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Beyrouk (Autre)
EAN : 9782492270017
187 pages
Elyzad (04/03/2021)
4.31/5   18 notes
Résumé :
C'est l'histoire d'une course éperdue contre des passions impossibles. Un jeune homme tourmenté s'enfuit et rejoint un ami parti accompagner quelques touristes dans le Sahara. Parcourant l'immensité brûlante et les anciennes cités des sables, le héros tente de se délester des images qui le poursuivent : un premier amour déçu, le rictus affreux d'une femme qui l'a trop aimé, un père honni par la société – mais était-il vraiment coupable ? Seule la tendre attention de... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
Le roman s'ouvre sur le monologue halluciné d'un jeune homme en fuite. Il a trouvé refuge aux lisières du désert, dans un camp où son ami Sidi exerce le métier de guide pour les touristes étrangers.
En proie à ses démons, il dit « non, je veux tout étouffer et appeler de nouvelles lumières ». Mais quel est donc ce secret qui le taraude et l'oblige à s'éloigner de la ville et de ses amis ?
Au milieu de ses tourments, il évoque le destin de ce père qu'il n'a pas connu, mort en prison, et dont on ne prononce plus le nom. Fils d'assassin, va-t-il suivre le destin de ce « père maudit » ?
A cause de ce nom honni, on se méfie de lui, et il a perdu l'amour de Fati.
Comment retrouver les liens de la filiation lorsque le père a disparu sans laisser de traces ? Pourtant, sa mère a aimé cet homme, il le sait.
« Quel lien véritable peut nous unir ? La paternité ? N'est-elle pas présence ? N'est-elle pas amour ? Que m'a-t-il enfin légué pour me souvenir de lui ? le rejet ? L'exil ? Un destin de paria ? »
Solitaire, introverti, le jeune garçon n'a pas su se confier à quiconque. Muré dans sa solitude, il dit « j'ai planté des arbres en moi, toute une forêt qui remue et dont je ne laisse personne s'approcher »
Les enfants au coeur innocent vont l'aimer pour les contes qu'il invente avec, pour personnage, des bons et des mauvais djinns.
Le désert et ses habitants vont l'apaiser et, à Oualata, ville aux confins du désert, il croisera un vieil homme et une femme qui ont connu son père. Ainsi il remontera le passé et son enquête le mènera jusqu'à l'histoire véritable de ce père qui aimait tant la liberté.
J'ai aimé cette antonymie entre les vastes étendues du désert et l'enfermement du héros. On se prend d'affection, on s'inquiète pour lui et la narration à la première personne rend le texte poignant.
J'ai été séduite par la langue sensuelle et poétique de Beyrouk.

C'est toujours un plaisir de découvrir une nouvelle plume et je remercie les éditions Elyzad et Lecteur.com pour la lecture de ce roman.

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Une belle écriture poétique qui nous emmène dans les pensées d'un homme tourmenté par son origine paternelle, un amour déçu et un acte terrible : le monologue d'une errance qui fait superbement voyager dans les villes du désert mauritanien et nous offre aussi un conte de griots sur l'humanité "aveugle et sourde".
Une belle découverte d'un roman africain qui au détour d'une phrase ou deux a eu des résonances avec des lectures précédentes et j'aime ça : les outardes chassées par les émirs dans le persan, les djinns mis en scène au Bangladesh dans Djinn City, et un "c'est important les jambes chez nous" qui m'a fait penser que Les jambes d'Alice que je n'ai pas aimé est peut-être très représentatif d'une culture...
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Je remercie le site lecteurs.com et les Editions Elyzad de m'avoir permis de découvrir ce roman qui faisait partie des 6 finalistes du Prix Orange du Livre Afrique.

Avant même de parler du roman, je voudrais dire à quel point la maison d'édition Elyzad, créée en 2005 par Elisabeth Daldoul à Tunis fait un remarquable travail, tant par la qualité des textes publiés que par la beauté des couvertures des livres.

L'auteur, Beyrouk, est un écrivain mauritanien réputé dans son pays. Je le découvre avec ce roman.

En astronomie, le nadir est l'opposé du zénith. C'est peut-être pour cette raison que le personnage principal du roman a été prénommé ainsi. En effet, Nadir est le fils d'un guide, accusé d'avoir laissé mourir de soif dans le désert un Cheick réputé. Son père est d'ailleurs mort en prison.

