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ISBN : 2258148189
Éditeur : Les Presses De La Cite (20/09/2018)

Note moyenne : 3.07/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Nora, la petite trentaine, prend le train depuis Londres pour rendre visite à sa sœur dans la campagne. À son arrivée, elle découvre que Rachel a été victime d'un crime barbare. Atomisée par la douleur, Nora est incapable de retourner à sa vie d'avant. Des années auparavant, un événement traumatique a ébranlé sa confiance dans la police ; elle pense être la seule à pouvoir retrouver l'assassin de sa grande sœur. Mais isolée dans ce petit village qui chuchote et épie... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (27) Voir plus Ajouter une critique
Antyryia
  06 octobre 2018

Parfois, il y a des livres qui peuvent faire peur par leur volume et dans lesquels on est totalement aspiré dès les premières pages.
Impossible de décrocher un seul instant des pavés qu'étaient Bazaar de Stephen King, le vide de Patrick Senécal ou, plus récemment, Toute blessent, la dernière tue de Karine Giébel.
Trois titres parmi tant d'autres.
A l'inverse, il existe parfois de courts romans interminables.
L'assassin de ma soeur a pour moi fait partie de ceux-là.
266 pages, 68 courts chapitres, une présentation aérée, de nombreux dialogues ... et pourtant un polar qui m'a paru interminable.
Inintéressant au possible, lu dans la douleur petit chapitre par petit chapitre, j'ai cependant refuser d'abandonner en cours de route.
Pas par curiosité de connaître le nom du coupable, encore moins par masochisme.
J'ai simplement accepté ce roman dans le cadre d'une masse critique privilégiée et, même si j'ai fait une mauvaise pioche, je m'étais engagé à aller au bout avant de rendre mon avis.
Merci malgré tout aux Presses de la cité pour leur envoi en avant-première.
Tout d'abord, rassurez-vous, ma soeur va bien.
Celle qui va beaucoup moins bien, c'est la soeur de Nora, dans le roman. Assassinée à trente-deux ans.
"Elle a reçu onze coups de couteau au ventre, à la poitrine et au cou, avec des lésions défensives aux mains et aux bras."
Cet infirmière, qui songeait à déménager, qui se sentait surveillée, qui avait préparé ses bagages avait même acheté un berger allemand pour se protéger.
La pauvre bête n'a pas non plus connu un sort très enviable puisqu'elle a été retrouvée pendue à proximité de la scène de crime.
Et ce n'est pas la police incompétente qui risque de résoudre cette tragique affaire de meurtre.
Elle n'était déjà pas parvenue à résoudre l'agression de Rachel, alors qu'elle était encore adolescente.
"Votre soeur a été victime de deux crimes presque identiques."
C'étaient les deux soeurs qui avaient alors épluché les journaux, à la recherche d'agressions similaires dans le voisinage, espérant retrouver le criminel.
En vain.
Cette fois, Nora est seule pour résoudre cette nouvelle énigme.
"Je dois sans doute chercher trois individus. Celui qui l'a attaqué à Snaith, celui qui l'épiait depuis la crête, et celui qui l'a assassiné."
Mais toutes ces personnes n'en forment elles pas qu'une seule ?
Vous vous souvenez de Jarod, dans la série "Le caméléon" ?
Nora est elle aussi un être capable de prendre n'importe quelle apparence.
Tour à tour détective, policière, juge ou bourreau, elle incarne également les rôles de soeur éplorée, de confidente. Elle enfile le costume de contrôleuse judiciaire ou de journaliste afin d'arracher des confidences aux habitants de la petite ville de Marlow et de reconstituer elle même les évènements, se plongeant également dans le passé, se faisant une idée très précise de l'identité du meurtrier.
Même la police la tient régulièrement des rares avancées de l'enquête.
Autant dire qu'on n'y croit pas un instant.
Nora est à peu près aussi attachante qu'une porte de prison. La mort brutale de sa soeur provoque donc autant d'empathie chez le lecteur que si elle s'était fait piquer par un moustique. Elle est impertinente, agaçante, inintéressante.
Les autres personnages ne sont pas en reste. Ils ont tellement de personnalité et de traits caractéristiques qu'ils sont presque tous interchangeables et que même s'ils ne sont pas nombreux, on ne sait très vite plus qui est qui.
