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ISBN : 2259249191
Éditeur : Plon (14/01/2016)

Note moyenne : 2.46/5 (sur 12 notes)
Résumé :
Malakoff, juillet 1989 : au café du Carrefour, rue Gabriel-Péri, Vincent et Philippe commentent avec ironie le défilé extravagant qui a lieu sur les Champs-Élysées pour fêter le deux centième anniversaire de la Révolution française. Vincent, malade du coeur qui attend une greffe, et Philippe, professeur de lettres passionné de vélo et de sexe, sont des voisins qui deviendront des amis, puis des rivaux et enfin des ennemis. A cause d'une belle et brillante veuve algé... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
sandrine57
  15 janvier 2016
Malakoff, 1989. Dans cette banlieue tranquille, Philippe est prof de lettres, cycliste amateur et amoureux des femmes successives de son voisin Vincent qui attend une greffe de coeur. Au café du Carrefour qui leur sert de QG, ils aiment échanger des propos anodins ou plus sérieux, deviennent plus ou moins amis, pour finir par se méfier l'un de l'autre. Est-ce parce que le coeur de Vincent est défaillant ? Toujours est-il que pour Philippe, son voisin est un être dépourvu de sentiments, une sorte d'incarnation du Mal. Aussi n'éprouve-t-il aucun scrupule à séduire ses petites amies successives. Vincent se doute-t-il de la trahison ? Est-ce pour cela qu'il finit par installer sa mère chez lui ?
Et puis, le malade obtient un coeur. C'est le début d'une nouvelle vie. Et d'une nouvelle conquête. La troublante et mystérieuse Karima l'approche, le séduit et l'épouse. Philippe tente bien de la mettre, elle aussi, dans son lit, mais la belle a d'autres projets...
Un brin vintage avec ses références à la fin des années 80, le dernier roman de Patrick Besson recèle aussi quelques notes de suspens grâce à Karima, veuve brillante et riche qui va épouser l'un des protagonistes. Au-delà de cela, le tout reste si léger que l'on se sait pas trop quoi en dire. Pour l'auteur, le Mal est un homme souffreteux dont le principal défaut est sans doute d'être riche et égoïste... On a vu pire ! Accordons-lui un semblant de réflexion autour de la greffe de coeur qui forcément signifie la mort du donneur et le chagrin de ses proches. Mais cela s'arrête là. Un retour vers un passé récent qui pourra éveiller chez certains la nostalgie d'un temps sans internet ni portable, mais un roman qui n'a rien d'inoubliable.
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hcdahlem
  10 janvier 2017
Une fois n'est pas coutume, commençons par le – très joli – titre. Cette phrase a été prononcée par Tchekhov avant de mourir. Alors qu'on essayait de le soulager en posant de la glace sur sa poitrine, il eut cette formule : «On ne met pas de glace sur un coeur vide». le narrateur, ancien professeur à la retraite, se souvient l'avoir lue dans La Vie de Tchekhov d'Irène Némirovsky (Albin Michel, 1946).
Comme tout bon titre, ce dernier est polysémique. Il s'applique à Vincent Lagarde qui est atteint d'une malformation cardiaque et attend une greffe pour ce «coeur vide», mais également à son absence d'amour, car si son passe-temps favori consiste à séduire les plus jolies filles, son coeur reste vide.
Son voisin Philippe – le narrateur – ne comprend pas comment il parvient à ses fins, mais profite largement de la situation. Professeur de lettres à la retraite depuis peu, ce spécialiste de Corneille va occuper son temps dans une ville de banlieue dont «Les rues vides ondulaient en douceur sous le ciel lourd d'ennui» en couchant avec les compagnes successives de Vincent. Ce qui, somme toute, est plus facile que d'écrire un livre : « Dans les librairies où j'erre depuis quarante ans à la recherche de mon premier roman non paru car pas commencé, je trouve, y compris dans les oeuvres de fiction, des recettes pour aimer et être aimé, aider et être aidé, comprendre et être compris. »
Le roman commence en 1989 avec Vanessa qui est infirmière et découvre avec Philippe la sensualité d'un voyage sur son cadre de vélo. Car l'ami du cardiaque est un sportif athée : «Il m'arrive de prier le ciel, mais uniquement quand il s'agit de femmes. Ou de vélo. Seigneur, aide-moi à gravir cette côte.»
