AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2253119962
Éditeur : Le Livre de Poche (07/02/2007)

Note moyenne : 2.76/5 (sur 17 notes)
Résumé :

Le Zimbabwe était leur terre, leur domaine, leur paradis... Jusqu'au jour où le " Président élu démocratiquement à vie " décide d'exproprier ces derniers Blancs qui se croyaient les rois du monde, les réduisant à la lutte ou à l'exil. Blues a dix-huit ans. Ses cheveux d'or et son caractère farouche enflamment tous les désirs. Fille d'un grand propriétaire terrien, sûre de sa supéri... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
MarjorieD
  05 août 2018
Le Zimbabwe, Robert Mugabe,… ça vous dit quelque chose ? Non ? Ça devrait pourtant, puisque ce pays d'Afrique australe, enclavé entre le Botswana, la Zambie, le Mozambique et l'Afrique du Sud, fait l'objet d'une actualité plutôt brûlante ; son nouveau dictateur venant d'être « élu démocratiquement à vie » (ah non, ce n'est pas lui, c'était l'autre) et que, comme toujours sur ce continent, cela ne se fait pas sans heurts.
Il est vrai aussi que le sujet passe plutôt inaperçu entre un énième reportage sur les Bleus et deux autres sur cette fichue canicule dont on ne voit pas la fin.
Et puis, vous me direz, l'Afrique, c'est loin…
Cynique, moi ? Non, c'est juste que j'essaie d'adopter le ton du roman de Calixthe Beyala.
Publié en 2005, La Plantation situe son action (si on peut parler d'action) au début des années 2000, date de la réforme agraire imposée par Mugabe. L'expropriation consécutive des propriétaires terriens blancs (pour la plupart des descendants des anciens colons britanniques) et la réquisition de leurs terres au profit des proches du Régime entraînèrent une crise économique en 2003, provocant famine et inflation et dont le Zimbabwe ne se remet toujours pas, si tant est qu'il le fasse un jour.
Avec un tel contexte politico-social, et le fait que « Pour la première fois, un grand écrivain noir se met dans la peau des Blancs colonisateurs », il y a matière à réussir « une fresque tumultueuse et passionnée […] un véritable Autant en emporte le vent africain […] » (dixit la quatrième de couverture)
Tout à fait. Sauf que je me suis ennuyée…
À plusieurs reprises, la tentation fut grande de laisser cette lecture de côté. Mais je m'y suis accrochée dans l'espoir de voir l'intrigue, brouillonne et sans réel fil conducteur, enfin démarrer ; les personnages, que je trouvais insipides au point d'être interchangeables, tant du côté des Blancs que des Noirs, acquérir du caractère et être motivés par autre chose que le fric et le cul, le cul et le fric. Et enfin, voir la consistance remplacer l'anecdotique, biais par lequel l'auteure a choisi de faire passer son propos, dont l'ironie ne m'aura pas échappé. Et quand, enfin, mes espérances sont en passe d'être comblées, le moment arrive de tourner la dernière page.
Reste la langue, riche, truculente, fleurie de mots qu'elle invente à défaut de les trouver.
Et les images aussi, évocatrices. Allez, juste une pour le plaisir : « Des jeux de soleil donnaient vie à l'ombre paisible de la journée, sans calciner l'offrande des fleurs. Les vagues de vent animaient les surfaces des fleuves sans en menacer les profondeurs ». (p.364)
Si j'avais interrompu ma lecture, ça aurait été le troisième abandon consécutif (!) Preuve, après tout, que le problème vient de moi, peut-être, …
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          250
Levant
  12 mai 2015
