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EAN : 9789973581136
128 pages
Elyzad (11/09/2018)
4.06/5   8 notes
Résumé :
Je suis seul, dit le narrateur, caché de tous, alors que sa ville située aux portes du désert est tombée aux mains de terroristes. Au fil de son soliloque haletant, se déroule la mécanique inexorable des événements qui l'ont mené à se retrancher, presque à étouffer, dans cette chambre étroite et sombre. L'histoire de sa vie, de la pauvreté nomade aux succès mondains, porte en son c½ur le germe de la perte. Seule Nezha, son ex-bien aimée, qu'il avait abandonnée pour ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
Une belle écriture. Un point de vu intéressant sur le fanatisme. Roman court. Peut-être trop court, d'ailleurs. Un homme se cache chez son ex petite amie tandis que sa ville, aux portes du désert, est envahie par des terroristes. Et son amie, va-t-elle revenir ? Sa solitude le ramène à son passé, à sa mère, à ses erreurs.

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Les soliloques du poète

Une cité quelque part au Sahara est assiégée par les terroristes. C'est alors que tout se métamorphose dans ce lieu où régnaient autrefois la paix et la bénédiction. Désormais, « chaque minute de gagnée est un moment de vie arraché aux tenailles de la haine » (p.13).

Le narrateur, proie privilégiée des terroristes, s'enferme dans la maison de son ex-femme Nezha. Il épie les fanatiques, observe la ville métamorphosée, et soliloque. Seul et habité par l'amertume, il soliloque sur sa vie, sur sa carrière de journaliste, et surtout sur son ancêtre l'imam. Observateur du chaos, le narrateur avoue n'être pas un héros.

Il ne donne pas de réponses, mais il pose beaucoup de questions.

« Je m'en veux un peu d'avoir peur. Mais quel mal y a-t-il à aimer la vie ? Et comment arrive-t-on à s'offrir à la mort et à entraîner celle des autres ? J'ai toujours mal au coeur quand je m'imagine un corps déchiqueté, ses membres volant à part, l'extrême mutilation. Quel paradis accepterait un homme tout en lambeaux et emportant avec lui d'autres au trépas, des personnes qu'il ne connaît même pas ? À quel commandement divin obéit-on quand on sème la désolation et la peur chez des innocents ? (pp.54-55).

Le temps passe, la solitude et la peur se dilatent. Osera-t-il sortir de cette maison-prison ? Ou bien il finira ses jours à soliloquer entre les murs ? Les repères spatio-temporels ne sont pas précisés : le roman vise l'universel. L'auteur peint un thème d'actualité qui touche plusieurs villes et pays du monde : le terrorisme. Il s'agit du terrorisme qui a pour arme la religion : tuer l'autre au nom d'une croyance, au nom de Dieu.

« Nous préférons tout de même nos autorités vénales et nos militaires ignorants, et aveugles, à ces fêlés, qui croient entendre Dieu alors que c'est leur folie qui parle » (p.10).

Le roman est captivant par sa structure et notamment par son écriture poétique. le lecteur, en suivant l'intrigue, aurait l'impression de lire de la prose-poésie. Ainsi, la poésie permet par sa magie de dire la folie des fanatiques, c'est-à-dire l'indicible.

« Il fait sombre dans la cité comme il fait nuit en moi » (p.7).

Beyrouk insère discrètement dans cette fiction quelques fragments autobiographiques : son expérience de journaliste, et sa passion pour le Sahara, berceau de la sagesse et de la poésie.

Enfin, Je suis seul n'est pas une autopsie du terrorisme. C'est un roman qui met l'Homme face à la violence, à la religion, à l'amour, à la vie… Mêlant philosophie et poésie, ce roman est un poignant hommage à la condition humaine.
Lien : http://www.lacauselitteraire..
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Je Suis Seul de Beyrouk chez elyzad est un livre angoissant, oppressant, sombre. Un monologue, un homme sans souffle privé de #liberté et de lumière qui regarde le monde se défaire. Bien sûr il est question d'un état islamiste qui s'avance et le condamne à mort, mais ça pourrait être autre chose. On peut y voir déjà l'enfermement de l'homme face au monde, après tout, chacun connaît bien ses peurs et ses compromis. le narrateur n'est pas un héros, il nous le répète, nous force à nous poser également la question, les questions : à quoi tenons-nous, sur qui pouvons-nous compter, cela est-il réciproque, sommes-nous exemplaires, de quel droit juger, de qui sommes-nous les héritiers, que faisons-nous dire aux défunts, qu'est-ce au final que la solitude, qu'est-ce que l'héroïsme ? Cet ouvrage très court est une longue spirale qui nous attire aux tréfonds de nous-mêmes jusqu'à constater que tout concept peut-être lui-même et son contraire, que seul dans nos monologues intérieurs nous pouvons faire et défaire nos principes.
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critiques presse (1)
LeMonde
19 novembre 2018
Beyrouk voit l’engouement pour le djihadisme comme un phénomène né de l’exclusion, de la corruption, de la misère économique. De la misère intellectuelle et idéologique, aussi.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Je connais beaucoup de gens qui seraient contents de me voir dans cet état ; ils m’ont jalousé, ils avaient eu du mal à accepter ma réussite, ils aimaient à me rappeler les années de faim et de misère quand ma mère vendait de la menthe pour que je puisse aller à l’école. Comme si la pauvreté était une honte !
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Est-ce qu’ils lisent des livres, ces gens qui nous tourmentent ? Non, certainement non, ils se s’intéressent qu’à ce qui conforte leur rhétorique fanatique, ils rejettent sans réfléchir tout ce qui n’entretient pas leurs folles certitudes, ils ne donnent aucune chance aux questions, car réflexion peut être doute, et leur demeure mentale si fragile s’ébranlerait s’ils laissent paraître les moindres lésions. Il n’y a d’ailleurs plus de livres dans notre cité. Depuis que les parvenus se sont installés, depuis qu’ils ont remplacé les anciens colonisateurs, ils ont tué les bibliothèques et assommé la culture.
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Je m'en veux un peu d'avoir peur. Mais quel mal y a-t-il à aimer la vie ? Et comment arrive-t-on à s'offrir à la mort et entraîner celle des autres ? J'ai toujours mal au cœur quand je m'imagine un corps déchiqueté, ses membres volant à part, l'extrême mutilation. Quel paradis accepterait un homme tout en lambeaux et emportant avec lui d'autres au trépas, des personnes qu'il ne connaît même pas ? A quel commandement divin obéit-on quand on sème la désolation et la peur chez des innocents ? Ils ont osé le montrer à la télévision, un terroriste, en mille morceaux, j'ai vomi avant de pleurer, ils ne savaient pas qu'il était déjà mort depuis longtemps, pour lui-même.
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" Depuis toujours le peuple s'agglutine sur les places publiques pour voir souffrir puis mourir les condamnés. Ils n'ont rien inventés, les exaltés d'aujourd'hui. Ils ont seulement fait revivre la vieille nostalgie du sang."
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