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ISBN : 2253138738
Éditeur : Le Livre de Poche (03/01/1996)

Note moyenne : 4.29/5 (sur 123 notes)
Résumé :
Quelle place était faite aux reines dans la France régie par la loi salique ? Épouses ou mères du roi régnant, vouées à la seule procréation ou associées au gouvernement, timides ou impérieuses, elles offrent dans leur diversité une image contrastée de ce que fut leur condition.

Après le "beau XVIe siècle," où elles concourent au rayonnement de la monarchie mais n'accèdent que rarement aux responsabilités, voici les "années sanglantes," dont l'horreur... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (18) Voir plus Ajouter une critique
Arakasi
  28 juin 2018
Le XVIe siècle, un siècle de femmes ? C'est du moins ce qu'essaie de nous démontrer Simone Bertière à travers ces deux tomes consacrés aux reines de France au temps des Valois. Non qu'elle souhaite présenter la France des Valois comme un régime matriarcal - ce qu'elle n'a jamais été - mais si il fut un siècle où le rôle des femmes fut prépondérant en France, ce fut bien celui-là marqué à la fois par les fastes de la Renaissance et par les débordements sanguinaires des guerres de religion. Ces femmes de pouvoir furent parfois reines, comme la redoutable Catherine de Médicis ou l'altière Anne de Bretagne, mais elles furent aussi très souvent tante, mère, soeur, voire même maîtresse de roi, car le trône royal n'est pas toujours le lieu le plus confortable d'où exercer le pouvoir pour un main féminine. Témoins les malheureuses Claude de France ou Eléonore d'Autriche qui exercèrent bravement leur rôle de juments poulinières auprès d'un époux indifférent ou obsédé uniquement par sa descendance.
Avec son sens aigu de l'analyse et son style enlevé, plus proche de celui du roman que de celui de l'essai professoral, Simone Bertière s'applique à faire sortir de l'ombre ces différentes figures féminines. Si elle accorde davantage de place aux plus renommées - ce qui est parfaitement logique puisque leur rôle dans l'Histoire de France fut particulièrement important - elle ne néglige pas pour autant les oubliées, celles que la Mémoire collective a méprisées et jetées au rebut, les jugeant trop plates pour leur accorder plus de quelques lignes dans les manuels d'histoire. Mais ces femmes-là aussi définissent la figure de la reine ! Souvent plus appréciées par leurs sujets que leurs homologues plus actives, elles incarnent ce qu'une reine de France devrait être aux yeux de la religion, de la noblesse et du peuple : bonne, vertueuse, docile, sans ambition et - surtout, surtout, surtout - féconde.
Pourtant la première moitié du XVIe siècle regorge de figures de femmes puissantes et ambitieuses... Elles ne sont guère aimées, ni de leur contemporains et ni, très souvent, des historiens modernes. On se méfie toujours d'une femme au pouvoir, d'autant plus que sa prééminence trahit souvent un royaume en crise. C'est une loi mathématique mainte fois prouvée : quand le pouvoir du roi flanche, celui de la reine s'élève. Simone Bertière les aime, elle, ces reines si réprouvées. Elle admire leur audace, leur fermeté, leur pragmatisme et même leur relative duplicité. On reproche souvent sa fierté à Anne de Bretagne et sa rouerie à Catherine de Médicis, mais sont-ce là vraiment des vices quand il s'agit d'exercer un pouvoir incertain dans un monde d'hommes brutal et misogyne ? C'est sur ces deux figures de femmes fortes que s'ouvre et se ferme ce premier tome prénommé “Le beau XVIe siècle” en contraste avec les guerres de religion qui suivront. En tournant la dernière page, nous abandonnerons Catherine au lendemain du veuvage et au moment où s'apprête à commencer son véritable règne. Il sera long, violent et plein de rebondissements, mais ceci fera l'objet d'une autre critique consacrée au second opus, “Les années sanglantes”. Un excellent premier tome, à lire sans faim comme la totalité de la saga consacrée aux reines de France de Mme Bertière.
