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ISBN : 2752604475
Éditeur : L'Aube (13/03/2008)

Note moyenne : 4/5 (sur 24 notes)
Résumé :
" C'est la première fois que Maïssa Bey trouve les mots pour parler de son père, instituteur tombé sous la torture en 1957.

Sylvie Tanette, Lire.

"Dureté et sobriété de ce petit livre de pierre. Il nous ouvre un peu mieux le coeur du monde arabe. Il n'y a pas de pardon chez Maïssa Bey, mais il n'y a pas de haine non plus. Il y a de l'art, ce qui n'est pas mal."

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Critiques, Analyses et Avis (10) Voir plus Ajouter une critique
MicheleP
  24 septembre 2012
Très beau livre, très intime, très personnel. le père de Maïssa Bey, instituteur, a été arrêté pendant la guerre d'indépendance, et est mort, vraisemblablement sous la torture. de cette immense soufrance de petite fille, Maissa Bey, le jour où elle a enfin réussi à en parler, tire un livre étrange et généreux : trois personnages se retrouvent dans un compartiment de train : une femme qui ressemble à la narratrice, une jeune fille qui voudrait savoir comment c'était, ce qui se passait à cette époque dans l'Algérie de ses grands parents et un homme âgé, qui l'a faite comme appelé, cette sale guerre.
L'homme et la femme racontent leur Algérie à la jeune fille et, ce faisant, la femme revient sur son passé, revit et évoque cette mort enfouie au fond de sa souffrance. A la fin, on comprend, et le viel homme comprend, qu'il a été, à son corps défendant, bien sûr, et parce que c'était comme ça, l'un des tortionnaires du jeune instituteur.
Un livre lumineux et pudique d'humanité et de pardon
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dido600
  01 juillet 2016
La voix des hommes libres s'est élevée
Elle clame l'indépendance
De la patrie
Je te donne tout ce que j'aime
Je te donne ma vie
O mon pays... ô mon pays”
L'origine du propos
1957. Maïssa Bey a six ans. Son père succombe sous les “interrogatoires” des soldats français. On ne rendra pas le corps à la famille.
2002. Maïssa Bey devenue écrivain achève un impensable travail de mise au jour de sa mémoire. Elle ose écrire la mort inacceptable, la confrontation avec la figure de l'assassin. Avec sérénité, hauteur, lucidité, elle enterre le corps disparu de son père. A notre tour, nous voici orphelins.
Une femme est assise dans un train. Un homme prend place en face d'elle. L'homme a vu l'étiquette de sa valise. Elle vient d'Algérie. Lui... C'est un Français qui a connu l'Algérie. Autrefois. Il a l'âge qu'aurait le père de la femme. Elle se laisse entraîner dans un dialogue qu'elle ne préméditait pas. Ce Cet échange est une enquête, menée le coeur battant. Prise d'une envie irrépressible d'affronter son passé, la femme ira au bout de son désir de clarté.
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choupynette
  05 décembre 2011
Dans un train qui la mène vers Marseille, la narratrice (l'auteure) voit entrer dans son compartiment un homme relativement âgé, puis une jeune fille. Réticente, elle ne veut pas que la conversation s'engage. Elle est perdue dans ses pensées amères sur son exil d'Algérie, suite aux horreurs perpétrées par les Islamistes dans les années 90. Son pays sera-t-il jamais libéré du sang et des massacres? Dira-t-on autre chose que "c'était un beau pays"?
Puis, au fil de la conversation hâchée qui s'établit dans ce compartiment, il s'avère que l'homme était stationné dans le village où le père de la narratrice était instituteur...
Alternant récit du voyage dans le train et souvenirs du militaire lorsqu'il était en Algérie, Maïssa Bey retrace avec beaucoup de pudeur, mais avec lucidité, la fin tragique de son père, victime des interrogatoires et de la corvée de bois. Un père dont elle n'a presque aucun souvenir. Juste une photo.
Un texte très fort, qui à travers trois personnages "typiques" évoque la guerre d'Algérie, ses conséquences sur les individus, bourreaux ou victimes, et les séquelles qui persistent, des dizaines d'années plus tard. Lui, c'est le militaire, pris malgré lui dans l'engrenage, qui n'approuve pas, loin de là, mais qui doit "obéir". Elle, la fille orpheline d'un instituteur résistant, exilée à cause des Islamistes. L'adolescente, enfin, petite-fille de Pieds noirs, dont le grand-père ne parle jamais des "évènements", et qui ne sait donc pas de quoi il retourne.
Un court texte, prenant et qui ne tombe pas dans le pathos ou l'accusation, la revanche. Un livre d'une grande pudeur à lire, et à mettre entre toutes les mains.
Lien : http://ya-dla-joie.over-blog..
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Malice
  04 juillet 2013
J'ai eu envie de lire ce livre après avoir vu le film en 2003 des "Belles étrangères" Maïssa Bey parlait de ce livre. Son récit dans le film à propos de son père était boulversant, son témoignage transperçait l'écran. C'est un récit court intense , émouvant, bien construit. Bonne idée d'avoir choisi un train lieu clos.
L'auteur installe ses personnages, son récit est construit comme une pièce de théâtre. La rencontre dans un train français (le lieu) de personnages dont les destins vont se croiser .
La narratrice, algérienne réfugiée en France, tentant d'échapper à ses démons. Elle est entrain de lire un livre "Le liseur" de Schlink
Elle pense à son père, instituteur à Boghari, torturé et tué lors de la guerre d'indépendance. le souvenir de cette époque est marqué en italique. Récit intérieur les événements de la guerre d'Algérie, le drame, la douleur.
En face d'elle : un homme de soixante ans, rongé lui-aussi par son passé. Il était médecin militaire... à Boghari. Pendant la guerre d'indépendance. L'ancien bidasse se rappelle de l'instituteur au visage et aux lunettes rondes qu'il a croisé avant sa mort. Une jeune fille qui n'a pas connu cette période, petite fille de pied noir et donc elle se mêlera à la conversation entre l'homme et la femme. le grand-père de la jeune fille a bien vécu en Algérie et lui aussi à fait la guerre. Entre ces trois personnes, un dialogue va s'installer en crescendo, pour finir sur la douleur d'une époque dur la guerre et ses cruautés aussi bien du côté algérien que français.
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Garoupe
  07 janvier 2016
Après Daesh dans « le français » de Julien Suaudeau et la guerre en Irak dans « Chronique des jours de cendre » de Louise Caron, voici « Entendez-vous dans les montagnes… » de Maïssa Bey sur la guerre d'Algérie.
Ce livre est une auto-fiction : Maïssa Bey y raconte à travers un personnage fictif la mort de son père, torturé puis assassiné par des militaires français en 1957. Par le truchement de cette mise en scène à huis clos dans le compartiment d'un train, enécrivaznt à la troisième personne du singulier, Maïssa Bey essaye d'introduire un peu de distance par rapport à son histoire pour en rendre compte de façon, non pas détachée, cela serait impossible et oterait tout sa puissance au livre, mais objective. Elle n'en est que plus poignante.
Une femme prend le train, en France. Elle est d'origne algérienne. Elle partage son compartiment avec un homme et une jeune femme. La part de fiction que Maïssa Bey projette dans son livre lui permet de faire de ce huis clos une rencontre improbable entre elle-même, fille de fellaga, un ancien militaire français en poste dans son village pendant la guerre et une petit-fille de pied noir : trois protagonistes de la guerre à travers trois générations et trois antagonismes.
A partir de l'instant où la scène est définitivement plantée et claire pour le lecteur, Maïssa Bey ne lâche plus le lecteur. Avec des phrases souvent inachevées, avec des allers-retours entre présent et souvenirs, elle prend le lecteur par les tripes et ne lui laisse aucun répit, aucun repos et l'emmène avec ses personnages sur les chemins de la mémoire, de l'expiation, de la compréhension mais jamais ceux du pardon ou de l'excuse.
La guerre d'Algérie devient sou la plume de Maïssa Bey une affaire de convictions pour les uns, d'obéissance aveugle pour les autres et de fantômes du passé pour les derniers. En convoquant ces trois visions de la guerre d'Algérie, aucune ne cherchant vraiment à légitimer les actes qu'elle a induit, Maïssa Bey rend avant tout l'être humain responsable de ce qui s'est passé : culpabilité, remords, passivité, soumission, dédain, autant de faiblesses qui mises bout à bout conduisent aux pires atrocités.
A coup de conversations dans lesquelles les personnages ne finissent que rarement leurs phrases, Maïssa Bey fait passer autant de choses dans ses mots que dans ses silences, que dans les non-dits, mélangeant souvenirs, angoisses, peurs de ses protagonistes. C'est un livre touchant sans être larmoyant, dur sans oublier la part d'humanité en chacun de nous…

