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EAN : 9782234078116
392 pages
Éditeur : Stock (24/08/2016)
3.23/5   20 notes
Résumé :
Quand Raoul Estienne s'éteint au soir d'une vie d'industriel, ses trois petits-enfants prennent la route. Ils enterrent un vieil homme, ils enterrent leur enfance. La demeure familiale est trop grande, trop vide, trop muette pour leur père Jean-Michel qui voudrait bien s'en débarrasser. Ce serait pour eux un ultime coup dans une plaie que la société française acidifie chaque jour davantage. Nous sommes en janvier 2013, Hortense, la trentaine décidée, a fondé une sta... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (11) Voir plus Ajouter une critique
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LiliGalipette
  14 juin 2016
À la mort de Raoul Estienne, industriel qui a fait fortune dans les brosses à dents, son fils Jean-Michel envisage de vendre la Banéra, grande maison familiale. Mais ses propres enfants se braquent contre son projet. Pourtant, ils vivent tous à Paris. Hortense est à la tête d'une start-up performante, Lucile est graphiste à la Défense et Alexandre s'investit passionnément dans la Manif pour tous. Pour eux, liquider cet héritage bourgeois, c'est signer la fin d'une époque, perspective tout à fait insupportable. « Tous conclurent mentalement qu'il était regrettable que la perte des principes atteigne jusqu'aux élites, que c'était là le signe d'une dégénérescence. La fin des traditions était entérinée. » (p. 23) Les enfants de Jean-Michel se raccrochent à un passé glorieux et voudraient, en quelque sorte, arrêter le temps et nier une certaine forme de progrès social. Étrangement, c'est la jeune génération qui est la plus acharnée quand il s'agit de préserver le vieil empire familial pourtant décrépi et menaçant ruine. En fait, ce qu'il reste à protéger, c'est plus un souvenir qu'un véritable patrimoine industriel ou bourgeois.
Pour Jean-Michel, ses rejetons souffrent d'un excès de confort. « le problème de ses enfants et des gens de la génération de ses enfants, c'est qu'ils étaient malheureux de n'avoir pas suffisamment souffert. Alors, ils se créaient des contraintes. Il n'y avait qu'à voir Alexandre qui avait demandé à passer son lycée dans un pensionnat de curés, et se laissait séduire par des pensées rétrogrades. En d'autres termes, ils ne supportaient pas que leur vie soit agréable. Paradoxalement, la moindre contrariété les bouleversait durablement. […] Il leur manquait vraiment cette colonne vertébrale que seule la frustration vient prodiguer aux hommes. » (p. 124) Finalement, Hortense, Lucile et Alexandre vont apprendre le tumulte et quitter la quiétude tiède de leur existence pour commencer à vivre comme tout le monde. Face aux peines de coeur et au désarroi professionnel, il n'y a pas de bourgeoisie : la société est enfin égalitaire. « Ce tas de cendres, c'était eux-mêmes, et ils se regardaient bien en face dans le miroir, et longuement chacun, Hortense, Lucile, Alex, avec l'effroi de vivre, l'effroi d'être finis, décombres parmi les décombres. » (p. 269)
Si j'ai lu ce roman avec intérêt, je n'ai pas éprouvé beaucoup de compassion pour les protagonistes, probablement parce que l'univers bourgeois m'est inconnu. Je retiens surtout la plume forte et affirmée de Solange Bied-Charreton dont le style moderne est tout à fait intéressant.
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SFuchs
  28 mars 2021
Il fait beau, il fait doux, le temps est idéal pour me diriger vers la place Bellecour et ma librairie préférée, où m'attend ma dernière commande : Les Visages pâles de Solange Bied-Charreton. Il y a quelques années, j'ai eu une prise de conscience salutaire : non, il ne fallait plus commander ses livres en ligne car cela répondait à un modèle économique qui détruisait les emplois. Suite à ce sursaut, j'ai à nouveau acheté mes bouquins en librairie, je me suis senti entrer dans le maquis, dans la résistance... un vrai rebelle.
Fils cadet de la famille Estienne, Alexandre a grandi dans un milieu privilégié, à l'écart du besoin. A l'époque du projet de loi "mariage pour tous", il a fait preuve d'une prise de conscience à la hauteur de la mienne et décidé d'aller caresser le macadam de ses souples mocassins dans un cortège Manif pour Tous "on lâche rien". Une conscience politique était née, une étoile dans le zodiaque de la contestation.
"Après une adolescence mouvementée, Alexandre avait su faire les efforts qu'il fallait pour rentrer dans le rang. Pas question, pour le fils de Jean-Michel Estienne, de finir saltimbanque, simple agent de maîtrise, artisan boulanger. Un penchant héréditaire pour les métiers de l'industrie l'avait donc décidé à mener la carrière d'ingénieur en électronique."
[...]
"Alexandre toisait la foule. Il avait revêtu un sombre blouson de cuir, et ceignait sa gorge d'un keffieh palestinien. Il voulait à tout prix se banaliser, "ce qui nous permettra peut-être d'éviter d'être stigmatisés par les médias de gauche"."
En 2013, la Manif pour Tous et le projet de loi afférent étaient les grands sujets du moment mais il serait dommage de résumer le récit de Solange Bied-Charreton à cette actualité. Huit années ont passé depuis et si le roman mérite encore qu'on lui consacre son temps, c'est parce qu'il s'agit de vraie littérature. Par contre, je l'ai déjà dit, l'inscription du roman dans son époque est une condition narrative nécessaire pour que je m'y intéresse... mais ce n'est pas suffisant. Il faut que l'émotion littéraire soit là et, dans le cas présent, elle l'est. J'avais prévu une tartine sur l'événement parce que moi aussi je l'ai vécu, sauf que cette focalisation sur un aspect secondaire du roman de Solange avait contribué, à l'époque, à m'en détourner. Alors je vous épargne ma tartine... vous avez eu chaud mes loulous !
