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EAN : 9782070393435
114 pages
Gallimard (29/08/1995)
3.37/5   159 notes
Résumé :
Quelle que soit l'heure à laquelle il arrivait, Thomas restait une heure et quart chez Claire.
Jamais plus, rarement moins. Un jour, elle débrancha son magnétoscope et sa cafetière électrique et dissimula son réveil dans le tiroir de la table de nuit. Ainsi Thomas n'aurait plus aucun moyen de connaître l'heure et il resterait plus longtemps. Lorsqu'il sonna à la porte, avant d'aller lui ouvrir, Claire regarda l'heure à sa montre et la rangea dans son sac. Il ... >Voir plus
Critiques, Analyses et Avis (32) Voir plus Ajouter une critique
3,37

sur 159 notes

« Sa Femme », 3 sucres dans mon café et quelques préservatifs.

Comment résister à ce livre après l'excellent billet de Mister Bison ? Impossible ! Aussitôt eu, aussitôt lu. Quel plaisir de retrouver la plume d'Emmanuèle Bernheim. Une écriture limpide et impitoyable. L'auteur garde cette signature bien à elle dans ses romans. Elle percute, va à l'essentiel, sans détour, des chapitres et des phrases courtes, pas de perte de temps, c'est ce qui me touche dans son travail d'écriture.

Une histoire d'homme et de femme, des écorchés de la vie en manque d'amour. Thomas et Claire se croisent, se reconnaissent, s'aiment, se désirent, sans peur, sans tabou, sans appréhension. Claire vit l'instant présent et se nourrit de chaque moment passé avec Thomas car c'est à travers son regard qu'elle se sent splendide et désirable.

« Elle ne parvenait pas à se souvenir si, la veille, il lui avait dit : « A demain. » Elle se rappelait juste qu'ils étaient si étroitement mêlés qu'elle n'avait soudain plus su si c'était sa propre peau qu'elle caressait ou bien celle de Thomas ».

Une femme se sent toujours belle et épanouie après l'amour. Mais Thomas est marié et ses propos sont très clairs : il ne quittera jamais sa femme et ses enfants. Claire accepte et conserve précieusement toutes traces d'eux. Elle imagine Thomas avec « Sa Femme », ses enfants, en famille, à Noël, mais malgré tout, elle accepte et c'est avec une ardente patience que chaque jour, elle vit au rythme de ces 1h15 de plaisir et de passion avec son amant. Toujours dans cette quête perpétuelle de l'amour, ses sentiments seront-ils suffisamment forts et sincères pour accepter ce compromis et rester dans l'ombre ?

Ce livre est comme une eau sauvage, brutale et suave à la fois. On ne peut oublier sa fragrance. Il nous laisse un léger goût d'amertume par la réalité des faits, des mots qui dérangent et fusent comme des couperets mais avec cette légère douceur laissé par le sucre au fond de la tasse de café.

Chambre 408 … toc, toc, toc… Claire la passion au ventre ouvre la porte : Bonjour toi !

3 sucres dans ton café, un préservatif usagé, je veux bien m'appeler Claire.

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Un homme et une femme se rencontrent. Furtivement. Les hasards de la vie. Ils vont se recroiser. Délibérément. On ne contrôle pas ses envies. Ils vont s'aimer. Secrètement. L'homme n'est pas libre. La femme l'accepte. Une passion aussi charnelle que belle.

"Le lendemain, en sortant du café, ils restèrent un instant face à face. de la buée s'échappait des lèvres entrouvertes de Thomas, et son haleine sentait le café. L'intérieur de sa bouche devait être chaud et avait sûrement le goût du café sucré. Ils ne s'embrassèrent pas."

Emmanuèle Bernheim est un peu comme un peintre impressionniste, un peintre de l'instant. En quelques coups de pinceaux, il met sa toile en mouvement. Elle, en quelques mots, elle met son histoire en forme. En quelques pages, tout y est. L'essentiel est là. Rien ne manque. Un regard… Une odeur… Une caresse... C'est fort, c'est puissant et surtout c'est touchant. Droit au but, droit au coeur.

Sa Femme d'Emmanuèle Berhneim, Impression amour naissant…


Lien : http://bouquins-de-poches-en..
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Pour lui, elle va virer son ex, avec qui elle vit une routine...

Pour lui, elle va cesser de recevoir des patients après 19h...

Pour lui, elle va s'offrir de nouvelles fringues...

Pour lui, son coeur et son corps vont s'enflammer...

Pour elle, il va.... Bin rien... Forcément... Il y a sa femme...

Sa femme qui l'attend chaque soir...

Sa femme, qu'il emmène en vacances a la neige...

