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Bernard Kreiss (Traducteur)
EAN : 9782070403950
232 pages
Éditeur : Gallimard (06/01/1998)

Note moyenne : 4.28/5 (sur 58 notes)
Résumé :
Eloge de la fuite et mélancolie des retours, hypocrite comédie des retrouvailles, horreur de soi-même et des autres auxquels on risque tant de ressembler, honte et malaise devant un passé révolu qui n'en finit pas de se survivre dans une hideuse décrépitude, humour sanglant du moraliste - et haine, haine implacable de tous les médiocres accommodements auxquels on ne peut s'empêcher parfois de prendre part : il y a de tout cela dans Des arbres à abattre, méditation c... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
stcyr04
  21 avril 2020
J'avais l'intention de faire une critique de ce livre singulier, dans le style annonce immobilière. du factuel, à l'os. Car une partie non négligeable du roman, n'est qu'une lente rumination, une variation sur le même thème.
Des arbres a abattre. Pendant longtemps j'ai cherché le pourquoi de ce titre (il m'aurait suffit de relire la quatrième de couverture, imbécile!), mais à la fin un des personnages a cette exclamation jaculatoire " forêt, forêt de haute futaie, des arbres à abattre". Sinon je l'aurai interprété comme une façon allusive de désigner ce texte comme un jeu de massacre que l'on rencontre dans les fêtes foraines. le fauteuil à oreilles aurait été un titre idéal étant donné que l'occurrence "fauteuil à oreilles" apparaît tant de fois que j'ai arrêter de compter passé quarante.
L'auteur narrateur a assisté à l'enterrement d'une âme d'artiste qui s'est pendue. Encore sous le choc, plutôt consciemment qu'inconsciemment, il déambule dans le Graben, l'axe principal et piéton de la ville de Vienne - ville qu'il honnit, comme certains écrivains autrichiens, allez savoir pourquoi, pour l'avoir visité çà ne m'a pas semblé pire que Raqqa. Se promener au Graben c'est la meilleur façon de rencontrer des gens de connaissance, donc sa promenade n'a rien d'innocent. Il tombe justement sur un couple de bourgeois , les Auersberger, qu'il a arrêté de fréquenter depuis vingt ans, qu'il méprise, et qui l'invitent à leur sempiternel"diner artistique" qui l'insupporte, donné en l'honneur "du comédien le plus considérable et le plus grand de tous les comédiens vivants" qui se produit au Burgtheater, institution culturelle qu'il vomit. Rien ne trouve grâce aux yeux du narrateur. Et donc ... il accepte. Il accompagne au domicile ses hôtes situé dans la Gentzgrasse, rue qui est antipathique au narrateur. La soirée a des prétentions culturelles, y sont invités des gens qui en sont. le maître de maison serait le "Novalis des sons, le digne successeur de Webern". Il y a aussi Jeannie Billroth, une écrivaine bien médiocre, qui se réclame de Virginia Woolf, en ajoutant qu'elle est allée plus loin qu'elle. Assis dans un fauteuil à oreilles (çà vous ne risquez pas de l'oublier) dans l'antichambre, le narrateur observe à distance ces gens dans le salon qui attendent la venue de l'étoile du théâtre qui se fait bien attendre. Il médite, reconsidère, il pèse les raisons qui l'ont poussé à venir dans cette société qu'il vomit et dont l'aspiration à la haute culture est des plus pathétique. Il ressasse; vous en avez pour un bon tiers du volume voire plus : le fauteuil à oreilles, les Auersberger pitoyables, le Burgtheter puant, tout çà. Il se dit qu'il aurai mieux fait de rester en compagnie de Pascal, Gogol, Dostoïevski, Tchekhov. Arrive enfin l'acteur, tout ce petit monde rejoint la table du dîner, se met en train et se révélé - si ce n'est sous son meilleur jour, égal à lui même. L'entreprise de démolition mentale du narrateur se poursuit, c'est féroce, mais au moins il a quitté le fauteuil à oreilles. Les gens éméchés, un seul a le courage de dire son fait à qui de droit et ce n'est certainement pas le narrateur. On est amené à se dire que finalement l'être le plus hypocrite, le plus abject, le plus lâche, celui qui éveille le plus notre antipathie, c'est le narrateur lui même, et ce dernier quelque part le reconnait. Avoir la faiblesse d'accepter une invitation, la compagnie de gens qui nous insupportent pour se sentir moins seul après un enterrement! La soirée engagée, ces gens se révélant aussi atroces qu'on était en droit de s'attendre, pourquoi ne pas l'avoir quitté sur un coup d'éclat, à la hussarde, faisant craquer le parquet d'un pas lourd, dans un tintement de porcelaine et de verroterie, claquer la porte à en faire se décrocher un de ces tableaux affreux? le mieux aurait été de chercher des paroles de réconfort en Pascal, en Montaigne, retrouver le sourire en compagnie de Gogol, comprendre la complexité de l'homme par la grâce de Dostoievski? Bref, confinement ou pas, n'allez pas vous fourvoyer en mauvaise compagnie, il n'y a de meilleure compagnie qu'un bon livre, et si tout le monde vous agace, lisez-en trois.
