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EAN : 9782815913027
256 pages
L'Aube (03/09/2015)
3.99/5   41 notes
Résumé :
"Hizya est une jeune femme comme les autres, tellement comme les autres! Ce qui se confirme – si besoin en était – à l’écoute des confidences entendues dans le salon de ­coiffure où elle a finalement trouvé du travail, malgré son diplôme d’interprète de la fac d’Alger. Toujours chez ses parents, sous l’œil attentif de ses frères, elle rêve à une vie de liberté et à un grand amour… comme au cinéma!
C’est cette réalité qu’Hizya nous révèle, la sienne, celle du ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (20) Voir plus Ajouter une critique
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Annette55
  22 juin 2018
Hizya a vingt - trois ans.Elle a fréquenté l'université, où elle a obtenu un diplôme d'interprète de la fac d'Alger, période privilégiée , --la plus exaltante et lumineuse de sa vie--
C'est là qu'elle a rencontré les "Mots", ceux qui ont chair et résonance , découvert les joies de la littérature et sa passion intense pour la poésie ....
Les filles y étaient plus nombreuses , statistiquement , que les garçons .
Elle a finalement trouvé du travail .......dans un salon de coiffure...
Toujours chez ses parents , sous l'oeil attentif de ses deux frères Boumediene et Abdelkader, qui n'ont pas fait d'études...
Hizya a des projets plein la tête , rêve d'amour et de liberté .
Comment concilier envie de liberté et réalité du quotidien?
Elle est confrontée à une vision trés éloignée de ses désirs.
Quelle est sa place dans la société algérienne ?
C'est une fille posée, sérieuse, pétrie de révoltes cachées, de peurs intimes, de méfiance, indépendante dans sa tête et tenace , mince et grande au physique , dans une société immobile, où le mot liberté "n'est pas conjugué" au féminin
Il lui manque l'insolence !
Les femmes de la génération de sa mére ont appris trés tôt à se résigner et non "à vivre".
Hizya , elle , veut prendre son envol ....
Le statut et la condition de la femme musulmane, celle des algériennes , est dénoncé avec élégance , virulence, force , et réalisme douloureux par l'auteur .
Les femmes doivent plier sous le joug et se méfient de l'homme, soumises, écrasées par l'amertume et les rancoeurs , l'aigreur des silences, les ragots , les choses cachées , le jeu de l'hypocrisie , de le bigoterie et de la bienséance ,...
Seules les femmes vieillissantes dans cette société prennent souvent leur revanche sur le Mektoub, le destin, -----en humiliant leur belle-fille-----comme elles l'ont été par leur belle-mère ---
Elles sont confrontées aux archaïsmes masculins et religieux, elles n'ont pas le choix---- les droits immémoriaux et inaliénables des hommes ----le droit à l'esclavage domestique de leur épouse ..
Les jeunes femmes comme Hizya étouffent et suffoquent dans ce pays immobile .
Celle- ci désire se bouger, se cherche , se juge, se morigène , se pose des questions, met en avant , honnêtement , ses contradictions et les mensonges qu'elle se fait à elle- même.
C'est un trés beau texte intelligent et fin, profond et singulier, brûlant de passion , truffé de sublimes fulgurances poétiques .
Un récit vibrant , sidérant de grâce , lumineux et réaliste à la fois , un hymne magistral à l'amour, à la liberté, à l'émancipation , illuminé par la poésie et un portrait rutilant de femme . .....
L'auteur se jette dans la bataille afin que les futures femmes, mères et épouses algériennes puissent construire leur vie d'adulte enfin libres !