Sa femme, auprès de qui il passe le réveillon...

Sa femme qui lui offre un si beau blouson...

A l'image de son héroïne au charme naturel, sans artifice ni maquillage, Emmanuelle Bernheim a une écriture limpide, percutante, directe, faite de phrases courtes, de mots simples. En un peu plus de cent pages, elle nous fait partager les désirs de Claire, ses doutes, ses fantasmes, son plaisir dans cette relation avec un quasi inconnu, son amertume face à cette rivale qu'elle fantasme.

Et ça fonctionne très bien. L'érotisme de la situation et le charme de la jeune Claire m'ont embarqué irrésistiblement pour un flirt de quelques heures. Et j'ai adoré la petite gâterie finale... Mais chhhtttt...

Claire... Quand tu veux...

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Petit roman virevoltant qui m'a promené comme une bleue. Je me suis régalée.

Belle doctoresse trentenaire, maîtresse de l'inconnu qui travaille sur le chantier en face de votre cabinet. Il est marié avec des enfants et ne quittera jamais sa femme. le décor est planté. le rideau s'ouvre. Vous prenez ce qu'il donne et gardez ce qu'il laisse. Et vous combler les blancs…

Imaginer l'autre, celle que vous ne verrez pas, que vous ne rencontrerez pas et qui existe bel et bien, avec lui : sa femme. Ah souffrance ! Cette femme prend vie dans votre esprit au fil des rencontres avec votre amant. Vous êtes la maîtresse. Mais maître de quoi ? Ni de sa vie, ni de la vôtre. Drôle de mot pour vous définir. Vous l'attendez, vous ne vous parfumez plus, vous respirez à son rythme entre deux consultations et conservez précieusement ses restes qui deviendront vestiges le moment venu, celui de la fin qui plane, qui rôde et corrode votre présent lors de ses absences.

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Troisième court roman d'Emmanuèle Bernheim sur lequel je m'épanche. Sur « Sa femme » , je m'allonge et me colle lorsqu'un sentiment de passion fulgurante me prend. Comme une rencontre avec une inconnue, comme cette jeune médecin, Claire. Bonjour, belle inconnue, je m'appelle Thomas.

Thomas, lui est conducteur de travaux ou un truc du genre. Un chantier dans la rue De Claire. Des regards se croisent s'échangent comme un coup de foudre provoqué par une décharge électrique entre les synapses sentimentales de deux êtres. de ce courant alternatif naitra une passion, celle de se retrouver dans un bar, boire un café trois sucres. Celle de s'allonger dans un lit de faire l'amour sans dire un mot. Celle de se quitter au bout d'une heure et demie, pour se retrouver le lendemain. Et le surlendemain. Pas le samedi, ni le dimanche. Thomas ne travaille pas, le chantier reste fermé. Claire, elle, garde les pochettes brillantes des préservatifs, les sucres non consommés, note chaque rendez-vous sur son agenda, une marque avec l'inscription T.

Thomas est marié, deux enfants. Et il n'a pas l'intention de quitter sa femme, ses deux enfants. Claire imagine « sa femme », belle avec de longs cheveux. Elle l'imagine prendre son petit-déjeuner avec Thomas et ses deux enfants. Elle la voit lorsqu'elle fait ses courses en train de monter l'escalator qui mène à l'étage supérieur du centre commercial. Elle voit Thomas et « sa femme » lors des fêtes de fin d'année ouvrir les cadeaux de Noël des enfants pendant que, elle, se retrouve seul chez sa soeur.

Mais, entre deux rêveries, dans un bar ou chez elle, de grands moments de passions, des dizaines de préservatifs et quelques cafés sucrés. de l'amour, de la passion, de l'envie et de la fougue. Putain, ça c'est de l'amour, de la passion, de l'envie et de la fougue. Un concentré de 115 pages qui donne envie de s'appeler Thomas, qui me donne envie de t'appeler Claire.

« Sa Femme », 3 sucres dans mon café et quelques préservatifs.


