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ISBN : 2330092342
Éditeur : Actes Sud (03/01/2018)

Note moyenne : 3.91/5 (sur 23 notes)
Résumé :
En 1629, au large de l'Australie, les quelque deux cent cinquante rescapés du naufrage d'un navire de commerce néerlandais sont victimes du plus grand massacre du XVIIe siècle. De cet épisode sanguinaire Marc Biancarelli s'empare pour donner vie, corps et âme à des hommes contaminés par le Mal, qui corrompt ceux qui le touchent du doigt en un cercle vicieux interrogeant perpétuellement ses origines.
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Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Bazart
  21 février 2018
Haarlem, 1629. Jeronymus Cornelisz, apothicaire en faillite, a eu la très mauvaise idée d'être l'ami du peintre Torrentius. Lorsque ce dernier est arrêté pour immoralité, satanisme et hérésie, Cornelisz se hâte de quitter la ville dévote de peur, lui aussi, de passer à la question. Nous sommes certes en pleine Renaissance, mais les esprits moyenâgeux sont toujours au pouvoir.
Le bien et le mal, changent de camp aussi souvent que les croyances. Catholiques et Protestants se torturent et se supplicient entre eux, ne trouvant accord que pour torturer et supplicier ensemble les libres penseurs. le fuyard abandonne sa femme syphilitique, étouffe son bébé moribond et s'embarque comme intendant adjoint sur le Batavia pour le compte de la compagnie néerlandaise des Indes Orientales.
Dans sa route pour les Indes, le navire, au bord de la mutinerie, s'abime sur un ilot rocheux au large de Java. Cornelisz, le survivant le plus gradé, va prendre le commandement des naufragés et en donnant libre cours à sa folie paranoïaque laissé son empreinte sanglante dans l'histoire.
Description méthodique de la naissance d'une dictature engendrée par la terreur, combat du bien et du mal entre le ciel et l'eau, Marc Biancarelli nous offre un tableau hyper-réalisme de cette époque troublée. le Monde au XVII è siècle était alors un champ de bataille de territoires et d'idéologies, un bourbier rouge sang formidablement recréé par le romancier.
Rembrandt, Hals, Ruisdael, Vermeer, le clavier de l'écrivain devient la palette d'un peintre flamand, la page blanche un tableau historique et gore qui tente avec courage de comprendre, le chaos et l'harmonie, l'humain et l'inhumain, le clair et l'obscur.
Plongez dans cette lecture organique et viscérale et vous vivrez un épatant voyage en littérature et en Histoire.
Lien : http://www.baz-art.org/archi..
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Caliban
  18 mars 2018
Je connaissais déja le sujet : le naufrage du Batavia en 1629 et ce qui s'ensuivit, j'avais lu deux ouvrages s'y rapportant, celui de Simon Leys, "Les naufragés du Batavia"( Ed.ARLEA 2003 ) et celui de Mike Dash, "L'archipel des hérétiques " (Ed.Libretto 2002 ) . Cela ne m'a pas empêché de goûter la nouvelle mouture dont j'apprécie l'energie,la vitesse du style . Et j'ai pu constater ( avec Anne d'Ornano, parlant de l'oeuvre de Simon Leys, que "l'ouvrage permet de découvrir l'effrayant versant noir de la nature humaine, dominée par la cupidité, la violence et la lutte pour le pouvoir ." J'aime aussi que Marc Biancarelli ait su agrandir le champ d'investigation et nous replonger dans la vie de Haarlem (Provinces Unies, futurs Pays-Bas ) au 17ème siècle, les malheurs de la guerre de Trente ans,les aventures d'un soldat de fortune, Weybbe Hayes, qui deviendra le héros des naufragés et les mésaventures d'un apothicaire peu commun, Jeronymus Cornelisz, futur "capitaine-général" d'un royaume de pacotille où il ne le cédera en rien aux "débordements" d'un Idi Amin Dada .
J'ai apprécié aussi la présentation et le développement des personnages: Pelsaert le subrécargue, Jacobsz le capitaine du bateau,Jan Pillegrom "le gredin à peine sorti de l'enfance", Coupe-pierre, peut-être pas le plus malin des mutins mais le plus roué (!), Wouter Loos qui, exilé sur la Terre Haute, prouvera, in fine, qu'il n'était pas un dieu . Et aussi le gouverneur général des Indes néerlandaises, Jan Pieterszoon Coen,bras inflexible de l'Ordre et surtout du Profit sans oublier les personnages ---secondaires ici mais importants dans le domaine de l'Art--- Johes van der Beeck ditJohannes Torrentius (1589-1644 ) et Franz Hals (1582-1666 ).
Le plus important dans ce livre, c'est qu'il nous montre jusqu'où la soif du pouvoir ("sacra fames" ) peut amener,le Mal dans sa noire et horrible splendeur et je pense à la phrase d'Edmund Burke :"Tout ce qu'il faut pour que le mal triomphe, c'est que les braves gens ne fassent rien " . Et, du Batavia, nous voici plongés dans Auschwitz et autres goulagueries contemporaines !
Un bémol cependant: page 90, j'ai tenté,en vain, d'enrichir mon vocabulaire avec le mot "brouan" dont je pense qu'il se veut un synonyme de "crécelle" mais est inconnu au dictionnaire et, non reconnu, ne vaut rien au scrabble (dixit Google ! . J'ai également bien ri, page 266, en présence d'un "mur détrempé,suintant le paludisme", image forte mais absconse ...pour rester modéré .
Enfin je terminerai par l'épilogue avec son histoire d'amour (oui ! oui !) qui nous prouve que cette histoire de feu, de sang et de mort était finalement une bluette .












































































































































































