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ISBN : 2953589163
Éditeur : Kariel.B Editions (11/11/2018)

Note moyenne : 4.83/5 (sur 3 notes)
Résumé :
Jules Chevalier né à Saint-Michel l'Observatoire,condamné à mort le 21 octobre 1914.
Alphonse Fortoul, né à Revest, comdamné à mort le 13 novembre 1914.
Louis Tourniaire, né à Forcalquier, condamné à mort le 28 mars 1915.

Trois noms de poilus bas-alpins fusillés pour l'exemple parmi des centaines d'autres.

C'est à eux et à toutes les gueules cassées qu'est dédié ce roman.
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
cicou45
  24 octobre 2018
Dans les années '50 à Augès, un petit département des Basses-Alpes devenu aujourd'hui Alpes-de-Haute-Provence, un petit garçon prend plaisir à écouter les récits de deux vieillards, rescapés de la guerre 14-18 : Tous dans le village les connaissent sous les surnoms de Baldenuit et Demi-Lune mais ils avaient leur propre identité et surtout leur histoire. Tous deux revenus estropiés, défigurés de cette "putain de guerre", l'on détournait souvent le regard lorsqu'ils sont revenus du front, par honte, hypocrisie, que sais-je encore, par refus de reconnaître ce dont est capable la barbarie humaine devant ces deux gueules cassées.
Penchons-nous un peu sur leur histoire : Demi-Lune, autrement dit Amédée d'Oraison de son vrai nom s'est retrouvé de nombreuses lésions dont un oeil en moins mais la plus importante étant probablement celle de ses souvenir de tout, et ce, pour son plus grand malheur (quoique...). Quant au second, Baldenuit, son histoire est encore plus complexe car, au contraire de son camarade, lui est tombé dans une amnésie totale lorsqu'on l'a amené à l'hôpital , on a retrouvé sur lui le registre matricule d'un certain Albert Brignaud, donc on n'a pas cherché plus loin. Ne se souvenant absolument de rien, celui-ci a été incapable de nier ou de confirmer l'identité qu'on lui attribuait jusqu'au jour où...il se souvient ! Ils étaient cinq à avoir été envoyés en première ligne face à l'armée des "Boches" pour trahison ou simple rébellion à la place du peloton d'exécution et "Albert" qui, si vous suivez ma logique, n'était pas réellement Albert, était l'un d'entre eux. Je vous invite à venir découvrir son histoire ainsi que celle d'Amédée !
L'histoire de nos deux poilus est liée car ils ont tous les deux servis pour le 3e Régiment d'Infanterie de Draguignan et le restera à jamais de par leur condition d'une part et de par ce que l'on peut appeler destin d'autre part !
L'auteur dénonce ici l'injustice faite à tous ceux qui sont morts pour la France et qui ne figurent pas sur nos monuments aux Morts car ils ont été "fusillés pour l'exemple" donc considérés comme des traîtres mais est-ce réellement une traîtrise que de ne pas vouloir se battre ? de s'indigner de la cruauté des hommes ?
Un roman engagé extrêmement fort que je ne peux que vous encourager à venir découvrir car l'on ne doit pas oublier...jamais !
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Fandol
  03 novembre 2018
Cent ans après, parler de la Première guerre mondiale, cela a été fait et c'est normal car il faut sans cesse rafraîchir nos mémoires qui effacent trop vite des années de souffrance et de mort.
Pourtant, avec Putain de guerre !, Daniel Berthet a su écrire et raconter d'une façon originale le cauchemar des tranchées, de tous ces hommes envoyés à la boucherie par d'autres aux épaulettes étoilées, à la solde des marchands d'armes et des banquiers, comme c'est si bien dit à la fin du livre.
Ne pas oublier, c'est aussi rappeler que des hommes ont été fusillés par leurs propres camarades portant le même uniforme ou envoyés à l'abattoir, mains liées, sans casque, « pour l'exemple », comme on disait. L'auteur leur dédie son livre comme à tous ceux que l'on nommait les poilus et c'est une belle initiative qui débute avec des souvenirs d'enfance.
Ils sont vieux. Dans le village d'Augès, on les surnomme Baldenuit (Jules Latour) et Demi-Lune (Amédée d'Oraison). Ils faisaient peur avec leurs terribles blessures. Ils appelaient cette guerre La Madelon, la putain, et les pages qui suivent sont d'une force extraordinaire, faisant de Putain de guerre !, une lecture passionnante et tellement émouvante.
Sans me laisser le temps de respirer, l'auteur m'a plongé dans la bataille autour du fort de Vaux, près de Verdun avec ces patelins sans âme : « Bombardés, pilonnés, canardés par les Boches, dans leurs contre-attaques, tous les bleds des alentours en étaient réduits à des amas inertes de pierre et de tuiles que les camarades contournaient dans l'indifférence générale pour éviter les obus non explosés. »
Il faut aller dans ces lieux aujourd'hui où il est bien difficile, voire impossible d'imaginer la vie d'un village, même si certains ont retracé une rue, fixé une plaque pour rappeler qu'il y avait ici une mairie, une école, un presbytère, qu'habitait là un cantonnier, un sabotier, un vigneron, un marchand de cochons… Bref, la vie… et ces hommes venus du sud de la France, un régiment de Draguignan, savent qu'ils vont mourir, qu'on les envoie à la boucherie. D'autres venaient d'Afrique, du Sénégal par exemple, comme David Diop le rappelle si bien dans Frère d'âme, un livre dont je parlerai bientôt..
