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EAN : 9782812601859
336 pages
Editions du Rouergue (01/02/2011)
3.61/5   14 notes
Résumé :
Au début des années 1960, un enfant est déchiré entre ce que son grand-père lui apprend, l’amour et le respect de la nature, et ce que son père, agriculteur qui utilise les premiers pesticides, voudrait pour lui. Une fois adulte, il devient fonctionnaire et s’installe à Paris. Puis revient au pays, planter des arbres et faire revivre l’esprit de son aïeul.
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Critiques, Analyses et Avis (4) Ajouter une critique
L'ouvrage s'ouvre sur le récit de la mort d'Antonine, la grand-mère du héros, jeune garçon prénommé Alain qui vit avec sa famille dans un tout petit village de l'Aveyron, où l'on survit de l'agriculture. L'enfant est très proche de son grand-père, Antoine, qui vient habiter chez ses enfants après le décès de sa femme dans les années 1960.
Le thème de l'ouvrage est lancé lors du repas de neuvaine qui réunit la famille et les voisins : l'achat par le gendre de matériel ultramoderne pour faire tourner la ferme. On assiste à une rencontre des anciens et des modernes, des petits propriétaires et des futurs grands exploitants. Les dés sont jetés et l'on devine que les plus hardis à la modernisation mangeront ceux qui n'ont ni l'envie, ni les moyens de se lancer dans la course à la mécanisation à outrance, la refonte totale du cheptel pour améliorer les rendements laitiers, le rejet des variétés locales de fruitiers qui ne rapportent pas assez et dont le goût n'est plus à la mode.
L'enfant grandit, encouragé dans ses études par un grand-père attentif et attachant qui lui explique le monde avec une patience infinie. Alain constate, plein de chagrin, l'écart grandissant entre ce grand-père adoré et ses parents qui ne songent qu'à l'agrandissement de leur exploitation et la mécanisation de leurs outils, au grand dam du vieux paysan qui trouvait le temps d'allier les beautés du paysage et la sauvegarde des variétés locales : les Aubrac, les pommiers...
Le fossé creusé par l'entêtement du gendre surnommé Méca, par ses voisins jaloux, voire mal attentionnés, deviendra un gouffre insurmontable le jour où pour faire passer des engins agricoles monstrueux, les enfants trahiront le grand-père avec l'aide du maire en acceptant la destruction d'une allée de pommiers qui débordaient sur la route et embellissaient le paysage au printemps.
Antoine décédé, Alain passe des concours pour devenir fonctionnaire des Postes, au grand désarroi de son père qui pensait que son fils prendrait sa suite. le héros vit à Paris, sans réelle ambition professionnelle pendant de nombreuses années avant de revenir habiter la vieille maison de son aïeul et de vivre sur l'exploitation de son père mort écrasé sous son tracteur. Il replante les variétés anciennes de pommiers et vend les fruits sur les marchés aux néo ruraux.
Cet ouvrage, par le biais du récit romancé, aborde le thème du retour à la terre d'un descendant naturel de paysan qui a refusé successivement :
• le travail de la terre, la vie au pays, à la ferme.
• La mécanisation.
• La médiocrité d'une vie en ville et un travail sans objectif autre que le rendement sous la coupe de petits chefs aigris.
pour comprendre enfin où était sa place, sa vie et ce qu'il pouvait faire de ce que son grand-père lui avait appris et transmis.
L'auteur connaît bien son sujet : l'ouvrage se lit avec intérêt et atteint l'universel par la description minutieuse des sentiments des uns et des autres (relations des paysans entre eux et relations avec les gens de la ville), des coutumes locales (les fêtes, les repas).
La langue est riche, bien qu'ancré dans le terroir (il y a des mots en occitan, toujours traduits) et précise : l'auteur connaît les termes techniques de la campagne et les utilise à bon escient.
La nature est omniprésente, n'est pas magnifiée : l'auteur décrit certes les beautés du paysage ; il n'en oublie pas pour autant la rudesse de la vie campagnarde et la solitude de l'homme qui doit apprendre à composer avec cette nature pour ne pas être dévoré par elle. Comme la mer, elle est la plus forte et elle brise l'homme qui n'est pas respectueux de son milieu (la mort du père).
L'auteur a su nous faire pénétrer dans un monde qui évolue : la vie du héros est bouclée quand, enfin, il est en accord avec lui-même (il se sent en paix) et rend hommage à son grand-père en développant pour les autres ce que le vieil homme avait toute sa vie durant créé.
C'est un livre magnifique, pas simplement de terroir comme on aurait peut-être tendance à le cantonner : il décrit l'évolution de la société tout entière au 20ème siècle.
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Alain est fils et petit fils d'agriculteurs. Dans cette Aveyron des années soixante ou la modernisation de l'agriculture est en plein essor, difficile pour lui de choisir son camp entre Antoine, son grand-père attentionné, qu'il admire et qu'il lui apprend les saisons, la nature et les traditions, et Frédéric, son père, pour qui la modernisation de l'agriculture est un cheval de bataille, quitte à laisser en chemin de nombreuses traditions. le jeune garçon comprend la détresse de son aïeul et souffre de le voir ainsi démuni face au progrès. D'autant plus que lorsque Frédéric décide d'acheter des terres afin d'agrandir l'exploitation, la famille ne se fait pas que des amis dans le village..
Un roman sobre et rugueux, comme ont du l'être la vie des paysans à cette époque de changement, de métamorphose du monde agricole
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C'est un roman "historique" dans la mesure où il met en scène une famille dont le jeune garçon, dans les années 60 , se sent tiraillé entre les traditions paysannes transmises par son grand-père et l'appel du modernisme vers lequel tendent ses parents. L'écriture est très belle, et se lit avec beaucoup de plaisir.
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Très beau roman qui me rappelle une réflexion de mon frère "je suis libre mais je la paie chère ma liberté"
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
Des oiseaux nocturnes attardés s'enfuient dans les haies parce qu'un rayon de soleil les surprend. Un peu au-dessus de nous sur le versant, les bogues de châtaignes chutent au hasard de leur fatigue. Elles font un bruit mat sur les sous-bois mouillés de rosée.
Il y a le sucré léger de l'air qui s'attiédit déjà. Il y a le ciel de saphir pur, où flânent quelques queues effilées de cirrus
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Il a prononcé ces mots en riant, mais avec de la gravité dans les yeux, comme s'il redoutait que cet espoir épicurien mécontente quelque dieu punisseur, qui s'intéresserait tout à coup aux hommes trop heureux ou simplement désireux de déguster en paix le nectar de leurs souches, qu'ils se sont crevés à fumer, à piocher, à émonder, à sulfater.
Dans sa jeunesse, Antoine Nouvel a défoncé la caillasse à la marre pour planter les jeunes ceps. Maintenant il jouit doucement du bouquet de son petit vin.
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Le progrès... Le grand mot est lâché ! Combien de discussions interminables et passionnées ai-je déjà entendues sur ce sujet, à la foire, à l'auberge ou au cours d'une veillée, à brasser des idées, des affirmations définitives, des chiffres et des mots ?
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La lune monte lentement. Elle laisse tomber sur la campagne son habituel regard indifférent. Ce début de nuit-là, elle dispense des reflets mornes d'étain. Les nuages voyagent, en grosses floches paresseuses. Comme des paupières évanescentes ils font cligner le gros oeil céleste.
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À ses yeux, un enfant doit peu à peu percevoir la sécheresse ou l humidité de l air, les centaines d odeurs qui l entourent. Il ne cesse de me faire remarquer chaque fragrance quand nous parcourons ensemble les champs et les chemins.
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