Mon rythme de lecture ne m'a certes pas non plus facilité la tâche.
Si l'écriture est assez belle, le style m'a quant à lui paru beaucoup trop haché. On passe régulièrement et sans transition du présent au passé, on est parfois noyé dans des descriptions sans intérêt, ce qui contribue également à rendre cette lecture très laborieuse.
Le livre a une ambiance. Ca je ne peux pas le lui retirer. le genre de climat inquiétant et glacial, typiquement anglais, qu'on peut retrouver dans les petits villes en bord de mer. Où chacun peut être suspecté.
Sans compter les secrets de la famille de Rachel, l'ombre d'un père alcoolique, la jalousie des deux soeurs.
"Rachel avait dit qu'il y avait quelque chose qui clochait dans cette ville."
"Le reste de la ville gardant sa sérénité tandis que quelque chose se déchaîne contre elle."
Ajoutez à ce tout indigeste une fin relativement prévisible, et vous comprendrez pourquoi ce roman m'a autant déçu.
Et même déplu.
"Impossible de le lâcher." vante Claire Messud en quatrième de couverture.
"Tendu de bout en bout et riche en retournements de situation." promet l'éditeur.
Je pense exactement l'inverse, pour vous donner une idée précise de mon ressenti à l'issue de cette pénible lecture.
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MarcelineBodier
  17 septembre 2018
Voilà un livre parfait. Oui, parfait. L'intrigue est très bien menée. Il y a du suspense, on le lit vite car on a envie de connaître le fin mot de l'histoire (je l'ai lu dans les deux jours après l'avoir reçu !). C'est bien écrit, bien traduit. La quatrième de couv annonce "un thriller vorace sur le deuil, le poids des traumatismes et la puissance des liens du sang", on se précipite avec la crainte que ce soit juste une publicité pour appâter le chaland et ô merveille, pas du tout : on a bien un thriller vorace sur le deuil, le poids des traumatismes et la puissance des liens du sang. Le dénouement est habile : un peu surprenant, mais pas trop. Élégant, même : on le voit venir car on se dit qu'il doit y avoir "unité d'action", i.e. que tout ce qui a l'air périphérique finit sans doute par trouver sa place, donc on ne tombe pas des nues devant une fin abracadabrante surgie de nulle part ; mais pour ma part, je n'avais quand même pas tout deviné, et puis les informations sont distillées au bon rythme... le bon dosage, donc. La perfection.
Alors pourquoi suis-je restée sur ma faim, pourquoi cette impression de léger malaise qui me reste après avoir fini de dévorer ce livre ? Pourquoi est-ce que trois jours après, son souvenir a déjà commencé à s'estomper ? Pourquoi diantre suis-je hostile à la perfection ? Quelle ingrate je fais !
Eh bien ce n'est pas le premier polar (thriller, comme on voudra) que je lis sur ce même modèle. Comme d'autres avant lui, ce roman m'a donné l'impression un peu dérangeante de ne pas lire, mais de consommer un livre, nuance ; impression, donc, qu'il n'a pas été écrit, mais produit, calibré. Les personnages sont décrits juste ce qu'il faut pour qu'on comprenne qui ils sont ; ils ont une certaine complexité, qui n'est explicitée que dans la mesure où cela fait progresser l'intrigue ; bref, l'auteure donne l'impression de ne pas s'être intéressée à eux, mais à ce qu'elle pouvait en faire.

Est-ce que j'exagère ? Sans doute. le roman a beau être parfait, il ne plaira pas à tout le monde (tout le monde n'ayant pas envie de lire un "thriller vorace, etc."). Inversement, mon avis est isolé, puisque la quatrième de couverture nous apprend que les professionnels ont déjà couronné le livre : il a reçu un prix "prestigieux" et il a été "encensé par la presse". En outre, il a été traduit de l'américain : signe qu'il s'était suffisamment bien positionné dans sa première vie outre-atlantique pour donner envie de le vendre ici. Très bien, alors peut-être est-ce juste moi qui suis dans une phase désabusée... faites-vous votre avis !
Et merci aux Presses de la Cité et à Babelio pour cet envoi dans le cadre d'une Masse Critique privilégiée.