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Citations et extraits (12) Voir plus Ajouter une citation
Qu’il s’allongeât ou qu’elle s’allongeât sur lui, leurs bouches ne se quittèrent pas.
Si le bras droit de l’un s’échappait de leurs corps mêlés, le bras gauche de l’autre venait aussitôt le recouvrir.
Ils étaient presque de la même taille. Ainsi, des orteils au front, Thomas collait à Claire, et Claire collait à Thomas.
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[...] Quelle que soit l'heure à laquelle il arrivait, Thomas restait une heure et quart chez Claire. Jamais plus, rarement moins.
Un jour, elle débrancha son magnétoscope et sa cafetière électrique et dissimula son réveil dans le tiroir de la table de nuit. Ainsi Thomas n'aurait plus aucun moyen de connaître l'heure et il resterait plus longtemps.
Lorsqu'il sonna à la porte, avant d'aller lui ouvrir, Claire regarda l'heure à sa montre et la rangea dans son sac. Il était huit heures moins vingt-cinq.
[... plus tard ...] Thomas se serra contre elle et l'embrassa doucement. Puis il s'écarta d'elle et se leva. Lorsqu'il referma derrière lui la porte d'entrée, il était neuf moins dix. Thomas était resté chez elle une heure et quart, une heure et quart pile.
Claire ne débrancherait plus ses appareils.
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Il n'était pas venu au rendez-vous, non qu'il ne souhaitât pas la voir. Au contraire. Il voulait la voir sans arrêt, tous les jours. Mais il ne pouvait pas, il ne devait pas.
- Pourquoi ?
- Parce que j'ai une femme et deux enfants. Je ne les quitterai jamais et je ne veux pas te faire souffrir
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Le lendemain, en sortant du café, ils restèrent un instant face à face. De la buée s'échappait des lèvres entrouvertes de Thomas, et son haleine sentait le café. L'intérieur de sa bouche devait être chaud et avait sûrement le goût du café sucré. Ils ne s'embrassèrent pas.
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Elle ne parvenait pas à se souvenir si, la veille, il lui avait dit : « A demain. » Elle se rappelait juste qu’ils étaient si étroitement mêlés qu’elle n’avait soudain plus su si c’était sa propre peau qu’elle caressait ou bien celle de Thomas.
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Videos de Emmanuèle Bernheim (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Emmanuèle Bernheim
Découvrez l'émission intégrale :https://www.web-tv-culture.com/emission/serge-toubiana-le-fils-de-la-maitresse-53358.html Quand il raconte sa vie, Serge Toubiana redevient très vite le gamin de Sousse, cette petite ville de Tunisie en bord de mer où il a grandi, dans une famille heureuse. Très vite aussi reviennent les premiers souvenirs de cinéma, comme « La Strada « , le film de Fellini, qui l'effraya au plus haut point. La famille et le 7ème art, voilà peut-être les deux piliers qui ont façonné Serge Toubiana. Arrivé en France à l'adolescence, il découvre le cinéma de la Nouvelle Vague, les réalisateurs et les acteurs en vogue et se fait un nom dans le métier. 50 ans plus tard, Serge Toubiana affiche sur son CV ses années dans les pages des Cahiers du Cinéma, son rôle et tant que directeur de la Cinémathèque française et aujourd'hui sa place à la présidence d'Unifrance, en charge du rayonnement du cinéma français à l'étranger. Serge Toubiana a consacré de nombreux ouvrages à sa passion. Que ce soit sur François Truffault, le réalisateur japonais Yasujiro Ozu ou Jean Renoir, des livres sur des acteurs et actrices célèbres, des films mythiques, des histoires du cinéma… Il aime faire partager sa passion. Mais Serge Toubiana aime aussi partager ses souvenirs. Et là vient se glisser une mélancolie qu'il revendique pleinement. « Les fantômes du souvenir » par exemple, en 2016, dans lequel il évoque les grandes rencontres qui ont marqué sa vie, et plus personnel encore, « Les bouées jaunes » en 2018, hommage à sa compagne décédée, la romancière et scénariste Emmanuelle Bernheim. Voici aujourd'hui « le fils de la maitresse » aux éditions Arléa. Un avion entre Toronto et Paris, à l'automne 2019. Confortablement installé en classe affaire, Serge Toubiana laisse vagabonder son âme. Et la solitude arrive. Personne ne l'attend plus à l'arrivée. Quelques mots griffonnés en plein ciel puis la plume qui court dans les semaines qui suivent. Serge Toubiana va raconter son enfance, sa famille et plus précisément sa mère, Georgette. Au fil de ce livre très personnel, touchant, pudique, c'est une vie simple qui s'offre à nous, une enfance heureuse, choyée entre cette mère institutrice, ce père horloger, tous deux militants communistes convaincus. Il y a le soleil de Tunisie puis l'exil vers Grenoble, de nouveaux repères avec le cinéma en toile de fond, le temps qui court, l'affection qu'on ne sait pas toujours montrer. La plume de Serge Toubiana est belle, émouvante, poétique et littéraire, sans être jamais dans le pathos. A travers ces gens sans artifice mais authentique, chacun pourra plaquer ses propres souvenirs, sa propre nostalgie. Récompensé par le Prix Marcel Pagnol, le livre de Serge Toubiana est un coup de coeur. « La fils de la maîtresse » est publié chez Arléa
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