Le Zimbabwé est le dernier pays africain à avoir accédé à l'indépendance, en 1980. Robert Mugabe a pris le pouvoir à cette époque. A 91 ans, il est aujourd'hui le plus vieux dirigeant africain encore en place.
Dès sa prise de pouvoir, il lance une grande opération de redistribution des terres détenues alors à 90% par les Blancs. C'est dans ce contexte pour le moins mouvementé que Calixthe Beyala aborde le douloureux sujet de la colonisation en Afrique, à l'ère de la décolonisation justement. Elle est elle-même africaine, camerounaise de naissance. Il y avait avec une telle condition matière à tomber dans le panneau de la culpabilisation aveugle de la race blanche. La grande qualité de cet ouvrage est d'éviter cet écueil.
J'y ai apprécié la manière dont elle traite le sujet, certes sans complaisance mais avec objectivité. Alors que le pays était non seulement auto suffisant avant l'indépendance, mais en outre exportateur de produits agricoles, il souffre aujourd'hui de pénurie. le sentiment louable de redistribution des terres opérée par le nouveau parti au pouvoir s'est en fait transformé en une autre forme d'appropriation. Par ceux-là même qui la dénonçaient avant d'accéder au pouvoir. La qualité de Calixthe Beyala est de savoir évoquer les travers des deux partis en présence. D'un côté l'appropriation sans partage des terres par les Blancs, de l'autre l'incapacité des Noirs à s'autogérer.
Mais l'autre intérêt de cet ouvrage est cette forme de refondation de la langue française qui caractérise le style de l'auteure. Avec elle le dictionnaire s'enrichit de substantifs verbialisés (osons l'imiter), de verbes substantivés et autres expressions encore plus improbables : "s'auto-malheurer" (p91), "ils dérespectent les adultes" (p104), "ses pensées saute-moutonnant" (p105), "les femmes bikinisées" (P109), "il avait mille malmenances" (p121), "ils malédictionnaient" (p127), "ses pieds haut-talonnés" (p166), "ça hiboutait au loin" (p169), "on héroïsait" (p172), etc…etc… Pas étonnant si mon correcteur orthographique voyait rouge, ou peut-être devrais-je dire voirougeait, en reproduisant ces tournures originales. Voilà de quoi "encercueiller" (p326) les rigoristes de la langue française. Et ce n'est là qu'un échantillon de cette langue fleurie à la sauce pragmatique. Ce n'est pas déstabilisant, c'est original et plutôt plaisant. C'était mon premier ouvrage de Calixthe Beyala. Je ne suis pas rebuté loin de là. Je m'efforcerai de vérifier s'il s'agît d'un effet de style propre à plaquer une certaine originalité sur un sujet lourd ou bien s'il est une marque de fabrique de cette auteure.
Il y a quand même de l'espoir dans sa vision de l'avenir. Et ça c'est propre à vous baumaucoeuriser !!!
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          72
Gwordia
  14 avril 2012
Après une laborieuse lecture de Bienvenue au club, Jonathan Coe m'a demontré via Testament à l'anglaise qu'il ne fallait jamais s'arrêter sur un échec. C'est donc riche de cette leçon que j'ai décidé de faire fi de ma déception post-Femme nue femme noire pour me lancer dans un nouveau roman de Calixthe Beyala. Après la lorgnette de l'histoire noire-américaine dans Love de Toni Morrison, je me suis donc envolée pour le Zimbabwe avant de continuer très prochainement ma triangulation avec Karel Schoeman (Afrique du Sud), Maryse Condé (Guadeloupe) et Emmanuel Dongala (Congo).
