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EAN : 9782752604477
71 pages
Éditeur : L'Aube (13/03/2008)

Note moyenne : 3.92/5 (sur 30 notes)
Résumé :
" C'est la première fois que Maïssa Bey trouve les mots pour parler de son père, instituteur tombé sous la torture en 1957.

Sylvie Tanette, Lire.

"Dureté et sobriété de ce petit livre de pierre. Il nous ouvre un peu mieux le coeur du monde arabe. Il n'y a pas de pardon chez Maïssa Bey, mais il n'y a pas de haine non plus. Il y a de l'art, ce qui n'est pas mal."

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Critiques, Analyses et Avis (12) Voir plus Ajouter une critique
aouatef79
  02 septembre 2019
Quelque part en France .Un train roulait vers Marseille .Dans un compartiment se trouvent trois personnes : une femme qui est aussi la narratrice .Cette dernière est en face d 'un homme d 'un certain âge .Se trouve également avec eux une jeune et dynamique fille qui a placé dans ses oreilles les écouteurs d 'un walkman .
De la discussion qui s 'établit entre la femme et l 'homme , nous apprenons que la femme n 'a pas connu son père . Ce dernier a été pris au cours d 'une nuit de l 'année 1957 par les soldats de l 'armée coloniale stationnés dans le douar de Boghar .Il a été amené vers un centre de détention et de torture .Ce centre est connu comme un sinistre lieu et les détenus qui y entrent ne sont pas sûrs de sortir vivants .
L 'homme s 'est ouvert à la femme pour lui apprendre qu'il
était un médecin militaire .Il lui a dit qu 'il a servi dans ce centre . Il lui rappelle quelques souvenirs de son père : il avait un visage rond et portait des lunettes .Le père est probablement mort après deux jours de torture inhumaine .
On ressent l 'attitude du bidasse devant la femme éplorée .Comment va-t-il justifier ce qu 'il a fait ? Que c 'est
la guerre et qu 'il l a faite à son corps défendant .Et qu 'il a
exécuté les ordres et qu 'il regrette ce qui s 'est passé .
Un roman fort .Âpre .Dur .Chez Meissa Bey , on ne sent ni
haine ni rancune ni désir de vengeance .Un roman tout en
pudeur et retenue .