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Demoiselle-Coquelicote
  29 novembre 2015
[Chronique de novembre 2011 pour l'ensemble de la saga des Reines de France]
Il y a maintenant des années, j'ai lu la saga des Reines de France de Simone Bertière, que j'avais adorée et dont j'ai gardé un excellent souvenir. Ma mère et moi avons dévoré ces livres, qui comptent parmi les seuls qu'on ait toutes les deux aimés ! La chronique date pas mal donc (novembre 2001, et à ce moment-là j'avais déjà fini de les lire depuis plusieurs mois), mais j'espère que vous l'apprécierez.
J'aime particulièrement ces couvertures, car ce sont des tableaux, des portraits, qui permettent d'imaginer les personnages physiquement, car c'est parfois difficile à faire seulement avec des descriptions écrites. Au milieu de chaque livre se trouvent plusieurs pages de portraits, même de personnages beaucoup plus « secondaires » que les rois et reines. A la fin on trouve une bibliographie très complète des ouvrages et sources utilisés par l'auteure, ainsi qu'une chronologie détaillée à laquelle il faut se référer fréquemment si ‘on veut bien suivre le déroulement des événements, car si Simone Bertière tente de suivre le temps, il est parfois plus pratique de consacrer un chapitre à un personnage particulier, quitte à faire pour cela des bonds en avant ou en arrière dans le temps.
La saga commence donc au XVIème siècle, avec le premier tome le beau XVIème siècle, avec une femme hors du commun : Anne de Bretagne (en portrait en train de prier sur la première couverture en haut à gauche). Duchesse de Bretagne, elle a été mariée à deux rois de France (Charles VIII et Louis XII) et lutta toute sa vie pour préserver l'indépendance de son duché, en tentant d'empêcher qu'il ne tombe dans le domaine royal. Avant son remariage avec Louis XII, celui-ci était marié à Jeanne de France. Il fit annuler son mariage avec celle-ci pour épouser Anne de Bretagne. Jeanne passa le reste de sa vie dans un ordre monastique qu'elle avait créé. Elle fut d'ailleurs béatifiée au XVIIIème siècle.
Après la mort d'Anne de Bretagne, Louis XII se maria en troisièmes noces avec Marie d'Angleterre, une Tudor qu'il laissa veuve après quelques mois de mariage. Elle refit sa vie sans marquer l'Histoire France. Claude de France, fille de Louis XII et d'Anne de Bretagne, récupéra le duché de sa mère et fut mariée au successeur de son père, François Ier, dont le père était le cousin de Louis XII (faut suivre hein). Ni elle, ni Eléonore de Habsbourg qui épousa François Ier en secondes noces ne laissèrent une grande trace car elles étaient des femmes effacées, soumises à leur rôle de mère des enfants royaux et de représentation. Cette condition des reines de France va commencer à changer par le choix de François Ier pour l'épouse de son fils, le futur Henri II : Catherine de Médicis. La première partie de la vie de Catherine en France ressemble fort à quelque chose de désagréable : étrangère, elle est particulièrement mal acceptée à la cour en raison de ses origines (sa famille est issue des sphères financières et non pas vraiment de la noblesse) et toute l'attention est tournée vers l'extraordinaire favorite du roi, Diane de Poitiers. A sa mort, Catherine voit enfin l'occasion d'accéder au pouvoir, car Henri III va la laisser régente avec de nombreux enfants.
Le deuxième tome, Les Annés sanglantes, reprend donc avec Catherine de Médicis à la tête du Royaume. Elle est ce qu'on appelle une « reine-régente ». Ses trois fils vont se succéder tour à tour : François II, Charles IX et Henri III. François II épousa très jeune, avant même d'être roi, Marie Stuart d'Ecosse. Elle ne fut pas reine longtemps car François II ne vécut pas longtemps. Sa vie à elle fut longue et mouvementée : devenu veuve, elle retourne en Ecosse pour y régner, son père étant lui aussi décédé. Elle va se faire de nombreux ennemis, en particulier sa cousine Elisabeth Ière, reine d'Angleterre, qui finit par lui faire couper la tête. Sur sa vie, je vous conseille le très bon Secret d'Histoire qui a été fait à son sujet. Charles IX vit son règne marqué par les massacres de la Saint-Barthélémy, et il mourut fou. Son épouse fut Elisabeth de France, qui devint veuve à 19 ans. Comme Jeanne de France, elle termina sa vie dans un couvent. Elle meurt à trente-sept ans, en pleine dévotion. Henri III épousa Louise de Lorraine, qui se prit d'une réelle affection pour lui. Après son assassinat, elle resta inconsolable et mourut dans le chagrin.
