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Critiques sur Sauvages (55)
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Jmlyr
  01 mars 2019
Avec cette oeuvre pour adolescents, nous restons dans la lignée du très bon roman « Sept jours pour survivre ». En effet, Nathalie BERNARD évoque une fois de plus le calvaire que de jeunes autochtones ont subi dans tout le Canada, le Québec ici, calvaire supposé être une intégration à la société canadienne, et qui s'est plutôt révélé une désintégration au sens figuré comme au propre. Adieu culture indienne, adieu rites, adieu us et coutumes, adieu même les parents. Bonjour les pensionnats où les prêtres catholiques font terriblement écho à notre actualité : pédophilie. Mais aussi tout l'arsenal de maltraitance, brimade et crimes en tout genre, pour « Tuer l'indien à tout prix », comme le dit l'auteure.

Le style est fluide et convient parfaitement aux adolescents ; le suspens est maintenu habilement. La fiction décrit une réalité qui a existé jusque dans les années 1990, et les aventures de Jonas sont un prétexte pour nous rappeler combien ces minorités ont souffert, les enfants en particulier.

L'ensemble n'est pourtant pas glauque, et met au jour des histoires peut-être méconnues du lectorat.
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marina53
  03 février 2020
Québec, dans les années 50... Au pensionnat du Bois Vert, Jonas compte, non sans une certaine impatience, le nombre de jours, d'heures, qu'il lui reste avant de pouvoir quitter définitivement les lieux. Impatient de laisser derrière lui le père Seguin et les soeurs, leurs préjugés coloniaux et racistes, ce numéro 5 qui le déshumanise, cette éducation punitive qui le force à abandonner ses racines et sa culture amérindienne. Heureusement, la forêt alentour, dense et profonde, lui sert de refuge et d'échappatoire. C'est ici, quelques heures par jour, qu'il aide Samson à couper du bois. C'est ici aussi qu'il se rappelle les jours heureux auprès de sa mère, avant que les autorités blanches ne l'enlèvent 6 ans plus tôt...

Nathalie Bernard s'inspire de la véritable histoire de ces pensionnats qui existèrent au Canada, du début du XIXème siècle jusqu'en 1996 (date de fermeture du dernier pensionnat autochtone), et qui accueillirent plus de 150000 enfants. Ces écoles, financées par le gouvernement fédéral et dirigées par des religieux, n'avaient qu'un seul but : leur faire délaisser leurs traditions, leurs pratiques culturelles et leurs langues. À partir de là, l'auteure, s'inspirant de témoignages, nous raconte l'histoire de Jonas, mais aussi celle de Gabriel, un Inuit. Arraché à sa mère malade, soumis aux mauvais traitements du père Seguin (tout comme ses camarades), le jeune Jonas, à tout juste 16 ans, s'est jusqu'ici plié aux rudes règles, hermétique à ce qui l'entourait. Jusqu'à ce qu'un événement tragique lui fasse réellement comprendre ce qui se passe. Découpé en deux parties bien distinctes, "Dedans" puis "Dehors", ce roman explore avec une grande justesse et beaucoup d'émotions, le sort réservé à ces enfants enfermés et maltraités. Un roman émouvant, bien rythmé et fort utile...
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rosalinda89
  03 février 2019
Waouh, quel livre!
Je connaissais le sort réservé aux amérindiens dans les pensionnats canadiens, car j'étais passée par le magnifique 'Jeu blanc' de Richard Wagamese. Curieuse de voir comment le sujet ce serait abordé dans la littérature jeunesse, je me suis laissée tenter et je fus conquise.
Enlevé à sa mère à l'âge de 10 ans, Jonas attend avec impatience la liberté tant souhaitée. Encore deux mois et les mauvais traitements resteront un très mauvais souvenir. Mais quelque chose va mal se passer et Jonas sera obligé de prendre la fuite…
J'ai dévoré ce livre que j'ai terminé le souffle coupé. Rédigé en courts chapitres, le suspense est parfois entrecoupé par les souvenirs de Jonas, mais l'écriture reste fluide.
J'ai adoré suivre Jonas dans son parcours, j'ai aimé les descriptions lyriques où même la nature participe aux états d'âme des personnages.
Poignant et émouvant, ce roman peut être lu par les adolescents et les adultes.
Laissez- vous tenter ! Vous ne serez pas déçus.
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thedoc
  18 août 2019
Après Elise Fontenaille avec son roman « Kill the Indian in the child », c'est Nathalie Bernard qui nous parle de l'histoire des pensionnats indiens catholiques mis en place au Québec dans les années 1950 (dès 1880 pour le reste du Canada) jusqu'aux années 1990, le dernier ayant fermé ses portes en 1996.

