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EAN : 9782493206039
160 pages
Le bruit du monde (03/03/2022)
3.23/5   132 notes
Résumé :
Une plongée saisissante dans le quotidien des modérateurs de contenu, les nettoyeurs du web. Hanna Bervoets y analyse l'état de confusion entre réalité et virtuel dans lequel nous vivons.
Kailegh a appartenu à la cohorte de modérateurs de contenu chargés de veiller sur les images et les textes qui circulent sur le web. Sur un ton froid et désabusé, la jeune femme répond par courrier interposé à l'avocat qui lui a proposé de participer à une action collective ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (75) Voir plus Ajouter une critique
3,23

sur 132 notes
Ouvrage reçu lors d'une opération Masse Critique Privilégiée, je commence tout naturellement (et cela me paraît être la moindre des choses) par remercier babelio ainsi que les éditions le bruit du monde pour l'envoi de ce roman.

Ce dernier m'a profondément dérangé tout en même tant qu'il m'a passionné car répondant à certaines questions que je me suis toujours posées, notamment en ce qui concerne le "dark net" bien qu'il ne soit pas question de ce dernier ici mais plutôt des modérateurs qui contrôlent ce qui est mis en ligne chaque jour sur internet. Certes, l'outil Internet est une révolution, je ne vais pas dire le contraire mais autant bien il existe le très bon côté que nous connaissons tous (échange mails avec des personnes habitant à l'autre bout de la planète, mise en ligne de "critiques" sur babelio et échanges avec d'autres passionnés de lecture comme nous...), autant je sais qu'il existe l'envers du décor et c'est celui-ci qui m'a toujours fait peur et notamment pour les jeunes d'aujourd'hui, si facilement influençables (mais attention, pas qu'eux, on peut tous l'être un jour ou l'autre à une période où l'on aurait simplement besoin d'attention) notamment sur les réseaux sociaux.

Ici, Kailegh est l'une d'entre elle, une modératrice employé par un grand groupe afin de visionner mais aussi de lire ce qui est diffusé par les internautes. Cependant, ici, effectivement, il est plus question d'images et de savoir ce qu'elle et ses collègues, après avoir reçu une formation ainsi que toutes les règles concernant ce qui est "publiable" et ce qui ne l'est pas, doivent laisser ou non sur le net. C'est dans ce contexte-là qu'elle rencontre Sigrid, avec qui elle va avoir une relation amoureuse, et d'autre personnes avec qui elle va traîner au café ds sports. Devant répondre ici aux questions (qui ne sont pas énoncées clairement mais que le lecteur devine ) par Me Stitic et à celles de la psy qu'elle sera amenée à rencontrer.

Qu'a-t-il donc bien pu se passer de si horrible au sein de ce fameux groupe, appelé ici Haxa pour que notre héroïne en soit arrivée là ? Qu'a-t-elle donc pu voir de si dérangeant, de si horrible pour que de telles mesures aient dues être prises et elle, qu'a-t-elle fait (ou au contraire, pas fait) pour en arriver là ?

Un roman extrêmement bien écrit (c'est le premier que je lis de cette auteure là mais pas le dernier, en tout cas, je l'espère) , qui aborde des sujets de société auxquels nous sommes confrontés tous les jours (pas en tant que modérateurs mais en tant qu'utilisateurs de cette immense toile qu'est le web (d'ailleurs, ce n'est pas pour rien qu'on l'appelle ainsi car telle une toile d'araignée, elle peut autant être bienfaitrice que néfaste, débarrasser des insectes dérangeants qu'en apporter de nouveaux...excusez-moi cette petite métaphore, je m'emballe) et qui permet aux lecteurs de se remettre en question.

Cependant, si je n'ai pas mis la note maximale à cet ouvrage, c'est justement en partie à certaines scènes qui m'ont assez dérangées et à la fin qui m'a laissée sur ma faim (sans jeu de mots aucun). Une lecture que je vous recommande cependant vivement et que je ne peux que vous inciter à faire découvrir autour de vous !
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Dans ce court roman, la narratrice nous confie son expérience professionnelle particulière, choix motivée par les contingences économiques qui l'avaient contraintes à accepter ce job bien rémunéré, alors que les dettes contractées en raison de la folie dépensière de sa compagne précédente. Ce job consiste à visionner à une rythme soutenu les vidéos diffusées sur les réseaux et les plateformes par une foule d'internautes en mal de visibilité, et de censurer ce qui répond aux critères bien définis par la nétiquette ce qui pourrait choquer les sensibilités. On y découvre les règles particulières qui font loi et aussi les conditions de travail, pour les visionner : une cadence infernale dont la moindre faille est réprimée sans délais.

Parallèlement, la jeune femme semble à nouveau vivre une histoire amoureuse avec une collègue de travail.

Le récit est court mais attire clairement l'attention sur cette tâche non seulement ingrate et surveillée attentivement par la hiérarchie, (l'erreur n'est pas permise, les fautes de jugement doivent être réduites au minimum) , mais sur l'ignorance volontaire ou pas de l'impact que peut avoir sur les visionneurs le défilé de ces images forcément pas anodines.