A Henri III succéda Henri IV, marié lors de son accession au trône à la soeur de son prédécesseur, Marguerite de France. Elle ne fit rien « d'historique » mais était une femme de lettres, très intelligente et une grande mécène. Alexandre Dumas en fit « la reine Margot ». Son mariage avec Henri IV fut annulé car elle ne lui avait pas donné d'héritier légitime.
Le troisième tome, Les deux régentes, commence avec la seconde épousée d'Henri IV : Marie de Médicis. Je me souviens de ne pas l'avoir aimée du tout, cette reine-là ! Son caractère, ses manières, tout me fit horreur. A mon humble avis, beaucoup des soucis de Louis XIII, son fils, furent de son fait. Comment un enfant peut-il se construire en adulte et en roi avec un mère qui complote dans son dos, lui fait la guerre et lui préfère son frère (Gaston d'Orléans) ? Elle fut régente un long moment, puisque Henri IV est mort lorsque Louis XIII était tout petit. C'est Marie de Médicis qui choisit l'épouse du petit roi, en l'infante Anne d'Autriche. Elisabeth de France, soeur de Louis XIII, fut dans le même temps mariée au frère d'Anne, l'infant Philippe. le règne de Louis XIII fut marqué par les actions de Richelieu. Quand tous deux furent morts, Anne d'Autriche devint régente pour Louis XIV. Elle se fit aider du cardinal de Mazarin, qui continua à exercer le pouvoir bien au-delà de la majorité de Louis XIV (la majorité était fixée à 13 ans!). Mazarin mourut en 1661 et Louis XIV décida alors d'exercer le pouvoir seul. Sa relation privilégiée avec sa mère en pâtit un peu mais ils restèrent très proches, car il était son préféré, au détriment cette fois de Philippe de France, le cadet. Anne d'Autriche mourut en 1666.
Le tome quatre est consacré aux Femmes du Roi-Soleil, et elles furent nombreuses, car on y compte non seulement ses épouses, ses maîtresses, mais aussi toutes les femmes qui l'entourèrent au quotidien, filles, brus, nièces… En 1660, Louis XIV épousa Marie-Thérèse d'Autriche (sa cousine germaine puisque c'était la fille d'Elisabeth de France et du roi d'Espagne Philippe IV). Elle fut une reine plate, sans aucune envergure, qui ne réussit jamais à s'attacher à la France. Elle parlait d'ailleurs très mal le français, même après des années passées à la Cour. Ses maîtresses furent si nombreuses qu'on ne peut toutes les dénommer et les retrouver. Il en aima certaines, d'autres ne furent que des occasions de plaisirs et de fêtes. Simone Bertière consacre des pages, voire des chapitres, à chacune des plus importantes : Marie Mancini (une nièce de Mazarin), Louise de la Vallière (qui se repentit beaucoup de cette liaison mais continua très longtemps d'aimer le roi), Madame de Montespan (Françoise-Athénaïs de Rochechouart de Mortemoart) et Madame de Maintenon (Françoise d'Aubigné, veuve Scarron), que le roi épousa secrètement en secondes noces. C'était une femme vraiment très spéciale, son caractère, ses pensées sont très difficiles à saisir. Dans les autres femmes qui marquèrent plus ou moins le règne du Roi-Soleil, je me rappelle aussi Henriette d'Angleterre, « Madame », l'épouse de « Monsieur », le frère du Roi, et de sa seconde épouse, la princesse Palatine qui avait beaucoup de mordant ! Il y en a d'autres bien sûr, mais je les ai oubliées.