« Sauvages » est le récit de Jonas, « numéro 5 », placé dans un de ces sinistres pensionnats à l'âge de 10 ans. Comme tous les jeunes Indiens du Canada, il va y recevoir un enseignement donné par des soeurs et des prêtres catholiques. le but : assimiler les autochtones à la culture canadienne et à la religion catholique. Mais en guise d'enseignement, c'est une acculturation forcée, la faim, des sévices physiques et moraux, des abus sexuels qui s'abattent sur les enfants. La mortalité est chose courante là-bas. Mais Jonas a 16 ans et dans 3 mois, son enfer s'achève. En attendant, comme il l'a toujours fait pour se protéger, il fait profil bas, plie l'échine et s'évade mentalement dans ses souvenirs heureux.

Troisième lecture de la sélection lycée du Prix des Incorruptibles 2020, « Sauvages » est un excellent roman de littérature ado. Mêlant des faits historiques dramatiques avec le suspense d'un bon thriller, Nathalie Bernard nous emporte facilement au côté de Jonas dans le quotidien de l'un de ces pensionnats maudits. Destiné à un public jeune, ce roman n'enjolive pas pour autant les choses, ce qui en fait en partie sa qualité. Si la première partie du roman nous immerge dans l'horreur d'une violence quotidienne avérée, la seconde fait la part belle à la solidarité, au courage et à l'aventure, tout en rendant honneur à la culture indienne autour de personnages touchants. La tension monte et le rythme devient trépidant au gré des aventures de Jonas, le tout narré dans un excellent style.

En bref : une très bonne sélection pour les ados offrant un récit de qualité jouant sur des thèmes séduisants et intéressants, pour ne pas dire instructifs.

Je recommande vivement !
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Ziliz
  15 juin 2019
De l'acculturation du 'sauvage', au nom de la prétendue supériorité de l'homme blanc chrétien.
« Je ne parlais pas algonquin mais français. Je n'étais plus un Indien, mais je n'étais pas encore un Blanc. Je n'étais plus Jonas, mais un 'numéro'. »

Le Département des Affaires Indiennes a encouragé les internats pour autochtones pendant près de deux siècles pour favoriser leur « assimilation » (1827-1996). Ces institutions étaient destinées à scolariser et évangéliser les enfants autochtones pour qu'ils s'intègrent mieux. Cette pratique a été décrite comme le fait de « tuer l'indien dans l'enfant ».

Ce récit en est une terrible illustration, à travers l'histoire commune de deux adolescents, l'un Indien, l'autre Inuit.
Jonas et Gabriel auront bientôt seize ans, et quitteront alors ce pensionnat du 'Bois Vert' où ils sont entrés de force à dix ans, enlevés à leur famille, à leur environnement.
Petits, faut pas craquer. ♪♫
Pas dans la dernière ligne droite...

Si la série Harry Potter a pu donner envie à des jeunes d'être scolarisés en internat, ce roman en présente une vision cauchemardesque, qui rappelle ce qu'ont pu subir (et subissent encore ?) des enfants pris en charge par des religieux (hommes ou femmes) : anonymisation (nom remplacé par un numéro), 'rééducation' linguistique et spirituelle, privations, brimades, sévices corporels, parfois sexuels.

