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ISBN : 2260029884
Éditeur : Julliard (05/01/2017)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 4.28/5 (sur 365 notes)
Résumé :
Quand j'étais enfant, ma mère ne cessait de me répéter : « Arrête avec tes mensonges. » J'inventais si bien les histoires, paraît-il, qu'elle ne savait plus démêler le vrai du faux. J'ai fini par en faire un métier, je suis devenu romancier.
Aujourd'hui, voilà que j'obéis enfin à ma mère : je dis la vérité. Pour la première fois. Dans ce livre.
Autant prévenir d'emblée : pas de règlement de comptes, pas de violence, pas de névrose familiale.
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Critiques, Analyses & Avis (133) Voir plus Ajouter une critique
marina53
  09 mars 2017
Bordeaux, 2007. Dans le hall d'un hôtel, dans une ville de province, Philippe Besson discute avec une journaliste à propos de son dernier roman qui vient de sortir. Alors qu'il répond à ses questions, il aperçoit un jeune homme, se préparant à sortir de l'hôtel. Aussitôt, il croit reconnaître quelqu'un même s'il sait, au fond de lui, que c'est littéralement impossible que ce soit lui. Il ne peut s'empêcher de crier son prénom, Thomas. Mû par sa conviction, il se précipite vers le jeune homme... qui se retourne...
Barbezieux, 1984. Adolescent de 17 ans, Philippe est un jeune homme un peu gauche, timide. Élève exemplaire en terminale C, on dit de lui qu'il ira loin. Comme son frère. Cela lui attire autant de sympathie que d'antipathie. Dans la cour de récréation, il remarque un jeune homme. Élancé, distant, les cheveux en bataille, le regard sombre. Il sait son nom : Thomas Andrieu. Il ne veut pas qu'on sache qu'il s'intéresse à lui d'autant que la rumeur court à son sujet qu'il préfère les garçons. Alors, il l'observe à la dérobée, s'arrange pour le croiser. Un désir à sens unique avant que cela ne devienne une passion réciproque...

Philippe Besson se met à nu dans ce roman. Sans fioritures. Il livre, avec émotion et délicatesse, son histoire d'amour avec Thomas Andrieu qu'il a connu à 17 ans. Une histoire d'amour presque impossible dans cette France des années 80, d'autant que Thomas, lui, n'accepte pas son homosexualité (qu'il ne nommera jamais, d'ailleurs), d'autant que le sida fait des ravages, d'autant qu'aux yeux de Thomas, cette histoire ne peut pas durer. Une rencontre, aussi intense que brève, qui marquera à jamais Philippe Besson. En filigrane, ses romans porteront la trace de cette histoire qui traversera, en silence, son oeuvre. Des thèmes récurrents tels que l'abandon, la difficulté d'être soi, la perte ou encore le manque en seront le fruit. Notamment dans Se résoudre aux adieux, Un garçon d'Italie ou encore Son frère (dont le héros s'appelle Thomas Andrieu). Des sentiments enfouis pour cet homme qui ressurgissent dans ses romans qu'il pensait fictionnels. Mais, Thomas était là, dans son esprit, tapi. L'auteur, cette fois-ci, obéit à sa mère et n'aura rien inventé. Un roman bouleversant, intense, douloureux et mélancolique. D'une grande sensibilité, l'écriture, poignante, embrasse ce récit remarquable...
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Adrien13
  07 janvier 2017
Le point zéro de l'oeuvre de Besson. Celle qui contient les germes originelles de toutes les autres. C'est un cadeau immense que nous fait ici l'auteur, en acceptant de se mettre à nu face à nous, il nous offre l'éclaircissement et la cohérente évidence de l'ensemble. Autant dire que j'ai dévoré ce livre, happé, pris d'une frénésie comme le sont souvent ses personnages. La justesse est au rendez-vous et le détail de la mécanique des sentiments qui est si chère à l'auteur ne fait pas défaut. On inspecte chaque recoins de la psyché humaine. C'est puissant, intense, douloureux souvent. Finalement Philippe Besson a l'immense talent d'arriver à nous convaincre à chaque fois que ses livres nous sont personnellement destinés, qu'il ne peuvent avoir été écris que pour nous. Les dernières pages sont saisissantes. Seuls ceux qui sont passés à côté du foudroiement amoureux et des amours impossibles pourront y trouver à redire, les autres se laisseront traverser par l'écho mélancolique de leur propre histoire.