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MuseaUranie
  01 août 2018
Suite à l'énorme brique que fût Elantris, je me suis volontairement tourné vers quelque chose de plus petit, mais pas forcément plus léger. J'ai lu très peu de livres ayant pour toile de fond l'histoire maritime même si j'aime beaucoup ce milieu. Massacre des Innocents était donc la bonne occasion en ayant le double avantage d'une histoire maritime et de retrouver cette noirceur humaine que j'aime tant.
Massacre des Innocents retrace l'histoire véridique de cet Indianman (classe du navire), le Batavia qui en 1629 fit naufrage près des côtes australiennes perdant sa cargaison et le fruit des ventes. Les naufragés se retrouvant seuls au monde organisent la vie et tente par tous les moyens de survivre, une fois le capitaine parti chercher les secours. Pourtant, très vite, les premières dissonances commencent à arriver et la petite colonie s'en voit bouleversé. Et je pèse mes mots. 
C'est assurément le livre où j'ai vu le plus de personnages irrécupérable et de situation affreuse. de telles situations font souvent ressortir ce qu'il y a de bons comme ce qu'il y a de mauvais en nous, et ici, c'est plutôt la folie qui ressort. L'auteur raconte les faits de façon très clinique et ce n'est pas forcement une mauvaise chose. L'homme est torturé, fou, perdu, alors pourquoi prendre des pincettes ? Avec ce livre, il y a comme une sorte de fascination morbide presque glauque qui fait qu'on continu à tourner les pages, car on pense que, naïvement, on ne peut pas descendre plus bas dans l'enfer - terrestre -. Il n'y a pas à tergiverser, c'est rondement mené et certains passages sont vraiment insoutenables. Je pense en autre aux chapitres sur la vie passé des personnages qui permettent de comprendre d'où vient cette haine viscérale de l'autre. Et puis, il y a le contexte. Cette Hollande en pleine conquête commerciale dans les mers étrangères qui souffre d'une vision de la religion étriquée façon inquisition XVIIe et qui instaure un climat de peur dans son propre pays. Là aussi, c'est fort et merveilleusement bien retranscrit - un peu trop parfois - qu'on en redemanderait. Seule ombre au tableau, mais qui semble logique tant l'oeuvre est riche : la description. Je me souviens d'un chapitre entièrement dévolu à une oeuvre qui décrivait chaque centimètre de la peinture. Bien, mais long. 
Conclusion, un livre qui m'a donné ce que je voulais. Des personnages dangereux et fous dans l'âme, intrinsèquement liés à leur époque et un auteur qui retranscrit merveilleusement bien un drame, une tragédie même, maritime et humaine faisant preuve d'un sens de la poésie incroyable. Il faut avoir le coeur accroché plus d'une fois, mais cela vaut le coup ! 
Lien : https://museaurania.wordpres..
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  24 janvier 2019
Le 4 juin 1629, le Batavia s'échoue sur un récif des Houtman Abrolhos, à l'Ouest de l'Australie. Près de 300 passagers, marins, mais aussi civils, femmes et enfants, quittent le navire et gagnent les îlots ingrats de l'archipel. Tandis que la survie s'organise, un groupe de marins tente de rejoindre Java sur un canot. Lorsque les secours arrivent trois mois plus tard, la moitié des survivants a été massacrée par l'infernal intendant Cornelisz et la troupe sanguinaire qu'il a mis sous ses ordres. Bien loin d'une classique robinsonnade, Massacre des Innocents est ainsi le récit de ce fulgurant déferlement de violence qui voit toutes les frontières se brouiller, les héros se changeant en bourreaux et les traîtres en résistants… Balançant entre un lyrisme exaltant et une sécheresse apte à rendre la tension des rapports humains, l'écriture de Marc Biancarelli donne toute sa densité à ce bref roman construit comme un tableau de maître et cherche, en racontant les vies des personnages principaux dans la Hollande du XVIIe siècle, les racines du Mal jusqu'au coeur de nos sociétés européennes.
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MonCharivariLitteraire
  22 octobre 2018
Ce livre est celui d'une histoire familière dont a entendu parlé, que l'on a vu reproduite sur des tableaux mais que l'on ne semble pas vraiment connaître. Il raconte un massacre. Purement et simplement.