L'avant-dernier tome, La Reine et la favorite, est consacré à Marie Leszczynska, épouse de Louis XV, et à sa principale favorite, Madame de Pompadour. J'ai beaucoup aimé ce tome-là, je crois que c'est mon préféré. Louis XV est très intéressant (et je trouve qu'il était très beau étant jeune !), toute la vie à Versailles fut transformée par son règne, car si de nombreux codes louisquatorzien y subsistent, Louis XV n'est pas comme son arrière-grand-père, il aime être en comité restreint, les pièces de petite taille et tenter d'échapper au rôle de roi qui lui colle mal à la peau. Il devint roi dans un climat de mort, orphelin et seul. Il fut très malheureux lorsque sa « nourrice » fut renvoyée. Aux premiers temps de son mariage, il était fou de sa femme, plus mûre que lui (elle était plus âgée que lui de plusieurs années). Il adorait également sa famille, et notamment sa flopée de filles, qui si mon souvenir est bon, ne se sont pas mariées à l'exception des deux aînées. Il eut aussi de très nombreuses maîtresses. Parmi les premières se trouvaient les soeurs de Nesle (oui, toutes). Sa favorite la plus marquante est bien entendu Jeanne-Antoinette Poisson, mariée le Normant d'Etiolles, marquise de Pompadour. Une femme fascinante, j'étais très triste lorsqu'elle est morte (jeune en plus). Femme intelligente, cultivée, courtisée par tous car elle était la favorite, mais très seule au final car peu de personnes l'appréciaient réellement. Peu portée sur les plaisirs de la chair, elle ruina sa santé en essayant d'augmenter sa libido. Elle et le Roi étaient réellement attachés l'un à l'autre, alors pour satisfaire les appétits sexuels du Roi tout en gardant son affection, elle organisa « les plaisirs » du Roi en lui fournissant des maîtresses d'un soir. Après sa mort, Louis XV se consola avec Madame du Barry (qui n'était pas du tout comme la présente Sofia Coppola dans son film Marie-Antoinette, que j'ai trouvé très bon par d'autres aspects). Ses fils moururent avant lui, il s'occupa alors de marier son petit fils Louis-Auguste de France appelé à lui succéder. La future reine, c'est Marie-Antoinette.
Marie-Antoinette l'insoumise est un très bon titre. Ce qualificatif décrit très bien la dernière reine de France de l'Ancien Régime. Elle avait de très bons côtés mais aussi des côtés parfaitement détestables. Louis XVI était un homme très touchant je trouve, je l'ai beaucoup plaint ce pauvre chéri. Cependant, il ne fit pas face aux difficultés comme Louis XV. Il n'aimait pas la chair, ni Marie-Antoinette. Leurs premières années de mariage furent d'ailleurs grandement compliquées par cette répulsion partagée. Ils eurent tout de même quatre enfants, dont deux moururent en bas-âge, leur causant de très grandes peines. Je ne vais pas développer plus, ce dernier tome fait plus de neuf cents pages !
Ces livres sont extrêmement bien écrits, très prenants, documentés à merveille. On plonge sans retenue dans la vie des personnes qui défilent sous nos yeux à travers les pages de Simone Bertière. Ce sont des livres d'Histoire (et non des romans historiques), pourtant je les ai lus comme des romans, un véritable délice. de longues pauses entre les différents tomes ne sont pas un problème. Pour tous les intéressés de l'Histoire de France ou même de l'Europe, n'hésitez pas ! Simone Bertière a écrit d'autres ouvrages d'Histoire, notamment sur le Prince de Condé, sur le cardinal de Retz et sur Mazarin, que je n'ai pas encore eu le plaisir de lire. J'adore également ses interventions télévisées, je reste pendue à ses lèvres à chaque fois !
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Woland
  26 décembre 2007
Glissant doucement mais sûrement vers les vacances, c'est avec une grande satisfaction que je me suis plongée dans la lecture de la série que Simone Bertière a consacrée aux reines de France, d'Anne de Bretagne à Marie-Antoinette.