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nadiouchka
  07 juillet 2020
Écrivaine algérienne, Maïssa Bey (nom de plume Samia Benameur) a mis deux ans pour parvenir à nous raconter, dans un petit livre, la mort de son père, en 1957, torturé pendant la Guerre d'Indépendance. Maïssa avait sept ans. C'est donc dans « Entendez-vous dans les montagnes... » qu'elle a réussi à livrer un ouvrage fort, non seulement par la sobriété, mais aussi par l'absence de haine….
On lit un huis-clos dans un train qui emmène Maïssa vers Marseille. Elle voit arriver trois personnages qui s'installent chacun dans son coin mais qui vont rapidement s'entretenir.
Pour citer les personnages, ce sont :
* La narratrice (Maïssa Bey) qui est algérienne et ne veut plus avoir à entendre ou voir les horreurs de son pays, celles perpétrées par les Islamistes.
* L'homme a été médecin militaire en Algérie.
* La jeune Marie qui écoute pour en apprendre un peu plus.
« Personne n'est sorti indemne de cette guerre ! Personne ! Vous entendez !
L'exclamation résonne comme le bruit d'une porte qui claque. Il a brusquement haussé le ton, comme s'il voulait la convaincre,, la faire taire peut-être. Mais est-ce bien là le seul objet de sa colère ? »
Dans ce récit-témoignage, on ressent la tension mêlée à l'émotion, de ce passé que Maïssa a gardé longtemps en elle.
Son style est léger, fluide. Les phrases sont courtes. Et c'est ainsi, dans cet ouvrage émouvant, que Maïssa Bey a donc confirmé tout son talent avec son souci d'humanité et qu'elle nous donne une leçon magistrale.
Petite critique pour un livre petit par sa taille mais si grand pour l'émotion qu'il nous donne.
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MicheleP
  24 septembre 2012
Très beau livre, très intime, très personnel. le père de Maïssa Bey, instituteur, a été arrêté pendant la guerre d'indépendance, et est mort, vraisemblablement sous la torture. De cette immense soufrance de petite fille, Maissa Bey, le jour où elle a enfin réussi à en parler, tire un livre étrange et généreux : trois personnages se retrouvent dans un compartiment de train : une femme qui ressemble à la narratrice, une jeune fille qui voudrait savoir comment c'était, ce qui se passait à cette époque dans l'Algérie de ses grands parents et un homme âgé, qui l'a faite comme appelé, cette sale guerre.
L'homme et la femme racontent leur Algérie à la jeune fille et, ce faisant, la femme revient sur son passé, revit et évoque cette mort enfouie au fond de sa souffrance. A la fin, on comprend, et le viel homme comprend, qu'il a été, à son corps défendant, bien sûr, et parce que c'était comme ça, l'un des tortionnaires du jeune instituteur.
Un livre lumineux et pudique d'humanité et de pardon
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dido600
  01 juillet 2016
La voix des hommes libres s'est élevée
Elle clame l'indépendance
De la patrie
Je te donne tout ce que j'aime
Je te donne ma vie
O mon pays... ô mon pays”
L'origine du propos
1957. Maïssa Bey a six ans. Son père succombe sous les “interrogatoires” des soldats français. On ne rendra pas le corps à la famille.
2002. Maïssa Bey devenue écrivain achève un impensable travail de mise au jour de sa mémoire. Elle ose écrire la mort inacceptable, la confrontation avec la figure de l'assassin. Avec sérénité, hauteur, lucidité, elle enterre le corps disparu de son père. A notre tour, nous voici orphelins.
Une femme est assise dans un train. Un homme prend place en face d'elle. L'homme a vu l'étiquette de sa valise. Elle vient d'Algérie. Lui... C'est un Français qui a connu l'Algérie. Autrefois. Il a l'âge qu'aurait le père de la femme. Elle se laisse entraîner dans un dialogue qu'elle ne préméditait pas. Ce Cet échange est une enquête, menée le coeur battant. Prise d'une envie irrépressible d'affronter son passé, la femme ira au bout de son désir de clarté.
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choupynette
  05 décembre 2011
Dans un train qui la mène vers Marseille, la narratrice (l'auteure) voit entrer dans son compartiment un homme relativement âgé, puis une jeune fille. Réticente, elle ne veut pas que la conversation s'engage. Elle est perdue dans ses pensées amères sur son exil d'Algérie, suite aux horreurs perpétrées par les Islamistes dans les années 90. Son pays sera-t-il jamais libéré du sang et des massacres? Dira-t-on autre chose que "c'était un beau pays"?
Puis, au fil de la conversation hâchée qui s'établit dans ce compartiment, il s'avère que l'homme était stationné dans le village où le père de la narratrice était instituteur...
Alternant récit du voyage dans le train et souvenirs du militaire lorsqu'il était en Algérie, Maïssa Bey retrace avec beaucoup de pudeur, mais avec lucidité, la fin tragique de son père, victime des interrogatoires et de la corvée de bois. Un père dont elle n'a presque aucun souvenir. Juste une photo.
Un texte très fort, qui à travers trois personnages "typiques" évoque la guerre d'Algérie, ses conséquences sur les individus, bourreaux ou victimes, et les séquelles qui persistent, des dizaines d'années plus tard. Lui, c'est le militaire, pris malgré lui dans l'engrenage, qui n'approuve pas, loin de là, mais qui doit "obéir". Elle, la fille orpheline d'un instituteur résistant, exilée à cause des Islamistes. L'adolescente, enfin, petite-fille de Pieds noirs, dont le grand-père ne parle jamais des "évènements", et qui ne sait donc pas de quoi il retourne.
Un court texte, prenant et qui ne tombe pas dans le pathos ou l'accusation, la revanche. Un livre d'une grande pudeur à lire, et à mettre entre toutes les mains.
Lien : http://ya-dla-joie.over-blog..
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
aouatef79aouatef79   02 septembre 2019
Depuis qu 'elle est là ,dans ce pays , elle a encore du mal à
s 'habituer à ne pas exister dans le regard des autres .Un
peu comme si elle était devenue transparente .
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aouatef79aouatef79   01 septembre 2019
Elle renferme derrière elle la porte du compartiment dans l 'espoir de ne pas être dérangée , de faire seule le voyage .
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SaraGagaSaraGaga   23 juillet 2015
C'est vrai, comment dire ? Les Arabes ? [...] il est difficile de ne pas y voir des relents de racisme. Mais après tout, on a toujours eu besoin de classifications pour les espèces vivantes, aussi bien animales qu'humaines. Alors pourquoi ne pas désigner des hommes par leur race ? Ou par leur religion, même si beaucoup s'en sont éloignés ? On peut varier en précisant l'appartenance à un peuple, un groupement humain, une région, une tribu. Il faut avoir des repères pour situer quelqu'un ! Pourquoi serait-ce insultant ? L'insulte serait-elle contenue dans le mot, ou seulement dans l'intention, ou encore dans la représentation que l'on a de la race, du groupe ainsi désigné ?
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DanieljeanDanieljean   16 avril 2020
- Personne n’est sorti indemne de cette guerre ! Personne ! Vous entendez !
L’exclamation résonne comme le bruit d’une porte qui claque. Il a brusquement haussé le ton, comme s’il voulait la convaincre, la faire taire peut-être. Mais est-ce vraiment là le seul objet de sa colère ?
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SaraGagaSaraGaga   23 juillet 2015
[...] Dans la guerre, dans toutes les guerres, l'ennemi a toujours le même visage. Le visage de notre propre mort. Et personne ne peut supporter de se retrouver confronté à sa propre mort. Il faut donc anéantir celui qui nous fait face, parce qu'il sécrète notre peur, que nous nous reconnaissons en lui - qu'il se reconnaît en nous. Et c'est cette image de nous-mêmes que nous voulons supprimer.
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