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Marti94
  13 juillet 2014
Lors d'un “dîner artistique” donné par les époux Auersberger en l'honneur d'un vieux comédien du Burgtheater, le narrateur, assis dans un fauteuil à oreilles, observe l'intelligentsia viennoise, avec qui il avait rompu depuis presque trente ans. Comme la plupart d'entre eux, il a assisté le jour même aux obsèques de Joana, artiste en marge qui s'est suicidée, le dîner mondain ne s'annonçant alors comme rien d'autre qu'une sorte de requiem pour Joana. Alceste moderne, le narrateur, double à peine déguisé de l'auteur, ressasse son exaspération devant ce petit monde étouffant dont l'art semble la seule préoccupation, et rumine son besoin d'écrire enfin tout ce qui l'empêche de vivre.
Thomas Bernhard mène implacablement le procès des artistes et de leurs admirateurs. Un réquisitoire dont l'humour est désintégrateur car il règle des comptes avec un milieu qu'il a fréquenté jeune.
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chobydel
  24 mai 2019
Conseil de Sarah chiche
Remède à la mélancolie 19 mai 19
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
Marti94Marti94   10 mars 2014
Ils le voyaient bien : je suis l’observateur, l’ignoble individu qui s’est confortablement installé dans le fauteuil à oreilles et s’adonne là, profitant de la pénombre de l’antichambre, à son jeu dégoûtant qui consiste plus ou moins à disséquer, comme on dit, les invités des Auersberger. Ils m’en avaient toujours voulu de les avoir toujours disséqués en toute occasion, effectivement sans le moindre scrupule, mais toujours avec une circonstance atténuante ; je me disséquais moi-même encore bien davantage, ne m’épargnais jamais, me désassemblais moi-même en toute occasion en tous mes éléments constitutifs, comme ils diraient, me dis-je dans le fauteuil à oreilles, avec le même sans-gêne, la même grossièreté, la même indélicatesse. Et après cela, ce qui restait de moi était encore bien moins de chose que ce qui restait d’eux, me dis-je.
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Marti94Marti94   10 mars 2014
[...] cette ville à travers laquelle je cours, pour effroyable qu’elle me paraisse et m’ait toujours paru, est décidément quand même la meilleure ville pour moi, cette Vienne que j’ai toujours haïe est quand même tout à coup de nouveau pour moi la meilleure, ma meilleure Vienne [...]
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Marti94Marti94   13 juillet 2014
la figure repoussante avait cédé la place à l’homme philosophique, la figure à l’homme tout court, donc exactement l’inverse de ce qui se passe habituellement
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Videos de Thomas Bernhard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Bernhard
Le comédien André Marcon interroge le rôle du théâtre dans ce texte de Thomas Bernhard. Sur les planches du théâtre Déjazet jusqu'au 9 mars 2019, il campe Bruscon, homme de théâtre misanthrope, parti avec sa troupe familiale en Autriche jouer une pièce de théâtre dont il est l'auteur.
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