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MicheleP
  06 septembre 2015
Le Bovarysme ne peut naître que dans des sociétés contraignantes et guindées où la seule voie laissée aux femmes est un statut d'épouses-et-mères ou celui de putain. Maïssa Bey en mène ici la démonstration, avec son personnage d'Hizya, jeune-fille de la classe moyenne. Issue d'une vieille famille algéroise d'honnêtes boutiquiers, soumise au poids des traditions et des hypocrisies, Hizya est une (vieille) fille a marier de vingt-trois ans qui porte, par héritage familial, le non de l'héroïne d'un magnifique poème d'amour «la belle aux bracelets de cheville d'argent », morte dans la fleur de sa jeunesse. Alors, la moderne Hizya rêve du vaillant cavalier qui l'adorera et la pleurera éternellement. Mais les faits sont têtus : bien que titulaire d'un diplôme universitaire, la jeune femme acceptera un job de coiffeuse et quand elle sera l'objet d'une sorte de passion romantique et exaltée, elle se dérobera pour aller vers un garçon plus réel. Avec comme seul horizon un mariage bien traditionnel quoique librement choisi où se reproduira pour elle la vie de sa mère et de sa grand-mère.
Entre rêve et réalité, réalisme et poésie, se trace l'itinéraire de cette rebelle attachante aux ailes vite rognées.
Mais si Hizya est, quelque part, un roman réaliste, il s'agit d'un réalisme post-freudien, avec un parti-pris d'écriture presque dérangeant : Hyzia raconte les péripéties de ses journées et de sa vie, puis, en écriture plus subjective, elle revient sur elle-même, se juge et se morigène. D'où un approfondissement presque cruel du personnage. La réalité se difracte alors.
Autour d'elle, des mères frustrées et frustrantes, de jeunes coiffeuses que la vie cherche à détruire, un père accablé qui s'est lui-aussi réfugié dans un rêve, ce combat pour l'Indépendance qu'il n'a pas mené mais auquel il s'identifie parce qu'il y trouve sa seule dignité et des garçons malheureux, prédateurs et impuissants. le point culminant du livre est pour moi la conversation d'Hizya et de son frère un soir sur la terrasse. On comprend alors qu'il ne s'agit pas seulement des souffrances d'une jeune-fille qui se cherche, mais de toute une société malade de ses préjugés et de son chômage, et que l'aliénation de la femme va de pair avec celle de l'homme. No future !
L'amour n'existe pas, l'amour ne peut exister sous cette chape : c'est ce que la moderne Hizya finira pas accepter en comprenant enfin que l‘amour romantique de son modèle, « la belle aux bracelets de chevilles d'argent », et du vaillant Sayed n'est, comme le fut au Moyen Age l'amour courtois, que l'exaltation poétique de l'aliénation.
Superbement écrit, un roman magistral, très intelligent et d'une portée beaucoup plus universelle que la simple condition des femmes d'Algérie.
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oran
  07 janvier 2018
Hizya comme son héroïne éponyme de cette élégie écrite au XIX e siècle par le poète algérien Mohamed Ben Guittoun , chantée au XX e , rêve d'amour, de liberté, d'infinie, de grâce …
Pourtant elle est confrontée à son statut de femme musulmane, dans une famille qui sans être miséreuse, est contrainte de vivre dans un immeuble qui, un jour, finira par s'écrouler, car faute de moyens, il n'est pas entretenu.
Hizya a fréquenté l'université, elle est diplômée mais dans une économie depuis longtemps en berne, elle n'a pas trouvé de poste en adéquation avec ses études. Elle a donc suivi une vague formation de reconversion et travaille comme coiffeuse dans un salon. Cet endroit c'est son havre, où elle retrouve ses collègues de travail, un lieu amical ouvert aux discussions, aux fantasmes, aux consolations, aux rêves…
Hizya est confronté au carcan sociétal qui , encore plus dans les milieux modestes, déconsidère la femme par son statut inférieur, elle est aux prises à l'univers carcéral de sa famille, plus particulièrement de sa mère qui espionne sa vie , ne lui laissant ainsi aucune possibilité de se déshonorer, elle est victime, comme tant d'autres de l'hypocrisie ambiante malsaine , des tabous , de l'étroitesse d'esprit d'une classe ankylosée qui ne sait, qui ne veut pas évoluer, ou si peu.