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Eve-Yeshe
  08 avril 2017
Alors qu'il est de passage à Bordeaux, dans ses terres natales pour une rencontre avec une journaliste, l'auteur voit passer une silhouette en qui il croît reconnaître un homme dont il est tombé amoureux, vingt ans plus tôt. Il court derrière lui et se trouve face à un sosie de Thomas, version souriante.
Philippe Besson fouille dans ses souvenirs pour raconter sa rencontre avec Thomas, leur amour interdit, le contexte de l'époque, le non-dit, l'obligation de ne pas être découvert, les rencontres en secret, les regards, les caresses, la découverte des corps. Thomas est fils de paysans, sa mère est catholique pratiquante, Philippe fils d'instituteur, élevé dans la laïcité.
L'auteur nous propose le récit de l'histoire, en 1984, puis la rencontre avec Lucas en 2007 et ce qui se passe en 2016. Ce récit est fort, riche en émotions, en retenue ou dans des termes très physiques, crus et l'on sent que, toute sa vie, il a été marqué par cet amour de jeunesse, le premier donc le plus intense, révélateur qui va transformer le lycéen coincé, timide, le regard caché derrière ses lunettes de myope.
Comment vit-on la différence, l'homosexualité, en fonction du milieu auquel on appartient, de l'éducation que l'on a reçu, des préjugés? de l'époque? Est-il possible pour tout le monde d'en parler librement?
Le thème de la séparation dans le couple est souvent présent également, mais dans ce roman, il ne triche pas, ne se cache pas, raconte cet amour qui a conditionné sa vie d'adulte. Mais comme le dit Thomas, dans cette phrase prémonitoire : « parce que tu partiras et que nous resterons ». Il nous raconte l'histoire, les souvenirs, avec l'oeil de l'adulte qu'il est maintenant, donc une autofiction, pas une autobiographie.
On retrouve souvent le prénom Thomas, dans ses livres : « La trahison de Thomas Spencer » ou même Thomas Andrieu, son vrai nom dans « Son frère », ce qui montre l'importance qu'il a eu dans sa vie.
J'aime la façon dont Philippe Besson parle des trajectoires, des routes qui se croisent ou pas, des aléas :
« J'écrirai également sur les rencontres qui changent la donne sur les conjonctions inattendues qui modifient le cours d'une existence, les croisements involontaires qui font dévier les trajectoires. » P 37
J'ai beaucoup aimé ce livre intime, intimiste, la sensibilité de Philippe Besson me touche toujours autant, et j'ai découvert au passage les auteurs qu'il aime : Marguerite Duras, Hervé Guibert ainsi que les évocations de certains de ses propres romans, que l'on peut relire, revisiter à travers le prisme du fantôme de Thomas.
J'espère que l'effet catharsis va le libérer et qu'il continuera de nous enchanter … faut-il se résoudre aux adieux ? Telle est la question qu'il se pose à travers ses livres…
Je l'ai déjà dit, et redit, j'adore cet auteur, son écriture, ses mots, sa sensibilité et j'espère avoir été convaincante, ne dévoilant que le minimum pour ne pas spoiler et sans tomber dans la sensiblerie.
Lien : https://leslivresdeve.wordpr..
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isabelleisapure
  29 mars 2017
Je referme ce livre et me demande quel qualificatif le servira le mieux : Délicat, sensible, sincère, pudique, magistral.
Oui, ce roman est tout cela et plus encore, je crois qu'il constitue avant tout un formidable éclairage sur l'oeuvre de l'auteur.
Philippe Besson nous donne les clés pour comprendre et décoder tous ses précédents romans, en nous racontant l'histoire d'un amour impossible et clandestin, qui le fait souffrir avant de disparaître de sa vie.
C'est également la découverte de ce qu'il appelle « la morsure du sentiment amoureux », du manque et de l'attente, du dénuement provoqué par la privation insupportable de l'autre.
