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Gilberte Lambrichs (Traducteur)
EAN : 9782070406982
606 pages
Éditeur : Gallimard (22/01/1999)

Note moyenne : 4.07/5 (sur 83 notes)
Résumé :
Huit jours après avoir assisté au mariage de sa sœur dans le château familial de Wolfsegg, en Autriche, Mureau, le narrateur, rentré à Rome doit repartir. Cette fois, pour participer aux funérailles de ses parents et de son frère, morts dans un accident de voiture.
Brebis galeuse d'une famille attachée à ses traditions, héritier d'un domaine dont il n'a que faire, Mureau retourne dans ce lieu grandiose, avec ses rites respectés et bafoués à la fois par son pè... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (9) Voir plus Ajouter une critique
Corboland78
  22 mars 2012
L'auteur qui vit à Rome reçoit un télégramme de ses deux soeurs l'informant du décès dans un accident de voiture, de leurs parents et frère. Murau quitte la capitale italienne et rentre en Autriche dans le domaine familiale de Wolfsegg afin d'assister à l'enterrement et prendre possession de cette vaste propriété qui désormais lui revient.
Ces quelques jours vont être le prétexte pour Murau à se livrer à une critique incendiaire de tout et tout le monde. Critique de sa famille, son père national-socialiste, sa mère bête, inculte, cupide et trompant son père sans amour pour ses enfants, son frère falot, ses soeurs qui n'ont jamais vécu car restées sous la coupe de leurs parents même si l'une Caecilia a épousé un crétin de fabricant de bouchons de bouteilles de vin. Critique de son pays l'Autriche, trop attachée au national-socialisme et au catholicisme.
Un roman terrible où les critiques succèdent aux critiques, d'autant plus dures qu'elles sont dirigées contre sa propre famille et son pays. Cinq cents pages sans paragraphes ni saut de lignes, des phrases mises bout à bout constituent ce bouquin découpé en deux chapitres, le télégramme qui se déroule en Italie et le testament en Autriche, à Wolfsegg. J'avoue que les premières pages furent éprouvantes, cette diarrhée de propos acerbes contre les siens m'a semblé insupportable puis au fil de ma persévérance j'ai accepté le parti pris de Thomas Bernhard et je l'ai suivi jusqu'au bout, car derrière la forme du propos s'est dégagé un style puissant. Un épouvantable grand livre.
Thomas Bernhard écrivain autrichien (1931-1989) a livré en 1986 avec Extinction son tout dernier livre, apogée de son style fait de phrases longues et répétitives, comme pour marteler son propos et nous le faire entrer dans le crâne de gré ou de force. Toute sa vie l'écrivain fera scandale dans son pays par ses textes diffamatoires ou attaquant l'Etat, néanmoins il est reconnu comme un grand écrivain par la critique et reçoit de nombreux prix.
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ladymuse
  30 novembre 2019

Famille je te hais, Église je te hais, pays et médiocrité je vous hais, je vous honnis, je vous vomis.
Quel écrivain s'est-il jamais permis des propos de vilipender des personnalités présentes pendant une remise de prix?
Satire féroce, "Extinction"est férocement drôle (je pense entre autres aux pullovers tricotés par les deux soeurs, qu'on ne sait par quel bout enfiler).
Je mets ici un extrait de Heldenplatz, pièce écrite et jouée en 1988 , malgré une censure qui fit tout pour essayer de l'en empêcher.
https://www.arte.tv/fr/videos/079739-003-A/les-grands-discours-thomas-bernhard/
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ignatus-reilly
  30 mars 2012
Murau, le héros, a pour projet d'écrire un livre nommé "Extinction".
Il est originaire d'Autriche et habite depuis de nombreuses années à Rome.
Il apprend par un télégramme le décès accidentel de ses parents et de son frère. il se voit donc dans l'obligation de retourner à Wolfsegg, le château familial, ce lieu qu'il abhorre.
Ce livre est une charge contre sa famille, sa patrie, les petits-bourgeois.
Tout au long du texte, Murau se remémore ses conversations avec Gambetti, son élève italien. C'est lancinant, répétitif et d'autant plus puissant.
Rien n'échappe à l'oeil aiguisé de Murau ni à sa langue acerbe.
Quelle épreuve... mais ce n'est rien comparé à ce que ressent Murau du fait de devenir retourner à Wolsegg, huit jours seulement après le mariage de sa soeur!!!!!!
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monito
  08 octobre 2009
J'ai abandonné après 130 pages. Non que l'écriture ne soit belle, encore que le style répétitif ait quelque aspect désarçonnant, mais la vision pessimiste à l'extrême de T. Bernhard, de ses parents, de ses frères et soeurs mais aussi de l'Autriche ou de l'Allemagne, ne correspondait sans doute pas à mon état d'esprit.
Evidemment que l'attachement viscéral du narrateur à l'Italie, au Sud en général et à Rome en particulier, avait de quoi me séduire mais 130 pages plus tard nous tournions en rond… toujours…
Nonobstant quelques belles analyses sur l'art photographique comme abject car figurant sur pellicule des mensonges, ou l'abrutissement par la religion des masses mais aussi des prétendues élites… il m'a manqué la force de poursuivre.
Une autre fois ?
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sbrodj
  22 juin 2011
Terrible réquisitoire contre la famille bourgeoise et l'Autriche, comme d'habitude, de la part de cet enragé de Thomas Bernhard qui possède un indéniable mais éprouvant génie. Une expérience de lecture.
