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ISBN : 2264072784
Éditeur : 10-18 (04/01/2018)

Note moyenne : 3.42/5 (sur 210 notes)
Résumé :
"Avec ce livre, «Un instant d'abandon», j'ai voulu dessiner le portrait d'un homme qui revient sur le lieu de son bannissement et qui décide d'affronter l'opprobre, l'hostilité. Cinq ans plus tôt, Thomas Sheppard est parti en mer, au plus fort d'une tempête, dans la Cornouaille britannique, en compagnie de son fils de huit ans et il est revenu à terre sans l'enfant. Il a désormais acquitté sa peine de prison mais s'est-il pour autant débarrassé du poids de la faute ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (40) Voir plus Ajouter une critique
La_Bibliotheque_de_Juju
  25 février 2018
Décidemment, je pense que Philippe Besson pourrait raconter l'histoire des trois petits cochons et je serai passionné.
Une nouvelle fois, je me suis abandonné à sa plume, au léger roulis d'une vie mal heureuse. D'un être friable, peu recommandable.
Thomas Sheppard revient à Falmouth, le village où il a toujours vécu après une peine de prison.

Ici, personne ne souhaite son retour, pourtant le revoilà sur les lieux du crime pour lequel il a été condamné. Un infanticide. J'arrête là. Il faut lire Besson pour « savoir ».
Récit d'une solitude, d'une vie en demi-teintes puis cet espoir fou à la fin de tout …
Le héros, rugueux, blessé, sans fard, qui ne se cherche pas des excuses va raconter son histoire aux rares êtres prêts à l'écouter, pour différentes raisons. Il parlera de culpabilité, d'innocence, de ce passé qui nous entrave parfois, nous pousse à l'occasion. Il racontera une vie, la sienne.
Qui lit Besson connait ses obsessions et les retrouvera ici.

L'eau. Les sentiments précis, juste. Thomas. La lenteur de l'avenir. L'espoir, toujours.
Je me suis abandonné. Un instant.
Juste un instant.
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Erveine
  23 avril 2014

Philippe Besson est ici à la fois effacé et omniprésent. Il nous souffle un récit comme une bise grandissante qui s'abat sur le village de Falmouth en Cornouailles. Une ville de pêcheurs au climat rude, comme le sont ces visages, pourtant non décrits, mais qui instinctivement s'insinuent dans nos têtes. Au fur et à mesure que nous avançons dans l'intrigue, surgissent ces hommes aux barbes dures, aux visages burinés par le froid et aux parlers sans fioritures. Bien mal armé est celui qui sort pour affronter une mer agitée. Tout pêcheur en est fermement avisé. Et pourtant ! Il y a toujours l'espoir, la promesse d'une pêche miraculeuse, comme il s'en produit souvent, par mauvais temps. Comme si c'était le moment choisi pour que le poisson morde ou qu'il surgisse par myriade. Un défi... Allez savoir ! Pourtant, il n'y aura pas de compréhension et encore moins de pardon, quand un des leurs s'aventure par ce temps, d'autant que l'irréparable s'est produit. Les âmes durcies des hommes de cette communauté ont émis un jugement dont le verdict ne fléchira pas et nuls ne consentira jamais de remise en question. Les habitudes sont ancestrales, les opinions et les gestes arrimés dans le quotidien de chacun. Une atmosphère contrastée qui libère l'imaginaire et s'amplifie pour nous conduire tout en douceur au paroxysme de la douleur. Celle d'un homme par deux fois entravé, par un destin qui n'est pas le sien, puis emprisonné. C'est au sortir de l'abîme qu'il se révèle à lui-même, quand il renonce à Betty et s'empare de sa vie. Et c'est un véritable tour de force que l'écriture de Besson qui nous brosse sans brutalité aucune, une tragédie qu'il a pour nous, savamment construite.
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gouelan
  07 juin 2015
« C'est à Falmouth que la terre abdique. À la verticale des falaises. »
À Falmouth les existences des gens sont minuscules. Les gens sont taciturnes, ils sont économes en gestes et en sentiments.
Thomas revient dans sa ville natale après une longue absence. Il traine dans son sillage un lourd passé. Personne n'accepte son retour, il fait partie des proscrits. On ne pardonne pas à Falmouth.
Dans l'arrière-boutique de Rajiv, l'épicier, il va raconter son histoire, la vacuité et l'inanité de sa vie qui l'ont conduit à l'abdication. Il raconte l'agonie de son couple ; le secret, la solitude, l'indifférence, le délaissement, l'agacement, la rancoeur, l'intolérance et enfin, la résignation. Falmouth est une terre d'abdication, d'abandon.
