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ISBN : 2754811168
Éditeur : Futuropolis (04/06/2014)

Note moyenne : 4.09/5 (sur 27 notes)
Résumé :
Entre espoirs et luttes, rêves et incertitudes, un témoignage exceptionnel sur la condition actuelle des femmes yéménites. Agnès Montanari, reporter-photographe, a vécu plusieurs mois au Yémen et a réussi à approcher certaines d’entre elles jusque dans l’intimité de leur foyer. Ses récits mis en images par les dessins d’ombre et de lumière d’Ugo Bertotti deviennent une bande dessinée-documentaire empreinte d’humanité.

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Critiques, Analyses et Avis (13) Voir plus Ajouter une critique
ninosairosse
  20 mars 2018
Non, non, NON ! encore une fille ! Quatre épouses et pas un seul fils !
Enterrez cette enfant vivante dans le sable, tout de suite !
- Mon seigneur, écoute ... Si tu veux un fils je peux te le donner moi.
- Toi ? ... Mais tu n'es qu'une esclave. [...]
Comment peux-tu être sûre que ce serait un mâle ? tu as des dons prophétiques ?
- Non, pas prophétiques... Magiques.
- Oh ! un Djinn ! [...]
- Tu l'auras, mais tu devras exaucer trois de mes requêtes :
- La première : tu laisseras en vie l'enfant née aujourd'hui
- La deuxième : tu me reconnaîtras comme ton épouse avec les mêmes droits que les autres.
- La troisième : La poussière du désert, la puanteur des chameaux....les femmes sont fatiguées... Ici il y a de l'eau et tout ce qu'il faut pour s'établir et vivre...Mais nous ne voulons pas vivre sous les tentes. Fais-nous quelque chose de plus solide, de commode, grand et beau.[...]
Le noble Sem, fils de Noé, sait qu'il n'a pas le choix. Rien n'est pire que d'être considéré comme un abtar. Il s'assied donc devant le mont Nigam, il ferme les yeux et commence à rêver d'une ville :
Il l'imagine féminine, sensuelle comme le corps d'une femme. Il imagine une architecture qui suit le principe déjà utilisé dans les campements, celui des appartements séparés. Il imagine une ville-Harem. La femme se verra assigné le domaine de l'espace privé, de la maison, de la reproduction. L'homme règnera sur l'espace public, les commerces, la politique.
Dans l'espace public, le corps de la femme, le vrai, devra, au moins symboliquement...Disparaître.
extrait page [70-74]
A la sauce des contes des mille et une nuits, Femmes sous le Niqab, temps abolis,
Prisonnieres du cercle tribal, la même envie
Archaïque, abimé, et magnifique, c'est là leur pays....
Dessins, photos Noir et blanc , aux couleurs de leurs habits .


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Ziliz
  07 février 2016
Connaissez-vous le Yémen ? « al Qaeda et son fondateur Oussama ben Laden, originaire de l'Hadramout (région de l'est du Yémen) ; ses guerres tribales, son PIB, l'un des plus bas du monde, le nombre de ses armes en circulation, équivalent à deux Kalshnikov par habitant, nouveau-nés inclus et... ses femmes voilées [95% des Yéménites le sont de la tête au pied], donc opprimées. »
On pourrait ajouter : la haine entre populations yéménites et somaliennes qui, dans certains quartiers, doivent se partager l'accès à l'eau.
« - Toi, tu dois aller au bout de la queue, on passe avant toi, tu le sais.
- J'ai les mêmes droits que toi...
- Va au bout de la queue, Africaine ! Connasse d'Africaine ! Va au bout ! Connasse ! »
Le roman graphique 'La voiture D'Intisar' (Pedro Riera & Nacho Casanova) m'avait appris que la condition féminine était difficile au Yémen, ce que confirme cet album.