Le sujet est aussi intéressant que révoltant, et le récit évidemment bouleversant. Je regrette que l'auteur donne autant de place à l'action et à l'aventure, au détriment des sentiments des protagonistes et de leurs échanges.

Junior m'avait davantage touchée que Jonas.
Cf. 'Le premier qui pleure a perdu', de Sherman Alexie.
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Eroblin
  28 septembre 2019
Ce roman jeunesse évoque le calvaire subit par de jeunes autochtones du Québec entre 1827 et 1996 ( !), considérés cependant comme des sauvages par la bonne société catholique. Il fallait tuer l'indien qui était en eux, pour ce faire, on les a envoyés dans des institutions tenues par des prêtres et des soeurs qui, à coup de privations, de coups et de prières, ont essayé de faire d'eux des êtres dociles…
Jonas, le personnage principal de ce roman, a presque 16 ans, d'ici deux mois, il pourra quitter le pensionnat dans lequel il végète depuis six ans. Cet endroit sinistre, perdu au milieu de nulle part, accueille des enfants autochtones de 5 à 16 ans à qui on interdit de se souvenir même de leurs racines et de leur culture. Ils ne sont plus que des numéros, Jonas est le numéro 5 et s'efforce tous les jours de passer inaperçus aux yeux de celui et celles qui dirigent l'institution. C'est surtout le redoutable père Séguin dit La Vipère qu'il tâche de ne pas contrarier car cet homme de « dieu » est un être cruel et pervers (dans tous les sens du terme). Mais un soir, Jonas se verra obligé d'agir et de s'opposer à La Vipère.
C'est un beau roman qui évoque, certes, des thèmes difficiles comme la maltraitance, la pédophilie. Mais il parle aussi d'identité, d'appartenance culturelle : dès que Jonas fuit le pensionnat, il retrouve l'indien qui était en lui et n'a jamais disparu. Ce qui lui permet de faire face aux dangers qui l'attendent dans la forêt où il a trouvé refuge. Un roman bien rythmé qui ne peut que plaire !
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Lagagne
  27 décembre 2018
J'ai dévoré ce livre dans la journée. Cela faisait un petit moment que ce ne m'était pas arrivé.
Il est dur, très. le pensionnat est horrible, le sort que l'on réserve aux jeunes amérindiens est horrible, ce prêtre est horrible, les soeurs sont horribles,... Je ne pouvais absolument pas le lâcher, lever mes yeux et mon esprit de cette histoire. J'étais dans les murs du pensionnat, sur la glace du lac, parmi les arbres de la forêt, j'ai ressenti le froid, de la haine, de la compassion, je voulais voir Jonas s'en sortir, lui et les autres numéros.
Une lecture vivante, intense.
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Apikrus
  09 juin 2019
Comme d'autres jeunes autochtones du Québec, Jonas a été arraché à sa famille alors qu'il était enfant, pour être envoyé dans un pensionnat. C'est ainsi que les colons tentaient d'imposer leur culture à ces « sauvages ». Il ne s'agissait pas seulement de leur apprendre la langue française mais aussi de leur inculquer la foi catholique. A la violence de la séparation pouvait s'ajouter celle de nombreux blancs qui considéraient les autochtones comme des êtres inférieurs.

Dans soixante jours, Jonas aura seize ans et pourra quitter le pensionnat. Pour survivre pendant les années ayant suivi son arrivée au pensionnat, Jonas a dû apprendre à ne pas manifester sa révolte, à courber l'échine, à se replier sur lui-même, à paraître insensibles aux injustices commises autour de lui contre les plus faibles.
Dans soixante jours, Jonas devrait à nouveau être libre.
N'est pas compter sans quelques imprévus ?

Ce récit d'aventures, même s'il est fictif, illustre bien la manière dont la colonisation du continent américain s'est effectuée. Les adolescents pourront aisément s'identifier aux personnages principaux, et être émus par leurs sorts. Comme les adultes, ils seront sensibilisés à ce volet de l'histoire du Québec.