À Falmouth, on ne divorce pas, sans être victime de l'opprobre. Comment alors fuir l'acharnement de Marianne ?
Thomas a trouvé le moyen de fuir.
Pourtant il revient quelques années plus tard. C'est en Betty qu'il trouvera ce qu'il est venu chercher.
Betty, tout comme Rajiv, fait partie des fracassés, de ceux qui ont connu la malédiction de l'existence, les bannis. Ils ne ressemblent pas aux autres, alors ils se comprennent. Elle ne s'intéresse pas à ce que font les gens mais à ce qu'ils sont. Il lui raconte la prison, la folie, l'enfermement. À travers elle, il retrouve l'innocence de son existence passée, tout ce qu'on lui a pris.
Malgré cela ; « il est des naufrages dont on ne revient pas ».
Un livre qu'on ne lâche pas, qui se dévoile petit à petit et nous entraine dans ce coin de Cornouailles. On ressent l'atmosphère pesante du village. On entend les vagues qui se fracassent sur les falaises. On ressent le vent et la pluie qui nous fouettent le visage. On courbe le dos, on remonte le col de son manteau. On est balloté par les flots, tout comme Thomas, Rajiv et Betty, et on finit par comprendre que ces êtres ne sont pas si différents de nous.
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Ambages
  12 octobre 2016
Un roman difficile, dur, qui laisse parler les souffrances du passé dans ce village de pêcheurs de Falmouth en Cornouailles. On sent le vent qui souffle sur les humeurs et les ressentis, il fallait une victime. Ce sera celui qui n'aura pas la force, l'envie de lutter contre les non-dits, celui qui se sentira responsable du drame. J'ai particulièrement apprécié cette lecture. Un récit qui écorche parce qu'il va au plus profond des âmes. le narrateur accepte de se mettre à nu à son retour dans son village après des années de prison, et montre la difficulté d'être soi-même pour trouver le bonheur, pour retrouver l'envie de vivre au-delà du regard des autres. C'est dans l'épreuve qu'il trouvera un équilibre pour en repartir sans doute plus fort mais avant il devra relater, retracer son chemin depuis l'instant d'avant. Avant la perte de son enfant. Avant les silences avec son épouse. Avant les vexations dans la cour d'école. C'est avec Rajiv, un anglais tellement étranger qu'il parlera, qu'il mettra des mots et dira l'indicible. Betty viendra parfaire l'ensemble pour lui permettre de choisir son futur : une nuque sensuelle.
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Petitebijou
  03 octobre 2012
Deuxième lecture d'une oeuvre de Philippe Besson après « Son frère » que j'ai énormément apprécié, « Un instant d'abandon » a confirmé mon impression sur le talent de l'auteur, talent à trouver une juste musique à travers un style simple, accessible, mais singulier. Pourtant, j'ai été moins séduite par cet opus, car, comme je l'avais déjà observé pour « Son frère », il me semble parfois que le récit se perd dans des méandres qui affaiblissent la portée de l'histoire.
Ainsi, le personnage principal, Thomas, est extrêmement fort. Il est le narrateur, et le livre est construit en quatre parties, dont trois dans lesquelles Thomas se raconte via d'autres personnages. J'ai eu l'impression que ces personnages annexes ne sont pas assez fouillés : leur fonction consiste surtout à permettre au récit d'avancer plutôt que d'exister pleinement. Toutefois, cette réserve est une critique minime, car l'ensemble du roman vaut largement le détour.
L'action se déroule en Cornouailles, et Philippe Besson peint admirablement le décor, âpre, sauvage, insulaire, la rusticité des habitants, l'économie de gestes et de mots, le repliement sur eux-mêmes tout en formant une entité clanique de laquelle Thomas a été exclu par sa faute inexpiable. Contrairement à ce que l'on peut croire au début du roman, celui-ci n'est pas l'histoire d'une rédemption, et c'est ce qui en fait son originalité et son audace. J'aime qu'un auteur m'étonne et bouscule mon petit confort de lectrice. Et, comme dans « Son frère », Philippe Besson avance ses pions lentement mais sûrement, tout en délicatesse, et sans provocation facile. Il décrit la violence, l'horreur, avec la même dose d'humanité que les sentiments les plus tendres et plus acceptables par la communauté qui fait loi. Thomas ne revient pas chez lui pour être pardonné par ses pairs, mais pour mesurer le chemin parcouru et se retrouver. Tout au long du récit il apprend à relever la tête.