Sujet original qui a le mérite d'attirer l'attention sur le fonctionnement des réseaux sociaux d'une façon inhabituelle. La face cachée de la lune…

Merci à Babélio et aux éditions le bruit du monde
Lien : https://kittylamouette.blogs..
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Modérateur de plateformes internet, voilà un boulot qui ne vend pas du rêve. Au contraire, il est plutôt pourvoyeur de cauchemars, de dépression et même de stress post-traumatique (cf les sources en fin de livre). Et pourtant, ce travail est indispensable pour protéger l'internaute lambda des images violentes, fausses, complotistes,... qui autrement pulluleraient sur la Toile, ce lieu virtuel sans limites et ouvert à tous, pour le meilleur et pour le pire.
Kayleigh, la jeune femme narratrice, faisait partie de ces « nettoyeurs du web », embauchée par la plateforme Hexa. Après une formation d'une semaine pendant laquelle les nouvelles recrues doivent assimiler un catalogue de règles sur ce qui est publiable ou non, la voilà (mal) payée pour passer ses journées les yeux rivés sur un écran, à visionner des images plus épouvantables les unes que les autres, et à devoir décider en quelques instants si la vidéo peut rester en ligne ou pas. Les conditions de travail sont infernales : pauses rares et minutées, interdiction de prendre des notes, d'enregistrer, de parler du travail en dehors d'Hexa, et surtout obligations de rendement affolantes : 500 « tickets » à résoudre par jour, avec un taux de « bonnes » réponses de 85% à atteindre (parce qu'évidemment, des superviseurs contrôlent les contrôleurs), sinon c'est la porte.
Après quelques mois à cette cadence, Kayleigh a quitté Hexa, mais contrairement à d'autres anciens collègues, elle refuse de participer à l'action collective qu'ils intentent contre leur ex-employeur. Elle s'en explique par un courrier adressé à leur avocat, dans lequel elle lui raconte, avec froideur et détachement, ses débuts chez Hexa, son travail au quotidien, ses relations avec ses collègues et en particulier sa relation amoureuse avec Sigrid, les after-works passés à boire des verres au café du coin, leurs façons de se protéger contre leur boulot traumatisant, la manière dont leur psychisme s'est peu à peu déglingué, et comment cela a affecté leurs relations.

Ce roman me laisse un peu perplexe : je n'ai ressenti aucune empathie pour les personnages, peut-être parce qu'ils semblent tous déshumanisés à des degrés divers; leurs comportements ne sont pas toujours très lisibles ni cohérents (mais ils sont loin de mener des vies équilibrées et épanouies, et ce n'est pas seulement à cause de leur boulot chez Hexa), et au final je n'ai pas compris ce qui s'était réellement passé entre Sigrid et Kayleigh, ni pourquoi cette dernière ne se joint pas à l'action collective. Quant à la fin, je l'ai trouvée bancale.
J'aurais aimé avoir davantage de mise en contexte autour des personnages et de leur vécu, mais malgré cela, « Les choses que nous avons vues » aborde un sujet intéressant, sur lequel je n'avais encore rien lu. Ce roman tendu, cru et désabusé met en lumière un boulot terriblement ingrat et éprouvant, potentiellement destructeur tant pour le travailleur que pour son entourage, d'autant plus quand l'employeur se préoccupe davantage de rentabilité que de la santé mentale et du bien-être de ses employés.

En partenariat avec la toute nouvelle maison d'édition « Le bruit du monde », via une opération Masse Critique privilégiée de Babelio.
Lien : https://voyagesaufildespages..
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Franchement, la réception enthousiaste (41 critiques favorables sur les 44 introduites) de cet ouvrage sur Babelio m'étonne. Quand bien même si Hanna Bervoets est incontestablement une écrivaine talentueuse et qu'elle a bénéficié d'une excellente traduction par Noëlle Michel, la liaison amoureuse qu'elle y relate ne m'a guère convaincu.

Cette déception résulte de la fin de la relation entre la narratrice du récit, Kayleigh, et sa collègue de bureau, la belle Sigrid, que je n'ai pas très bien compris. La raison véritable, en d'autres mots, pour laquelle la dernière met un terme à leur passion m'a complètement échappé.

En revanche, j'ai trouvé intéressant l'approche de l'auteure d'une fonction à laquelle j'avoue n'avoir jamais pensé : celui de modérateur ou la personne qui décide quels textes, photos, flashes et séquences filmées peuvent être présentés sur une plate-forme du net ou au contraire doivent être refusés.

La narratrice donne à son avocat quelques exemples de "choses" interdites sur la plate-forme et d'autres qui dans le domaine des moeurs ou de la sécurité ne le sont étonnamment pas.

Hanna Bervoets m'a par ce livre confirmé dans ma résolution de rester loin des réseaux sociaux et des bêtises de l'extrême droite, du folklore trumpien et des louanges pour don Vladimir au Kremlin.

