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Critique de 5Arabella


5Arabella
  21 juillet 2016
L'histoire de l'Ethiopie est fort ancienne, il s'agit d'un des berceaux de l'humanité. En 330, à l'époque du royaume d'Aksoum, le christianisme devient la région officielle de l'Ethiopie, jusque là majoritairement juive et païenne. La langue dominante est le guèze, qui reste encore la langue liturgique de l'église éthiopienne. Une littérature surtout religieuse dans cette langue apparaît, essentiellement traduite du grec. A la fin du Xe siècle, le royaume d'Aksoum s'effondre, en particulier devant l'avancée de l'Islam. Mais au XII siècle une renaissance arrive avec les Zagwés puis la dynastie salmonide qui perdure tout au moins symboliquement jusqu'en 1974. Après un long silence de textes en guèze réapparaissent, religieux mais aussi laïques, comme des chroniques royales. Cela bien que la langue de la cour et de l'Etat soit devenu l'amharique, mais cette langue ne sera utilisée dans la production littéraire qu'à partir du XVIe siècle.

Le Kebra Nagast est considéré comme un des textes les plus importants de la littérature éthiopienne du moyen âge. Il est daté du début du XIVe siècle et rédigé en guèze. Il s'agit d'un texte religieux. Il reprend certains éléments de la Bible, mais l'essentiel et le plus orignal est la partie centrale du texte qui évoque la rencontre de Salomon et de la reine de Saba. Il faut dire que l'Ethiopie a eu des liens avec le royaume sabéen du Yémen, c'est un sujet qui n'est pas tranché, mais certains historiens pensent même que le royaume éthiopien aurait été fondé par une population d'origine yéménite. Et la reine de Saba est donc une sorte d'héroïne nationale pour les Ethiopiens.
Le Kebra Nagast raconte une version un peu différente de la Bible canonique. La reine va rencontrer Salomon à cause de la réputation de sa grande sagesse. Il lui fait un fils, prénommé David. Devenu adulte, il rencontre son père. Et en partant, emporte l'Arche de l'Alliance, parce que Salomon a quelque peu perdu de sa vertu à la fin de sa vie, et Dieu souhaite maintenant transférer la précieuse relique en Ethiopie, qui va prendre le relais du royaume d'Israël.

Le texte valorise l'Ethiopie et le christianisme qui y est pratiqué au détriment des autres doctrines chrétiennes, en particulier l'orthodoxie grecque, dont certaines églises, en particulier l'égyptienne (et l'éthiopienne qui en est très proche) se sont séparées au concile de Chalcédoine en 451 (monophysisme).
Mais c'est aussi un texte littéraire, fort bien écrit, d'une vraie poésie et créativité. Surtout la partie concernant la reine et Salomon.

J'ai apprécié de découvrir grâce à ce livre tout un pan d'histoire que j'ignorais, mieux connaître l'histoire de ce coin de la planète, et m'initier un peu à l'histoire des religions chrétiennes orientales, que je ne connaissais quasiment pas. Je trouve le foisonnement des textes et doctrines fascinant, même si je ne comprends pas forcément toutes les subtilités doctrinales et que je n'ai pas forcément le temps de les étudier en profondeur.
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