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EAN : 9782260054641
208 pages
Editions Julliard (06/01/2022)
4.28/5   85 notes
Résumé :
Rien ne relie les passagers montés à bord du train de nuit n° 5789. À la faveur d’un huis clos imposé, tandis qu’ils sillonnent des territoires endormis, ils sont une dizaine à nouer des liens, laissant l’intimité et la confiance naître, les mots s’échanger, et les secrets aussi.
Derrière les apparences se révèlent des êtres vulnérables, victimes de maux ordinaires ou de la violence de l’époque, des voyageurs tentant d’échapper à leur solitude, leur routine ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (38) Voir plus Ajouter une critique
4,28

sur 85 notes
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Yvan_T
  12 janvier 2022
Après m'avoir bouleversé avec son excellent roman autobiographique « Arrête avec tes mensonges », Philippe Besson profite de cette rentrée littéraire 2022 pour m'inviter à bord d'un train de nuit entre Paris et Briançon.
A bord de l'Intercités de nuit n°5789, il fait tout d'abord les présentations : un médecin, une mère de famille, un hockeyeur, un VRP, un couple de sexagénaires retraités et une bande de cinq étudiants… sans oublier de mentionner un certain Giovanni Messina, qu'il présentera plus tard. Il annonce également d'entrée de jeu que tous les personnages n'arriveront pas vivant à destination. Ne sachant pas trop si je vais assister à un remake du crime de l'Orient- Express d'Agatha Christie, je décide de monter à bord…
Me voilà au coeur d'un huis-clos, entouré de personnages que rien ne relie et filant vers les montagnes alpines à bord d'un train-couchettes plutôt désuet. Étonnamment, cette ambiance nocturne, combiné à la difficulté de trouver le sommeil, semble inciter les gens à faire connaissance, à nouer des liens, voire même à se confier et à partager quelques secrets. Allez hop, je m'installe confortablement, j'enlève mes chaussures et j'allonge mes jambes sur la banquette… merci de m'avoir invité Philippe, je suis très bien là !
Philippe Besson a l'art de brosser des personnages attachants et de décortiquer leurs sentiments avec minutie. Au fil d'échanges profondément humains il met ses personnages à nu, tout en soulignant la fragilité de nos vies en abordant les thèmes de la fatalité et du hasard. Au-delà du suspense qui nous maintient éveillé durant tout le trajet, tout en nous tenant en haleine jusqu'à la dernière seconde, l'auteur nous oblige à faire le deuil de certains passagers, transformant ce qui s'annonçait être un bon polar…en petit coup de coeur émouvant !
Lien : https://brusselsboy.wordpres..
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hcdahlem
  12 janvier 2022
Victimes d'un concours de circonstances
Avec Paris-Briançon, Philippe Besson nous offre sans doute l'un des romans les plus émouvants de cette rentrée. Vous n'oublierez pas de sitôt ces passagers d'un train de nuit, parfaits inconnus au moment de prendre ce train de nuit.
Avouons-le d'emblée, j'aime voyager en train et en particulier dans les trains de nuit. Cela remonte sans doute à ma prime jeunesse, à cette sorte de magie qui fait que l'on quitte une région froide et grise et que l'on se réveille caressé par un soleil encore discret qui nous dévoile de beaux paysages et des senteurs agréables. de plus, on n'est jamais à l'abri de faire une belle rencontre.
Un mystère qui a d'ailleurs été soigneusement entretenu par les romanciers. Ils ont fort habilement su utiliser cette promiscuité pour imaginer de belles histoires, ou de désagréables surprises de la madone des sleepings à L'inconnu du Nord-Express et du Crime de l'Orient-Express au Liseur du 6 h 27 du regretté Jean-Paul Didierlaurent.
Avant que ne disparaissent les dernières lignes en circulation en France, Philippe Besson nous offre un Paris-Briançon qui va lui aussi nourrir la légende. Onze heures de trajet durant lesquelles il va s'en passer des choses! Mais n'anticipons pas et commençons par présenter les passagers qui, en ce soir de printemps, montent dans les compartiments couchette à la gare d'Austerlitz en direction des stations de ski.
Le premier à entrer en scène est Alexis Belcour, médecin de quarante ans, qui se rend à Briançon pour vider l'appartement de sa mère décédée et retrouver l'endroit où il a passé sa prime enfance. Il sera accompagné par Victor Mayer venu à Paris pour des problèmes de ménisque. À 28 ans, cet hockeyeur qui gagne sa vie comme moniteur de ski l'hiver et guide de randonnée l'été a des raisons de s'inquiéter de l'usure de sa mécanique. Dans le compartiment voisin Julia Prévost, 34 ans, a pris place avec ses deux enfants. Cette assistante de production à la télé part rejoindre ses parents, mais fuit aussi un ex-mari violent. À côté, un couple de 63 et 62 ans. Jean-Louis et Catherine Berthier ont loué un studio à Briançon pour profiter de leurs premiers mois de retraite. le cancer détecté chez Jean-Louis leur laisse penser qu'ils doivent profiter de ce moment ensemble. Un habitué, Serge Dufour, 46 ans, VRP voyagera à leur côté. Il monte régulièrement à Paris pour suivre les séminaires et formations proposées par l'entreprise qui l'emploie. Cette fois pourtant, le bagout qui a fait sa réputation lui reste un peu en travers de la gorge. On parle de restructurations et de réductions de personnel. Cinq jeunes étudiants de 19 ans occupent un autre compartiment. Manon, Leïla, Hugo, Dylan et Enzo vont passer une semaine dans le chalet mis à disposition par le parrain de Manon. «Et puis, dans cette histoire, il y a un certain Giovanni Messina. Il faudra bien parler de lui.»
Alors que défilent les immeubles de la banlieue parisienne, les premiers échanges entre ces personnes qui ne se connaissaient pas quelques minutes auparavant permettent d'en savoir davantage sur leur vie, leur état d'esprit, leurs soucis. le médecin aura rassuré Julia sur la santé de son fils qui a vraisemblablement une angine. Serge le séducteur aura abordé Julia en se disant qu'ils se sépareront au petit matin après une nuit à coup sûr hachée et inconfortable «alors pourquoi pas des mots entre eux, des mots ordinaires, sans importance véritable mais qui font passer le temps. Et, qui sait, à la fin, ils se sentiront peut-être un peu moins seuls.» Une partie de belote s'improvise entre jeunes et retraités avant que, vers 23h et alors qu'on traverse la Bourgogne, chacun regagne sa cabine. Les conversations se font alors plus intimes. Alexis et Victor dévoilent leur homosexualité. Julia confie à Serge bien davantage qu'elle ne l'aurait imaginé de prime abord. «Un concours de circonstances, une somme de bifurcations, une succession de décisions, une profusion d'incidents ont fait que leurs existences ont soudainement concordé dans l'espace et dans le temps.»
Je laisse au lecteur le plaisir de découvrir ce qui est arrivé à l'intercités n°5789 au petit matin, quand Giovanni Messina entre en scène, pour souligner qu'une fois de plus Philippe Besson fait naître l'émotion. Il raconte en phrases simples des moments de forte intensité. de ce drame tragique et lumineux, on retiendra l'humanité, la vérité d'un instant où se révèlent les personnalités, où il n'est plus question de se cacher. Un roman fort, un roman bouleversant.