Une qualité non négligeable, car elle va permettre à Vanessa de constater qu'elle peut faire l'amour «sans y aller mollo». Ce qui va assez vite lui ouvrir d'autres perspectives, notamment dans l'hôpital où elle travaille et où elle entrevoit un avenir plus radieux.
Son départ ne laissera toutefois pas un immense vide, car très vite Sonia viendra réchauffer la place vacante. Après avoir fait l'expérience d'un mari par trop volage, cette belle coiffeuse antillaise va chercher le calme et la fidélité auprès de Vincent qui ne peut « vivre seul pour une raison à la fois médicale et métaphysique : n'étant personne, s'il ne vivait pas avec quelqu'un, il ne vivait pas et donc mourait. »
Sonia est aussi tout à fait au goût de son copain de bistrot. Après avoir refait le monde et commenté l'actualité souvent la plus futile, le deux centième anniversaire de la Révolution française, la querelle entre Inès de la Fressange et Lagerfeld, les débuts très bruyants de Monica Seles sur un court de tennis, il profite des absences du voisin du dessous pour accueillir la sublime trentenaire. Sans chercher à savoir si ce dernier est au courant de son petit manège. Après tout, il aurait pu se douter qu'«un célibataire sportif pas pédé, c'est un danger pour tous les couples, surtout s'il est connu pour coucher avec les femmes mariées.» Avant et après les galipettes avec Sonia, Philippe va assister à la visite de Mandela à Paris et regarder le 724e et dernier numéro d'Apostrophes.
Si ce roman tourne autour des femmes et de la relation entre Vincent et Philippe, il est d'abord et avant tout le reflet d'une époque. Avec un sens inné de la formule, Patrick Besson nous replonge dans cette époque où internet et le téléphone portable n'existaient pas. du coup, on se rend compte combien cette époque – que les moins de trente ans ne peuvent pas connaître – est à des années-lumière d'aujourd'hui. Une époque où l'on apprenait à jouer du piano debout, juste avant que Michel Berger ne meure, une époque où «beaucoup de professeurs étaient barbus. Maintenant, c'est tout le monde.»
Une époque aussi où les femmes ne portaient plis comme prénom Catherine ou Brigitte, mais se terminaient en « A ». Vanessa, Sonia, Aminata et la splendide Karima qui va débouler dans la vie de Vincent et Philippe. C'est à cette agent immobilier que l'auteur va offrir de dénouer le drame qui sourd. En dévoilant son secret, qu'un lecteur attentif n'aura guère de peine à deviner, elle viendra clore ce joli récit aussi nostalgique que riche d'aphorismes, aussi drôle que poétique.
Dépêchez-vous de le lire, car «c'est toujours difficile de causer avec quelqu'un qui n'a pas lu les mêmes livres que vous : on doit s'adapter à son langage car il ne pourra jamais s'exprimer dans le vôtre.»

Lien : https://collectiondelivres.w..
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Tiphrom
  06 mars 2016
Je n'avais encore jamais lu Patrick Besson et ce roman n'est pas pour m'inspirer une passion nouvelle. Certes, il se lit aisément, rapidement. le récit est bref, les personnages peu nombreux, le décor insignifiant.
L'intrigue démarre plutôt bien : le lecteur est censé avoir entre les mains le premier et unique roman d'un professeur de français de banlieue (Malakoff), qu'il écrit de nos jours. Première gêne : ce personnage, qui se raconte, se raconte écrire. Un mise en abîme qui pourrait être intéressante mais qui se révèle agaçante rapidement : il interrompt son récit pour se gargariser, souligner un jeu de mot faussement spirituel ou nous abreuver de considérations factuelles, historiques ou politiques, qu'il s'empresse d'attribuer à son utilisation d'Internet, qu'il déteste et méprise évidemment. Voici donc le ton.
Ce professeur retraité écrit son roman-vérité : il nous raconte une tranche de vie, entre 1989 et 1993, dans son petit immeuble de Malakoff. Il rencontre son nouveau voisin du dessus, qui deviendra le centre de son existence. Lui et ses trois compagnes successives. Mais dès le départ, la mort de cet étrange voisin à la fin du récit nous est livrée comme la touche de suspense supposée nous tenir en haleine. Rien n'y fait, le squelette s'effondre et lors de la "révélation finale", tout aura déjà été dit plusieurs fois.
