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Critiques sur Les honneurs perdus (7)
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aouatef79
  08 août 2019
"Les Honneurs perdus", est le cinquième roman de Calixthe Beyala .Cette dernière est une des figures les plus controversées de la littérature africaine contemporaine et la plus prolifique .Cette écrivaine camerounaise était accusée pour plagiat . Les Honneurs perdus est le récit d 'une fille nommée ,Saida Elle est née dans les années 1940 à Douala .Elle habite avec ses parents dans un bidonville appelé "Couscousville"par ses habitants .Sa naissance fut une grande déception pour sa famille musulmane car on aurait aimé qu 'elle soit un garçon .
Dans une société patriarcale à souhait la naissance d 'une fille est très mal vue et la famille de l 'enfant est frustrée . Saida vit avec ses parents , apprend et aide sa mère .Les années passent et la jeune fille n 'arrive pas à trouver chaussure à son pied .Cette situation qui dure rend ses parents plus frustrés encore.La famille n 'échappe pas aux quolibets des voisins qui désignent ,Saida ,comme "une vieille fille entre les vieilles ,Éternelle vierge des vierges" .Saida a quarante ans et toujours pas de prince charmant pour convoler en juste noces .Le père décède alors la mère décide que Saida doit quitter Douala pour Paris .
A Paris le hasard ne fut pas plus clément . Saida a essayé quelques travaux ménagers chez quelques voisines .La seule des femmes qui l 'ont aidée fut Ngaremba .Mais cette dernière frustrée de sa vie se suicida .Saida reste seule avec Marcel , un ex-clochard qu 'elle avait rencontré auparavant et avec qui elle perd sa virginité .
Saida a essayé de faire son chemin vers un avenir meilleur car elle est comme l 'Afrique un continent qui se cherche
toujours .

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viou1108
  09 avril 2015
Les honneurs perdus, c'est l'histoire d'une solitude et d'une quête. Saïda est née dans un bidonville (surnommé « Couscousville ») à la périphérie de Douala au Cameroun. Musulmane, elle grandit dans une famille aux préceptes religieux stricts, cantonnant la femme à ses fourneaux. Sa seule instruction se limite aux vagues « enseignements » de l'école coranique du coin, qui tient davantage de la garderie d'enfants que de la maternelle épanouissante. Saïda grandit donc, enfermée dans ses croyances, dans la maison parentale, dans la crasse et la misère, dans la tristesse plutôt que dans la joie, seule et vierge moquée par les femmes et méprisée par son père, elle qui aurait dû naître mâle. Alors que les filles de son âge flirtent, se marient ou quittent le taudis pour des horizons meilleurs, Saïda trime sans broncher, protégeant sa virginité comme un trésor dont elle rêve pourtant de se débarrasser dans les bras du Prince Charmant. Comprenant qu'elle ne trouvera ni son sauveur ni son eldorado dans cette Afrique misérable voire misérabiliste, elle décide de partir, à 40 ans passés. de Couscousville à Belleville, il y a un monde de différences, et pourtant la vie se révèle moins belle qu'espéré. Les (pauvres) émigrés sont malvenus dans la riche Europe, et à défaut de papiers en règle, leur situation est bien précaire. Saïda a quitté l'emprise de son père pour se retrouver sous la coupe de sa cousine Aziza, qui l'exploite puis la jette à la rue sans remords ni vergogne. Saïda parvient alors à s'imposer bonne à tout faire chez Ngaremba, jeune africaine noire, écrivain public idéaliste, qui organise chez elle quantités de réunions d'intellectuels africains dans le but de sauver le continent.
Au milieu de ces péripéties et coups du sort, Saïda garde le cap : elle cherche l'Amour, et préserve sa virginité pour Lui. Il lui aura fallu 50 ans pour le trouver, en y perdant un certain sens de l'honneur, puisqu'elle n'aura pas droit au mariage en bonne et due forme avant consommation. Il lui aura fallu 50 ans, mais Saïda va finir par devenir une femme libre. Il n'est jamais trop tard…
A l'image de Saïda, sorte d'anti-héroïne, les femmes, l'Afrique, les femmes africaines, sont au centre de ce roman. L'Afrique, continent esclave puis colonisé puis libéré mais désemparé, rêve de la lointaine Europe, ce miroir aux alouettes qui n'a que faire des immigrés.
L'auteur se moque bien des uns et des autres, de leur naïveté, de leur penchant pour la fatalité, ou de leur idéalisme de pacotille : missionnaires, ONG et intellos français gauchisants n'ont, à cet égard, rien à envier à l'élite black réunie chez Ngaremba, dans ce qui ressemble plus à des séances de radotage-agapes qu'à un think tank sur le sauvetage africain. Si la cause de l'Afrique semble perdue, celle des femmes l'est un peu moins, ou en tous cas l'auteur leur montre plus de tendresse. Sans les épargner, elle leur laisse une porte de sortie, quelque part entre solidarité et alphabétisation.
Conte de fées tragi-comique, entre fatalité et espérance, le roman est écrit dans une langue ironique, riche et vivante. Et pourtant l'histoire de Saïda ne m'a pas vraiment touchée, malgré sa force, sans que je sache expliquer pourquoi…
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PiertyM
  12 octobre 2013
Le début du livre est très marrant malgré le ton plus ou moins grave de Calixthe Beyala. On assiste à la naissance mythique d'un enfant. le père averti de puis son poste de travail que sa femme avait accouché d'un fils alors il le crie du haut des toits. Toute la ville est alerté comme s'il s'agissait d'une compagne de publicité. Les hommes les femmes et les enfants sont en ébullition, ils forment une foule qui partage la joie de cet homme devenu père. Et quand il arrive chez lui, il apprend que sa femme ne lui a pas donné un fils plutôt une fille! sacrilège! Il crie à la sorcellerie!!! c'est bien là le début d'un parcours périlleux d'une famille!
Calixthe Beyala est une camerounaise installée en France, par expérience elle parle de la difficulté des femmes africaine de pouvoir s'intégrer honorablement dans une société occidentale. D'ailleurs c'est le thème employé dans la plus part de ses libre à l'instar de la plantation qui fut le contraire, où, elle parle plutôt des blancs d'Afrique.
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LiliGalipette
  26 juin 2010
Roman de Calixthe Beyala. Lettre B de mon Challenge ABC 2010.

