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Critique de Crossroads


Crossroads
  05 avril 2012
Alors que Luc Besson s'épanouissait dans le grand bleu , Philippe Besson , lui , s'illustre dans la grisaille , la noirceur , le mortifere...et c'est douloureusement beau ! Un cri d'amour magistral qui vous prend aux tripes et vous laisse pantelant...

Un court roman , paru en 2001 , qui vous seche de bout en bout !
Thomas et Lucas sont freres . S'ils furent toujours complices , la vie se chargea tout naturellement de les éloigner l'un de l'autre , un temps . Comme bien souvent , c'est cette chienne de vie qui se rappelle à votre bon souvenir , vous faisant toucher du doigt la fugacité d'une existence encore jeune et appréhender un futur de souffrances , prémice d'une disparition bien avant l'heure...
Thomas va mourir . Lucas le sent , il le sait . Redevenus Rétais volontaires et solitaires , c'est dans une communion saturée d'amour fraternel qu'ils vont se rapprocher , se redécouvrir pour finalement se quitter...

J'ai adoré ce premier Besson ! Un sujet grave traité avec beaucoup de retenue , de délicatesse mais surtout d'amour ! Besson alterne ces interminables et douloureux sejours hospitaliers avec ces lumineux souvenirs familiaux , vestiges de vacances inoubliables passées à Saint-Clément-des-Baleines . L'Ile de Ré , là ou tout a commencé et ou tout doit finir...Besson se fendra , d'ailleurs , de tableaux et de représentations aussi saisissants qu'évocateurs...
Lucas se pose comme un soutien indéfectible face à l'incompréhension , la maladresse d'une famille en état de choc . Pensez-donc , ce fils préféré qui se meurt quand l'autre , vil homosexuel , se porte comme un charme . La maladie n'est plus le seul ennemi à combattre...
Un récit qui traite fort justement de la maladie , de son rejet , de ses phases d'espoir alternant avec des désillusions bien plus nombreuses puis de son acceptation finale . Thomas l'accueillant comme un chatiment mérité au regard de son énigmatique " erreur de jeunesse "  . Posséssive , la maladie se veut compagne exclusive et maitrise le don de faire le vide autour de vous . Ce bouquin dénonce un acharnement thérapeutique systématique qui vient vainement se substituer à un accompagnement de fin de vie dans la dignité et le respect car Besson ne nous épargne rien des souffrances journalieres de Thomas , de ses nouveaux traitements voués , dés le départ , à l'échec , apres avoir suscité les espérances les plus folles...Le ton est incroyablement juste . Besson est toujours sur la corde raide sans verser dans le pathos...Comment ne pas succomber , ne pas s'abandonner devant l'inéluctabilité maitrisée de cette poignante oraison funebre...
Et que dire du final ? Grandiose ! Il n'est pas sans rappeler le Temps Qui Reste d'Ozon ou bien encore Deux Jours à Tuer de Becker...
Pour ceux qui désireraient se mettre au diapason d'un jour gris et humide et replonger dans la morosité , Chéreau a pensé à vous en tournant le film éponyme de tres bonne facture...

Son Frere , récit bouleversant et pudique d'une mort annoncée...
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