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KRYSALINE555
  12 octobre 2018
La couverture, très esthétique, a tout de suite titillé ma curiosité ; en effet, la maison sous la neige sur fond noir semble tellement mystérieuse, voire inquiétante même – presque du Stephen King ! … Quant à la 4ème de couve, elle est dithyrambique et pleine de promesses: « thriller vorace tendu de bout en bout et riches en rebondissements de situation » cela ne pouvait que me plaire, moi qui suis une grande amatrice de polars et de thrillers en tout genre. J'étais donc plutôt bien disposée et même impatiente de plonger dans le vif du sujet.
Mais voilà, je redoutais ce moment où j'allais tomber sur LE roman de la sélection Babelio pour l'opération Masse Critique qui me décevrait vraiment et sur lequel je devrais émettre un avis assez négatif. Ce « grand moment de solitude » est hélas arrivé pour moi ….
J'avoue en effet, que là, je suis un peu décontenancée par cette histoire qui s'annonce haut et fort comme un thriller haletant mais qui est tout juste un polar un peu trop poussif à mon goût. En effet l'intrigue se met en place tellement lentement que l'on arriverait presque à s'ennuyer ; pourtant ça partait très fort avec la découverte par Nora d'une Rachel assassinée de manière particulièrement violente ainsi que le chien de cette dernière pendu au bout de sa laisse ; en effet sa soeur venait la voir comme tous les weekends depuis Londres. Et, que Rachel ne vienne pas l'accueillir à la descente du train ne l'a pas inquiété outre mesure, mais de là à découvrir elle-même ce tableau terrifiant, il y a une marge !!
Pour autant, Nora semble assez insensible et même distante par rapport à ce drame. On peut cependant lui accorder le bénéfice du doute en attribuant cette attitude au choc traumatique que cette découverte a dû induire. Très vite, pourtant, celle-ci se dirige vers une quête toute personnelle dans la recherche de la vérité sur cet assassinat.
L'enquête officielle menée par l'inspecteur Moretti, en fin de carrière, piétine rapidement devant l'absence de preuves évidentes pouvant amener à la découverte d'un coupable potentiel. Moretti décide donc de partager ses informations avec Nora qui continue quant à elle ses investigations de son côté.
L'impression qui se dégage au fil de la narration peut prêter à confusion : en effet, malgré les circonstances atténuantes évoquées plus haut, Nora devient rapidement bizarre, voire paranoïaque de par ses actions et son cheminement de pensées – et donc suspecte aux yeux de la Police à un moment donné – et même antipathique, ce qui ne favorise par l'empathie que peut ressentir le lecteur à la lecture du roman ainsi que son identification à l'héroïne.
En fait, il apparait, plus loin dans l'histoire, qu'elle trimballe une vieille culpabilité vis-à-vis de Rachel par rapport à l'agression que celle-ci avait subie à l'adolescence. Il en ressort que Rachel était complètement traumatisée et Nora assez empêtrée dans ses remords, pour l'entrainer à la recherche du coupable en épluchant infatigablement tous les faits divers dans les journaux afin d'y trouver des actes similaires, aux alentours de Snaith – leur lieu de résidence d'enfance et lieu de l'agression – et de le débusquer à des fins de vengeance personnelle allant même jusqu'à rendre visite en prison à un détenu pour vérifier sa ressemblance avec l'agresseur.
Alors même que Rachel avait déclaré à Nora avoir abandonné sa quête, il s'avèrera qu'elle n'y avait pas renoncé du tout ; Se sentant même tellement en danger parce qu'elle aurait finalement dépisté son agresseur, ou du moins s'était approchée trop près de la vérité, qu'elle avait acquis un chien de défense et s'apprêtait même à un déménagement éminent vers d'autres horizons. Elle aurait aussi eu un amant marié dans le village qui l'aurait peut-être suivi dans sa fuite. Autant de découvertes pour Nora qui reste perplexe devant cette face que Rachel lui avait cachée et se sent même trahie et démunie devant ces vérités-là en même temps que remontent lentement tous ses souvenirs d'enfance enfouis au plus profond d'elle-même jusqu'à la fameuse journée fatidique…
Les chapitres courts alternant passé et présent peinent à tenir le lecteur en haleine ; les descriptions des différents personnages me sont apparus superficiels et assez peu fouillés. Je pense que ce roman aurait mérité un approfondissement plus précis ce qui lui aurait apporté un peu plus de matière.