Saïda Bénérafa a vu le jour dans un bidonville aux portes de Douala, au Cameroun. Élevée dans les stricts principes de l'Islam par un père qui voulait un fils, elle prend très vite conscience de sa différence. Son isolement s'accroît à mesure que les années passent. Alors que les filles du bidonville se marient ou quittent le village, Saïda reste seule. Surnommée la Vierge des vierges, elle cultive farouchement la certitude qu'une femme ne doit s'offrir qu'à son époux. Quand elle émigre en France, elle a plus de quarante ans. La vie à Belleville n'est pas plus douce, mais Saïda découvre qu'elle peut se battre pour son bonheur sans perdre son honneur.

"Je naquis comme naissent les mythes, avec des on-dits." (p. 28) le récit que livre Saïda est tissé de potins et de cancans qui circulent à la folle allure du téléphone arabe pour devenir légendes et certitudes. Des cases du bidonville où elle a grandi aux rues de Paris où elle devient femme, son existence se nourrit de bruits de couloir. "Depuis l'esclavage et la colonisation, la vie de chaque Africain est un conte." (p. 373) Saïda vit un monde fait de règles orales. L'école coranique a imprimé en elle des certitudes que le temps mettra longtemps à affaiblir.

La femme est au centre de ce roman africano-français. Il y a Saïda, vierge au-delà de la ménopause, farouchement décidée à préserver son corps pour son hypothétique époux. Prête à tout céder, à tout abandonner, elle brandit envers et contre tout sa virginité comme un étendard de fierté, la preuve ultime d'un honneur que rien ni personne ne peut fouler aux pieds. Il y a les autres femmes, les mères, les épouses, les filles, les prostituées, femmes vendues ou femmes accomplies, toutes celles qui ont connu ou connaîtront l'homme. Il y a Ngaremba, noire et indépendante, écrivain public, déterminée à sauver l'Afrique pour s'acquitter d'une dette douloureuse. le continent africain semble lui-même être femme: il engendre des milliers d'êtres et les expulse hors de son sein, vers des contrées apparement plus vertes et lumineuses. Tous les Africains, quelles que soient leurs croyances, sont frères dans la misère d'une terre d'accueil au coeur bien sec.

Soumise à son père puis à sa cousine Aziza, entièrement dévouée à Ngaremba et à sa fille Loulouze, Saïda ploie sous le joug de la famille, du Coran et des traditions. Jusqu'à ce que... "J'en ai marre qu'on me chie dessus. Tout le monde fait ses besoins sur moi, depuis ma naissance." (p. 348) Saïda s'éveille un jour, enfin, à la réalité, au temps dans lequel elle vit. La révolution brutale n'a pas lieu, tout se passe dans une lente prise de conscience, un éveil mesuré mais salutaire. Enfin ouverte à la vie, elle rencontre l'amour qui vivait sous ses yeux depuis longtemps.

Si certains honneurs sont perdus, il est possible d'en obtenir de nouveaux: apprendre à lire, accepter de ne pas appartenir à un homme pour être un femme. Saïda sort les épaules du bourbier dans lequel elle s'enlisait et c'est tête haute qu'elle entame son chemin de femme.

Ai-je aimé ce roman? Je ne sais que dire. L'histoire est poignante, Saïda est un personnage attachant et héroïque à sa manière. Son épopée est riche des légendes que l'on raconte dans les veillées africaines, puissante comme un conte philosophique et simplement belle comme tout cri d'amour lancé à la face de l'univers. L'écriture est vibrante. La plume de Calixthe Beyala est enivrante, elle égrene des fumets et des épices au fil des pages. Alors pourquoi n'ai-je pas frissonné de concert avec les chairs endormies de cette vierge éternelle qui s'ouvre aux plaisirs de la vie? Incapable de marcher aux côtés de Saïda, j'ai suivi de bien loin son aventure. Et j'en suis frustrée, car c'est le genre de textes qui d'ordinaire me transportent. Si certains l'ont lu, je suis curieuse de connaître leur avis.