Lien : http://wp.me/p2X8E2-yT
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Citations et extraits (3) Ajouter une citation
SaraGagaSaraGaga   23 juillet 2015
C'est vrai, comment dire ? Les Arabes ? [...] il est difficile de ne pas y voir des relents de racisme. Mais après tout, on a toujours eu besoin de classifications pour les espèces vivantes, aussi bien animales qu'humaines. Alors pourquoi ne pas désigner des hommes par leur race ? Ou par leur religion, même si beaucoup s'en sont éloignés ? On peut varier en précisant l'appartenance à un peuple, un groupement humain, une région, une tribu. Il faut avoir des repères pour situer quelqu'un ! Pourquoi serait-ce insultant ? L'insulte serait-elle contenue dans le mot, ou seulement dans l'intention, ou encore dans la représentation que l'on a de la race, du groupe ainsi désigné ?
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SaraGagaSaraGaga   23 juillet 2015
[...] Dans la guerre, dans toutes les guerres, l'ennemi a toujours le même visage. Le visage de notre propre mort. Et personne ne peut supporter de se retrouver confronté à sa propre mort. Il faut donc anéantir celui qui nous fait face, parce qu'il sécrète notre peur, que nous nous reconnaissons en lui - qu'il se reconnaît en nous. Et c'est cette image de nous-mêmes que nous voulons supprimer.
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SaraGagaSaraGaga   23 juillet 2015
Seuls les épithètes changent : guerre de religion, grande guerre, guerre de libération, guerre d'occupation, guerre civile... et quel que soit le côté où l'on est, il faut toujours se convaincre que c'est le bon côté, la bonne cause, et que la violence, les violences sont parfois nécessaires... [...] Les champs de bataille sont toujours jonchés de héros...
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Vidéo de Maïssa Bey
Maïssa Bey : "Je me suis libérée au moment où j'ai commencé à écrire".
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