Pour autant les intrigues lentes, qui prennent le temps de s'installer, ne sont habituellement pas pour me déplaire au contraire – j'adore les Indridasson ou Peter May par exemple, pour ne citer qu'eux ! – de ces histoires permettent au lecteur de bien assimiler les faits et de savourer le cheminement psychologique des personnages, de s'y attacher, de vibrer et d'avoir peur pour eux éventuellement si la situation s'y prête, ou de les détester tout autant au contraire ; tous ces ingrédients m'ont cruellement manqués dans ce roman malheureusement et j'en suis toute dépitée autant par la forme donnée à l'ouvrage que par le fond lui-même et aussi et surtout par la fin qui surgie d'un coup sans cohérence avec tout le reste. Pour le coup, je ne l'ai pas vu venir du tout mais ce twist final n'est pas d'une originalité sidérante et l'effet tombe un peu à plat à mon sens. C'est dommage car la fin à elle seule aurait suffi à masquer les failles du roman pour peu qu'elle eut été vraiment surprenante et inventive. le fait aussi qu'on ne sache ce qu'il advient des personnages secondaires m'a aussi un peu déçue.
Cependant, malgré cet avis plus ou moins négatif et l'impression d'être « passée à côté de quelque chose », je remercie chaleureusement les Editions des Presses de la Citée ainsi que Babelio qui m'ont fait découvrir l'auteure à l'occasion d'une opération Masse Critique privilégiée et je les rassure car je ne m'avoue jamais vaincue sur une première impression et j'ai bien l'intention de persévérer dans la découverte celle-ci lors de la sortie de son prochain roman.
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Aryia
  18 septembre 2018
Jamais deux sans trois, parait-il : encore une fois, je me suis retrouvée avec un mail de Babelio me proposant de recevoir un thriller sans comprendre ni comment ni pourquoi je suis devenue « novice » en romans policiers et thrillers … Mais je ne m'en plains absolument pas ! C'est fort sympathique – et excitant – de sortir de temps en temps de sa zone de confort littéraire, et c'est bien pour cela que je postule à chaque fois : je peux ainsi découvrir des ouvrages que je n'aurais probablement jamais lu autrement, tout simplement parce que je ne vais jamais fouiner du côté des thrillers à la librairie ou à la bibliothèque … Cependant, si mes deux précédentes irruptions dans le genre ont été couronnées de succès, cette fois-ci, ce ne fut le cas, et mon bilan est plus mitigé : ce n'est pas un mauvais livre, loin de là, mais je ne l'ai pas trouvé si exceptionnel que ne le promettait la quatrième de couverture (indiquant que cet ouvrage a été « encensé par la presse » aux Etats-Unis et qu'il a même reçu un prix) …
Comme tous les week-ends, Nora quitte Londres et se rend chez sa soeur Rachel, qui vit à la campagne. Mais ce soir-là, une macabre découverte l'attend lorsqu'elle entre dans la paisible petite maison : sa soeur git au sol dans une mare de sang, tandis que le chien pend au bout de sa laisse … A partir de cet instant, Nora n'a plus qu'une seule idée en tête : retrouver l'assassin. Tandis que l'enquête de la police piétine, alors qu'elle découvre petit à petit qu'elle ne connaissait finalement pas sa soeur aussi bien qu'elle le pensait, la jeune femme tente désespérément de débusquer le coupable …
Objectivement parlant, c'est un bon livre : si l'histoire semble au premier abord assez classique (un meurtre, l'enquête policière qui tourne en rond, le proche qui décide de prendre les choses en main à ses risques et périls), elle n'en reste pas moins bien menée et riche en mystères et en rebondissements. Lorsqu'arrive le dénouement final, le lecteur est tout aussi surpris que Nora, mais pas pour la même raison … C'est en effet l'intérêt de ce récit : tandis que généralement, le lecteur est « de connivence » avec le protagoniste-narrateur et est presque « contraint » de penser comme lui, ici, au contraire, le lecteur peut facilement se détacher des conclusions – parfois hâtives – de Nora et se faire sa propre opinion sur l'affaire. Il est en effet difficile de s'attacher réellement et de s'identifier véritablement à la jeune femme : elle vient de perdre sa soeur, la seule famille qui lui restait, mais n'en semble pas si accablée que cela … Si au début, on peut mettre cette indifférence sur le compte du déni, on se demande finalement si cela ne cache pas quelque chose d'autre … et nos soupçons grandissent au fur et à mesure que Nora nous dévoile des bribes de leur passé commun.
