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ISBN : 2262017816
Éditeur : Perrin (12/09/2002)

Note moyenne : 3.96/5 (sur 13 notes)
Résumé :

D’abord liés aux rites religieux, les combats de gladiateurs devinrent simples divertissements, sanglants et onéreux, offerts au peuple par les princes ou de riches mécènes. Leur interdiction n’interviendra qu’au Ve siècle. Anne Bernet raconte le quotidien de ces victimes, condamnés ou volontaires. Comblant un vide, car les seules études disponibles, déjà anciennes, ne s’adressaient qu’à des spécialistes, ce livre, des origines de la gladiature à sa surv... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Walktapus
  14 mars 2015
Beaucoup de jugement moral dans ce livre, je trouve. C'est dommage, ça alourdit une synthèse passionnante.
Après les films grandiloquents et les séries semi érotiques, on peut avoir envie de faire la part du fantasme et celle de la réalité. Et comme toujours la réalité est plus riche.
Ici, tout est abordé : l'origine, l'enjeu politique, le recrutement, la vie du ludus, l'organisation des jeux, leur déroulement, les styles de gladiateurs, la manière dont les combattants pouvaient gagner, perdre ou mourir, les spectacles "annexes", etc., avec leur évolution dans une histoire de plusieurs siècles.
Y compris les questions auxquelles je ne trouvais pas de réponses : comment se conciliaient deux aspects pour moi contradictoires : le sport qu'on devait voir en connaisseur, avec ses champions, et le massacre où un certain nombre de ces champions coûteux et adulés devait mourir.
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Aelinel
  05 novembre 2014
Avant de débuter la lecture du livre, j'avais été voir dans Babelio la biographie de l'auteur que je ne connaissais pas. Je l'avoue, j'ai eu quelques appréhensions, voire quelques préjugés. Tout d'abord, son travail était éparpillé sur plusieurs périodes (antique, médiévale et moderne). Or, en général, un historien se spécialise sur une seule époque ou sur un seul sujet transversal, afin d'être plus efficace et plus précis. de plus, j'avais peur que ses convictions religieuses ne transparaissent trop dans ses écrits, étant donné que les Chrétiens ont été bien malgré eux impliqués dans la gladiature.
Puis, je me suis lancée et j'ai été agréablement surprise. Certes, il y a eu quelques expressions qui n'étaient peut-être pas nécessaires, surtout venant de la part d'un historien qui se doit d'être impartial (je fais référence par exemple à la qualification du comportement de certains empereurs comme Caligula). Mais pour le reste, le travail est de qualité.
- C'est un ouvrage très bien écrit qui se lirait presque comme un roman.
- le sujet est traité de manière tout à fait logique.
o Tout d'abord, chronologique, en montrant l'évolution de la gladiature : rôle funéraire sous la République à organe indispensable du pouvoir sous le Principat jusqu'à l'interdiction au Bas Empire par les empereurs chrétiens.
o Et enfin thématique, en rentrant dans le vif du sujet : organisation de la gladiature avec la logistique, les participants, etc…
- Au niveau de la méthode, je n'ai rien à dire. Les sources historiques sont relativement bien diversifiées. Elle utilise surtout des sources littéraire mais aussi épigraphique et archéologique. J'aurais néanmoins, quelques reproches à faire :
o il manque par exemple des sources artistiques. Il me semble qu'elle ne fait pas référence à une fresque pompéienne retraçant la rixe aux abords de l'amphithéâtre entre Nucera et Pompéi.
o de plus, concernant les sources épigraphiques, elle ne précise que très rarement les références du Corpus des Inscriptions Latines.
o Enfin, pour les sources archéologiques, il manquait des plans de ville de Rome ou de Pompéi et de bâtiments (amphithéâtre flavien et pompéien). Pour un non-historien, cela aurait pu être d'une aide précieuse.
- Les annexes (la liste des empereurs ou un glossaire de mots latin et grecs) pour les non-initiés sont une bonne idée, mais à mon sens, pas assez développées.
- Enfin, le petit aparté sur la gladiature au cinéma était sympathique et permet de se raccrocher à l'actualité. J'ai beaucoup aimé aussi qu'elle remette les points sur les « i » en recadrant de manière historique le film Gladiator de Ridley Scott.
En conclusion, il s'agit d'un bon ouvrage traité de manière rigoureuse malgré quelques coquilles citées plus haut. Il n'est pas nécessaire d'avoir fait des études d'histoire pour le lire car je l'ai trouvé très abordable, malgré le manque de documents comme des plans par exemple. Dans tous les cas, je le recommande et je remercie Babelio et les éditions Tallandier de me l'avoir fait découvrir.
