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Critique de beatriceferon


beatriceferon
  25 juillet 2018
La petite Smeralda, six ans, rentre toute joyeuse de l'école. C'est son anniversaire et sa maman lui aura certainement préparé son gâteau préféré. Hélas, quand elle y pénètre, la pièce est pleine de monde : la voisine mêle-tout, des policiers, des secouristes. La belle Lena Orioles, sa maman adorée, gît dans une mare de sang.
Treize ans plus tard, Smeralda est devenue monitrice de danse dans un centre artistique. Après sa journée de travail, elle rentre chez elle. En passant devant le kiosque à journaux, elle sent le sol se dérober sous ses pieds. A la une, un gros titre a provoqué son malaise. Antoine Jankovic, l'assassin de sa mère, va bénéficier d'une révision de son procès. Qu'il se retrouve en liberté, Smeralda ne peut le supporter.
Cela fait une éternité que Sarah Berti n'a plus rien publié. Je m'étais attachée à son enquêtrice Tiziana Dalla Vera. Aussi, en découvrant, sur la table de la librairie, un nouvel ouvrage avec la même présentation, je me réjouis. Mais je constate vite que ce volume n'a rien à voir avec Tiziana. Heureusement, je vais y retrouver des lieux que j'aime beaucoup : la ville de Mons et la maison de Cuesmes, qui abrite un musée Van Gogh que j'avais visité avec plaisir, il y a longtemps déjà.
Sarah Berti a choisi un roman choral où, tour à tour, tous les protagonistes ou presque, vont prendre la parole et nous donner leur point de vue. Tantôt aujourd'hui, tantôt en 2003, treize ans plus tôt, au moment du meurtre de Lena. de temps à autre, un narrateur extérieur nous renseigne sur des éléments que les personnages ne peuvent pas connaître.
Nous allons découvrir Lena Orioles, une femme belle et tellement vivante, qui apparaît en filigrane, puisque c'est la victime. C'est une femme volage. Elle collectionne les aventures éphémères. Elle élève seule trois enfants dont personne ne connaît les pères. Elle indigne la voisine qui n'aime pas les femmes trop libres, la musique espagnole, les jardins exubérants, les pleurs de bébé.
Pourtant, Lena est une mère attentionnée, pleine de joie de vivre, qui apprend à ses enfants que la vie peut être vibrante, colorée, joyeuse. Elle est une guide touristique enthousiaste, passionnée par son métier et fervente admiratrice de Vincent van Gogh. Elle lit tout ce qu'elle peut trouver à son sujet et le transforme en anecdotes passionnantes pour les visiteurs de Cuesmes, où le peintre a fait ses premières armes. Cette femme solaire, qui a pu être assez cruel pour la frapper et la tuer ?
Solal, son aîné, a dix-huit ans lorsqu 'elle meurt. le voilà soudain privé non seulement d'une mère très aimée, mais aussi de ses rêves d'adolescent. du jour au lendemain, il devient chef de famille, responsable de deux fillettes, Smeralda, six ans, révoltée et difficile, et Paloma, dix-huit mois, seul témoin du meurtre, mais qui, bien évidemment, ne pourra rien en dire puisqu'elle est bien trop petite.
Ce roman nous immerge dans un univers artistique. Lena aime Van Gogh, mais est aussi une talentueuse danseuse de flamenco. Elle a récolté des nombreux trophées dans cette discipline dont elle a transmis le goût à sa fille. Smeralda se consacre corps et âme à la danse et communique sa passion à de jeunes élèves qui l'idolâtrent. Quant à Paloma, c'est le dessin qui l'attire. Elle rêve de fréquenter les Beaux Arts.
Sarah Berti nous fait côtoyer les mères célibataires, qui doivent mener de front une carrière et l'éducation des enfants. En parallèle, il y a le monde trouble de l'adultère. Des hommes veulent sortir, s'amuser, flirter, séduire, mais pas s'encombrer d'un rejeton. D'autres oublient une famille aimante et se laissent consumer par le feu de la passion. Il y a ceux qui changent sans cesse de conquête, sans aucun respect pour la gent féminine. Ainsi, le directeur du musée, qui n'a aucune mémoire, n'arrive à retenir le nom de cette collaboratrice dont la plastique ne l'attire pas, que grâce à cette rime peu flatteuse : « Stéphanie Guémande, plate comme une limande. »
Il y a des policiers peu scrupuleux, soucieux de boucler une affaire au plus vite. C'est le cas de « Big Did » qui ne s'embarrasse pas de vérifier l'alibi du présumé coupable et ravale les auxiliaires féminines au rang de bonniches.
Le lecteur se trouve confronté à l'opinion publique et ses vils préjugés : Fabienne Jankovic est montrée du doigt, c'est la femme du monstre. Elle est tournée en ridicule : c'est une femme trompée. Ses deux filles paient pour leurs parents. A l'école, elles sont insultées et harcelées. On tague « Assassins » sur leur façade, alors qu'elles n'ont rien fait.
Toute une société est croquée dans ce roman. C'est ce qui m'a beaucoup plu, même si, pour ma part, j'avais assez vite percé les mystères.
En revanche, je me suis fort énervée à cause de nombreuses fautes d'orthographe et parce qu'un personnage change tout à coup de nom. Paloma devient Pamela l'espace de quelques pages. Une relecture un peu attentive aurait pu éviter cela.
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