lui donner un salaire, que sa production littéraire se vende ou non. Il n'y a pas de honte à être un salarié. La honte, c'est d'avoir faim, qu'on vous laisse avoir faim. (p. 20)
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fanfanouche24fanfanouche24   04 août 2019
Il y a le meilleur et il y avait le pire, je l'ai dit.
Les aspects positifs, le meilleur, ne me rendaient pas aveugle sur le pire du système socialiste.
Dans -Automne chinois- j'ai dit la persécution. Dans -Une Etrangère à Pékin-, les crimes de la révolution culturelle, l'absence de liberté. Dans -Un amour de Tian An Men- je tiens la chronique, jour après jour, de la grande espérance brisée. On ne peut m'accuser d'être une inconditionnelle. (p. 82)
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fanfanouche24fanfanouche24   05 août 2019
J'avais vécu mon enfance et mon adolescence , dans les bras de la mort...A regarder jour après jour mon père, ma mère, survivre vieux, cancéreux...Sortez vos mouchoirs ! Je n'imagine pas de jeunes années plus effroyablement tristes. Il m'arrive encore, des décennies plus tard, d'entendre le bruit de la balle que mon père, pour en finir plus vite, s'est tirée dans la bouche. Le pire, il s'est raté ! Pendant plus d'un mois, je l'ai regardé mourir...J'avais dix-sept ans.
C'est l'engagement, la militance qui plus tard m'ont redonné la vie. Qui m'ont fait découvrir "les autres" (...)
Merci Mao !
Refaire le monde, changer la vie : l'Histoire, alors montrait que c'était possible. Je me suis engouffrée dans l'histoire...C'est une chance, quand l'Histoire s'ouvre, ouvre les bras. Faut pas la rater ! (p. 46)
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