La reporter-photographe Agnès Montanari y présente quelques parcours de femmes grâce aux rencontres qu'elle a effectuées, aux échanges qu'elle a eus avec elles, aux photos prises. Ugo Bertotti a utilisé ces matériaux pour rédiger et illustrer magnifiquement ce reportage.
Au Yémen, le port du niqab est conseillé/imposé par la plupart des époux, les parents (le père et sa famille, plutôt ?) sont déçus lorsque le bébé qui naît s'avère être de sexe féminin, les filles de la campagne ne vont pas à l'école, elles sont juste monnayables dès que les parents peuvent les marier - très jeunes, tout juste pubères. Elles partent alors vivre dans la famille de l'époux, celui-ci est parfois violent et généralement soutenu par sa mère. Des femmes meurent sous leurs coups, d'autres s'en sortent mieux grâce à l'apathie masculine - le khat, drogue locale consommée sans modération, fait des dégâts : « Mon mari... L'unique travail qu'il ait jamais accompli était de charger la shisha » raconte Hamedda, qui a ainsi pu avoir les coudées franches et faire prospérer son restaurant...
Certains femmes arrivent en effet à s'en sortir, à suivre des études. Il est même possible de divorcer - mais attention, sans un homme à vos côtés (époux, frère, père), vous n'êtes plus rien au Yémen.
La réflexion autour du voile est intéressante : il n'est pas seulement un instrument de soumission, il permet aux femmes de se camoufler, d'être tranquilles, d'acheter la paix sociale puisqu'il rassure les hommes. « Aïcha [jeune ingénieur] porte le niqab parce que c'est plus pratique : 'Ici, les hommes ne sont pas habitués à voir les femmes le visage découvert et nous, nous nous sentons mal à l'aise. Cela n'a rien à voir avec la religion.' »
« Un reportage qui donne la parole aux femmes du Yémen. [... Un pays où] tous, les hommes comme les femmes, sont prisonniers d'un cercle tribal, qui se nourrit de pauvreté et d'ignorance, qui fait peur. C'est là mon pays : archaïque, abîmé et magnifique » conclut Aïcha.
Une lecture instructive - qui montre qu'il est toujours difficile de juger une autre culture - et saine pour nous qui nous plaignons de la place des femmes dans notre société...
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boudicca
  15 octobre 2015
Inspiré des impressions de voyage et des photographies d'Agnès Montanari, « Le monde d'Aïcha » aborde la douloureuse question de la condition des femmes au Yémen, un pays réputé pour la rigueur de son système patriarcal. Invariablement vêtues de leur niquab, ce voile noir couvrant tout le corps et le visage pour ne laisser apparaître que les yeux, les femmes yéménites n'ont que très rarement l'occasion de témoigner de leur quotidien et ont tôt fait d'être réduites à ces sombres silhouettes anonymes et presque invisibles. Et pourtant, elles en ont des choses à dire ! L'ouvrage d'Ugo Bertotti se focalise sur une dizaine d'entre elles qui ont accepté de revenir sur leur parcours, leurs relations avec leurs proches, leurs peurs et leurs aspirations. le dessin, en noir et blanc, est très épuré (décors limités, représentation des personnages simplifiée...) ce qui donne une grande sobriété à l'ensemble tout en accentuant encore davantage le caractère dramatique et la violence de certaines scènes. L'ouvrage est également agrémenté de magnifiques photographies, elles aussi en noir et blanc, prises sur place par Agnès Montanari grâce à l'expérience de laquelle on découvre le récit de la vie de ces femmes yéménites. Des témoignages qui frappent, qui choquent, qui émeuvent mais surtout qui révoltent tant ce qu'ils révèlent de la conditions des femmes au Yémen est dramatique.
