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EAN : 9782020817745
280 pages
Éditeur : Seuil (14/02/2005)

Note moyenne : 4.27/5 (sur 42 notes)
Résumé :
Déporté ou camp d'Auschwitz en août 1944, à l'âge de vingt et un ans, Joseph Bialot à attendu près de soixante ans pour livrer son témoignage sur cette période. Sobrement, il restitue ici le vécu concentrationnaire et s'efforce de traduire la " mort intérieure ", le deuil de soi-même qui en résulte. Cherchant à comprendre les rouages de l'organisation des camps, il décrit les comportements des différentes communautés de déportés et de leurs bourreaux. Et ranime le s... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
PrettyYoungCat
  02 octobre 2019
Non, il ne saurait être trop question de la Shoah et de la barbarie nazie.
Ou ce serait se blaser de l'horreur.
Ce serait réduire à une masse informe, à une statistique, des individus, des familles, des histoires.
Non, on ne sait pas tout. Et même, on ne sait rien.
"Il y a, dans l'histoire des camps, "quelque chose", présent chez les survivants, qui ne peut être ni défini ni décrit en termes humains. La mort vécue ne peut pas se raconter, pas plus qu'on ne peut regarder le soleil en face ou rester indéfiniment sous l'eau. Auschwitz ne peut pas être "mis en mots", ni en images, ni en sons. (...)
Alain Resnais, dans Nuit et Brouillard, ne dévoilait que les conséquences physiques de l'extermination, jamais le quotidien qui a conduit à "Ça". Idem pour ce correspondant de guerre auprès des Alliés, réalisateur d'un étonnant document sur la libération de Bergen-Belsen, entièrement tourné dans un plan-séquence bouleversant.
La caméra voit, elle ne ressent pas. Elle ne peut pas montrer le gouffre qui s'ouvre en chaque individu lorsque, lucide, il commence à vivre son propre deuil. Ce n'est pas la peur de la mort qui est en cause, mais la "chose" indescriptible, l'instant indicible où s'effondrent toutes les structures morales, religieuses ou autres que chacun a construites durant son existence. C'est l'écroulement de son vécu qu'il est impossible de traduire, ce moment où chaque déporté plonge dans... QUOI ? (...)
A Auschwitz, chaque individu perdait brutalement tout le vernis "civilisateur" accumulé sur lui depuis des millénaires et résumait, à lui seul, toute l'histoire de l'espèce depuis l'apparition du premier homme sur la terre. Au camp, chaque petit bonhomme se présentait nu sous un microscope géant, dévoilant, grossies un million de fois, la bassesse et la grandeur contenues dans l'être humain."
Joseph Bialot tente donc l'exercice périlleux du témoignage de l'indescriptible, d'une expérience qu'on ne pourra pas même approcher.
Mais nous devons quand même essayer, comme ces survivants essaient de nous transmettre.
Car nous le leur devons, nous le devons à L Histoire, à l'Humanité.
Nous devons toujours nous rappeler, nous interroger et nous méfier de ce que l'être humain est capable de faire.
Nous souvenir que l'impensable a été et est encore possible.
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Mariecognat
  15 février 2020
Joseph Bialot a été prisonnier à Auschwitz d'août 1944 à janvier 1945 et nous livre ici un sobre récit de cette expérience extrême dont il n'est pas ressorti indemne.
Arrêté et torturé par la Gestapo, il est déporté car résistant et juif. A son arrivée, il échappe à la chambre à gaz et est confronté à une nouvelle réalité qui veut que rien de ce qui régissait sa vie d'avant n'existe plus, que l'homme qu'il était n'existe plus. Les quelques mois qu'il va passer à Auschwitz seront un long combat pour garder une part de son identité dans un univers totalitaire qui a pour objet de lui dénier toute humanité. Sans aucun pathos, il restitue avec précision le cheminement psychologique qu'il a enduré pour survivre et mettre entre parenthèses l'essence même de son être. Il raconte le quotidien impensable du camp, les brimades, la violence arbitraire des kapos et des gardes, le travail harassant, les trafics de toutes sortes, le désespoir mais aussi la solidarité, les éclairs de lumière quand un geste, un mot apporte un peu de réconfort, les scènes cocasses, les moments d'espoir.
Il explique devoir sa survie au fait qu'il parlait polonais (il était né en Pologne avant que ses parents n'émigrent vers la France), qu'il a fait alliance avec d'autres déportés dont il dit les forces, les flamboyances, le courage mais aussi les faiblesses, et que la chance a été au rendez-vous à des moments clés. La plupart de ses codétenus finirent tôt ou tard, par ne plus pouvoir subir et se laissèrent glisser vers la mort.
Rentré en France, il retrouve ses parents et sa soeur et devra apprendre à revivre avec le fardeau des souvenirs qui ne lui laisseront pas de répit. En fait, on ne revenait jamais vraiment des camps tant il était impossible de les laisser totalement derrière soi. Ainsi le livre est conçu comme une suite de retours en arrière pendant la traversée du voyage que Joseph Bialot fit d'Odessa à Marseille après sa libération et durant laquelle sa pensée était ramenée vers le camp par de petits gestes du quotidien qui semblent anodins mais qui avaient une toute autre dimension dans l'univers concentrationnaire : un repas, le soleil sur le pont, une douche...
S'il n'a pas la puissance du livre-culte de Primo Levi « Si, c'est un homme », ce livre n'est pas un récit de plus sur ce que fut l'expérience des camps de concentration. Car au delà d'être un témoignage très impressionnant et particulièrement bien écrit, Joseph Bialot est un écrivain talentueux qui fait ici oeuvre de littérature.
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cathe
  19 septembre 2015
Hasard des lectures, je prends ce livre juste après avoir lu celui de Marie Chaix sur son père collabo ! Même époque mais changement d'ambiance. Là où certains profitaient au maximum de la situation politique, c'est la déportation pour des millions d'autres.
Il est toujours difficile de faire un compte-rendu des livres sur les camps de concentration. Quand on a lu Primo Levi, on "sait". Ce que Bialot nous décrit, on le "reconnaît". Et pourtant c'est unique parce que c'est son histoire, son arrestation, son arrivée à Auschwitz, son expérience de l'entraide, de la traitrise, de la souffrance, de la mort, de l'inhumain surtout, puis la libération des camps et le retour en France.
Joseph Bialot est surtout connu comme auteur de romans policiers (une vingtaine). Il a attendu plus de cinquante ans avant de pouvoir témoigner sur cette période et son livre se termine sur un hommage à tous ceux qui n'ont pas réussi à "re-vivre" au retour des camps et se sont donnés cette mort qu'ils avaient évitée au Lager. Parmi les plus connus, Primo Levi, Bruno Bettelheim, la mère de Art Spiegelman, mais aussi tous les autres.
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MaiteBravo
  10 mars 2014
Je suis tout à fait d'accord avec le ton de Michel Ayala, qui est le seul sur Babelio à avoir chroniqué ce livre. J'apporterai juste une réserve, c'est que je ne pense pas qu'il faille du courage pour le lire. C'est le seul témoignage d'un déporté que j'ai fini de lire en étant...comment dire?...vraiment emportée par l'appétit de vivre. Primo Levi, c'est magnifique. Semprun, c'est magnifique. Bialot, c'est magnifique aussi mais c'est différent parce que lui parle du moment où les sauveurs arrivent et où les survivants vont être libérés. Alors cette libération, elle prend des mois, et des mois pendant lesquels on peut toujours mourir. Quels choix faire pour survivre, encore et toujours? Rester dans le camp ou partir? Partir, d'accord, mais vers l'est ou vers l'ouest? Une fois parti, comment faire reconnaître son identité? Comment faire valoir ses droits? Comment trouver un bateau? J'étais soufflée. Je n'avais jamais lu de livre qui raconte ces détails. C'est d'autant plus fascinant à lire que Bialot fait aussi preuve d'humour, d'ironie, d'envie de vivre! Il ne faut pas oublier que tout comme Semprun, il était jeune à l'époque, et il avait aussi tout simplement envie de s'amuser. Pas seulement parce que c'était un survivant, mais parce que c'était de son âge. Bref, même si c'est un livre plein d'horreurs, il se lit très vite, et j'avais la gorge serrée et les yeux mouillés quand enfin le jeune homme rentre chez lui...
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LesLecturesDeRudy
  22 juin 2019
Les mots manquent pour parler de ce livre . Témoignage de ce que peut être la barbarie humaine et pourtant l'espoir est toujours présent au fil des pages . Un livre émouvant , bouleversant pour ceux qui ignoreraient ce que fut l'empire concentrationnaire nazi . Joseph Bialot sans grandiloquence ou misérabilisme nous parle de l'horreur absolue . A lire par chaque nouvelle génération pour ne pas oublier ...
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Citations et extraits (19) Voir plus Ajouter une citation
catherinemassoncatherinemasson   08 juin 2014
Bois vite, je ne peux pas rester là.
La boisson est à peine tiède, mais le goût sucré en fait une offrande unique.
Et foudre accumulée depuis des jours, le tonnerre caché dans les planches, l'orage qui couvait chez chacun, la peur refoulée, l'angoisse mal maîtrisée, les vagues de la mer lorsqu'elles cassent leurs amarres, les vents d'hiver lorsqu'ils sortent du Pôle, les amours des parents et des enfants menacés, la tendresse des couples, la haine et l'idiotie, le courage et la folie, tout a explosé, tout à jailli des tonneaux débondés. L'Océan a vidé ses eaux comme des milliards de seaux géants se déversant d'un même jet, la montagne a balancé ses moraines et ses glaciers comme un gamin furieux qui brise ce qu'il possède, la terre s'est fendue exhibant ses entrailles de feu, les raz de marée ont hissé leurs tempêtes, les torrents ont quitté leurs conduites forcées pour s'écrouler là, dans un commandement sec formulé par un SS.
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PrettyYoungCatPrettyYoungCat   28 septembre 2019
Question posée à un déporté rescapé qui devint rabbin après trois ans de camp : "Où était Dieu à Auschwitz ?"