Je ne vous parlerai pour l'instant que du tome 1 : "Le Beau XVIème siècle" en rappelant que cette série, qui n'est absolument pas romanesque, a pour vocation de se pencher sur le rôle social et politique tenu par les femmes sur le trône ou autour du trône de France.
Peut-être convient-il de rappeler que, dans notre pays, la loi dite "salique" - en références aux Francs saliens - avait permis au second fils de Philippe IV le Bel d'évincer de la succession la fille et seule héritière de son frère décédé, Louis X. Mais ce tour de passe-passe politique ne bénéficiera pas à Philippe V (celui-là avait été surnommé "le Long") puisque, à défaut d'héritier mâle, c'est à son frère, Charles, que reviendra la couronne après sa mort.
Charles IV - dit "le Bel", comme son père - mourra lui aussi sans descendance valable. Nous débouchons alors sur la fameuse Guerre de Cent Ans, qui opposa la France à l'Angleterre. La loi salique avait encore frappé : la couronne de France ne pouvait revenir au seul héritier légitime de Philippe le Bel, le fils que sa fille, Isabelle, avait eu de son mariage avec le roi d'Angleterre.
C'est ainsi que les Valois entrèrent dans L Histoire.
Le premier tome de cette série débute bien après la fin de la Guerre de Cent Ans et à l'aube de ce que les historiens ont pour habitude d'appeler "les Temps Modernes." le continent américain ne saurait tarder à être découvert officiellement et colonisé. Mais cela, c'est affaire espagnole et portugaise. En France, le grand projet, c'est l'annexion (paisible) du puissant duché de Bretagne où la loi salique ne s'applique pas et qui est désormais l'apanage d'une adolescente de 14 ans, Anne.
Par son mariage avec Charles VIII, Anne est contrainte de céder plus ou moins la Bretagne à la France. Une clause de son contrat de mariage prévoit même que, si son mari décède avant elle, elle sera tenue de convoler avec son successeur.
C'est ce qui arrivera car le couple, malheureusement, n'aura pas d'enfant mâle viable. Anne de Bretagne deviendra donc pour la deuxième fois reine de France par son remariage avec Louis, duc d'Orléans, ancien trublion notoire que Louis XI avait marié avec sa propre fille, Jeanne.
Simone Bertière nous évoque d'ailleurs le destin peu commun et fort triste de Jeanne de France, que l'Eglise devait un jour canoniser.
Mais Louis et Anne n'auront pas plus de chance avec leurs enfants de sexe mâle. Quand ils meurent, le trône passe à la branche cadette, en la personne de François d'Angoulême, mieux connu sous le nom de François Ier.
Cette passassion de pouvoir est "officialisée" par un nouveau mariage, celui de François avec Claude de France.
En fait, François Ier aura deux épouses : Claude qui mourra d'épuisement après une douzaine d'années de mariage et un nombre épouvantable de grossesses, et Eléonore d'Autriche, soeur de Charles-Quint.
Quand le Roi-Chevalier rejoint ses ancêtres, Eléonore retourne d'ailleurs en dans son pays natal. En France, le Destin, qui a ses caprices, a depuis belle lurette enlevé le Dauphin François et fait don du pouvoir au cadet, Henri.
Hélas ! comme personne ne pouvait se douter du tour que prendraient les événements, on avait marié le futur Henri II à la descendante des Médicis, Catherine. Certes, elle était nièce de Pape et sa famille paternelle était l'une des plus puissantes de Florence. Mais, auprès des princes du sang et même des nobliaux français, elle n'était qu'une bourgeoise enrichie. Tout le monde voulait oublier que, par sa mère, Madeleine de la Tour d'Auvergne, elle comptait également des ancêtres à particule.
Cette vision qu'on a d'elle pèsera lourdement sur le destin de Catherine. Mais elle ne l'empêchera pas de devenir l'une des plus grandes reines que la France ait connues.
Mais son histoire et celle de ses fils - et de leurs reines respectives - ce sera pour le tome deux.