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montmartin
  14 janvier 2022
C'est un jour de départ en vacances, c'est une gare coincée entre un métro aérien et des immeubles futuristes. Bientôt le train s'élancera pour un voyage de plus de onze heures de Paris à Briançon, il va traverser la nuit française. Pour le moment les passagers montent à bord, joyeux, épuisés, préoccupés ou rien de tout cela. Parmi eux, certains seront morts au lever du jour.
Comme dans un roman d'Agatha Christie, Philippe Besson nous présente les voyageurs les uns après les autres à mesure de leur montée dans le train, et nous découvrons les raisons de leur voyage. Ces passagers vont partager la même voiture pendant ce long périple et faire peu à peu connaissance, on s'épanche, on se rapproche, alors l'étranger devient confident, et dans cet espace hors du temps chacun se révèle aux autres, mais aussi à soi-même, derrière les apparences, se révèlent des êtres vulnérables. Une communauté va se former.
Si dès les premières phrases l'auteur sait susciter la curiosité de son lecteur et ménager le suspense, pour moi, l'intérêt de ce récit est ailleurs. Philippe Besson nous offre un roman sociologique, un microcosme dans ce huis clos ferroviaire, des tranches de vie, une galerie de portraits miroir de notre société, une jeunesse turbulente et insouciante, la difficulté à assumer sa sexualité, les violences conjugales, la peur du chômage, la vieillesse et la maladie. Ce sont des petits chapitres qui défilent le long des kilomètres de voies ferrées. La plume est légère, souvent sensible, parfois teintée d'un humour très fin, les phrases simples. Un conseil montez dans l'Intercités n° 5789, vous ne regretterez pas votre voyage.

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sabine59
  16 janvier 2022
Je me suis précipitée sur le quai
Suis montée dans le Paris-Briançon
le prologue me mettait sous tension
D'un inéluctable drame annoncé
Une tragédie qui ne dit pas son nom
Aiguisant les nerfs, l'imagination
Des personnages s'animent se révèlent
Dans ce huis-clos nocturne et ferroviaire
Des destins se ruent vers le terminus
Et l'on ne peut stopper leur folle course...
Un nouveau roman de Philippe Besson, et qui plus est se déroulant dans un train, je prends, forcément! le fait de savoir , dès le début, qu'un événement dramatique se produira crée une atmosphère particulière, la nuit dans les compartiments-lits aussi. On suppute, on vit d'autant plus intensément les pensées, les agissements des personnages. En phrases sobres mais riches de sens, l'auteur réussit à capturer notre attention, à nous rendre tangibles ces êtres réunis par le hasard. A nous les faire aimer. le final est fort poignant. Sous la pudeur des mots éclatent les émotions. Coup de coeur!