Pour l'heure, l'Afrique australe. Plus qu'une histoire passionnante, c'est une véritable plongée dans un pays que je ne situais que vaguement sur la carte du continent africain. du passé colonial à la dictature de Mugabe, ce roman nous présente les déchirures de l'ancienne Rhodésie du Sud sous un angle extrêmement novateur puisque l'auteur, africaine, se place du côté de ces Blancs qui, descendants de l'Envahisseur, sont devenus les parias d'une nation qui les a vu naître et dont les habitants depuis la nuit des temps ne peuvent panser les blessures de l'Histoire, légitimement bien que maladroitement puisque de manière similaire et inversée.
Une vision très cynique de l'évolution des rapports entre noirs et blancs où l'on voit que la haine attise la haine et que les aspirations les plus nobles ont simplement oubliés de prendre en considération la nature profonde de l'homme, quel qu'il soit : prédateur, vengeur, communautariste et autres qualificatifs non moins "glorieux".
Du côté de ces naïfs à l'inextinguible espoir d'Amour universel, ce roman très réaliste m'a bouleversée au point de m'effrayer davantage, si cela est encore possible, sur l'avenir de l'Homme et de m'empêcher de partager les extraits à voix haute sans pathétiquement fondre en larmes.
Dans quel monde vit-on ? Où va-t-on ? L'Homme a-t-il résolument, bien qu'inconsciemment, décidé de tout mettre en oeuvre pour éteindre son espèce, damnée, après avoir entrepris à grande échelle d'éradiquer des pans entiers de l'écosystème ?
Lien : http://gwordia.hautetfort.co..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          110
PiertyM
  29 septembre 2013
Une belle histoire rendue avec une dextérité plus objective. Nous sommes au Zimbabwe ou Rhodésie où la communauté blanche se bat contre le diable. Elle ne sait plus à quel saint se vouer. Traquée par les pouvoirs en place et ballotée par les terres d'origines, elle se trouve tourmentée par les revanchards noirs sous les injonctions du président à vie de la Rhodésie.
L'auteure, Calixte Beyala, femme africaine, pour nous relater les divers tracas qui entachent cette communauté blanche, s'infiltre dans la peau de blancs.
Ces blancs sont des fermiers héritiers qui occupent les plus grandes terres du pays. le régime en place décide que toutes ces terres soient restituées aux noirs. Que les blancs aient l'amabilité de retourner chez eux avant qu'il en soit décidé autrement.
Voici un paradoxe qui survient dans l'histoire. Demander à un noir américain dont les ancêtres ont été déportés de l'Afrique vers les Amériques pendant des siècles, de retourner en Afrique…. ???... Ce même paysage du noir américain s'affiche aux blancs fermiers de la Rhodésie…
D'un côté Calixte Beyala nous fait vivre autre chose de cette communauté où de temps en temps la joie vient les arracher à leur souci quotidien à travers des bals et dîners, la vie amoureuse ou sexuelle très mouvementées. .. Et de l'autre côté, un régime tyrannique qui s'installe peu à peu ‘'à vie''…
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
Shabani
  04 décembre 2014
J'ai beaucoup aimé ce livre parce qu'il permet de donner un point de vue des Blancs mais par une Africaine sur l'injustice qu'ils ont subie ou qu'ils subissent.
Pourquoi, après tant d'années vécues dans ce pays, ne pas reconnaître qu'ils ont eu aussi droit sur cette terre ? Ne devrait-on accepter que l'Afrique appartient aussi bien aux Blancs, aux Noirs, aux Jaunes, etc. du moment qu'il y a une volonté de vivre ensemble ?
D'une manière générale, on peut dire que le thème du livre pose un problème fondamental et universel : qui est étranger ? La couleur de peau peut-elle définir l'appartenance à un pays ?
Kava M.
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
GwordiaGwordia   23 mars 2011