L'auteur nous emmène à Barbezieux, petite ville de province où à 17 ans il rencontre Thomas Andrieu adolescent ténébreux qu'il observe discrètement depuis le fond de la cour de son lycée.
Philippe Besson restitue parfaitement la puissance de cette rencontre, les premiers émois physiques évoqués sobrement, l'insupportable attente entre deux entrevues, mais aussi la frustration de devoir dissimuler cette histoire que Thomas, fils de paysans, effrayé par le jugement des autres souhaite clandestine.
Philippe Besson a le talent de choisir des mots simples qui mis bout à bout produisent une écriture à la musicalité bouleversante.
Je lis Philippe Besson depuis la parution de son premier roman, je n'ai jamais été déçue, mais pour la première fois la sincérité de l'auteur m'a profondément émue.
Un énorme coup de coeur.

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Ambages
  21 mars 2017
« A la mémoire de Thomas Andrieu »
«  (1966-2016)  »


Minuit. J'ouvre ce livre. Ci-dessus les premiers mots que je lis, et j'ai un choc, une vibration dans la poitrine. Les dates m'indiquent une fin. Rapide, trop rapide. Je suis bousculée. Non ! pas 2016 quand on est né en 66. Je ressens le tragique. Je respire. Profondément. Je sens, je sais que ça va être difficile car le tremblement ressenti s'estompe mais une ombre s'est ancrée dans mon esprit. Un instant, une pause et je tourne cette page, je commence.
« Un jour, je peux dire quand exactement, je connais la date, avec précision, un jour je me trouve dans le hall d'un hôtel, dans une ville de province (…) je suis assis sans un fauteuil, je discute avec une journaliste (...) »
Philippe Besson m'apaise. J'aime son écriture. Je reprends pied, une grande respiration, je continue. « Quand j'aperçois un homme de dos » « je lance un prénom, Thomas, je le crie plutôt, Thomas, et la journaliste en face de moi en est effrayée. » Philippe Besson ne m'apaise plus. Je frémis, je ressens ce cri. Je suis accrochée. Rien ne me fera lâcher ce livre. Ce soir, cette nuit. Il sera dans ma tête. Intégralement.
« Je découvre la morsure du manque. »
Est-ce que je fais un billet après une telle lecture ? J'hésite. J'ai posé le livre. J'ai eu envie de dire à Philppe Besson mais « arrête avec tes mensonges », dis moi que tu l'as inventé. Tout. Juste une fois. J'y avais bien cru que t'étais allé à Falmouth… Dis moi que c'était pas vrai. Mais le livre est à côté de moi, il s'est refermé tout seul et je le regarde. Lui. Image sépia. Alors cette idée, peut-être pas la meilleure mais il ne faut pas rester silencieux. Dire. Ne pas hésiter avec ses sentiments, ne pas les cacher. Ce livre est un magnifique cadeau d'amour. Il m'émeut tellement, tout comme la photo. Alors, voilà, j'ai laissé un grand espace après son nom. Pour rendre hommage, pour qu'il respire Thomas Andrieu, pour qu'il ait une belle place, à lui, à mes amis aussi qui doivent lui dire que je suis un peu branque.
« Je suis l'enfant qui attend la part des anges. »
Ma manière, sans doute brouillonne, mais sincère pour vous dire que c'est un beau livre et je vous remercie de ce partage que je n'imaginais pas si perturbant, tragique, magnifique. J'espère que vous ne m'en voudrez pas. Avec tout mon respect, Ambages.
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Les critiques presse (7)
LeJournaldeQuebec   10 mai 2017
Dans ce livre, il dit la vérité et raconte sa bouleversante histoire d’amour avec Thomas Andrieu, gardée secrète, et dont l’issue est tragique.
Lire la critique sur le site : LeJournaldeQuebec
Bibliobs   06 avril 2017
Ce livre poignant, déroutant, sans doute son meilleur, pourrait être considéré comme la matrice de son œuvre.