Les portraits pourraient avoir de l'intérêt, au moins pour leur versatilité. Et si le sain sportif intellectuel était le vrai cynique ? L'égocentrique rentier la véritable victime ? L'innocente infirmière dévouée une semi-catin ? Mais ces caractères se noient sous un style dont l'ironie n'est souvent que misogynie et clichés "réacs".
Le livre se lit, certes, mais se ferme volontiers. En tous les cas, je ne l'ai pas vraiment apprécié.
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ElsaV
  16 juillet 2016
L'intrigue est donnée par le personnage principal, Philippe, un professeur de Lettres à la retraite qui se décide à écrire un épisode de sa vie dans son immeuble à Malakoff entre 1989 et 1993. le lien très particulier qu'il entretient avec son voisin du dessus, Vincent Lagarde, un riche rentier en attente d'une greffe de coeur. Selon Philippe, Vincent est justement un être sans coeur et antipathique qui attire les femmes généreuses au grand coeur. Il voit passer ses conquêtes : Vanessa et Sonia qu'il ne pourra s'empêcher de conquérir lui aussi. Quand Vincent aura enfin sa greffe de coeur, il trouvera sa dernière compagne, Karima, avec qui il se mariera et aura un enfant. Une femme beaucoup plus mystérieuse qui représente une réelle obsession pour Philippe. On connaît son secret assez rapidement dans le récit, l'auteur nous donne toutes les clefs assez rapidement.
Philippe est représenté souvent dans le processus même d'écriture, pourquoi il utilise telle figure de style ? Pourquoi il élude certains passages ? Il se compare à d'autres écrivains. Cet aspect m'a moins plu, ce personnage donneur de leçons, professeur de lycée parisien de gauche, c'est une personnalité qui ne m'a pas conquise du tout. J'ai souvent eu le sentiment d'assister à un cours magistral.
Il y a une forte nostalgie dans ce récit, la nostalgie d'une époque pas si lointaine que ça mais les habitudes ont tellement changé en moins de 30 ans. le regret d'une époque où l'on pouvait sortir sans être joignable et où l'on faisait des recherches dans un dictionnaire et non sur internet. C'est un sentiment omniprésent dans le récit. J'ai également retrouvé une grande importance de la ville et des rues qui entourent Malakoff. Cet environnement fait partie intégrante de l'histoire.
Lien : http://frontwing.co.uk/blog/..
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Antoine2laRochelle
  26 décembre 2016
Un petit roman alerte et agréable à lire, plein de nostalgie sur une époque disparue, la France des années 80. Lu avec plaisir. Je recommande.
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critiques presse (2)
LeFigaro   03 février 2016
Le narrateur, amoureux de femmes et de vélo, se souvient de l'été 1989 avec humour.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LePoint   03 février 2016
De volume en volume, il perfectionne son style unique pour créer son univers à lui, drôle et impitoyable, peuplé de gens qui nous tendent un miroir où nous pouvons nous reconnaître.
Lire la critique sur le site : LePoint
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
hcdahlemhcdahlem   10 janvier 2017
Le lendemain de sa rencontre avec Karima – c’était un samedi –, Vincent attendit onze heures du matin pour rappeler au domicile de l’inconnue de Pablo-Neruda. Répondeur. On a oublié ces grosses machines que les jolies filles laissaient branchées en permanence. C’est avec elles qu’elles ont commencé à torturer les hommes un peu mieux qu’avant. Vincent ne laissa pas de message, certain que pour un motif mystérieux, la femme s’était moquée de lui.
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CsylCsyl   04 juin 2016
La source de la bonne humeur, c'est l'absence d'espoir, dont le nom littéraire est le désespoir.
Commenter  J’apprécie          81
CsylCsyl   04 juin 2016
Je ressentais au plus profond de moi-même le hasard qui m'avait fait naître pour pas grand-chose et me ferait mourir pour rien. Je savourais cette absurdité comme un verre de bon vin blanc.
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CsylCsyl   05 juin 2016
Mon voisin était blotti sous le charme de sa nouvelle conquête comme sous un parasol.
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Patrick Besson .Ecrivain vient de publier "La présidentielle. Pastiches" chez Grasset
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