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ISBN : 2876788403
Éditeur : L'Aube (19/03/2003)

Note moyenne : 4.2/5 (sur 47 notes)
Résumé :

" A 18 ans, Nadia aime la beauté, l’amour, la vie, la mer… Elle se brisera sur de terribles récifs. “ Une écriture sobre, économe jusqu’à l’épure, confère à cette saison dans la vie d’une jeune Algérienne une saisissante force symbolique. ” Claire Etcherelli, écrivain.
Nadia , l’héroïne, jeune, belle, frémissante devant les promesses de la vie et rebelle déjà au destin qu’on lui impose. Salim et ses 15 ans, la petite sœur Fériel, et surtout Djamel... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
dido600
  28 juin 2016
Au commencement était la mer… Titre incomplet, les trois points de suspension l'attestent. Il annonce un début d'une histoire qui ne pourrait être que passionnante. Ce qui oblige le lecteur à lire jusqu'à la dernière page le récit pour prendre connaissance de l'épilogue. S'il y a un commencement, il faut bien qu'il y ait une fin, aussi tragique soit-elle comme dans le cas de Nadia, héroïne de ce roman. le choix du titre est délibéré. "La mer, c'est leur histoire. Au commencement était la mer…" [2] D'où est extrait le titre du roman. Une grande partie du récit se déroule au bord de la plage où résident Nadia et sa famille. Cet espace ouvert (qui est l'envers de la maison, espace fermé) sur le monde et sur les autres est un endroit idéal pour faire des rencontres, échanger avec les autres mais aussi tomber amoureux. Il procure une sensation de liberté, de bien-être et donne une impression d'évasion où l'adolescente Nadia s'oublie et donne libre cours à ses rêves de jeune fille.
C'est un titre énigmatique aux relents de suspens, conjugué à sa forme et à sa structure en bribes, en petits morceaux éclatés mais qui une fois réunis, constituent l'histoire complète de Nadia, l'héroïne. A travers cette fiction, Maïssa Bey retrace la vie et le parcours d'un individu féminin à l'ombre d'un individu masculin. En voulant s'affranchir, construire sa propre vie et son propre destin, elle se heurte à des tourments inattendus qui brisent ses rêves et ses créations parce qu'elle voulait être distincte du voisinage et du collectif. L'auteur ne condamne jamais, elle ne fait que constater, poser des questions, soulever des interrogations à travers les péripéties de Nadia.
Après la mort de son mari tué lors de la guerre d'Algerie (1954-1962), la mère de Nadia occupe le logement de son frère Omar, situé sur la côte algéroise, butin de la colonisation. Faute d'avoir son propre logement, cette famille se contente d'occuper momentanément celui de l'oncle en attendant des jours meilleurs. C'est l'Algérie qui recycle son passé colonial sous une autre forme en attendant de se reconstruire et de s'approprier ses propres valeurs. Faute de mieux, elle se contente de s'installer sur les décombres de la colonisation qu'elle avait chassée. Comme quoi, les séquelles de l'occupation sont vivaces et se manifestent sous plusieurs formes. Il faudra beaucoup de temps pour que les plaies se cicatrisent.
La mer : "Symbole de la dynamique de la vie. Tout sort de la mer et tout y retourne ; lieu des naissances, des transformations et des renaissances. Eaux en mouvement. La mer symbolise un état transitoire entre les possibles encore informels et les réalités formelles, une situation d'ambivalence, qui est celle de l'incertitude, du doute, de l'indécision et qui peut se conclure bien ou mal. de là vient que la mer est à la fois l'image de la vie et celle de la mort ".[3] La mer est aussi, dans ce roman l'opposé de la maison, en ce sens qu'elle représente un espace ouvert par rapport à la maison qui, elle, est fermée sur elle-même et sur les autres.
La mer est en relation aussi avec la mère : "Le symbolisme de la mère se rattache à celui de la mer, comme à celui de la terre, en ce sens qu'elles sont les unes et les autres réceptacles et matrices de la vie.
La mer et la terre sont les symboles du corps maternel […] On retrouve dans ce symbole de la mère, la même ambivalence que dans ceux de la mer et de la terre : la vie et la mort sont corrélatives. Naître, c'est sortir du ventre de la mère ; mourir, c'est retourner à la terre" [4].