Une des autres nombreuses qualités que je trouve à ce roman est que l'auteur n'essaie pas de nous rendre Thomas sympathique. Sous bien des aspects, nous avons bien du mal à éprouver ne serait-ce qu'un minimum d'empathie pour lui. Plus encore, parfois, ses pensées peuvent nous dérouter, voire nous révulser. Mais Philippe Besson nous conte l'itinéraire d'un homme dans un moment crucial de sa vie, et ce parcours est passionnant, parce que hors du commun. Il faut dire aussi que Thomas a le courage de celui qui seul affronte le groupe avec en lui l'orgueil et la détermination du rebelle, sans pour autant posséder un ego démesuré. Mais, et je ne précise pas pourquoi pour ne pas trop dévoiler l'intrigue, il a acquis depuis peu une certaine assurance. Aura-t-il accès au bonheur, trouvera-t-il la paix ? Nous ne le saurons pas, et c'est très bien ainsi.
Voilà, le roman se termine là où il aurait pu commencer, et j'aurais aimé connaître la suite du destin de Thomas, car, comme je le soulignais auparavant, certains paramètres de l'histoire nous laissent sur notre faim, comme par exemple le personnage de Luke que j'aurais aimé davantage exploité. Mais, après tout, il vaut mieux que le désir perdure plutôt que d'être totalement assouvi. C'est pour cette raison que je ne tarderai pas à goûter à la lecture d'un troisième opus de l'auteur. J'attends la digestion de celui-ci pour m'attaquer au prochain menu, et ne manquerai pas d'en faire un compte-rendu ici même pour tous les gourmands et gourmets intéressés.
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Citations et extraits (74) Voir plus Ajouter une citation
gouelangouelan   07 juin 2015
J'ai toujours eu cet air là qui éloigne un peu, qui met à l'écart. Cette expression qu'on prend pour de la fatigue ou de l'ironie, et qui n'est ni l'un ni l'autre, que je ne saurais définir moi-même, qui est mon expression.[...]
On m'a toujours regardé avec de la pitié, ou du dédain. Le plus souvent, on ne m'a pas regardé. J'étais une quantité négligeable.
C'est sans doute que je n'aime que la périphérie, les frontières, les pourtours, les contours. Je me méfie des centres, des évidences.
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araucariaaraucaria   02 septembre 2015
"J'aurais pu me supprimer, j'y ai honnêtement pensé. C'est le courage qui m'a manqué. Au fond, je ne suis encore vivant que parce que je suis lâche."
Oui, le véritable ennemi du suicide, c'est la couardise, bien sûr. Et son bras armé, ce serait quelque chose comme le lucidité, non?
A moins que le suicide ne soit rien d'autre que quelques secondes d'une fatigue trop lourde.
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dancingbravedancingbrave   18 septembre 2012
Je suis né au milieu de l'automne, un jour de brume, un jour comme un autre, en somme. La brume, elle est là presque tout le temps. Elle recouvre tout, elle nous accompagne, elle sera là jusqu'à notre mort. Elle est notre unique certitude. Ce voile sur nos visages. Ce gris dans nos regards. Ces gouttes qui perlent sur l'avant de nos bras.
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araucariaaraucaria   01 septembre 2015
Je suis celui qu'on désigne désormais, celui qui suscite des haut-le-coeur tandis qu'il déambule au hasard des rues, dont on se détourne après lui avoir fait comprendre, par une toise appuyée, par une moue, par un haussement d'épaules, qu'il gênait.
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araucariaaraucaria   31 août 2015
Des nuages noirs formaient des ombres contre les plis de la falaise. A flanc de colline, le phare surplombait les eaux en désordre, froides et lourdes. Les bateaux rentrés au port étaient amarrés à des câbles rouillés ou tanguaient dangereusement, arrimés à des cordes rugueuses à nos mains usées. Un vent de glace lançait ses rafales le long de la jetée et s'engouffrait entre les branches des arbres nus. Il y avait cette austérité des jours de décembre, l'âpreté des matins de crachin, à quoi on est habitué par ici.
Les hommes, je les ai vus arriver par la route principale. Tranquillement. Je savais qu'ils venaient me chercher. Ils devinaient que je n'opposerais pas de résistance. Ils m'ont emmené sans qu'un seul mot ait été échangé.
Je n'avais jamais quitté Falmouth.
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Videos de Philippe Besson (73) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Philippe Besson
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