Arrivée au milieu du roman, une fois passée la satisfaction éphémère (« Je sais qui a tué Rachel ! »), j'ai rapidement ressenti une certaine déception : l'idée était intéressante, mais le lecteur trouve trop facilement la solution, tellement c'est gros comme le nez au milieu de la figure ! Sans oublier que c'est un schéma vu et revu dans les polars … Je ne continuais donc que pour savoir comment l'auteur allait parvenir à faire éclater cela au grand jour, comment les personnages allaient arriver à la même conclusion que moi … Et là, l'électrochoc final. J'avais tort. Ce qui me paraissait si évident n'était qu'un leurre, qu'une fausse piste, délibérément mise en place pour induire le lecteur en erreur ! Quelle agréable surprise, vraiment ! Je m'attendais à tout sauf à cela ! Et c'est d'autant plus incroyable que le dénouement ne tombe pas du ciel, il est parfaitement cohérent avec les informations en notre possession, c'est juste que ni Nora ni le lecteur n'avaient songé à creuser dans cette direction … Ce final est vraiment époustouflant car il est à la fois inattendu et prévisible ! Pour son premier roman, l'auteur a donc vraiment bien mené sa barque en menant le lecteur par le bout du nez !
Dans ce cas-là, me direz-vous, pourquoi suis-je tellement mitigée vis-à-vis de ce roman ? Je pense, tout d'abord, que j'attendais trop de ce livre : la quatrième de couverture me promettait « un thriller vorace sur le deuil, le poids des traumatismes et la puissance des liens du sang » … Ces trois éléments m'intéressaient énormément, mais finalement, je ne les ai pas trouvés. Nora ne fait pas son deuil : elle se plonge dans une quête obsessionnelle qui relève bien plus de la névrose que du deuil … le passé et ses traumatismes sont bien évoqués, mais de façon fort superficielle, ils ne sont que des prétextes pour faire avancer l'enquête tant bien que mal, ils ne pèsent pas réellement sur Nora (et c'est logique, d'ailleurs) … Et pour la puissance des liens du sang, on repassera, Nora étant loin d'être dévastée par la perte de sa soeur ainée. On a limite l'impression qu'elle est plus peinée par la mort du chien ! Je me suis sentie trahie par ce résumé plein de promesses et par le roman qui ne les tient pas. de plus, j'ai eu beaucoup de mal avec la narration : elle était creuse, vide. Elle raconte, oui, mais sans plus. Moi qui aime les narrations vivantes, celles qui transforment les mots en images dans l'esprit du lecteur, celles qui font naitre des émotions dans le coeur du lecteur, je me suis retrouvée face à une narration aussi froide que celle de mon manuel de latin !
En bref, ce roman, malgré ses qualités, n'a pas su me convaincre. C'est une lecture divertissante, mais pas captivante : on veut connaitre le fin mot de l'histoire par simple curiosité, et non par envie dévorante de connaitre le coupable. L'intrigue est fort bien menée, et le dénouement est vraiment fort surprenant, mais cela n'a pas suffi, et je reste sur ma faim. Je m'attendais à un livre bien plus émouvant, bien plus passionnant, bien plus angoissant … Et je suis donc un peu frustrée par cette lecture qui, si elle fut sympathique, est bien loin d'être exceptionnelle. Je conseille donc ce roman à ceux qui cherchent un polar se lisant facilement et rapidement, qui aiment les retournements de situations totalement imprévisibles et qui apprécient les narrations très cinématographiques, sans fioritures … Mais ne vous attendez pas à un thriller psychologique poignant, vous n'y trouverez pas votre compte …
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LightandSmell
  10 octobre 2018
Quand sa soeur, Rachel, ne l'attend pas à la gare, Nora ne s'en formalise pas. Londonienne, elle se fait un plaisir de passer le week-end dans la campagne anglaise avec cette soeur dont elle si proche. Mais au plaisir du bon repas qu'elle imaginait déjà, se substituent des images d'horreur : une mise en scène macabre dans laquelle le chien de sa soeur est pendu et Rachel sauvagement assassinée. Nora prend alors la décision de s'installer dans le village de sa soeur pour faire le point sur cette affaire qui fait tristement écho à cet acte de violence dont Rachel a été victime par le passé. D'ailleurs, les deux affaires, sont-elles liées ? Une question parmi tant d'autres qui mèneront Rachel sur une pente glissante, la jeune femme semblant parfois perdre prise avec la réalité…