Lire la critique sur le site : Bibliobs
LaPresse   23 mars 2017
Besson scrute en fin connaisseur la douleur engendrée par l'amour et dévoile - sans rien cacher - cette part de lui-même qui a fait de lui un romancier si précis quand il s'agit de disséquer les sentiments et la perte.
Lire la critique sur le site : LaPresse
Telerama   22 février 2017
Replongeant dans sa jeunesse, l'écrivain en profite aussi pour ouvrir sa boîte à outils, et c'est là peut-être l'aspect le plus intéressant de son livre.
Lire la critique sur le site : Telerama
Lexpress   13 février 2017
Un roman juste et poignant.
Lire la critique sur le site : Lexpress
LaLibreBelgique   31 janvier 2017
Philippe Besson publie le récit d’un amour juvénile tiré de sa propre vie.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LaCroix   27 janvier 2017
Il y a plus de trente ans, Philippe Besson tombait amoureux pour la première fois. Dans un récit émouvant, il relate cet événement fondateur de son identité d’homme et d’écrivain.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations & extraits (106) Voir plus Ajouter une citation
marina53marina53   10 mars 2017
C'est à ce moment-là qu'on s'est perdus de vue, lui et moi. J'articule ces derniers mots sans y mettre le moindre affect, comme si la vie, c'était ça, simplement ça, se fréquenter et se perdre de vue et continuer à vivre, comme s'il n'y avait pas des déchirements, des séparations qui laissent exsangues, des ruptures dont on peine à se remettre, des regrets qui vous poursuivent longtemps après.
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marina53marina53   10 mars 2017
J'ignore qu'un jour, je ferai des livres. C'est une hypothèse qui n'est même pas concevable, qui n'entre aucunement dans le champ des possibles, qui dépasse ma simple imagination. Et si, par extraordinaire, elle devait traverser mon esprit, je l'en chasserais aussitôt. Le fils du directeur d'école, un saltimbanque ? Jamais. Faire des livres, ce ne serait pas une occupation convenable, et surtout ça n'est pas un métier, ça ne rapporte pas d'argent, ça ne procure pas la sécurité, un statut. Il y a aussi que ce n'est pas dans la vraie vie, l'écriture, c'est en dehors ou à côté. Or la vraie vie, il faut s'y frotter, il faut l'empoigner. Non, jamais, mon fils, n'y pense même pas ! Je l'entends de là, mon père.
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RChrisRChris   04 mai 2017
Je découvre que l'absence a une consistance. Peut-être celle des eaux sombres d'un fleuve, on jurerait du pétrole, en tout cas un liquide gluant, qui salit, dans lequel on se débattrait, on se noierait. Ou alors une épaisseur, celle de la nuit un espace indéfini, où l'on ne possède pas de repères, où l'on pourrait se cogner, où l'on cherche une lumière, simplement une lueur, quelque chose à quoi se raccrocher, quelque chose pour nous guider. Mais l'absence, c'est d'abord, évidemment, le silence, ce silence enveloppant, qui appuie sur les épaules, dans lequel on sursaute dès que se fait entendre un bruit imprévu, non identifiable, ou la rumeur du dehors.
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marina53marina53   11 mars 2017
Je découvre la morsure de l'attente. Parce qu'il y a ce refus de s'avouer vaincu, de croire que c'est sans lendemain, que ça ne se reproduira pas. Je me persuade qu'il accomplira un geste dans ma direction, que c'est impossible autrement, que la mémoire des corps emmêlés vaincra sa résistance. Je me dis que ce n'était pas seulement une histoire de corps, mais de nécessité. Qu'on ne lutte pas contre la nécessité. Ou, si on lutte, elle finit par avoir raison de nous.
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marina53marina53   09 mars 2017
Plus tard, j’écrirai sur le manque. Sur la privation insupportable de l’autre. Sur le dénuement provoqué par cette privation ; une pauvreté qui s’abat. J’écrirai sur la tristesse qui ronge, la folie qui menace. Cela deviendra la matrice de mes livres, presque malgré moi. Je me demande quelquefois si j’ai même jamais écrit sur autre chose. Comme si je ne m’étais jamais remis de ça : l’autre devenu inaccessible. Comme si ça occupait tout l’espace mental.
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