L'ombre de la faute commise par son géniteur pèse sur la vie du jeune homme. Il vaut mieux pour lui ne pas trop se faire remarquer. D'ailleurs, à la demande de sa mère, il porte le patronyme de son beau-père.

Mais le destin parfois joue des tours aux pauvres humains : Nadir rencontre la fille du Cheick sur la plage. Alors que celle-ci lui parle, une colère incontrôlable saisit le jeune homme qui ne peut s'empêcher de porter ses mains autour de son cou et de serrer de toutes ses forces.

Persuadé d'avoir commis à son tour un crime, Nadir va rejoindre dans le désert son ami Sidi qui accompagne des touristes dans le Sahara. Là, au milieu de cette immensité désertique, il va réfléchir à sa vie, à son acte. Pendant plusieurs jours, des questions vont affluer : son père était-il réellement coupable du crime dont on l'a accusé ? Un fils voit-il son destin forcément prendre le même chemin que son père ?

Des questions philosophiques importantes, entrecoupées de réflexions sur la beauté des paysages qui l'entourent. Ses nuits sont hantées par les images de ce qu'il a fait. Et même si parfois il est tenté de disparaître dans le désert, Nadir sait bien qu'il va aller se dénoncer à la police et avoir le courage de payer pour son acte.

» Les ombres commencent à habiter les terres, elles se vengent des blancheurs du jour en jetant des burnous noirs sur la nature et les gens, des nuages stériles bâillonnent les étoiles, la nuit domine déjà l'univers, les dunes sont devenues des montagnes sombres qui n'ont pas de crêtes ni de flancs, les arbustes des monstres immobiles prêts à avaler toute présence, les grillons chantent les douleurs de la nuit, et les blatèrements lointains de chameaux harassés dessinent les angoisses à venir. »

Une écriture forte pour une histoire qui pousse le lecteur à la réflexion. Une découverte de villes oubliées depuis la disparition des caravanes, la beauté du désert. J'ai tout aimé de ce roman.

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Il est le fils de l'homme qui a tué le Cheikh. Issu d'une tribu mauritanienne de poètes et de pillards, il est devenu à son tour un assassin. Remariée à un homme riche, sa mère a pourtant tout fait pour le préserver de cet atavisme ancestral.
Alors que celle qu'il aime l'a abandonné, et rongé par le remord de son terrible acte, il quitte sa vie d'oisiveté pour accompagner dans un périple saharien, son ami Sidi, guide pour touristes.
Dans sa quête de rédemption, il va marcher sur les traces de son père qu'il n'a pas connu et découvrir l'homme intègre et épris de liberté qu'il était.
Et par cette recherche sur lui-même et sur ses origines, au milieu d'un désert grandiose et tout puissant, le jeune homme va retrouver ses racines et se révéler poète et conteur, comme l'étaient ses ancêtres.
Romanesque, poétique et chimérique, ce court roman superbement écrit m'a entraînée aux confins du désert, à travers des villes fantômes aux glorieux passés, dans des lieux soufflés par le vent et balayés par le sable, où la civilisation s'est depuis bien longtemps perdue.
Un très beau voyage et une lecture envoûtante.

Merci à lecteurs.com et aux éditions Elyzad pour ce roman en lice pour le Prix Orange du livre en Afrique 2022.
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Beyrouk est prolifique cette année, après son Parias, et c'est tant mieux, car ses textes sont d'une grande beauté. Ils allient poésie, puissance, simplicité. Les images affluent ainsi que les émotions. Un peu comme Parias, ce roman est celui d'un homme qui se pose pas mal de questions sur sa vie, ses actes, ceux de son père et leurs conséquences. Ce roman puise dans différents genres, le policier, le roman d'introspection, le conte, tout cela dans des paysages très présents : le désert et les villes que visite le groupe de touristes.