Un livre agréable, au style simple, pas pédant pour deux sous et qui passionne. Pour tous les amoureux d'Histoire. ;o)
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Vermeer
  29 avril 2016
Passionnant !!! Trop long à résumer dans les détails. A travers l'histoire des reines, mères et soeurs de rois, Simone Bertière retrace l'histoire du XVIème siècle d'Anne de Bretagne à Catherine de Médicis. Histoire de France et de l'Europe, histoire des mentalités... Palpitant pour tous les amateurs d'histoire.
La fin du XVème, début XVIème correspond à la fin de la féodalité, à une perte de pouvoir pour les reines qui jouent leur destin sur la maternité, donner un héritier mâle au trône, opération à hauts risques étant donné la mortalité élevée des femmes en couches. Une époque de transition entre la fin du Moyen Age et les guerres de religion.
Anne de Bretagne qui épouse successivement Charles VIII et Louis XII est la dernière dont la main vaut une province, les mariages suivants seront porteurs d'alliances. Son destin est tragique car elle perd presque tous ses enfants. Portraits de Claude de France, sa fille, de Louise de Savoie et Marguerite de Navarre, mère et soeur de François Ier, érudites à la forte personnalité, symboles de la Renaissance., de Marguerite d'Autriche, de Catherine de Médicis, Diane de Poitiers, Marie Stuart...Portraits des rois de l'époque français ou européens dans lesquels dominent les figures de François Ier et Charles Quint . A lire ! A noter que Simone Bertière n'est pas uniquement historienne, elle écrit bien, on entre dans l'époque, les personnages sont vivants et elle transcrit non seulement leurs faits et gestes mais également leur personnalité et psychologie. Se lit comme un roman.
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EmilyBiblio
  22 mars 2013
Simone Bertière est l'auteure d'une grande série sur les Reines de France, de l'Ancien Régime. Cette dernière est composée de six tomes ; deux consacrés aux Valois et quatre aux Bourbons. Ces biographies qui mêlent plusieurs reines et parfois favorites, soeurs, dauphines etc, sont particulièrement bien écrites et très documentées. C'est un régal pour qui s'intéresse à L Histoire, et notamment à l'histoire de ces reines que nous ne connaissons pas très bien pour la plupart.
Je l'ai déjà dit, je suis passionnée par L Histoire et surtout par la petite histoire, l'histoire cachée, secrète, intime dont les conséquences sont pourtant importantes pour L Histoire avec un grand H. J'aime beaucoup lire des biographies et surtout des biographies de reine. J'avais apprécié celle de Zweig sur Marie-Antoinette mais je lui trouvais des défauts que je n'ai pas remarqué chez Simone Bertière.
Premièrement, ce livre se lit comme une saga, comme un roman. le fil conducteur est la condition des reines aux temps des Valois, soit au XVIè siècle. le récit s'ouvre avec l'avènement d'Anne de Bretagne que l'on suit pendant un certain nombre de chapitres. Nous faisons ensuite connaissance avec Jeanne de France, Marie d'Angleterre, Claude de France, Eléonore d'Autriche et enfin, Catherine de Médicis.
Les chapitres se lisent rapidement car ils sont "séparés" en de courtes parties qui permettent de conserver un rythme soutenu au récit. Cependant, certains sont plus intéressants que d'autres. J'avoue que j'ai du mal pendant les trop nombreuses parties consacrées à la politique. J'ai d'ailleurs (chose que je ne fais jamais d'ordinaire) sauté entièrement le chapitre consacré à la Paix des Dames car je trouvais qu'il s'étirait en longueur et reprendre par la suite n'a pas gêné ma compréhension.
Simone Bertière a un style efficace, fluide et agréable. On ressent une grande tendresse pour ces reines dont elle parle avec humour et lucidité. Ces dernières nous paraissent proches. S. Bertière analyse finement les caractères, tentent de comprendre les agissements de ses "personnages" par leur psychologie, leur personnalité. Je n'ai pas trouvé que l'écriture était trop "scolaire". Au contraire même, l'auteur instaure une certaine complicité avec l'auteur, ce que je trouve très appréciable dans un ouvrage jugé "sérieux".