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Citations et extraits (22) Voir plus Ajouter une citation
brigetounbrigetoun   09 novembre 2010
..parce qu'ils doivent utiliser leur abonnement, ils vont au théâtre à Linz et vont voir une comédie exécrable et n'ont pas honte, et vont à ces concerts ridicules au Brucknerhaus comme on l'appelle, où règnent les fausses notes poussées à la puissance maximum. Ces gens, je veux dire tes parents, a-t-il dit, n'ont pas seulement pris un abonnement au théâtre et au concert, ils vivent leur vie par abonnement, ils assistent aussi chaque jour à leur vie comme ils vont au théâtre, à une comédie exécrable, et n'ont pas honte d'assister à leur vie comme à un concert détestable où seules dominent les fausses notes, et ils vivent parce que cela se fait, non pas parce qu'ils l'ont voulu, parce que c'est leur passion, leur vie, non : parce qu'ils y ont été abonnés par leurs parents. Et de même qu'au théâtre ils applaudissent à contretemps, ils applaudissent aussi dans leur vie à contretemps, et sans cesse ils manifestent bruyamment leur joie dans leur vie là où il n'y a aucune raison de manifester bruyamment sa joie, et leurs visages arrogants font les grimaces les plus repoussantes alors qu'ils devraient rire de bon coeur. Et de même que les oeuvres auxquelles ils assistent grâce à leur abonnement sont une catastrophe et du niveau le plus bas, leur vie aussi est une catastrophe et du niveau le plus bas.... 
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WilkinsonWilkinson   25 août 2015
"Nous vivons toujours dans l'erreur que, de même que nous avons évolué, peu importe dans quel sens, les autres évoluent aussi, mais c'est là une erreur, la plupart se sont arrêtés et n'ont absolument pas évolué, ni dans un sens ni dans l'autre, ils ne sont devenus ni meilleurs ni pires, ils sont seulement devenus vieux et, par là, inintéressants au plus haut point. Nous croyons que nous allons être surpris de l'évolution de quelqu'un que nous n'avons pas vu depuis longtemps, mais lorsque nous le revoyons, nous ne sommes tout de même surpris que de ce qu'il n'a absolument pas évolué, qu'il a seulement vingt ans de plus et qu'au lieu d'être bien bâti, il a à présent une grosse bedaine et de grosses bagues de mauvais goût à ses doigts boudinés qui jadis nous semblaient très beaux. Nous croyons que nous pourrons parler d'un tas de choses avec l'un ou l'autre et nous constatons qu'avec eux tous nous ne pouvons parler de rien du tout. Nous sommes là et nous nous demandons pourquoi, et nous ne trouvons rien à dire sinon qu'il fait un temps comme ci ou comme ça, que la crise politique est comme ci ou comme ça, que le socialisme montre à présent son vrai visage et ainsi de suite. Nous croyons que l'ami d'autrefois est aussi l'ami d'aujourd'hui, mais nous voyons aussitôt notre terrible erreur, très souvent carrément funeste. Avec cette femme-ci tu peux parler de peinture, avec celle-là de poésie, penses-tu, mais ensuite tu es obligé de reconnaître que tu t'es trompé, l'une n'en sait pas plus sur la peinture que l'autre sur la poésie, toutes deux n'ont en réserve que leur bavardage sur la cuisine, comment on fait la soupe de pommes de terre à Vienne et comment on la fait à Innsbruck et combien coûte une paire de chaussures à Merano et la même à Padoue. Tu pouvais si bien parler de mathématiques avec l'un, penses-tu, si bien d'architecture avec l'autre, mais tu constates que la mathématique de l'un, l'architectonique de l'autre se sont embourbées il y a vingt ans dans le marécage de l'adolescence. Tu ne trouves plus de repères, plus de points d'appui, et dès lors tu les choques sans qu'ils sachent pourquoi. Tout d'un coup tu n'es plus rien que celui qui choque, qui les choque continuellement."
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Corboland78Corboland78   06 octobre 2011
Les Autrichiens n’ont pas le moindre goût, en tout cas ils n’en ont plus depuis longtemps, partout où l’on jette les yeux règne le pire mauvais goût. Et quel manque d’intérêt généralisé. Comme si l’unique centre était l’estomac, ai-je dit, et que la tête fût entièrement mise hors circuit. Un peuple si bête ai-je dit, et un pays si merveilleux dont, en revanche, la beauté est inégalable. Une nature à nulle autre pareille et des gens qui se désintéressent à tel point de cette nature. Une si haute culture, si ancienne, ai-je dit, et une si barbare absence de culture aujourd’hui, une inculture catastrophique. Ne parlons même pas de la situation politique déprimante. Quelles abominables créatures détiennent aujourd’hui le pouvoir en Autriche !
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ignatus-reillyignatus-reilly   30 mars 2012
L'ensemble des gens ne se donne du mal, dirait-on qu'aussi longtemps qu'ils peuvent attendre des diplômes stupides avec lesquels ils peuvent se pavaner de public, lorsqu'ils ont en main un nombre suffisant de ces diplômes stupides, ils sa laissent aller.
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ignatus-reillyignatus-reilly   30 mars 2012
Le moment exact où nous n'aimons plus nos frères et soeurs mais les haïssons, nous ne pouvons pas le préciser et nous ne nous efforcons d'ailleurs pas de repérer ce moment exact, parce qu'au fond nous avons peur de le faire.
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Videos de Thomas Bernhard (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Thomas Bernhard
Le comédien André Marcon interroge le rôle du théâtre dans ce texte de Thomas Bernhard. Sur les planches du théâtre Déjazet jusqu'au 9 mars 2019, il campe Bruscon, homme de théâtre misanthrope, parti avec sa troupe familiale en Autriche jouer une pièce de théâtre dont il est l'auteur.
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