La mère de Nadia, qui n'a jamais été nommée, symbolise ici le monde de la résignation, de la soumission aux rituels figés et stériles, le monde de la fatalité féminine. Elle est réduite à exécuter des actes mécaniques, des réflexes involontaires : "La mère est depuis longtemps enfermée dans un monde d'où les rêves et les emportements sont exclus. " [5]
L'autre mère, celle de Karim ; l'apprenti bourgeois : "…Cette dame respectable dont il (Karim) a si souvent parlé à Nadia qu'il lui semble la connaître, l'a rejetée avant même de l'avoir vue." [6] Dans les deux cas, la mère est, par excellence, cet opposant invétéré à l'épanouissement individuel de Nadia, donc de sa progéniture féminine; un obstacle supplémentaire sur le chemin de la vie, pleine d'embûches par ailleurs.
En plus, le parcours de Karim est déjà arrêté, son avenir tracé. Même la femme qu'il doit épouser est probablement repérée ; ce ne sera pas Nadia, c'est connu, Karim le savait aussi
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aouatef79
  16 décembre 2018
"Au commencement était la mer ..."est un roman de Meissa Bey .Cette dernière est connue pour ses positions en tant que défenseur des droits de la femme . Elle est pour sa liberté , ses droits dont surtout le droit de vivre comme elle veut et comme elle l'entend .Elle est pour son droit de choisir sa vie .
L' héroïne du roman, Nadia , est une jeune algérienne de dix-huit printemps . Elle est comme une rose qui vient d'éclore : elle est belle ,elle aime de tous ses pores la vie . Elle aime comme toute jeune fille et veut connaître le vrai amour .Elle fait la rencontre d' un jeune homme , Karim .
A la mort de son père , son frère aîné est devenu le maître de toute la famille et sans lui rien ne peut se faire .Il est contre toute ouverture et pour lui : la femme doit rester à la maison et attendre son "mektoub" c'est-à-dire attendre qu'on vient la demander en mariage .
Nadia réalisera-t-elle son rêve et vivre sa vie à elle ? le pari est difficile pour tout un tas de raisons dont le climat social avec la montée de l'intégrisme .
Beau roman de Meissa Bey qui use d' une écriture bien ciselée .

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IreneAdler
  25 septembre 2014
Aimer, rire, découvrir, rien de tout cela n'est facile en Algérie, à l'époque du GIA et de la montée de l'islamisme. C'est pourtant ce qu'osera faire Nadia, bravant son frère aîné et les règles de plus en plus strictes et enfermantes d'une minorité armée et violente.
Nadia est l'image d'une Algérie jeune, délivrée du colonisateur, en pleine adolescence mais déjà revenue du communisme local, vecteur d'inégalités criantes également. Elle sera malheureusement la proie facile d'un islam radical venu du désert et prétendant ramener la société à sa pureté religieuse originelle.
Un texte fort, prenant, baigné par la mer et le soleil. Un récit traversé par un espoir insensé, porté par l'amour. le portrait d'une société tiraillé entre modernité et traditions, pas toujours pour le bien de ses enfants.
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mguy
  09 janvier 2011
Ce livre se situe dans une Algérie menacée par les Islamistes. Une jeune fille, Nadia, tente de vivre sa vie dans un monde de plus en plus intolérant vis à vis des femmes. Petit à petit, elle va s'éloigner de son frère aîné, qui adopte la mentalité extrémiste.
Maïssa Bey, avec beaucoup de pudeur, dénonce les humiliations et l'oppression faite aux femmes dans cette Algérie intolérante. Son personnage incarne toutes les victimes de l'extrémisme de ces pays. À lire, c'est bouleversant.
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Ulysse1990
  19 août 2011
L'écriture de Maïssa Bey dans « Au commencement était la mer… »
Romancière et nouvelliste algérienne de graphie française, Maïssa Bey naît en 1950. Elle obtient en 1998 le Prix de la Société des Gens de Lettres, et celui des Libraires Algériens en 2005.
Paru en 1996 aux éditions de Marsa, le premier roman de Maïssa Bey « Au commencement était la mer… ». Il s'agit alors d'une histoire d'amour qui conduit Nadia, la jeune fille taquinée et attaquée continuellement par son frère, à être facilement proie et victime.
« Elle se dit (Nadia), une histoire d'amour sur fond de mort, quelle belle histoire ! Qui des deux l'emportera ? Mais déjà, déjà dans le mot amour, il y a presque toutes les lettres de la mort p46 », c'est ainsi que le narrateur qualifie cette histoire qui se déroule à Alger, dans une période où cette ville est attaquée brutalement par le spectre de la violence.