Mariage avant l'âge de quatorze ans, viol, maltraitance, interdiction de travailler, obligation de rester cloîtrée à la maison ou sous un vêtement qu'elles se voient imposées dès qu'elles mettent le nez dehors (moins pour obéir à un quelconque commandement religieux que par volonté de respecter les traditions) : le constat est atterrant. L'ouvrage nous dépeint une société profondément archaïque, engluée dans ses traditions et dans laquelle les femmes ne sont considérées que comme de simples marchandises dont les hommes peuvent disposer à leur guise. L'une nous relate comment ses parents l'ont marié dès l'âge de douze ans pour avoir une bouche en moins à nourrir. Une autre encore raconte que son mari lui a tiré dessus pour avoir osé se montrer sans niquab à la fenêtre. Les autres relatent les coups, les humiliations pour avoir voulu trouver un travail ou simplement faire une course sans autorisation. A dix-huit ans la plupart des jeunes yéménites ne vont pas au lycée et ne sortent pas avec leurs amies comme le ferait n'importe quelle gamine ici. Là-bas, elles sont déjà maman de plusieurs enfants, doivent s'occuper de la maison pendant que leur mari travaille et surtout ne pas montrer leur visage en public, sous peine de se voir traiter de putain ou de se retrouver mise au banc de la société.
Tout n'est cependant pas noir et on voit progressivement s'opérer un changement dans les mentalités au Yémen. Cet espoir, il provient d'abord des femmes elles-mêmes. Dans tous les témoignages recensés ici, on retrouve chaque fois cette volonté farouche de la part des mères de voir leurs filles réussir, aller à l'école, trouver un travail et ainsi échapper à la vie qu'elles-mêmes ont vécu. Quelques hommes laissent aussi entrevoir dans leur comportement une évolution vers plus de compréhension et d'égalité, même si les traditions ont bien souvent la vie dure. Si elles peuvent aujourd'hui facilement divorcer, les femmes du Yémen peuvent toutefois difficilement vivre seules sous peine parfois de se faire emprisonner. de même, si elles ont effectivement la possibilité de faire des études et de trouver un travail, les voir quitter la maison reste difficile à digérer pour certains, tout comme le fait de les voir abandonner le niquab. La plupart des femmes interviewées ici font heureusement preuve de beaucoup d'humour ce qui permet de légèrement atténuer l'ambiance plombante dans lequel baigne l'ouvrage. Enfin, la vision d'une femme extérieure à la société yéménite en la personne de la photographe Agnès Montanari permet de les faire réagir et s'exprimer sur la façon dont elles peuvent être perçues par les Occidentaux.
Le roman graphique d'Ugo Bertotti brosse un portrait sans fard de la situation vécue au quotidien par les femmes du Yémen qui témoignent ici de leur soif de liberté et de leur espoir de voir leurs filles accéder un jour à une vie meilleure. Un ouvrage bouleversant, à découvrir absolument.
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Shan_Ze
  15 janvier 2018
Agnès Montanari, reporter-photographe, a interviewé des femmes rencontrées au Yémen. le monde d'Aicha, c'est le monde de toutes ces femmes au Yémen, voilées qui ne sont qu'un regard, aucun droit à part celui d'enfanter et d'obéir à leurs maris. Ugo Bertotti raconte par ses dessins et les photos d'Agnès Montanari les histoires de ces femmes.
Une BD qui me marquera longtemps par son sujet : les femmes ne sont pas considérées, elles sont vendues dès leur plus jeune âge à un mari et mises très vite enceinte, n'ont pas le droit d'avoir un avis. Leurs histoires sont différentes mais avec beaucoup de points communs. Et parfois la misogynie se mélange au racisme, frontalier de la Somalie, ces derniers sont vus comme des parias.
Une conclusion-choc : ce trombinoscope de femmes voilées, juste ces yeux comme une porte sur une prison. Ca me fait penser à cette série-choc sur l'Etat islamique, The state... Une BD coup de poing.
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kanarmor
  17 janvier 2015
A l'encre noire, Ugo Bertotti fait le portrait de différentes femmes yéménites. Femmes battues, femmes objets mariées trop jeunes, mais également femmes qui se battent pour choisir leur propre vie. Entre respect et poids des traditions et aspiration à plus de liberté, des portraits émouvants, terribles ou plein d'espoir.