En préambule l'auteure explique qu'au Québec, des pensionnats pour amérindiens ont existé de 1825 à 1996, et qu'il fallut attendre 2015 pour qu'un premier Ministre canadien ne présente au nom de l'Etat fédéral des excuses aux populations autochtones pour ce qu'elles avaient subi. Cette reconnaissance, aussi louable soit-elle, ne résout d'ailleurs pas les difficultés auxquelles sont confrontés leurs descendants, parmi lesquelles l'exploitation destructrice de leur milieu naturel…

Merci à Babelio (opération Masse Critique).
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Gaoulette
  19 octobre 2019
Un sacré roman qui ne laissera personne indifférent. Il m'a rappelé le magnifique film Sleepers avec Brad Pitt. Encore une histoire vraie qui dévaste tout sur son passage.
Nous sommes dans les années 90. Pendant un siècle au Canada, les enfants indiens et inuits sont kidnappés. Enlevés de leur famille par l'état canadien pour s'occidentaliser. Ces enfants seront enfermés dans un pensionnat catholique qui ressemblera plus comme une prison. Dire que des prêtres et des bonnes soeurs devaient prendre soin d'eux.
Nathalie Bernard dénonce une toute autre réalité qui égratigne la religion et l'état canadien. Ca fait flipper de se dire que des personnes dites exceptionnelles puissent agir avec autant de cruauté. Nathalie Bernard nous offre une fiction tirée d'un fait divers.
En personnage principal, Jonas 16 ans qui sera libre dans trois mois. L'encadrement fait tout pour le "desauvager". Un terme qui n'existe pas je sais mais pour être plus clair, Jonas doit perdre tous ses réflexes indiens pour s'insérer dans une nouvelle vie plus occidentale. Et à travers le regard de Jonas nous allons découvrir l'horreur.
Un roman qui frappe fort et qui met le lecteur très mal à l'aise. Un roman jeunesse qui ne mâche pas ses mots pour dénoncer la cruauté de l'Homme. Un sujet très dur qui traite un gros fait divers. Je trouve admirable que la maison d'édition s'est lancée dans ce projet. Une belle prise de risque.
Un gros coup de coeur et je félicite l'auteure d'avoir pris un risque! Parler de sujet qui fâche….
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leathian
  11 septembre 2018
En tant qu'auteur, je ne vais pas m'auto-critiquer ;-). Je transmets ici la très belle critique d'Adeline Détée, comédienne.
« Sauvage » est un roman passionnant ; un roman qui vient vous chercher et qui ne vous lâche plus. Un roman qui vous habite une fois terminé tant sa thématique forte résonne en nous.
C'est une histoire qui nous plonge dans un des moments noirs de l'histoire des Amérindiens, la terrible histoire des pensionnats « pour sauvages » trop peu connue, trop peu médiatisée…
J'ai été tellement émue… Bouillonnement des sentiments…
J'ai été attristée dans mon coeur de mère, en colère contre toute cette bêtise humaine, j'ai moi aussi eu l'envie à l'instar de notre héros de courir les yeux fermés dans la forêt pour ne pas voir, les mains sur les oreilles pour ne pas entendre les cris de souffrance et d'injustice de ces enfants, de ces adolescents que l'on prive de ce qui nous fait tenir droit dans la vie, nos racines.
Mais, passé l'effroi que nous procure le réalisme du quotidien de ces jeunes incarcérés en milieu hostile, nous voici rattrapés, happés par le récit du héros et des ses camarades d'infortune. Car l'onirisme est bien présent et l'évocation du passé nous permet de respirer, comme les rêves font également respirer ces jeunes. Avec une écriture fine et un sens précis du rythme, Nathalie Bernard nous tient en haleine. Lorsque le roman nous amène dans les terres sauvages, dans la forêt dense peuplée de dangers et de chasseurs sanguinaires, notre âme d'aventurier se réveille à son tour.
C'est un tourbillon d'émotions multiples et sensibles.
Et c‘est avec beaucoup d'appétit et de respect que j'ai le plaisir d'en lire quelques extraits choisis comme autant de petits témoignages de la richesse de cet ouvrage.
Adeline Détée.
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