Beyrouk parle aussi de la société contemporaine qui s'oublie dans des images et du bruit incessants : "Omom savait bien pourtant que cette planète était la plus bruyante de tout l'univers, il savait qu'elle déversait des milliards de décibels dans le grand espace, que la majeure partie de ses habitants ne distinguaient plus les sons qui chaque instant leur détraquaient l'ouïe et l'entendement. Les mauvais djinns leur bouchaient les oreilles pour leur voler leur esprit." (p.110) On ressent à la lecture un besoin à un retour à l'écoute de la nature et d'autrui. du calme, du silence, du temps pour se reposer "l'ouïe et l'entendement".

C'est un tellement beau texte qu'il procure un peu cela cette sensation de repos, de silence. Y entrer c'est accepter de s'isoler un moment pour en profiter au maximum, de -tenter- de faire abstraction du monde autour, du bruit, juste pour en profiter.
Lien : http://www.lyvres.fr/
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critiques presse (3)
LeMonde
02 mai 2022
Dans son nouveau roman, l'écrivain raconte la fuite et les questionnements d'un homme taraudé par son histoire familiale.
Lire la critique sur le site : LeMonde
Culturebox
05 mai 2021
En voyage à travers la Mauritanie avec un jeune homme qui fuit ses tourments : un beau roman lyrique et poétique.
Lire la critique sur le site : Culturebox
LaCroix
01 avril 2021
Dans une langue d'une lumineuse poésie, l'écrivain mauritanien publie deux romans qui se font écho, chacun explorant les ressorts d'un drame familial avec en toile de fond la présence si puissante du Sahara.
Lire la critique sur le site : LaCroix
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
Il faut que demain revienne, et les couleurs du jour, et le sourire des gens et le soleil sur les joues des filles. Je ne veux plus regarder autour de moi. Je veux scruter la brillance des étoiles pour y lire les joies qui m'attendent. Elles doivent bien exister les heures qui caressent, les moments où on sent se lever en soi les poésies du soir. J'essaye de déchiffrer les rumeurs du silence, parce que tout se tait maintenant, les tumultes d'aujourd'hui sont éteints, il n'y a qu'un espace immense et moi, nous deux seuls, moi et le rien, ou bien moi et et le tout, je peux crier et personne ne m'entendra, je peux insulter l'univers entier, je peux m'ôter les habits et courir librement, je peux lancer toutes les insanités du monde, je peux même réfléchir si je veux, tout est possible ici, sauf les autres. Je veux maintenant sous ce ciel bleu qui se tait écrire de nouveaux mots qui puissent me valoir absolution. J'éteins les cris qui se profilent et les images cruelles qui veulent me voler la vie, qui tentent de s'infiltrer en moi, non, je veux tout étouffer et appeler de nouvelles lumières.
Commenter  J’apprécie          20
Et puis Oualata n'est vraiment pas une ville de chez nous, elle a tellement emprunté à tout le monde qu'elle ne sait plus elle-même ce qu'elle est, trop savante, trop coquette certainement pour nous autres, prudes bédouins, elle a embrassé les beautés de l'empire du Mali quand celui-ci était grand, elle a tout pris aux Almoravides quand ils avaient encore une foi, elle a trompé les Marocains, les arabes Maghil, les conquérants fanatiques peuls, les Oulad Mbarek, la tribu des Mechdhouf, tous croyaient qu'ils l'avaient conquise, mais non, elle les a tous trompés, elle leur a volé un peu, l'essentiel, et elle est retournée à ce qu'elle est toujours, Oualata, coquette mais dédaigneuse de ce qui n'est pas elle-même.
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Ils ne connaissent pas la peur les gens de ta tribu, c'est vrai, et ce sont souvent de bons poètes, c'est vrai, et même, ajouta-t-elle, ils savent être généreux, c'est vrai, mais ce sont des pillard, m'a-t-elle averti, qui ne connaissent rien à rien, qui ne respectent rien, seulement eux-mêmes ou les rares tribus auxquelles ils sont alliés...
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Les ombres commencent à habiter les terres, elles se vengent des blancheurs du jour en jetant des burnous noirs sur la nature et les gens, des nuages stériles bâillonnent les étoiles, la nuit domine déjà l'univers, les dunes sont devenues des montagnes sombres qui n'ont pas de crêtes ni de flancs, les arbustes des monstres immobiles prêts à avaler toute présence, les grillons chantent les douleurs de la nuit, et les blatèrements lointains de chameaux harassés dessinent les angoisses à venir.
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