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La_Bibliotheque_de_Juju
  05 janvier 2022
Une gare parisienne. Un tumulte de voyageurs qui s'apprêtent à monter à bord d'un train. Qui s'évertuent à ne pas le rater. Un jour comme un autre.
Le Paris-Briançon, train de nuit, s'apprête à partir et déjà Philippe Besson, dès la deuxième page, prévient son lecteur.

« Parmi eux, certains seront morts au lever du jour. »
Il n'en fallait pas plus pour que je m'engouffre dans le premier wagon venu et décide de passer la nuit avec cette galerie de personnages que rien ne rapproche mais que rien n'oppose non plus.
Roman choral à l'itinéraire loin d'être tout tracé.

De Paris à Briançon. de la vie vers la mort.
Le voyage débute doucement au rythme de ces étrangers qui se rencontrent au hasard du voyage. Comme un roulis hypnotisant, dans des chapitres courts, Besson croque ses personnages, les esquisse d'un tressautement de paupière, d'une main serrée, d'un silence qui se prolonge.
Délicatement , par petites touches, le lecteur devient un de ces voyageurs et attend l'inéluctable, comme on serre les poings et les dents car on sait. Jusqu'à ce que …
Un roman sur les destinées, les hasards et les coïncidences. Cet endroit au mauvais moment. Un voyage émouvant d'humanité et de simplicité, au coeur d'un drame couru d'avance. Un suspense à l'envers lorsque la vie se détourne un instant des voies toutes tracées.
Un Besson étonnant et pourtant terriblement familier pour ceux qui, comme moi, aiment cet auteur à la folie…
Lien : https://labibliothequedejuju..
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critiques presse (1)
LaLibreBelgique   17 janvier 2022
Dans un roman racinien, Philippe Besson réunit des êtres d’une banalité apparente.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
Citations et extraits (36) Voir plus Ajouter une citation
loicjoninloicjonin   19 janvier 2022
Il voudrait retrouver son corps, son odeur, la
douceur de ses hanches, tout ce qu'elle lui a offert puis repris.
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babel95babel95   14 janvier 2022
Et voilà qu'on se laisse gagner par la régularité des secousses, bercer par le roulis.
Mais il est trop tôt pour se coucher, beaucoup trop tôt, même pour rester étendu. Alors on se redresse et on rejoint le couloir, là où il pourrait y avoir un peu de vie, le contraire de cette claustration à laquelle on ne s'est pas encore accoutumé.
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BazartBazart   13 janvier 2022
𝘚𝘰𝘶𝘷𝘦𝘯𝘵, 𝘭𝘢 𝘷𝘪𝘦 𝘴𝘦 𝘥é𝘤𝘪𝘥𝘦 𝘴𝘶𝘳 𝘱𝘳𝘦𝘴𝘲𝘶𝘦 𝘳𝘪𝘦𝘯, 𝘶𝘯𝘦 𝘳𝘦𝘯𝘤𝘰𝘯𝘵𝘳𝘦, 𝘶𝘯𝘦 𝘰𝘱𝘱𝘰𝘳𝘵𝘶𝘯𝘪𝘵é, 𝘶𝘯𝘦 𝘱𝘢𝘳𝘦𝘴𝘴𝘦.
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hcdahlemhcdahlem   12 janvier 2022
D'abord, il y a dans l'élan de Serge — et sans doute en est-il le premier surpris — de la sincérité et de l'innocence. Il s’approche sans arrière-pensée de cette femme qui le touche sans se l’expliquer. Il s’approche avec pour unique ambition de lui faire comprendre que certes ils sont des étrangers mais embarqués ensemble pour quelques heures, rien ne les oblige à s’aborder mais quel mal y aurait-il à se lancer, ils se sépareront au petit matin après une nuit à coup sûr hachée et inconfortable mais là, pour le moment, ils tanguent de concert, alors pourquoi pas des mots entre eux, des mots ordinaires, sans importance véritable mais qui font passer le temps. Et, qui sait, à la fin, ils se sentiront peut-être un peu moins seuls. p. 66
«Voyez, c’est ça que j'aime dans les trains. C’est qu'un type comme moi n'aurait jamais rencontré une femme comme vous sinon.» Serge n’a pas tort: si l’on s’en tient aux probabilités la possibilité que leurs trajectoires se croisent était à peu près nulle. Ils habitent dans des villes très éloignées, exercent des professions sans connexion entre elles, appartiennent à des générations différentes, ne partagent pas les mêmes références culturelles, sans doute pourrait-on énumérer de nombreux autres motifs d’incompatibilité et cependant, les voici qui conversent et même se découvrent une connivence, tout cela parce qu’un concours de circonstances, une somme de bifurcations, une succession de décisions, une profusion d'incidents ont fait que leurs existences ont soudainement concordé dans l’espace et dans le temps. p. 106
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babel95babel95   14 janvier 2022
Epoque vulgaire, où plus rien n'est privé, où tout est spectacle, et surtout la souffrance, surtout la désolation, où la décence pèse si peu devant la prétendue "priorité à l'information", où le goût de l'immédiateté prive de tout discernement, où les dommages collatéraux constituent un détail dérisoire.
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