Je rappelle les propos sages de Philip Kerr dans "La feinte de l'attaquant" : "Selon moi, nous nous porterions tous beaucoup mieux si chaque tweet était tarifé cinq pennies, ou si nous devions coller dessus un timbre-poste avant de l'envoyer."

Cette problématique est hélas de toute actualité maintenant qu'un des hommes les plus riches du monde, Elon Musk, entend racheter cette plate-forme puissante que constitue Twitter avec ses 220 millions d'utilisateurs.
Quand je pense au rôle néfaste que l'Australien Rupert Murdoch a joué à travers son tabloïd "The Sun" dans la saga décevante du Brexit, je trouve qu'il y ait de quoi à sérieusement s'inquiéter.

Conscient de mes connaissances limitées dans ce domaine qui cependant me fascine, je suis content que Hanna Bervoets nous offre en fin de volume des suggestions intéressantes de lecture.
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Ouvrage reçu lors d'une opération Masse Critique Privilégiée, il me faut remercier babelio ainsi que les éditions "le bruit du monde" pour l'envoi de ce roman.
L'objet est agréable au toucher, d'un format 18,7*12,0*1,20 ce qui est une bonne chose pour la préhension.
Quel bruit, ce monde !
Je ne sais pas trop ce qu'à voulu montrer l'auteure.
hypothèse a : qu'être modérateur pour une plateforme (YT j'imagine même si elle n'est pas citée) est un boulot qui rend fou. Mais bon, la folie n'est pas très marquée dans ces lignes, au plus des tensions.
hypothèse b : parler de son homosexualité, alors que ce n'est plus un tabou depuis longtemps, surtout dans le pays assez libéral à tous points de vue d'où elle écrit. Enfin juste d'un point de vue sexuel car à part sa masturbation, je n'ai pas trouvé beaucoup de sentiments dans ses lignes.
hypothèse c : M. Soros, ou plutôt parler de M. Soros suffit à détruire une liaison amoureuse, basée essentiellement sur le sexe c'est vrai. Mais sincèrement, la scène du coming out antisémite arrive comme un cheveu sur la soupe (ou autre sur la langue), j'ai trouvé cela presque drôle tellement cela faisait artificiel, sans réalité, sans profondeur. Une nécessité éditoriale?
hypothèse d : faire un livre "cinéma français" c'est à dire sans histoire, sans fin. Désolé, j'aime qu'on me raconte une histoire, qu'on m'emmène quelque part, même où je n'avais pas envie d'aller au début. Avec une destination. Là, pfouittt, c'est fini? Sérieux?
Voilà, je n'ai pas aimé, mais bien sûr comme ce genre de littérature n'est basé que sur le ressenti, le votre pourra être exactement à l'opposé, cela dépend tellement du niveau d'identification avec l'héroïne (si, j'aime bien son prénom) que tous les avis sont permis.

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critiques presse (2)
LaLibreBelgique
03 mai 2022
Premier livre traduit en français de l’importante écrivaine hollandaise Hanna Bervoets.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeMonde
22 avril 2022
Plongée dans les égouts de la virtualité, « Les choses que nous avons vues » conte l’expérience d’une éboueuse du Web et son histoire d’amour avec une collègue.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
"[...] On ne parle pas comme ça à une amie ; une amie, oui, nous étions des amis - pour autant que je sache, cela n'avait jamais été exprimé aussi clairement auparavant, et, je l'avoue, on aurait dit que nous venions de sceller une sorte de pacte : dans le feu de l'action, l'amitié s'était laissée débusquer, en quelque sorte."
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Certes,le recours à ce style d'humour est déjà une plaisanterie en soi; autrement dit,nous sommes conscients de l'ironie qu'il y a à répéter précisément le type de paroles que nous avons passé la journée à censurer-mais nos bouffonneries relèvent beaucoup moins d'une forme de jugement moral que d'un flirt émoustillant avec l'interdit, et peut-être d'une façon de nous prouver, à nous-mêmes et aux autres, que nous avons la peau dure,que nous ne mâchons pas nos mots : non,pas question de nous laisser bouffer par notre travail, quelque chose de cet ordre (p.50)
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"Nous fantasmions sur un avenir commun. Rembourser mes dettes une bonne fois pour toutes (moi), se lancer dans des études de diététicienne (elle), adopter un chiot bichon maltais (elle), emménager pour de bon ensemble (toutes les deux), "décrocher un job mieux rémunéré" (moi), tu veux dire un job normal, chérie" (elle)."
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Je commençais à me rendre compte que le problème ne venait pas de moi. C’était l’idéal de beauté imposé par la société, la peur de l’abandon et la haine de soi appris dans l’enfance, blablabla, du baratin de presse féminine, mais je prenais tout ça à cœur.
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"Les traumatismes secondaires provoqués par une exposition prolongée à des images choquantes peuvent entraîner dépression, anxiété et pensées paranoïaques", c'est ce qu'affirme votre communiqué de presse, pas vrai ? Je veux bien le croire [...].
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Videos de Hanna Bervoets (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Hanna Bervoets
En dédicace avec Hanna Bervoets .
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