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EAN : 9781145276994
322 pages
Éditeur : Nabu Press (23/02/2010)

Note moyenne : 3.39/5 (sur 9 notes)
Résumé :
[LIVRE AUDIO]

Mathilde ne paie pas de mine : « une espèce de paysanne du Morvan, au teint basané, aux durs yeux noirs, pas très fins au premier abord ». Mais lorsqu’il s’agit d’enquêter bien peu des collègues de son mari, l’inspecteur Gourgeot de la Sureté, ne peuvent l’égaler. Justement, il se passe de drôles d’évènements à Belleville. Une bande d’apaches rode dans le quartier et une jeune femme se fait agresser sous les fenêtres de Firmin, un étudi... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
HORUSFONCK
  01 mai 2018
J'ignorai, jusque récemment, que Tristan Bernard avait écrit de la fiction policière.
Grâce à la Bibliothèque Romande et son riche catalogue numérique, j'ai pu déguster ce petit chef d' oeuvre du polar qu'est Mathilde et ses mitaines.
Ce roman, datant de 1912, ne manque ni d'humour ni de mystère. Si elle comporte quelques côtés désuets, l'intrigue amène un modernisme surprenant incarné par Mathilde qui fait plus que seconder son mari, inspecteur de la sûreté: Les époux sont complémentaires et se partagent le boulot d' investigation parfois très périlleux.
Tristan Bernard, auteur taquin, profite de cette enquête pour égratigner la police scientifique et les méthodes déductives de certain limier d'outre-manche...
Une heureuse découverte dans le polar, donc, à côté de laquelle il serait dommage de passer.
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KiriHara
  15 novembre 2018
Tristan Bernard est un auteur dont tout le monde ou presque a déjà entendu parler et qui est célèbre, entre autre, pour ses bons mots.
Né un 7 septembre 1866 et mort un 7 décembre 1947, il est l'auteur de nombreux romans et pièces de théâtre.
Mais qui se souvient que Tristan Bernard se soit essayé au genre policier ? Ceux et celles qui ont lu « Mathilde et ses mitaines », entre autres, probablement.
En voilà un roman bien intéressant né de la plume d'un auteur qui l'est tout autant.
Car, de la prose de Tristan Bernard, on peut s'attendre à une certaine divagation humoristique, à une accumulation de bons mots et d'aphorismes décapants, à des formulations extrapolées (il était un spécialiste des mots-croisés). Mais peut-on espérer, de sa part, une critique de la société, du mystère, du crime et de l'intrigue ?
Oui, « Mathilde et ses mitaines » le démontre allégrement.
Firmin est un jeune étudiant monté à Paris pour faire son droit. Il loue une chambre dans un hôtel d'un quartier quelque peu mal famé. Un des rares soirs où Firmin rentre tard, il croise une bande d'apaches qu'il se presse de fuir en rentrant chez lui. de sa fenêtre, il guette, après avoir entendu un cri dehors, et aperçoit une jeune femme étendue dans la rue. Son coeur et son esprit chevaleresque prennent le dessus et il descend chercher la jeune femme qu'il remonte chez lui. Là, le peu de temps passé à soigner l'inconnue, il tombe sous son charme et quand celle-ci décide de rentrer chez elle, il la raccompagne jusqu'à trouver un cocher. En chemin, elle fait un détour pour passer à une boutique dans laquelle un vieux bonhomme lui rend son chapeau. Puis la belle s'en va au loin sans que Firmin n'ait osé demander à la revoir.
Mais le coeur a ses raisons que la raison ne peut comprendre et Firmin ne se voit plus passer sa vie loin de la femme qu'il aime. Aussi, va-t-il faire appel à un ami de ses parents qui est policier et il se rend donc chez lui pour obtenir son aide. Mais, à défaut d'avoir l'aide de l'homme, il va obtenir celle de sa femme, Mathilde, une femme aux allures paysannes mais qui va se montrer plein de bon sens, de courage et de pratiques.
Remontant la piste, Mathilde et Firmin se rendent dans la boutique où l'inconnue a récupéré son chapeau, mais celle-ci a été vidée dans la nuit, seul un cadavre de femme demeure, enterré dans la cave. Sur l'épaule de la morte, une croix a été gravée semblable à celle ornant l'épaule de la femme que Firmin a aidé. le temps d'aller chercher la police et le corps a disparu...
L'auteur n'hésite pas à proposer une véritable intrigue au lecteur, ne s'appuyant pas uniquement sur son sens de l'axiome et de l'humour. Mais, en plus d'une intrigue de bonne facture, Tristan Bernard s'amuse à égratigner une part de la société avec son personnage de Firmin, campagnard en pleine ville ainsi qu'avec celui du mari Mathilde qui ne cesse de conclure sur les goût de Firmin en raison de ses origines.
Mais, avant tout cela, c'est un vrai personnage intéressant et touchant, un duo, devrais-je dire (voire même un trio), que l'auteur nous propose dans son roman.