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kllouche
  09 novembre 2014
De l'introduction officielle des combats de gladiateurs à Rome en 264 av. J-C à leur interdiction en 438 ap. J-C, sept siècles ont passé. Pendant ce laps de temps, ils ont tour à tour été un levier du pouvoir des nobles, une partie indissociable des rites religieux et un divertissement de la foule. Si aujourd'hui les recherches ont permis de rétablir la vérité sur certaines extrapolations poussives que l'imaginaire des scénaristes de films ont contribué à véhiculer, des idées reçues ont la vie dure. "L'histoire des gladiateurs" d'Anne Bernet synthétise tout ce qu'il y a à savoir sur ce sujet, en distinguant bien réalité historique et clichés erronés.
Premièrement, les gladiateurs étaient en écrasante majorité des volontaires qui devaient signer un contrat en toute connaissance de cause. Deux tiers d'entre eux étaient des esclaves qui, juridiquement, étaient décrits comme des instrumenta uocalibus, soit des outils qui parlent. Ils n'étaient pas à proprement parler humains. On ne commettait donc pas un crime à les mener à la mort. Ils avaient tout de même une grande valeur commerciale, c'est pourquoi les lanistes n'avaient pas d'intérêts à les voir disparaître massivement. de plus, la gladiature s'est fortement professionnalisée au fil du temps. L'image de l'esclave se battant pour sauver sa vie et retrouver son honneur a été ainsi essentiellement répandue grâce ou à cause des films.
D'autre part, les combats de gladiateurs étaient une manifestation du besoin de la foule à "paraître", en montrant justement l'énormité de sa fortune. Ils ont été des instruments politiques et sociaux essentiels dans la société romaine. Anne Bernet revient sur nombre d'autres éléments de la gladiature qu'il serait trop long d'exposer. Elle en propose une excellente synthèse, très pratique pour préparer ses cours, et qui convaincra les amateurs lambda de l'Antiquité comme les étudiants ! Je suis décidemment totalement séduite par la collection texto des éditions Tallandier.
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Oliv
  09 novembre 2014
Mine de rien, les ouvrages de la collection "Texto" commencent à prendre de la place sur mes étagères. Après avoir lu une vingtaine d'entre eux, de différents auteurs et portant sur des périodes historiques très diverses, je n'ai encore jamais été déçu... Et ce ne sera pas pour cette fois, avec cette très bonne "Histoire des Gladiateurs" signée Anne Bernet. Comme de coutume dans cette collection des éditions Tallandier, il s'agit d'un essai historique sérieux sans être le moins du monde rébarbatif ; une très bonne synthèse, agréable à lire et fort instructive, qui ne se perd pas dans un labyrinthe de détails n'intéressant que les spécialistes.
Parce que nous avons tous lu des romans ou vu des films sur le sujet, nous pensons connaître le Gladiateur. Après lecture de ce livre, on s'aperçoit que ce que l'on croit savoir est généralement entaché d'approximations et d'idées reçues.
L'auteur revient d'abord sur les origines de la gladiature, qui se confondent avec celles de la puissance romaine. On apprend par quels mécanismes d'évolution les combats donnés lors de rituels funéraires devinrent un spectacle profane, et comment celui-ci acquit une importance politique capitale dans la Rome antique... au point que durant les premiers siècles de l'Empire, alors que se succédaient des Césars accros aux jeux du cirque et d'autres qui les détestaient, il ne se trouva personne pour remettre en question cette vénérable institution qu'était devenue la gladiature.
Une bonne part de l'ouvrage est ensuite consacrée aux hommes eux-mêmes, ceux qui moururent sur le sable de l'arène comme ceux (lanistes, munéraires, mais également médecins ou prostituées) qui vécurent de la gladiature. Non, les gladiateurs n'étaient pas tous des esclaves, nombre d'entre eux étaient des engagés volontaires ; oui, certains devinrent des idoles pour la foule, mais tous, vainqueurs ou vaincus, furent pareillement frappés d'opprobre. L'auteur s'emploie à combattre les images d'Épinal fleurissant sur les gladiateurs (dont le trop fameux "Morituri te salutant !") et les jeux du cirque en général ; de longs développements sont d'ailleurs consacrés aux à-côtés de la gladiature, tels que les courses de char ou les condamnations "ad bestias" impliquant notamment les premiers martyrs chrétiens.
Au rayon des défauts, on notera que le découpage thématique des chapitres engendre des redites : lorsqu'une anecdote ou un événement rapporté par l'auteur peut se rattacher à plusieurs thèmes, il est répété dans chacun des chapitres concernés. Ainsi le lecteur qui déciderait de ne parcourir qu'un chapitre bien particulier à la recherche d'une information précise serait assuré de ne rien manquer... mais pour celui qui lit le livre en entier, de la première à la dernière page, ces redondances sont un peu agaçantes. Autre petit point gênant, les notes de bas de page abondent et, paradoxalement, souffrent du fait d'être souvent porteuses d'informations intéressantes : on ne peut se permettre de les sauter ! Un certain nombre de ces notes auraient sans doute gagné à être intégrées au corps du texte pour un meilleur confort de lecture.