Sans grande surprise certes par rapport à ce que je crois savoir de la condition féminine dans les pays arabiques, mais des histoires qui remuent.
Des photos des femmes, insérées parmi les dessins, permettent de les incarner encore davantage. C'est la reporter-photographe Agnès Montanari qui les a rencontrées, les a questionnées, photographiées.
On retrouve des portraits de ces femmes en fin d'ouvrage.
Même si pour beaucoup on n'en voit que les yeux, ces yeux ont tellement de choses à dire…
Alors si vous avez l'occasion de lire cette BD, n'hésitez pas à plonger dedans.
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critiques presse (2)
ActuaBD   08 juillet 2014
Recueil de témoignages de femmes de plusieurs générations soumises aux obligations les plus opprimantes. Au cœur de leurs combats : la loi islamique, les us tribales et le port du Niqab. Des récits qui forcent l’admiration et aident à comprendre autant qu’à réfléchir.
Lire la critique sur le site : ActuaBD
Auracan   16 juin 2014
Voilà un témoignage des plus exceptionnels, remarquablement mis en images par Ugo Bertotti. Le parti pris du dessin en noir et blanc vient renforcer le caractère grave de la situation de cette gente féminine yéménite qui survit dans un monde machiste.
Lire la critique sur le site : Auracan
Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
boudiccaboudicca   30 septembre 2015
L'idée dont vous me parlez me plaît bien... Un reportage qui donne la parole aux mystérieuses femmes du Yémen... Elles sont si nombreuses, celles qui ont envie de parler d'elles, même si bon nombre ne le feront que sous couvert d'anonymat. Nous sommes tous, les hommes comme les femmes, prisonniers d'un cercle tribal qui se nourrit de pauvreté et d'ignorance, qui fait peur. C'est là mon pays : archaïque, abîmé et magnifique.
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ZilizZiliz   16 février 2016
[port du niqab au Yemen]
- Tu m'as bien compris ?
- Aïcha, je crois que ton frère a raison.
- Les hommes ne peuvent-ils pas regarder ailleurs ?
- Tu n'es plus une enfant, Aïcha, tu es une femme. Les hommes feraient sans doute mieux de baisser le regard, bien sûr, mais si tu ne portes pas le niqab, ils se sentent provoqués... Aïcha, il s'agit de ta tranquillité, et de la nôtre. C'est comme ça, c'est la tradition, tu le sais. Je ne crois pas qu'il y ait de quoi en faire un plat. Prends ce voile pour ce qu'il est.
(p. 86-87)
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Shan_ZeShan_Ze   06 décembre 2017
Les yeux. Il ne reste que les yeux.
Et sous ces voiles noirs, il n'y a plus de femmes de chair et d'os.
Elles sont comme des oiseaux noirs, mystérieux, qu'on ne peut approcher.
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kanarmorkanarmor   17 janvier 2015
[Sabiha]

- Elle a été opérée il y a deux jours. On lui a tiré dessus.
- Qui ?
- Son mari... Les raisons sont toujours les mêmes : l'honneur de la famille, de la tribu. Et puis, dans cette région, il y a des armes partout. des conflits tribaux. Une kalashnikov ne coûte rien, tout le monde ou presque en a une, même les gamins.
[...]
- Elle va s'en sortir ?
- Eh bien...Une fois chez elle, ce sera très difficile de la soigner comme il faut... Ce ne serait déjà pas facile ici, à l'hôpital. Il surviendra des complications, des infections... Elle va vivre six mois, peut-être un an.
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SelindejSelindej   03 mars 2019
Je me rappellerai toujours l'émotion que j'ai éprouvée lorsque l'une d'entre elles m'a dit, un jour : " Je suis comme un animal, je ne sais ni lire ni écrire. Mes filles ne doivent pas devenir comme moi, elles doivent aller à l'école."
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