Lien : http://lililectrice.canalblo..
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lilicrapota
  29 mai 2010
c'est l'histoire (celle de l'auteur on dirait) d'une jeune camerounaise, de sa naissance à ses 50 ans passés : son enfance en Afrique, dans la misère, mais dans la joie; son départ pour la France et sa vie là-bas, dans une misère qui n'est pas la même, et dans une joie qui n'est plus que partielle, anecdotique, éphémère.

Ce déchirement que le lecteur vit entre deux pays, bizarrement, n'est pas vécu, ou alors à de très rares moments, par la narratrice. Nous voyons et comprenons avec lucidité le terrible fossé, que dis-je, l'abime, entre ces deux cultures, l'africaine et l'européenne, mais aux instants même où on a envie de la plaindre parce que ses croyances, dépassées nous semble-t-il (comme celle de rester vierge jusqu'au mariage), elle nous dépeint avec férocité mais surtout une grande lucidité un détail de notre vie "moderne", un comportement, une habitude, quelque chose de très simple qui nous montre et nous démontre que le bonheur, la joie, n'est peut être pas là où nous croyons l'avoir (la voir).

les honneurs perdus, c'est aussi le constat d'un échec (c'est un peu comme ça que je le ressens), d'une résignation : toute sa vie, la narratrice s'est préservée pour son mariage, et à 50 ans, elle craque, et va coucher avec un homme qui ne l'épousera sans doute pas (mais qui l'aime!!!). Elle a cherché toute sa vie un homme qui l'épouserait (parce que l'important dans ces sociétés-là, c'est d'avoir un mari, pas de connaître l'amour) alors que celui avec qui elle aurait pu être heureuse dès son arrivée à Paris, était juste à côté d'elle (mais comme c'était un clodo, elle n'en voulait pas), finalement, c'est bien avec lui qu'elle ira, mais elle aura perdu 10 ans...

j'ai été fascinée par certains dialogues, certaines phrases qui ont trouvé un écho très particulier : quand je les lisais, j'avais l'impression d'entendre Momo et certains personnages de "la vie devant soi" de Gary.

très bien!
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vdujardin
  27 juin 2012
Saïda est une femme soumise... à l'autorité de son père, au qu'en-dira-t-on du quartier, puis à sa cousine Aziza, enfin à Ngaremba. Illettrée, avec pour seul bagage l'enseignement de l'école coranique, elle va apprendre à lire sur le tard... tout en prenant conscience que sa virginité si jalousement défendue peut devenir un handicap dans sa nouvelle vie... le poids de la tradition, la difficile émancipation ou au moins la libération de la soumission à autrui, tels sont les sujets abordés dans ce roman. Que sa longueur (plus de 400 pages bien tassées) ne vous rebute pas, c'est un roman qui tient aussi du témoignage poignant sur la vie de ces femmes au pays mais aussi en France... Rien n'est facile, ni là-bas, ni ici, bien loin du rêve de la vie meilleure...
Lien : http://vdujardin.over-blog.c..
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dandoune
  21 octobre 2011
Saïda Bénérafa est née dans un bidonville camerounais. Fille d'un père musulman qui devient de plus en plus radical au fil des années, Saïda ne jouit pas de la même liberté que ses copines. Son amitié avec le docteur-pharmacien et sa femme est une de ses rares ouvertures sur le monde extérieur. Elle vit dans des conditions difficiles et survit au choléra qui frappe sa région. À quarante ans passés, elle part vivre à Paris avec son certificat de virginité comme seul bagage. Là, elle rencontre Marcel Pignon Marcel, un Français au chômage qui s'éprend d'elle. Elle vit chez sa cousine puis elle trouve un travail de "nourrie-logée chez Ngaremba, une femme africaine, qui vit en union libre avec Frédéric, un Français et sa fille Loulouze.

Nul n'échappe à la plume sarcastique de Beyala dans ce roman. Celle-ci critique aussi bien la société française que celle camerounaise. Elle caricature ces intellectuels africains qui se réunissent chez Ngaremba et tentent de sauver l'Afrique depuis Paris autour d'un dîner somptueux. Elle critique aussi les intellectuels français à travers le personnage de Frédéric, le conjoint soi-disant de gauche de Ngaremba, qui n'arrête pas de faire des commentaires racistes vis-à-vis de Saïda.

L'écriture est très vivante, originale et pleine de sarcasme et l'histoire est prenante. Pourtant, il y a quelque chose qui m'a empêchée d'être vraiment "dedans". Est-ce la fin (surtout celle tragique de Ngaremba)? Je ne pense pas car cette distance entre Saïda et le lecteur, je l'ai ressentie tout le long....


Lien : http://www.litteratureworld...
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