Mais elle travaille et peut donc acquérir ainsi un semblant d' indépendance et surtout un espace de liberté et puis, il y a le téléphone portable qui donne une certaine autonomie , la terrasse blanche et la poésie pour rêver et s'évader.
Hizya va rencontrer un jeune homme, elle apprendra peu à peu à le connaitre, elle deviendra pragmatique, échangera ses rêves de liberté contre une vie plus réaliste, plus terre à terre, elle suivra un chemin de vie sans doute moins contraignant, moins étriqué, moins douloureux que celui qu'on lui imposait de prendre, une voie sans issue. Pour elle, ainsi, un zeste de bonheur.
Encore une fois Maïssa Bey dénonce avec un courage et un réalisme remarquable la condition des femmes musulmanes, celle des Algériennes en particulier. Elle met en opposition le statut des femmes des nouvelles générations et celui des femmes au moment de l'Indépendance du pays, qui avaient acquis une liberté et une position appréciable.
Maïssa Bey marquée à jamais par Janine, la femme adultère de l'Exil et du Royaume , un hymne à l'amour, aux rêves, à la liberté.
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aouatef79
  31 janvier 2018
L' auteure algérienne ,Maissa Bey, que je découvre en lisant son roman :"Hizia est une romancière qui s' intéresse beaucoup à la condition de la femme algérienne et la défend dans ses livres .Elle a intitulé son roman "Hizia"du nom ou plutôt du pronom d' une vraie jeune femme qui a vécu au dix-neuvième siècle dans la région des Zibans et exactement à Sidi-Khaled à cent kilomètres de la ville de Biskra .Cette jeune femme a connu et vécut le grand amour avec son cousin ,Said .Un amour intense entre les deux amants . Dévorant, total et sans concession .Un amour brûlant ! Mais malheureusement leur mariage ne dura que quelques mois .Hizia décéda .
L' époux éploré a perdu tout ce qui ce qui donnait un sens à sa vie . Il est inconsolable et le restera pour toujours . Hizia est devenue une légende de toute cette région et, plus tard , elle le fut pour une grande partie du pays .
Hizia de la légende , est décrite comme étant une jeune femme très belle , elle a de grandes qualités physiques et morales .
Un poète de la région, Mohamed Ben Guittoun s' en inspirera et écrira une célèbre élégie reprise d' abord dans la région de Biskra et tous les Zibans ( Tolga, Ouled-Djellel , Sidi-Khaled... ) .
Hizia morte dans la fleur de l' âge , a été chanté par les grands chanteurs de la chanson bédouine tels : Khlifi Ahmed , El-Bar Amar , Abdelhamid Ababsa , Rabah Driassa ...
Maissa Bey , en intitulant son roman "Hizia" a voulu rendre hommage à la femme et à l' amour qu' inspire la femme de façon générale .
Hizia , l' héroïne du livre de Maissa Bey , est une jeune femme de vingt-trois ans . Elle se cherche et cherche une place dans sa société qui la ligote . Elle veut vivre librement et connaître l' amour . Elle veut vivre comme elle veut
vivre sa propre vie et la vivre avec passion . Est-ce possible pour elle ?
Là est toute la question .
L'élégie , Hizia a été adapté , en 1977 , au cinéma par le réalisateur algérien , Mohamed Hazourli .



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Nuageuse
  15 septembre 2022
Je me souviens avoir lu un autre roman de Maïssa Bey où il était aussi question de l'émancipation féminine.
J'ai aimé retrouvé sa plume poétique, son regard acéré sur la société algérienne, la force de caractère de son héroïne Hizya, âgée de vingt-trois ans. Elle se rebelle contre ses parents qui cherchent à la marier et à la cantonner à son rôle de femme au foyer.