- Pourquoi ne me réponds-tu pas, Gandoma ? Tu sais ce que je crains le plus au monde ? C'est que chacun prenne ce qu'il y a de pire chez l'autre et perde le meilleur de lui-même. C'est ce qui se passe en ce moment, n'est-ce pas ? Les Noirs sont en train de devenir de mauvais Blancs.

- J'ai trop de soucis pour penser à cela, Patron. Ce que je sais, c'est qu'un violeur peut avoir autant de générosité qu'un homme bon après avoir commis son crime. Il peut même être particulièrement bon et particulièrement heureux. C'est ce que je pense de votre père, Monsieur.

- Tu as quand même des sentiments, n'est-ce pas, Gandoma ? Tu sais aimer et haïr, n'est-ce pas ? Par exemple moi. Je suis sûr que tu me détestes parce que je t'ai renvoyé.

- Je ne suis pas fou, Monsieur.

Cette réponse rendit Erwin perplexe. Il ne savait pas dans quel sens l'interpréter. Comme tous les Blancs ici, il savait les choses qu'il fallait savoir sur les Africains, c'est-à-dire l'essentiel. Il avait eu dans son enfance un camarade de jeux noir. Il s'était aperçu que les Noirs utilisaient un crypteur lorsqu'ils parlaient aux Blancs. C'était un don développé par les souffrances du passé, dont ils avaient fait un art dans le domaine de la communication. Ils accueillaient les propos des Occidentaux et y réagissaient avec une subtilité qui faisait croire aux Blancs qu'on était en famille, entre potes et complices. Mais même les "amitiés" que l'on pouvait développer avec des Noirs "évolués" n'étaient en fait qu'une allégeance susceptible du jour au lendemain de dégénérer en haines sournoises qui mijotaient depuis des lustres sur les braises de l'histoire : celles de l'esclavage et de la colonisation.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          20
GwordiaGwordia   23 mars 2011
Quelques Noirs qui veillaient à la sécurité des abonnés lui lancèrent :

- Ne vous éloignez pas de l'enceinte, Mademoiselle.

Puis, ils continuèrent à se jeter des blagues dans une rhétorique d'enfer.

"Eux au moins éprouvent les mêmes haines pour les Blancs et savent pourquoi ils doivent les détester", se dit Blues en se laissant glisser sous un palmier. L'espace d'un instant, elle envia ses pauvres Noirs qui partageaient des souffrances communes. " Ah ! si j'avais été noire, tout aurait été plus simple, se dit-elle. Mais voilà, je ne suis pas noire. Je suis une fausse Blanche. Je ne comprends rien à cette politique de classes sociales, à cette hiérarchisation des individus et des races." Le sang lui battit dans les oreilles. Un léger vent souffla sur son visage. "Oubliez-moi, eut-elle envie de crier. Ne m'obligez pas à rentrer dans votre jeu. Embrassez qui vous voulez, la haine ou l'amour, la détestation ou la fraternité, mais laissez-moi hors de cette déraison humaine."
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
PiertyMPiertyM   08 avril 2014
Il n'y a pas au monde d'innocents. Il n'existe que des êtres dont on ignore les crimes.
Commenter  J’apprécie          341
GwordiaGwordia   23 mars 2011
- C'est trop injuste ! cria John. Ils nous disent qu'ils ont besoin des terres pour les paysans. Jusqu'à présent seuls les proches du Président élu démocratiquement à vie ont bénéficié de ces mesures. Les paysans eux attendent toujours.

- C'est du vol organisé, renchérit Alex. C'est scandaleux !

- Oui, mais en dehors de nous, personne ne semble s'en plaindre, dit Blues.

- Quelqu'un peut-il m'expliquer pourquoi les Noirs sont si apathiques ? demanda Alex. Ces gens-là semblent tout accepter : l'esclavage, l'apartheid, la colonisation, les dictatures, et j'en passe !
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
GwordiaGwordia   23 mars 2011
- Le peuple ? demanda Rosa, sceptique. Qu'est-ce que le peuple a à voir là-dedans ? Hier comme aujourd'hui, personne n'a jamais pensé au peuple, même pas vous, qui n'êtes en réalité qu'un paumé. On le manipule ! On le brandit comme un épouvantail ! On s'en sert, mais jamais pour son bien ! Les Français ont fait une révolution au nom du peuple : qu'en a-t-il tiré ? Les exploiteurs ont juste changé de vêtements.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          30
Videos de Calixthe Beyala (5) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Calixthe Beyala
Calixthe Beyala - Le Christ selon l'Afrique .Calixthe Beyala vous présente son ouvrage "Le Christ selon l'Afrique" aux éditions Albin Michel. Rentrée littéraire Février 2014. http://www.mollat.com/livres/beyala-calixthe-christ-selon-afrique-roman-9782226256010.html Notes de Musique : Africa Format B
autres livres classés : ZimbabweVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Quelle guerre ?

Autant en emporte le vent, de Margaret Mitchell

la guerre hispano américaine
la guerre d'indépendance américaine
la guerre de sécession
la guerre des pâtissiers

12 questions
1761 lecteurs ont répondu
Thèmes : guerre , histoire militaire , histoireCréer un quiz sur ce livre