Car, le personnage de Mathilde n'est pas du tout un faire-valoir présent pour faire naître les situations cocasses comme on aurait pu le craindre d'un livre écrit à cette époque et par cet auteur.
Bien au contraire, Mathilde se révèle à la fois femme forte, femme aimante, femme détective, femme courageusen et femme touchante. C'est le personnage fort du roman. C'est LE personnage de ce roman. Car, si l'on excepte la relation touchante qui lie Mathilde et son homme, c'est par Mathilde et quasi uniquement par elle que l'intrigue va avancer.
Si l'on ajoute à tout cela que Tristan Bernard maîtrise parfaitement sa narration et n'oublie pas, pour autant, son sens de l'humour, que rajouter à cela ?
Au final, une excellente surprise que ce roman policier très plaisant né de la plume d'un auteur n'étant pourtant pas réputé dans ce genre.
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paulmaugendre
  05 avril 2018
Célèbre pour ses pièces de théâtre et ses romans, ses mots d'esprit et ses mots croisés, inventeur du Jeu des petits chevaux en 1936, Tristan Bernard fut un prosateur prolixe. Mais connaissez-vous ce roman policier, Mathilde et ses mitaines, qui a bénéficié de nombres rééditions ?
Le jeune Firmin Remongel, dont le père est fabricant de chapeaux de paille à Vesoul, s'est installé dans le quartier parisien de Belleville afin de poursuivre ses études de droit. Austère et laborieux il ne sort pas le soir comme la plupart de ses condisciples. Pourtant il faut bien se résoudre à quelques compromissions et il a participé ce soir là à un dîner trimestriel d'une société d'étudiants francs-comtois. En rentrant chez lui il n'est guère rassuré car il lui faut traverser quelques rues inquiétantes. La veille il avait été réveillé par un cri venant de la rue et avait aperçu deux silhouettes s'enfuir au coin de la rue.
Arrivé près de son logis il aperçoit derrière lui quelques individus et il court, tremblant de peur car le concierge ne lui ouvre pas assez rapidement la porte. Enfin à l'abri dans son studio, il peut se coucher jusqu'à ce qu'il entende à nouveau un cri dans la rue. Il redescend immédiatement et trouve une jeune femme allongée près d'un bac de gaz. Elle est choquée. Il la monte dans ses bras jusqu'à sa chambre et la soigne. Deux scarifications en forme de croix lui balafrent l'épaule. Elle dit se prénommer Rose sans plus d'explications et lorsqu'elle apprend l'heure elle s'affole. Il lui faut rentrer chez elle. Il l'accompagne jusqu'à une ruelle où se tient une maison basse. Elle frappe à la porte d'une boutique et requiert auprès du vieil homme qui ouvre l'huis son chapeau. Puis ils affrètent un cocher non loin et Rose demande de la conduire à l'Etoile. En bas de chez lui deux hommes qui semblent chercher quelque chose, là où gisait peu de temps auparavant Rose. S'ensuit un bref entretien au cours duquel les deux individus lui demandent s'il n'aurait rien vu d'anormal, puis enfin Firmin peu remonter chez lui.
Le lendemain Firmin, tombé amoureux de Rose, décide d'éclaircir ce mystère avec l'aide d'un de ses compatriotes, un inspecteur de la Sûreté nommé Gourgeot. Auparavant il fouine près de la boutique. La raison sociale est cachée par un calicot et la concierge qui procède à la lessive lui apprend que la boutique est fermée. Elle a été louée mais les locataires sont partis le matin même alors que le terme n'était pas arrivé.
Au cours du repas avec Gourgeot il fait connaissance de Mathilde, la femme du policier. Mathilde, contrairement à son mari qui est assez imposant pour ne pas dire gros et blond, ressemble à une petite paysanne du Morvan, au teint basané, aux durs yeux noirs, vouvoyant son mari. Mais sous des dehors revêches elle se montre particulièrement perspicace et sert souvent d'aide précieuse à son mari lors de ses enquêtes.
Et c'est ainsi que Firmin et Mathilde remontent la filière, découvrent enterré dans la cave de la boutique miteuse un cadavre dont l'épaule porte les mêmes stigmates que Rose, trouvent un passage secret que viennent d'emprunter quelques individus, recherchent le domicile de Rose, ainsi que son identité, et partagent d'autres péripéties parfois savoureuses ou périlleuses. Et Firmin se rend compte que sous des dehors parfois peu amènes, Mathilde est redoutablement efficace dans sa façon de procéder pour délier les langues, se sortir de situations délicates, et obtenir des renseignements. D'ailleurs Gourgeot ne tarit pas d'éloges sur sa femme : C'était désormais pour lui une bonne chercheuse de vérité, qui n'avait pas à sa disposition des moyens d'investigations bizarres ou merveilleux, mais qui se servait admirablement de ses ressources humaines. de nos jours, les ressources humaines ont une tout autre signification, qui n'est pas à l'honneur du technocrate qui a imposé cette appellation politiquement correcte mais qui cache une nouvelle forme d'esclavagisme.