Elle ne comprend pas ces femmes qui restent soumises au patriarcat : notamment celles de sa famille.
Elle a un diplôme d'interprète mais travaille dans un salon de coiffure où se retrouvent des femmes qui, comme elle, veulent décider de leur vie. Pour certaines, elles rêvent du grand Amour avec un A majuscule.
J'ai beaucoup aimé les pages en italique qui traduisent la voix de Hizya à elle-même.
Maïssa Bey est vraiment une auteur engagée où elle défend la liberté des femmes soumises au patriarcat et à l'islam.
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Citations et extraits (67) Voir plus Ajouter une citation
NuageuseNuageuse   14 septembre 2022
Je connais un garçon. Quel exploit ! Le dire seulement me fait monter aux lèvres un goût jusqu’alors inconnu. Sans doute le goût de la transgression.
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ElisanneElisanne   03 septembre 2015
...Image de mon quartier (en parlant de la casbah)
Il y a les mots de circonstance. Inévitables quand on parle de mon quartier: labyrinthe, enchevêtrement,dédale, fouillis, impasse, venelle, ruelle escarpée, tortueuses, mystérieuse, ténébreuse, dangereuse,sinueuse. Tous les mots qui viennent immanquablement sous la plume de ceux qui veulent décrire les charmes et le mystère de cette forteresse, El-Mabroussa, autrefois si bien gardée.
C'est là le pittoresque d'un lieu. L'exotisme que la plupart de ceux qui ne font que passer s'obstinent à rechercher à chaque coin de rue. Ceux qui y viennent comme s'ils faisaient une balade dans une réserve d'Indiens d'Amérique du Nord. Ceux qui trouvent de la beauté dans les amoncellements d'immondices et de gravas saupoudrés d'éclats minuscules de soleil.
Et puis, il y a nous, les habitants de ce quartier, qui, pour l'avoir parcouru en tous sens, en connaissons les moindres détours. Il n'y a pas de mystère. Il n'y a pas de danger. Sauf quand l'une des maisons, à bout de forces, s'écroule, entraînant parfois dans sa chute ses plus proches voisines, peut-être un peu moins délabrées mais solidaires jusque dans l'anéantissement final.
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MichelePMicheleP   03 septembre 2015
Tu le savais, quand même, que des jeunes filles chômeuses diplômées, il y en a autant que de jeunes gens. Sauf qu'elles ne sont pas toute la journée dehors à tenir les murs. Donc, moins visibles. Moins remuantes, aussi. Et contrairement aux hommes, à la maison, elles, elles ne chôment pas. Tu en sais quelque chose.
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Annette55Annette55   22 juin 2018
"Sa joue, rose épanouie du matin,
Ses yeux de gazelle,
Sa bouche étincelante,
Sa poitrine de marbre,
Ses seins pareils à deux belles pommes
Qu'on offre aux malades ..."


Extrait du poéme "Ô vous qui m'écoutez! "Achevé en 1295 de l'Hégire. *
* Fin de l'année 1878 aprés J. C.
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bulbullebulbulle   14 octobre 2015
Je ne sais pas si tu peux le comprendre, mais moi, ici, je ne respire pas, je ne vis pas : je survis. Mes parents, mes frères, mes cousins, les hommes dans la rue, tous, tous me donnent le sentiment que je ne m'appartiens pas.
(...) J'en ai assez d'être entourée de barbelés, où que j'aille ! Je n'en peux plus de ces regards, de ces remarques, de ces rappels à l'ordre, de ces agressions quotidiennes ! le dernier des pouilleux, sous prétexte qu'il a quelque chose de plus que moi entre les cuisses, considère qu'il a le droit de m'humilier
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Videos de Maïssa Bey (9) Voir plusAjouter une vidéo
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Que signifie écrire en français aujourd'hui : Maïssa BEY, Kamel DAOUD, Fawzia ZOUARI
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