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ISBN : 102100085X
Éditeur : Tallandier (21/03/2013)

Note moyenne : 4.17/5 (sur 9 notes)
Résumé :
Madame Élisabeth, s?ur cadette de Louis XVI, meurt à trente ans sur l?échafaud le 10 mai 1794. Dans ce portrait absolument neuf, elle apparaît plus résolue et déterminée que son frère dans le tumulte de la Révolution ? preuve qu?elle était dotée d?un véritable sens politique.

Très jolie, remarquablement intelligente, mathématicienne de haut niveau, dotée d?un caractère affirmé, Élisabeth, après l?échec de plusieurs projets de mariage, décide de vivre à ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Cheuzeville
  05 février 2017
Je viens d'achever la lecture de « Madame Elisabeth – Soeur de Louis XVI – Celle qui aurait dû être roi », de l'historienne et juriste Anne Bernet . Cet ouvrage au style agréable m'a permis de découvrir le personnage méconnu qu'était Elisabeth de France (1764 – 1794), petite-fille de Louis XV et soeur cadette de Louis XVI.
Cette biographie peut être divisée en deux parties, la première allant de l'enfance et de la jeunesse de la princesse à Versailles, jusqu'au premier semestre de 1789. Dans cette partie, le lecteur suit l'éducation d'une petite fille, très tôt orpheline, qui grandit dans l'ombre de sa soeur aînée, Clotilde (1759-1802), celle qui allait épouser en 1775 Charles-Emmanuel de Savoie, prince de Piémont, et devenir reine de Piémont-Sardaigne en 1796. Elisabeth devint une jeune fille à la personnalité très affirmée, qui se passionnait pour les mathématiques. Très tôt, elle développa une foi profonde et un sens aigu de la charité, en particulier envers les plus pauvres, dont elle se préoccupa sa vie durant.
La seconde partie va de la convocation des États-Généraux jusqu'au procès inique et express qui envoya la princesse à l'échafaud le jour-même, le 10 mai 1794. Durant ces cinq années tragiques qui virent la prise de la Bastille, le départ forcé de la famille royale de Versailles, la résidence surveillée au palais des Tuileries, la fuite à Varennes, la journée du 10 août 1792, l'enfermement au Temple, les massacres de septembre et la proclamation de la République, le procès et l'exécution du Roi puis de l'infortunée Marie-Antoinette et enfin sa propre condamnation à mort, Elisabeth resta digne et fit montre du plus grand courage. C'est elle qui tenta de conseiller Louis XVI pour tenter de sauver ce qui pouvait encore être sauver, c'est elle qui soutint moralement le roi et la reine et qui poursuivit, envers et contre tout, l'éducation des deux enfants royaux dans leur prison. Elle joua également un rôle discret mais très important, assurant la liaison entre le roi et les émigrés, grâce à une correspondance secrète et chiffrée, parfois écrite à l'encre sympathique. Pour maintenir ce lien de plus en plus ténu et périlleux, la princesse fit preuve de trésors d'ingéniosité. Elle se réfugia dans sa foi inébranlable, convaincue qu'elle était que tout ce qui se produisait faisait partie du grand dessein de Dieu, et qu'elle devait donc accepter les épreuves et les humiliations qui se succédaient, toutes plus terribles les unes que les autres. Elle refusa toujours de fuir et de rejoindre ses frères à l'étranger. Elle en eut pourtant mille fois l'occasion. Elle était convaincue que son devoir était de demeurer auprès de son frère aîné, ce roi dont elle mesurait les faiblesses et les erreurs. Quel eut été le destin du royaume si Louis XVI avait eu la sagesse d'écouter cette soeur qu'il considéra trop longtemps comme une petite fille, s'il avait fait preuve de la même force de caractère que sa cadette Elisabeth ?
Je pensais ne plus rien avoir à apprendre au sujet des horreurs de la Révolution. Ce livre m'a permis de découvrir la personnalité malade, perverse et dérangée de certains de ses principaux acteurs, tel que ce Hébert qui, avec son « Père Duchesne », prêcha la haine et la violence et fit preuve d'une imagination sans limite dans ses calomnies les plus basses et les plus ignobles, en particulier à l'égard de la princesse. le « Père Duchesne » est à n'en pas douter le premier de ces « médias de la haine » qui devaient jouer un si grand rôle au XXe siècle. Les atrocités commises durant la Révolution sont pires que tout ce que l'on peut imaginer. Il est faux de croire qu'il y eut une « bonne » Révolution, celle de 1789, et une « mauvaise », celle de 1793 et de la Terreur. Dès la Prise de la Bastille, la Révolution s'inscrivit dans la violence et dans le sang. L'attaque du Palais des Tuileries, le 10 août 1792, fit des centaines de victimes, en particulier les Gardes Suisses qui eurent le malheur d'obéir à l'ordre royal de ne pas tirer et qui se firent massacrer. Certaines de ces victimes furent démembrées, grillées et mangées, oui mangées, par une populace déchainée et ivre d'alcool et de sang. Les journées de septembre qui suivirent virent ces hordes sauvages déferler vers les lieux de détention où des milliers de « suspects » furent assassinés, que dis-je ? déchiquetés et éviscérés après qu'ils eussent été livrés aux assassins par de pseudo-juges révolutionnaires. C'est dans ces flots de sang que naquit la Première République dont certains voudraient que nous soyons fiers. Dans le livre d'Anne Bernet, tout cela est décrit avec pudeur et sobriété mais sans rien occulter de la sinistre réalité historique. L'auteur démonte également l'épouvantable machine révolutionnaire qui, en s'emballant, broya des dizaines de milliers de vies et plongea la France dans la guerre civile, cette guerre civile que Louis XVI voulait à tout prix éviter. Les procès iniques, en particulier ceux du roi, de Marie-Antoinette et enfin d'Elisabeth sont très bien décrits, ainsi que le courage de certains avocats qui, au péril de leur vie, tentèrent de faire leur métier en défendant des prévenus condamnés d'avance tout en faisant face à des juges et à un public vociférant et éructant leur haine.
Dans ces circonstances terribles, Elisabeth de France fit preuve du plus grand courage et de la plus grande dignité. Les épreuves, au lieu de la briser, la renforcèrent et affermirent sa foi. Son abnégation et son amour des autres, même de ses ennemis, furent toujours exemplaires. En arrivant à la dernière page de ce livre qui, loin d'être un récit hagiographique est une biographie sérieuse et extrêmement bien documentée, je ne doutais plus que je venais de lire l'histoire de la vie d'une sainte et d'une martyre.
Je ne puis que vivement recommander la lecture de « Madame Elisabeth », il s'agit là d'un ouvrage édifiant qui ne laissera personne insensible.
Hervé Cheuzeville, 5 février 2017