Le roman est bien mené, ménage des surprises, du suspense et s'attache surtout à l'après, ce qui est souvent négligé. Il parle aussi d'amour avec La Tide, restée au village. Si certains ont la chance de revenir, c'est dans quel état ? L'accueil qui leur est réservé n'est pas toujours sympathique et des personnages sans scrupules n'hésitent pas à s'enrichir en trafiquant, comme l'avait mis en scène Pierre Lemaitre dans Au revoir là-haut.
Daniel Berthet nous fait entrer dans l'hôpital des blessés de guerre puis nous emmène dans la capitale de la coutellerie : « Thiers n'avait d'âme que pour tout ce qui était tranchant, couteaux, dépeçoirs, hachoirs, couperets, rasoirs. » Enfin, c'est à Banon, dans ces Basses-Alpes, Alpes de Haute-Provence aujourd'hui, que nous revenons, au pied de la montagne de Lure.
Le temps passe et fait son oeuvre. Lutter contre l'oubli, c'était faire parler ceux qui restaient, qui avaient pu survivre aux blessures, échapper à la grippe espagnole et j'ai beaucoup aimé la manière dont l'auteur fait s'exprimer ces hommes. Retenue, pudeur, peur de choquer, ce n'était pas facile pour eux mais Putain de guerre ! est là pour ça avec un sens du récit bien maîtrisé, un style efficace, précis, au vocabulaire riche et toutes les réflexions jalonnant le récit sont bien actuelles.
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Cancie
  04 novembre 2018
Daniel Berthet, en écrivant Putain de guerre !, rend un hommage vibrant à tous les poilus mais plus particulièrement à ces gueules cassées et à ces fusillés pour l'exemple.
Par le récit que font deux rescapés de cette tuerie à un jeune écolier, qui, lui, a pris le temps de les écouter, de les entendre, l'auteur a réussi de façon originale à nous faire toucher du doigt ce qu'ont vécu ces jeunes hommes plongés dans cette horreur, cette boucherie, bref, cet enfer qu'était le front.
Il a su non seulement nous faire ressentir ce qu'ont pu vivre ces gars de façon terriblement poignante mais également nous replonger dans la vie à la campagne dans les Basses-Alpes à cette époque, ainsi que dans la vie, dans des villes comme Thiers.
C'est un roman bouleversant, sensible, poétique, à la portée universelle qui, en voyant ce qui s'est passé depuis et se passe encore aujourd'hui, nous interroge :
- l'homme cessera-t-il un jour la guerre ?
- Est-il donc impossible de vivre en paix sur cette terre ?
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Citations et extraits (20) Voir plus Ajouter une citation
cicou45cicou45   24 octobre 2018
"Petit, je peux te le confier aujourd'hui, moi qui arrive au bout de ma vie, le destin est toujours le fruit de rencontres."
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CancieCancie   04 novembre 2018
Je te le répète, Thiers est le royaume du tranchant. La vallée embrasse tous les métiers pour fabriquer les couteaux dont on se sert dans la vie courante. Le patron du rouet achète au forgeron les lames d'acier à l'état brut, les émouleurs que tu vois sur leurs planches leur donne le tranchant, les polisseurs les affinent et les rendent brillantes, couchés eux aussi sur d'autres planches. D'autres ateliers fabriquent des manchons en corne ou en bois. Et au final, les lames sont fixées sur les manches par les monteurs. Tout se travail peut se faire dans le même rouet ou être dispersé entre différents de la vallée.
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CancieCancie   04 novembre 2018
Cette nuit-là, a repris Baldenuit en essayant de jouer avec ses mâchoires pour rire du mieux qu'il pouvait, ça a été certainement la plus belle de ma vie. Le fait de retrouver ces belles ruelles, cela a suffi pour que mon enfance à Augès resurgisse à la surface de ma mémoire. Je croyais vivre un rêve. Tout ce que j'avais oublié comme images, comme odeurs, comme sensations, tout cela émergeait d'une boîte qui avait été verrouillée pendant des années.
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CancieCancie   04 novembre 2018
Au pied du sentier, je me trouvai face à face avec une roue à aube entraînée par une cascade qui avait été détournée du cours d'eau. La roue était accolée à un bâtiment gris, sans crépi et suant l'humidité. Je m'avançai devant la façade et jetai un coup d'oeil rapide à travers les vitres crasseuses de l'atelier. C'est là que je vis pour la première fois ces drôles de bonhommes allongés sur le ventre et remuant les bras comme des naufragés sauvé de la noyade.
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CancieCancie   04 novembre 2018
Le dernier témoin fut un uniforme qui collectionnait les étoiles sur ses épaulettes. C'était un général ou je ne sais quoi qui avait supervisé la bataille du Bois des Corbeaux, - l'ultime bataille pour conserver la maîtrise du fort de Vaux - qu'il a précisé avant d'entreprendre un long monologue pour faire revivre cette nuit d'enfer dont il semblait très fier.
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