Mais ces menus détails ne remettent pas en cause la qualité générale de cette "Histoire des Gladiateurs" qui reste hautement recommandable pour tous les lecteurs attirés par la civilisation romaine. Merci à Babelio et aux éditions Tallandier de m'avoir permis de découvrir cet ouvrage dans le cadre de l'opération "Masse Critique".
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kuroineko
  02 décembre 2012
L'historienne Anne Bernet retrace ici l'histoire de la gladiature. Loin des peplum d'Hollywood, elle raconte l'existence réelle des combattants de l'arène.
D'abord jeux funéraires donnés pour l'enterrement d'un défunt, les combats de gladiateurs tombent peu à peu dans le domaine profane du divertissement. On suit avec intérêt l'évolution de la gladiature et des types de combattants. Dénommés au départ "Gaulois", "Thraces", selon les différents types de guerriers affrontés et vaincus par les Romains, le nombre de catégories tend à se diversifier à mesure que l'engouement pour ces combats se diffuse. C'est ainsi que naissent mirmillons, rétiaires et autres.
On apprend également le parcours du gladiateur, depuis son recrutement (asservissement, engagement volontaire, ...) à l'entraînement dans le "ludus" jusqu'à l'arène. On découvre les noms des combattants les plus célèbres et comment, hors de l'arène, ils servaient souvent de réconfort aux matrones en mal de virilité.
A travers son texte, l'historienne offre à nos yeux l'univers du cirque romain, avec son foisonnement et sa violence. La lecture est aisée et très instructive.
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Citations et extraits (11) Voir plus Ajouter une citation
WalktapusWalktapus   13 mars 2015
Les éditeurs n'ont pas la liberté de bouleverser les alliances d'armaturae. (...) Le duo primitif, rétiaire-samnite, pousse à l'extrême l'opposition des contraires entre le combattant pratiquement nu et celui lourdement armé, donc entravé dans ses mouvements. Le rétiaire, léger, a l'initiative de l'attaque face au mirmillon ; sa situation se retourne quand on l'oppose au secutor qui a pour mission de le poursuivre à son tour. D'autres couples habituels, appréciés, attendus, sont formés du thrace et de l'hoplomaque, du thrace et du mirmillon, de l'hoplomaque et du mirmillon, du provocator et du mirmillon.
Car si les compositiones ont une telle importance aux yeux du public, c'est que l'on parie sur les gagnants.
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WalktapusWalktapus   10 mars 2015
La gladiature était un spectacle. A ce titre, les éditeurs étaient en droit d’exiger la qualité des professionnels fournis. Une qualité qui ne s’obtenait qu’avec des volontaires, même si ceux-ci étaient conduits au volontariat par les misères de leur vie.
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OlivOliv   08 novembre 2014
La profession de gladiateur pourrait avoir comme devise : "Amuser, et bien mourir." Qu'il soit injuste de mourir afin d'amuser autrui, que cette pratique soit dégradante, quel combattant de l’amphithéâtre est capable de le comprendre ? Lequel ose se plaindre d'un sort qu'il a plus ou moins choisi, en tout cas accepté, auquel il s'est résigné, finissant par trouver quelques compensations immédiates et tangibles ? On a traité ces gens en sous-hommes, ils ont fini par le devenir. Ils jouissent de l'instant, sans penser, comme des bêtes. Ce n'est pas le "carpe diem" des épicuriens, mais une négation de la condition humaine. Pourquoi avoir pitié d'hommes qui valent moins que des chiens ?
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OlivOliv   08 novembre 2014
Précarité extrême, avenir inexistant ou presque, coudoiement constant de la mort, tel était le quotidien de ces hommes, qu'ils l'aient choisi de leur plein gré ou pas.
Il s'en arrangeaient, vivant au présent, jouissant des plaisirs immédiats, compensant par la recherche de la gloire, l'amour des femmes, l'adulation du public, l'argent et ses facilités l'absence de lendemains, la peur de la déchéance due à la blessure invalidante ou à la vieillesse.
Ces compensations existaient, et leur suffisaient.
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OlivOliv   08 novembre 2014
Les Romains eux-mêmes, qui ne se posaient guère, voire pas du tout, de questions morales concernant ces spectacles, leur trouvaient une justification à leurs yeux satisfaisante : les combats de gladiateurs étaient une école de courage et de virilité, de dignité. Ils endurcissaient les spectateurs ; et Rome avait besoin d'hommes durs et braves. Les gladiateurs, esclaves, condamnés, déclassés, donnaient une leçon de vaillance aux citoyens.
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