L'enquête à proprement parler n'est pas passionnante, du moins, du point de vue policier puisque les deux personnes en charge du dossier se montrent aussi incompétentes l'une que l'autre, l'une par manque d'objectivité, et l'autre par l'absence cruelle de clairvoyance et/ou de véritable implication. Mais tout l'intérêt du roman ne tient pas dans une enquête rondement menée, mais bien dans cette tension psychologique que l'autrice a su faire sienne. Devant le manque d'intérêt de la police pour le meurtre de sa soeur, Nora prend les choses en main et entre dans une sorte de spirale infernale où elle alterne entre les souvenirs de sa soeur, et le retour à la dure réalité dans laquelle sa soeur n'est plus. Entre les deux, il y a les découvertes qu'elle fait petit à petit sur cette personne qu'elle pensait connaître de A à Z, mais qui lui réserve finalement quelques surprises. La vie de Rachel telle que l'imaginait Nora se fissure au fur et à mesure de son enquête, ce qui ne pourra que venir épaissir le mystère autour de sa mort et rendre la douleur de sa perte encore plus difficile. Quand la personne que vous aimiez le plus au monde vous cachait des choses, comment ne pas se sentir désemparé, voire blessé ?
Si j'ai beaucoup apprécié le roman au point de le lire d'une traire une nuit d'insomnie, j'ai regretté que l'autrice ne prenne pas le temps de développer un peu plus les personnages secondaires, et notamment deux personnes qui avaient tout le potentiel pour ajouter une touche supplémentaire de tension et de suspense. Alors qu'ils sont supposés semer le doute dans l'esprit de la police, de Nora et des lecteurs, je n'ai pour ma part pu m'empêcher de regretter un manque criant de charisme. Toutefois, je comprends le choix de l'autrice de se focaliser principalement sur Nora et sa soeur, la relation complexe entre les deux femmes étant, quant à elle, brillamment dépeinte. Rachel est morte, mais on ressent encore de manière poignante et indiscutable la force des liens qui l'unissaient à Nora. Cela permet de comprendre un peu mieux l'obsession de Nora pour l'enquête et les mesures qu'elle est prête à prendre pour connaître la vérité, toute la vérité, quitte à réveiller des traumatismes du passé et les peurs qui y sont associées.
D'ailleurs, en plus des liens familiaux, les traumatismes et la difficile (re)construction de soi semblent être au coeur du roman. Les deux soeurs ont vécu un traumatisme durant leur jeunesse, l'une en tant que victime directe, l'autre en tant que « dommage collatéral ». Les deux jeunes filles, devenues femmes, se sont donc construites autour de ce choc, ce qui leur a permis d'avancer dans la vie tout en les enfermant paradoxalement dans une sorte de prison. À trop revivre le passé, difficile de construire le présent ! Toutes les deux obsédées par l'idée de retrouver le bourreau de Rachel, il s'est noué entre elles, une relation qui m'a semblé quelque peu malsaine comme si les deux soeurs étaient liées par la douleur plutôt que le bonheur… Mais si l'on considère la mort brutale et sanguinolente de Rachel, peut-être que le drame fait finalement partie intégrante de la vie de ces deux soeurs.
Narré du point de vue de Nora, le récit est prenant et immersif, car si Nora n'est pas particulièrement attachante, elle arrive à captiver le lecteur par ses allers-retours entre présent et passé, entre les bons et mauvais souvenirs, et ce présent où Rachel, malgré sa mort, continue à jouer un rôle crucial dans la vie de sa soeur. Il est parfois déstabilisant de suivre les cheminements de pensée de Nora qui saute d'une époque à l'autre, mais ses souvenirs, distillés avec efficacité, forment la trame du roman, un roman dans lequel transparaît tout le poids des secrets, des liens du sang, des traumatismes, du deuil et de la solitude. À travers son récit, Flynn Berry évoque également, même si c'est de manière succincte, les violences faites aux femmes comme cette violence domestique que chacun préfère ignorer quand le bourreau est quelqu'un de respecté ou encore, le viol et les accusations à peine voilées transformant la victime en coupable.