Le Batavia navire affrété par la Compagnie néerlandaise des Indes orientales s'est abimé au large de l'Australie. Quelques deux cent cinquante rescapés rejoignent les ilots des alentours. Débute alors l'horreur, l'indicible, l'indescriptible que Marc Bianarelli va tenter de nous faire partager.

Sous la houlette de Jeronymus Cornelisz la survie va devenir cauchemar. L'homme s'enfonce chaque jour un peu plus loin dans la cruauté et l'abjection.

face à ces horreurs, un homme, un phare va tenter de résister il incarnera l'espoir jusqu'à ce qu'on puisse venir les secourir.
A la lecture de cette histoire, je me pose la même question qu'un des personnages Weybbe Hayes: comment sombre-t-on dans cette barbarie. Un des hommes a certainement répondu avec justesse: nous sommes des barbares. Ils ont justes agit selon leur nature. Lire c'est pages rappelle ce dont l'homme est capable et ne manque pas de vous glacer. cependant vous ne reposerez pas le livre avant de l'avoir terminé car les pages filent sous les doigts.
Un roman très réussi.
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Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
BazartBazart   21 février 2018
Avait-il, dès le voyage aller, comploté et organisé la mutinerie ? Oui. Envisageait-il de s’emparer d’un navire de secours et de se lancer dans une immonde carrière de pirate ? Oui. Avait-il ordonné la mise à mort de toutes les bouches qu’il jugeait inutiles à nourrir ? Hélas oui. Avait-il par la suite livré les rescapés à la folie meurtrière et gratuite de sa bande d’assassins ? Oui encore. Vous êtes-vous rendu coupable de viols multiples et de de l’exécution sordide de douzaines de malheureux ? Mais, oui, certes, et pourquoi pas.
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JoyeuxDrilleJoyeuxDrille   23 janvier 2018
Mourez Innocents, mourez puisqu'il n'est nulle frontière entre ce que vous êtes et ce que vous fûtes, entre les états de l'être et de la conscience, mourez puisqu'il n'est de souffrance qui ne se perçoive et se réalise sans jouissance à l'équilibre. Mourez puisque vous n'existez que dans l'accomplissement de ce martyre.
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cvd64cvd64   15 avril 2018
Cornelisz avait été mis à l'écart, sous la tente du cimetière qui avait été son palais. (...) Il les avait reniés, et eux-mêmes, l'avaient chargé tant qu'ils avaient pu, pour se dédouaner, minimiser leurs fautes, ou simplement par lucidité, réalisant à quel point il les avait fourvoyés, précipités dans le chaos.
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MonCharivariLitteraireMonCharivariLitteraire   22 octobre 2018
Le mal elle l'avait touché de sa propre main, et elle en était désormais entachée, elle en porterait les stigmates à vie, comme ces être des tourbières qui portaient en eux, pour l'éternité, les scarifications d'un lointain sacrifice.
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MonCharivariLitteraireMonCharivariLitteraire   22 octobre 2018
Il savait l'ivresse, et la jouissance et la nausée, l'enfouissement de la honte. Des barbares nous n'étions peut être que cela, et nous n'avions peut être que la haine, nous n'avions qu'une morbide concupiscence à mettre en commun.
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Videos de Marc Biancarelli (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Marc Biancarelli
Marc Biancarelli - Orphelins de Dieu .Marc Biancarelli vous présente son ouvrage "Orphelins de Dieu" aux éditions Actes Sud. Rentrée littéraire 2014. http://www.mollat.com/livres/biancarelli-marcu-orphelins-dieu-9782330035938.html Notes de Musique : Stickfigure/(none given)/05 Spaghetti Western. Free Music Archive.
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