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EAN : 9782953589146
Éditeur : Kariel.B Editions (01/10/2015)

Note moyenne : 5/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Parti de Forcalquier par une nuit de février 1562, Tienot, le fils de charretier, va être embarqué dans l'armée huguenote du capitaine Furmeyer et devenir l'ami de Lesdiguières.

Son aventure donne l'occasion à l'auteur de faire le récit du siège de Sisteron, de la résistance de Tallard, du passage par Saint-Bonnet et de la conquête de Grenoble avant un retour sur Forcalquier en passant par Gap.

(Avec un hommage particulier à Pierre Mag... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cicou45
  08 novembre 2015
Daniel Berthet, avec ce nouveau roman, se fait une fois de plus le défenseur de toutes les injustices qui ont pu existé en ce monde et continuent d'ailleurs bien trop souvent de se répéter, sous d'autres formes certes mais cela reste la même chose au final puisqu'il y a des gens qui souffrent ! Avec la publication de cet ouvrage et comme il l'a toujours fait pour ses publications précédents, l'auteur choisit de reverse le tiers de la vente à une association. Cette année, c'est au Téléthon que ces dons sont destinés, via l'intermédiaire du coordinateur qui se trouve dans me petite ville et et qui se trouve aussi être celle de l'auteur. Je dois cette rencontre fortuite à mon père qui a durant plusieurs années enseigné dans le même institut que Daniel Berthet et je ne peux que lui en être reconnaissante de nous avoir présentés l'un à l'autre puisque, de ce premier contact, est né une amitié sincère, je l'espère et je soutiens cet homme au grand coeur dans toutes ses luttes.
Bon, passons plutôt à ce qui vous intéresse, vous, lecteurs à savoir, l'ouvrage en question. Ici, l'auteur s'est intéressé aux guerres de religions qui ont terrassé l'Europe au cours du XVI ème siècle (bien que cela ne fut qu'une nouvelle vague) entre Protestants et Catholiques. Les Protestantes d'un côté, encore appelés huguenots ou parpaillots et les Catholiques rangés du côté de Rome de l'autre et entre les deux, il y a tous ceux et celles qui ne trouvent entre les deux, n'ayant rien demandé à personne et pourtant bien obligés de se placer quelque part ! C'est le cas de celui que l'on appelle Le Borgne et de son fils Tienot, en quelque sort les héros de cet ouvrage qui vont d'abord s'engager aux services des capitaines Furmeyer et Mauvans, servant l'une des armées huguenotes voulant délivrer la citadelle de Sisteron.
Ah oui, j'ai oublié de vous préciser que ce roman historique se passe dans les Alpes-de-Haute-Provence, dans des villes avoisinants la mienne, ce qui, vous l'aurez bien compris, n'a fait que renforcer mon intérêt pour cette lecture.
Très vite, nos deux héros, qui tandis que l'un est fait prisonnier et laissé pour mort et que l'autre continuera de se battre tant bien que mal, vont se rendre compte qu'en réalité, il n'y a pas de bon ou de mauvais côté, pas de bons ou de méchants et que tout ceci ne peut mener qu'à un effroyable massacre. Pour quoi ? Pour rien si ce n'est des idées qui ne s'accordent pas sur certains points. Et alors, ne peut-on pas tous vivre en harmonie en ayant des religions, des points de vue différents ? Voici le grand thème de ce livre et qui, je crois, restera l'éternel questionnement des hommes jusqu'à la fin des temps ! C'est au cours de son aventure en pays de Forcalquier, que Tienot, faisant de nombreuses rencontres aussi variées les unes que les autres, va amener le lecteur à s'interroger sur ce pont.
Un roman historique mais aussi moralisateur à bien des égards qui mérité d'être découvert ! L'auteur ne prend nullement parti, contrairement à ce que le lecteur pourrait penser au départ pour une cause ou pour l'autre : il dénonce simplement les atrocités d'un point de vue historique et admirablement romancées qui ont été faites par les uns et les autres afin de nous faire passer un message : Plus jamais ça !
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Fandol
  21 mars 2017
Délaissant l'époque récente remarquablement mise en scène dans "Porteurs de rêve", Daniel Berthet revient dans la région qui lui est chère, plongeant à nouveau « dans le passé pour se détacher de l'absurde du présent… », afin de pouvoir « continuer à vivre et espérer. »
Nous nous attachons aux pas de Tienot qui n'a que 12 ans et marche aux côtés de son père, le Borgne, et des vieux Fougasse. de Forcalquier à Sisteron, ils conduisent un vieux fardier tiré par le Noiraud, un cheval qui aura son importance avant la fin du livre.
Nous voilà plongés en pleine guerre civile entre protestants et catholiques, même si certains chefs peuvent passer d'un camp à l'autre par pur opportunisme. Les premières victimes sont, bien sûr, les gens du peuple devant subir batailles, ruine de leur cité mais aussi faim et perte d'êtres chers.
Dans Sisteron, les conditions de vie sont de plus en plus dures avec la peste qui sévit toujours. Corisande de Gaussan, la châtelaine voisine, a délaissé « les parpaillots » pour le camp catholique, séduite par le comte de Tende, père de Sommerive, lieutenant-général du Roi. Corisande saura se venger de l'affront qu'elle subit mais révèle aussi l'existence d'un trésor des Templiers.
Furmeyer et Mauvans, capitaines protestants, font appel au baron des Adrets, François de Beaumont, et partent pour libérer Grenoble. Quand la troupe quitte Sisteron pour le Dauphiné, Tienot s'engage. le passage par Gap n'est pas sans souci. L'attaque de Tallard donne l'occasion à l'auteur de nous livrer une scène mémorable.
Peu de temps après, Tienot sympathise avec le fils du notaire des Disguières. Il l'appelle les Disguières et c'est sous ce nom que François de Bonne passera à la postérité. Corps, La Mûre, Laffrey, Vizille, Tienot supervise les attelages et se lie avec Joue-creuse et Coeur-en-joie qui lui apprennent une incroyable nouvelle.
Se confiant à Lesdiguières, Tienot lâche : « Mais moi, simple fils de charretier, je n'ai jamais fait confiance qu'en ma bonne Étoile, à l'image de mon père. » Il ajoute qu'il n'est « ni huguenot, ni catholique » et pose la question : « Pourquoi se battre pour une religion ? » Son ami lui confirme ce qu'il pressent : « La religion n'est qu'un moyen de convaincre le peuple d'aller se faire tuer, pas une fin en soi ! L'histoire des croisades le prouve. » D'ailleurs, quelques années plus tard, Lesdiguières se convertira au catholicisme pour devenir connétable de France.
Tout au long du livre comme au fil des péripéties qui nous mènent jusqu'à la fin de l'aventure où une certaine Adèle prend une grande importance, Daniel Berthet sait bien mettre son lecteur dans l'ambiance de l'époque, utilisant un vocabulaire adapté. C'est ainsi qu'il nous parle d'éfourceau, de haquet, d'absconse, de souquenille, de fourquine, d'andrônes, etc…
Ainsi, "Au nom de notre bonne foi", tout en nous faisant revivre quelques siècles en arrière, donne de belles leçons pour les temps si difficiles que nous vivons.