Toutefois l'estomac de Mathilde lui joue des tours, le brûle, et elle est astreinte à absorber diverses concoctions. Son mari possède des médicaments plus efficaces puisqu'il lui donne comme traitement un petit verre de Kirsch, les remèdes de grand-mère s'avérant, dans l'esprit de bien des gens plus efficaces que les produits pharmaceutiques.
La suite ci-dessous :
Lien : http://leslecturesdelonclepa..
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secondo
  01 mars 2021
Un grand merci à Masse Critique pour l'envoi de ce livre audio. Mon premier.
La mélodie des mots nous biblio-transporte dans le Paris qui n'est plus, le Paris des voitures à bras, des cochers fouet à la main, des verres de fine, des maisons de rapport, des femmes en cheveux ou à voilette. Tout cela posé dans l'ouate hydrophile de l'imparfait du subjonctif et des tournures de phrases très classes d'un français oublié.
Et dans ce Paris qui n'est plus, Firmin, étudiant en droit, recueille une petite femme qui vient de se faire agresser en pleine nuit sous sa fenêtre. Et de là démarre une histoire policière bien emberlificotée que détricote Mathilde, femme toute de hardiesse bardée, femme d'inspecteur de la sureté, mais inspectrice à n'en point douter. "Une bonne chercheuse de vérité" en somme, mitaines et rat-de-cave aux mains pour fureter dans tous les coins.
Les descriptions qui semblent sans façon sont cependant savoureuses, précises, quasi-scolaires et fort habilement délivrées par une petite voix modulante et changeante, capable d'interpréter aussi bien le caverneux et gargantuesque fonctionnaire, la brusquerie autoritaire et paysanne de Mathilde que le débit monocorde, délicat et frais de Rose.
On regrette l'abandon progressif du substantif "apache" qui désigne les voyous parisiens au profit du terme "filou" commun et fort peu exotique.
Bref c'est un livre à écouter quand il fait clair de lune pour laisser son esprit vagabonder derrière ces apaches de mots si bien rusés.
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Passemoilelivre
  03 février 2021
Peu familier du livre audio, j'ai reçu celui-ci dans le cadre d'une opération "masse critique". le texte lu ne m'a pas convaincu car il requiert un temps d'attention beaucoup plus long que la lecture du texte correspondant. On peur lire deux livres pendant le temps nécessaire pour en écouter un!
Les dialogues lus par un seule personne perdent un peu de leur intérêt.
Paris 1912, Firmin, jeune étudiant originaire de Vesoul se trouve mêlé à une histoire policière après avoir soigné Rose victime d'une agression sur la voie publique. L'inspecteur Gourgeot, également originaire de Vesoul et sa femme Mathilde vont enquêter sur cette affaire à la demande de Firmin. Roman policier au charme désuet où on se déplace aussi bien en fiacre qu'en taxi auto et où sévissent des « apaches » (mauvais garçons de l'époque). L'intrigue fait la part belle à Mathilde, fin limier perspicace qui forme un duo efficace avec mari.
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Citations et extraits (16) Voir plus Ajouter une citation
HORUSFONCKHORUSFONCK   01 mai 2018
— N’y aurait-il pas moyen, risqua le jeune homme, de
suivre sur le sol la trace des roues de la voiture à bras ?
Mathilde haussa les épaules :
— Ce n’est pas mon genre. Et je vous dirai que je ne
crois pas beaucoup à ces choses-là. Les traces de voiture, les
traces de pas, il faut avoir bien de la veine pour que ça se retrouve,
ou encore que les criminels aient la complaisance de
passer dans la neige on le sable mouillé. Qu’on perde son
temps à rechercher ces indices-là, quand on n’a rien d’autre
à sa disposition, je veux bien, moi. Je vous dirai que je n’en
aurais pas la patience : c’est du travail à l’aiguille, de
l’ouvrage de demoiselle. C’est entendu : si un des assassins a
bien voulu appuyer son pouce sanglant sur un verre à boire,
on s’empressera de porter ce verre à M. Bertillon.
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paulmaugendrepaulmaugendre   05 avril 2018
C'était désormais pour lui une bonne chercheuse de vérité, qui n'avait pas à sa disposition des moyens d'investigations bizarres ou merveilleux, mais qui se servait admirablement de ses ressources humaines.
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secondosecondo   01 mars 2021
Elle portait par dessus son corset un petit cache corset très blanc ornés de minces rubans de satins bleu. Firmin n'était pas un novice mais il ne possédait sur les dessous de la toilette des dames de notions bien précises.
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secondosecondo   01 mars 2021
Je suis à vous.
Ma vie toute entière vous est consacrée.
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secondosecondo   01 mars 2021
Sans les bavards et surtout sans les bavardes qu'est-ce que deviendrait la police ?
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