Cependant, ce qui fascine parfaitement le lecteur dans ce roman, c'est l'écriture purement artistique de Maïssa Bey puisque le style y est bien travaillé : une écriture si soignée, si ornée, qu'énormes figures de styles y essaiment différemment et qu'on en rencontre parfois deux ou trois dans un même paragraphe, plutôt dans une seule phrase.
En plus, c'est une écriture « économe » contrairement à celle de Marcel Proust, puisque les phrases sont très courtes. Et l'on rencontre brusquement des phrases et même des paragraphes tissés par un mot tout seul.
En somme, si le lecteur lisait minutieusement ce chef-d'oeuvre obsédé par la couleur blanche, des phrases resteraient gravées à vie dans sa mémoire. Ainsi qu'il visiterait la plage sans y aller et laisser l'empreinte de ses pas sur le rivage. Notamment qu'il éprouverait la peur extrême d'une période marquée par la violence des hommes, sans voir réellement les flaques du sang et les corps injustement déchiquetés.
Enfin, c'est un roman où se mêlent les deux couleurs inévitables de la vie : le bonheur et la tristesse. C'est en effet un roman d'où le lecteur sortirait fasciné et ébloui par l'écriture de Maïssa Bey qui vient de publier, aux éditions de Barzakh, son dernier roman « Puisque mon coeur est mort ».
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Citations et extraits (15) Voir plus Ajouter une citation
OrpheaOrphea   04 mai 2010
Délit d'aimer et surtout, de le dire, de le faire, de le chanter ou de l'écrire !
Délit de penser, de rêver, d'espérer un autre monde où les bonheurs les plus simples seraient possibles, où les hommes et les femmes, ensemble, rendraient grâce à Dieu de l'immense, de l'incroyable beauté d'une terre chaque jour un peu plus ravagée par la folie des hommes.
Délit enfin d'être une femme et d'éclabousser par sa seule présence, sa seule existence, la pureté terrifiante du monde qu'ils veulent bâtir sur des ruines fumantes.
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OrpheaOrphea   13 février 2011
Alger. Cité des 1200 logements. Quelque part à la périphérie de la ville.
De là, la mer furtivement entrevue n'est plus qu'une flaque immobile, inutile, et les bateaux en rade ne font même plus rêver de voyages.
Pour ceux de la cité, l'été, c'est un bloc d'ennui et de chaleur tout ensemble. L'ennui que l'on traîne le long de jours interminables, que vainement l'on essaie de tromper, que pas un souffle d'air ne vient distraire. Des journées qui s'additionnent, exactement semblables, et l'on n'ouvre pas les fenêtres, histoire de ne pas voir le soleil qui désespérément s'attarde sur la ville.
Alger autrefois blanche s'abandonne à l'inertie sous un ciel insupportablement bleu.
Alger se redécouvre bardée de chars et de militaires en treillis.
Alger se réveille en sursaut au bruit des détonations qui déchirent le silence de ses nuits.
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OrpheaOrphea   04 mai 2010
Enfermé dans la chambre qu'il ne veut plus partager avec son frère, Djamel écoute des cassettes. Étranges paroles. Sans musique.
Paroles de haine et de violence. Martelées plutôt que dites par des prédicateurs aux accents passionnés et incendiaires. En écoutant une cassette subtilisée un jour, Nadia a entendu des imprécations, des diatribes contre LA femme. Contre sa perversion originelle. En termes crus, choquants, si suggestifs parfois qu'elle en rougissait , alors même qu'elle était seule. Propos publics, ponctués par des acclamations enflammés d'un auditoire envoûté.
Nadia a peur.
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OrpheaOrphea   04 mai 2010
Que de filles avant elle ont parcouru ce chemin !
Oh non, elle n'est pas seule !
Il faut faire vite, très vite, disent-elles. Agir le plus tôt possible. Arracher cette boule d'angoisse, de chair et de sang qui grandit en elle, qui se nourrit d'elle.
L'espoir existe. Il a le visage généreux de ces femmes inconnues.
Nadia tout à coup se sent forte. Forte de tout leur courage, de toute leur volonté. De la volonté contagieuse qu'insufle l'espoir tissé par ces femmes anonymes. Se battre. Ne pas abdiquer.
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OrpheaOrphea   04 mai 2010
La nuit, les yeux ouverts, Nadia écoute. Elle écoute la mer.
La mer monte en elle comme un lent désir. Un halètement. Battements réguliers des vagues contre son corps bercé comme aux premiers jours. Plus loin encore.
Et lorsque enfin elle s'endort, la mer encore berce ses rêves.
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Vidéo de Maïssa Bey
Maïssa Bey : "Je me suis libérée au moment où j'ai commencé à écrire".
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