Lien : http://notre-jardin-des-livr..
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Ecrivain_Alpes_de_Haute_Provence
  12 juin 2020
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   08 novembre 2015
"_Tu ne fais qu'unité avec les éléments du cosmos, la terre, l'eau et l'air. C'est en acceptant ce principe d'alchimie entre esprit et matière que tu construiras ra pierre philosophale. Inutile de provoquer la fin de ton destin, inutile de te morfondre dans l'aigreur, inutile de courir le monde, inutile de perdre ton temps dans des rêves inaccessibles. C'est seulement au fond de ton âme que tu dois t'aventurer !"
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FandolFandol   11 décembre 2019
D'ornières embourbées ou enrochées en troncs d'arbres qu'il fallait débiter à la hache pour libérer le passage, la descente sur Valbelle fut interminable et l'expédition dura encore deux longues journées pour rejoindre Sisteron.
Par cinq ou six fois, d'un côté comme de l'autre du Jabron, il fallut éloigner des traîne-misère qui se collaient de trop près au charroi.
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FandolFandol   12 décembre 2019
On parlait de dix mille hommes venus de toute la Provence et d'une batterie d'artillerie beaucoup plus performante que les fauconneaux fixés sur des fardiers. Les nouveau canons étaient plus légers. Montés sur roues, ils gagnaient en mobilité et en rapidité d'exécution du tir grâce au chargement par la culasse.
Placés en première ligne de front, ces canons assuraient depuis plus d'un mois la destruction systématiques des casemates réparties autour des fortifications.
Progressivement, les parpaillots se retranchaient dans la ville, enfermés sur eux-mêmes.
Et la faim recommençait à tordre de douleur les estomacs creux !
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FandolFandol   12 décembre 2019
Surpris par l'ampleur et la rapidité de la réaction, les catholiques qui avaient eu le culot de se frotter aux remparts de Saint-Bonnet y perdirent canons et chevaux mais réussirent à éviter d'être embrochés par les hallebardes huguenotes. Ils avaient pris la poudre d'escampette par des sentiers du maquis d'eux seuls connus avant de trouver refuge dans les venelles les plus sombres de Gap.
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FandolFandol   15 décembre 2019
Un pont en bois assurait le passage au-dessus de l'Isère et permettait la sortie des remparts. L'étroite travée franchie, l'entrée dans le quartier Sain-Laurent se faisait par la porte Perrières. C'est derrière cette porte entre masures et ruines que se dissimulaient les forces catholiques.
Depuis que les fidèles de Rome avaient trouvé refuge dans ce quartier pour fuir la cruauté du baron rouge, ils se sentaient plus forts que les huguenots et contribuaient à les affamer en empêchant toute communication vers l'intérieur des remparts.
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