Tous ces thèmes forts et difficiles sont renforcés par l'ambiance pesante qu'a su instaurer l'autrice. Sans être claustrophobe, on se sent étouffer dans ce village qui prend presque vie sous nos yeux grâce aux descriptions de Nora. On retrouve cette ambiance à la Broadchurch avec cette impression oppressante qui se dégage du temps, des rues, du confinement propre aux petits villages dans lesquels tout le monde pense se connaître alors que des secrets, parfois terribles, couvent entre les murs des maisons…
Enfin, au-delà de la tension psychologique omniprésente, l'autrice a veillé à offrir à ses lecteurs un certain suspense. Ne vous attendez pas à un suspense haletant, mais plutôt le genre de suspense qui vient titiller votre curiosité tout en vous laissant le temps d'appréhender l'histoire dans son ensemble et de réfléchir aux indices qui vous sont progressivement dévoilés. Les choses s'emballent dans les derniers chapitres, et à mesure que l'étau se resserre autour de l'assassin de Rachel, on se rend compte de la manière dont l'autrice a su brouiller les pistes. Il m'a ainsi fallu un certain temps avant d'identifier l'assassin de Rachel…
En conclusion, Flynn Berry a su dès le départ attiser ma curiosité à travers une plume simple, mais efficace qui n'appelle à rien d'autre qu'à se laisser prendre par la main pour entendre l'histoire de Nora et de Rachel, deux soeurs à la relation aussi fusionnelle que complexe. Et ça marche, dès les premières lignes, on se laisse embarquer dans le récit sans se poser de questions, on écoute attentivement les confidences de Nora qui alterne entre ses souvenirs et ses suspicions quant à l'identité du meurtrier de sa soeur, on savoure la tension psychologique qui se dégage presque toute seule des pages… En d'autres termes, on dévore ce roman qui dispose de tous les éléments indispensables à la réussite d'un thriller, et accessoirement, d'un page-turner.
Lien : https://lightandsmell.wordpr..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
ManouBManouB   16 septembre 2018
Nous voulions revenir année après année, jusqu'au jour où nous serions vieilles.
L'escalier s'évanouit au bas de la falaise, et j'imagine Rachel remontant les marches. Dans quarante ans. La mer en contrebas, les ruissellements sur la paroi. Une vieille dame formidable, les cheveux humides après son bain matinal...
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ManouBManouB   16 septembre 2018
Si je vais dans sa chambre, je verrai les ombres de l'orme côté sud, jouant sur le parquet. Le chien assoupi, vautré au bas du lit, assez près pour qu'elle puisse le caresser rien qu'en laissant traîner sa main. Et Rachel, endormie.
J'ouvre les yeux.
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rkhettaouirkhettaoui   24 septembre 2018
Je n’ai jamais compris pourquoi la police n’utilise pas plus souvent des appâts. Quand un type a commencé à tuer des femmes en montagne, au pays de Galles, la police aurait pu envoyer des pseudo-randonneuses sur les chemins. Armées, ou avec des équipes pour les suivre. Des policières, pas des civiles. Ce n’était même pas une grande montagne, on aurait pu placer un appât sur chaque sentier. Huit victimes en trois mois, et le meurtrier n’a jamais été retrouvé. Débile.
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rkhettaouirkhettaoui   24 septembre 2018
Je peux me la figurer ayant une aventure, mais pas avec lui. Il n’a pas l’étoffe. Je ne la vois pas faire quoi que ce soit de risqué ou de désespéré pour cet homme. Elle aurait méprisé ce mec trompant sa femme.
Plus j’y réfléchis, et plus je pense qu’elle n’était pas faite pour ça, ni pour le subterfuge, ni pour l’aspect obsessionnel et addictif d’une liaison. Les fantasmes des autres la dégoûtaient.
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rkhettaouirkhettaoui   24 septembre 2018
Les phrases ne font pas sens. J’accède par l’étroit escalier à la sélection pour la jeunesse et choisis un recueil de contes des frères Grimm avec de magnifiques illustrations en couleurs.
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