Lien : http://cheuzeville.net/
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Ankya
  28 août 2016
J'ai eu ce livre au Salon du Livre Historique de Versailles en 2013 (Salon très intéressant, surtout si l'on aime lire des biographies ou bien des faits historiques, romans, essais...).
J'avais vu une exposition sur Madame Élisabeth et connaissais la demoiselle dans les grandes lignes. Une femme très pieuse, n'aimant que très peu les mondanités, servant souvent de prétexte à tel ou tel complot ou médisances par ou envers Louis XVI (l'un de ses frères) ou Marie-Antoinette (sa belle-soeur).
Cette biographie est très intéressante car bien que l'on soit focalisés sur Madame Élisabeth, on en apprend également sur Louis XVI, la famille royale, mais aussi l'horreur de la mise en place de la République.
En tout cas, contrairement à son frère (je modère tout de même mes propos: je n'ai pas lu de biographie de Louis XVI donc il y a peut-être un parti pris), elle avait du courage, de la poigne, et une autorité naturelle qui fait que si cela avait été possible, il aurait été préférable pour tous que ce soit elle le roi.
C'est la première fois que je lis une biographie aussi complète. Les passages traitant de politique ont été un peu laborieux (pour le fait que ça ne m'intéresse pas des masses) mais j'ai adoré découvrir tout le reste.
Madame Élisabeth est une personne méconnue du grand public et c'est bien dommage.
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Zippo
  28 mai 2018
Madame Elizabeth, soeur du roi Louis XVI, est méconnue tant pour sa vie que pour sa triste fin.
Ayant perdu sa mère très jeune, elle fut très proche de sa soeur Clotilde qui deviendra reine de Sardaigne en épousant Charles-Emmanuel de Savoie.
Fort croyante, très discrète, et cependant d'un caractère affirmé, elle s'intéressait beaucoup aux sciences et aux mathématiques.
Sa pitié pour les faibles et sa charité étaient de notoriété publique.
Elle vécut à Versailles, dans un pavillon à l'écart des fastes de la Cour, où elle recevait le cercle de ses proches amis.
Lors de la Révolution, elle fit preuve d'un grand courage et de beaucoup de dignité en étant aux côtés de son frère, Louis XVI, et de sa belle-soeur, Marie-Antoinette.
Subissant les avanies qui lui étaient faites, son caractère affirmé lui permit de garder la tête haute.
Sa condamnation à mort ne servit en rien la Révolution.
Le talent d'Anne est bien connu.
Je l'ai découverte et appréciée avec sa passionnante biographie du chevalier de Charrette.
Une belle biographie pour une princesse attachante.
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gabylis
  17 novembre 2015
L'histoire de celle qui fut la petite soeur de Louis XVI, qui n'aspirait qu'à vivre paisiblement, simplement, en s'adonnant à sa passion, la botanique. Rattrapée par la tourmente de la Révolution, elle dut faire face à des choix courageux et altruistes, au service de notre beau pays. Une vie tragique, mais donnée.
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Sampre
  30 juin 2019
Ouvrage très bien documenté mais syntaxe à revoir .
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Citations et extraits (4) Ajouter une citation
AnkyaAnkya   14 mars 2018
Ces centaines d'empressés qui courraient vers l'astre levant produisaient, en galopant sur les parquets cirés, une rumeur de tonnerre.
Louis Auguste l'entendit. Marie-Antoinette aussi. Ils échangèrent un regard paniqué, s'accrochèrent l'un à l'autre en quête d'un soutien, mais l'émotion leur coupait les jambes et, quand les plus prompts arrivèrent à leur porte, au lieu de souverains triomphants, ils découvrirent deux enfants éperdus, à genoux sur les tapis de la Savonnerie, en larmes.
Certains entendirent Louis XVI sangloter :
- Mon Dieu, protégez-nous ! Nous régnons trop jeunes !
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AnkyaAnkya   23 août 2016
Élisabeth nourrissait une haute opinion des femmes, pensait que la société ne s'attacherait jamais assez à favoriser leur éducation et leur conférer plus de responsabilités.
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AnkyaAnkya   25 août 2016
Louis XVI et Marie-Antoinette étaient père et mère avant d'être roi et reine mais cette attitude, qui les humanisait, leur faisait perdre l'aura de sacralité qui entourait la monarchie française depuis la nuit des temps.
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AnkyaAnkya   23 août 2016
Son caractère la poussait à triompher de ses défauts plutôt qu'à s'en décourager.
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Madame Elisabeth de France, sœur de Louis XVI | Au cœur de l’histoire | Europe 1
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