Enfin, j'ai trouvé le propos très précis. L'auteure n'hésite pas à entre-couper son récit de témoignages d'époque. Surtout, Simone Bertière est très objective dans sa manière de raconter. Elle refuse d'accepter les clichés, les anecdotes faciles et réalise un véritable travail de recherche. Elle apporte un éclairage nouveau et intéressant.
En quelques mots, un récit fluide, intéressant et rythmé sur des reines qu'on connaît mal, mais aussi une réflexion plus vaste sur la condition féminine à travers de celle des reines. Si vous avez des apriori concernant ce type d'ouvrages, je ne peux que vous conseiller cette série qui est complète, précise et passionnante !
Pour ma part, je compte découvrir très prochainement les prochains tomes de cette série. le second tome de la série des Valois tout d'abord, Les Années Sanglantes, consacrés aux guerres de religion et à Catherine de Médicis.
Lien : http://labibliodemily.hautet..
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
feanorafeanora   31 mars 2014
L'entrée de Catherine de Médicis dans le cercle très fermé des familles régnantes fut une surprise et, pour beaucoup un scandale. Une telle union était pour un fils de France, même un cadet non destiné à régner, une mésalliance. Et si l'on avait pu prévoir que la mort du dauphin appellerait Henri au trône, à coup sûr celui-ci n'aurait pas épousé la petite Florentine.
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talou61talou61   02 novembre 2016
Bien que les juristes aient tenté de la faire remonter aux anciennes coutumes des Francs Saliens pour en accréditer le caractère fondamental, cette loi fameuse, dite salique, n'est appliquée en fait que depuis 1316, lorsque les deux fils puînés de Philippe le Bel furent tour à tour préférés à la fille de son fils aîné prématurément décédé.
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mireille.lefustecmireille.lefustec   22 novembre 2011
telle fut la fin de Marie d'Angleterre,qui,après avoir été reine de France pendant trois mois,s'en retourna partager la vie d'un seigneur de son pays. Seule entre les princesses royales de son temps,à la gloire elle préféra son plaisir:une fois n'est pas coutume. Et ce choix lui réussit:c'est une chose encore plus rare.
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gillgill   25 octobre 2012
Nous ne connaissons bien souvent que le nom des reines de France, princesses étrangères mariées par politique, silhouettes figées dans le cérémonial de la cour, vouées à un éternel second rôle quand elles ne sont pas publiquement bafouées par les maîtresses de leur royal époux...
Simone Bertière fait revivre ici, avec en toile de fond la renaissance et ses admirables châteaux, quelques unes de ces figures trop souvent dédaignées par les historiens.
De l'habile Anne de Bretagne à la très politique Catherine de Médicis, en passant par des figures pathétiques comme celle de Jeanne de France, boiteuse et répudiée à l'issue d'un procès honteux, nous découvrons ce que fut le dur métier de reine.
Dans l'ombre du pouvoir royal, ces "vies entrelacées" témoignent aussi, à leur façon, de la condition féminine dans la France de l'ancien régime.
(quatrième de couverture de l'édition de poche parue en 1994)
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talou61talou61   24 mai 2017
Il faut savoir que les parlements - il y en avait un dans chacune des grandes capitales provinciales - n'étaient pas des assemblées législatives élues, comme pourrait nous le faire croire leur nom, mais des cours de justice, qu'on disait souveraines parce qu'elles jugeaient en dernier ressort. Composées de magistrats nommés par le roi, mais propriétaires de leurs charges parce que François Ier avait trouvé fructueux de les leur vendre, ils avaient des attributions dépassant de beaucoup celles d'un tribunal actuel.
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Videos de Simone Bertière (14) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Simone Bertière
Simone Bertière vous plonge dans la mythologie et retrace le voyage d?un de ses plus grands héros avec le livre « le roman d?Ulysse » (Fallois). L?écrivaine remet au gout du jour cette histoire mythique et fait volontairement le choix de délaisser la précision historique pour réinventer la légende du héros de la guerre de Troie.
>Histoire, géographie, sciences auxiliaires de l'histoire>Biographie générale et généalogie>Politiciens, économistes, juristes, enseignants (844)
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