Réponse : "Où était l'homme ?"
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rkhettaouirkhettaoui   22 janvier 2013
Être libéré ne signifie pas être libre. Je réalisais mal que j’avais un fil à la patte, lien qui s’allongerait au fur et à mesure de ma marche vers la normalité. Mais il était là, invisible, impalpable, me ramenant sans cesse à des flashes incontrôlables.
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rkhettaouirkhettaoui   22 janvier 2013
Un rescapé n’est qu’une apparence, une illusion à face humaine, qui continue à baiser, à manger, à travailler, à penser. Comme une dent dévitalisée. Elle est morte et continue sa fonction, mordre, dévorer, mais à l’intérieur c’est creux, vide…
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rkhettaouirkhettaoui   22 janvier 2013
Elle était, avec son sourire, son regard bienveillant, sa langue que je comprenais, tout ce qu’un homme pouvait espérer, la tendresse, l’amour, la vie. Tout ce que seule une femme peut offrir. Elle était une femme. C’est tout.
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Video de Joseph Bialot (2) Voir plusAjouter une vidéo

Joseph Bialot : C'est en hiver que les jours rallongent
Olivier BARROT, depuis le café "Le Rostand" à Paris, présente le livre "C'est en hiver que les jours rallongent" (éditions le Seuil) de Joseph BIALOT. L'auteur parle de son livre avec Barrot.
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