Dans la famille Estienne, il y en a pour tous les goûts. On adore détester Jean-Michel, le fils du patriarche Raoul qu'au contraire on aime adorer. On déteste aimer Alexandre - déjà cité - et sa prise de conscience un peu benêt et tardive, mais on est bien obligé de concéder que c'est le sang de son batailleur de grand-père qui coule dans ses veines et qu'à certains égards, c'est l'époque qui fait l'homme. Quant à Lucile, on est désarmé devant elle, on n'a pas de prise, on a juste envie de la prendre dans ses bras. Tout au plus pourrait-on dire qu'elle a échoué à faire de sa vie une success story entrepreunariale, contrairement à sa foldingue de soeur Hortense. Lucile est un peu inadaptée à son époque mais c'est un signe de mauvaise santé que d'être adapté à une époque malade et c'est pas moi qui l'a dit en premier, c'est un autre. Je passe sur les autres figures du roman car il serait trop long de toutes les énumérer. Nous retrouvons avec plaisir certaines d'entre elles qui étaient déjà présentes dans Enjoy. D'un roman à l'autre, une trame est en passe de se dessiner... on pense à la fresque des Rougon-Macquart.
"Peut-être par faiblesse, par résistance au goût, Lucile aimait-elle uniquement les oeuvres figuratives. Sa préférence allait aux peintures maniéristes et de la Renaissance. On pouvait tout déduire ou presque de Raphaël et de ses successeurs. Elle étudiait de près le respect des proportions ou au contraire le jeu subtil des artistes consistant à les falsifier, admirait la pâleur minérale des visages et la torsion des corps chez Le Corrège, Véronèse ou le Tintoret. le portrait de Lucrezia Pucci Panciatitchi par Bronzino se tenait isolé sur un autre mur. On le voyait tout de suite quand on entrait dans la pièce ; face au lit, reproduction plus grande que les autres, qui s'imposait. Lucrezia était la femme à l'intérieur de la femme, la personne à l'intérieur de Lucile. La blondeur vénitienne de ses cheveux contrastait avec la blancheur du visage. Autour de son cou, un pendentif en or portait cette inscription en français, "Amour dure sans fin"."
[...]
"Lucile se tenait là au bord du précipice. Depuis une ouverture dans le secteur des Halles, elle les apercevait aller et venir sur le tapis roulant de la correspondance. Elle appréciait le rythme las de cette marée humaine à la lumière de sa compassion, en connaissait les contraintes et les désirs, les buts jusqu'à l'absurde, elle en était un membre parmi les autres membres, tantôt leur soeur et tantôt leur ennemie. Elle était eux mais non, elle était bien elle-même : elle leur était semblable. Elle était dans la foule mais elle n'y était pas. Elle n'était pas dans le mouvement mais elle pouvait le ressentir. Pas dans la violence, mais elle pouvait la déceler. Et elle les regardait courir après le même pécule, craindre la même perte, perdre de leur personne, perdre de leur sourire, et ce temps commun où ils auraient pu vivre, parler et s'émouvoir."
Je ne sais plus quel auteur disait que les détails d'une rencontre, d'une discussion, ajoutons d'une lecture, s'estompaient rapidement une fois celle-ci terminée, digérée. Reste pourtant, d'une façon diffuse et permanente, une impression générale qui détermine l'envie d'y revenir ou pas. Quelques jours après la fermeture du roman de Solange Bied-Charreton, j'espère qu'elle nous gratifiera d'un nouvel opus afin de retrouver cette petite musique, cette orchestration qui m'a été si agréable et douce à l'oreille et qui, je le rappelle, m'a aussi procuré beaucoup de joie. Il me tarde déjà de replonger.
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TRIEB
  27 juin 2016
Lorsque Raoul Etienne décède dans sa demeure gersoise la Banèra, ses trois petits-enfants sont amenés à prendre la route pour assister aux obsèques du patriarche .Car c'en est un, l'expression n'est pas outrée .C'est un industriel, autrefois très prospère qui a réussi dans la fabrication des brosses à dent. Jean-Michel, le père, est décidé à vendre cette demeure d'un autre temps, d'un autre âge, qu'il trouve trop liée au passé, cette demeure qu'il n'avait jamais vraiment aimée : «L'avenir, selon lui, était au renouveau .Quoi qu'n pensent les enfants, la Banèra n'était pas leur bien le plus précieux .Par ce que la Banèra n'était pas leur bien le plus précieux. Parce que la Banèra signifiait le passé, le passé qui nous ronge .Pour la première fois, il envisagea de l'abandonner. »
Ce qui retient l'attention du lecteur très vite, ce sont les descriptions très détaillées, très véridiques, subtiles des états d'âmes et interrogations, tourments divers auxquels sont confrontés Hortense, Lucile, et Alexandre, les trois enfants de Jean-Michel.
Hortense fonde une start-up, Clean and Co, elle s'investit dans sa vie professionnelle, elle est désireuse de réussir, de s'imposer, comme tous les entrepreneurs en mal de reconnaissance et d'exultation entrepreneuriale .Sa soeur Lucile, est graphiste, elle est difficilement intégrée dans sa boîte, en proie aux moqueries et aux lazzis de ses collègues, du service de l'Innovation graphique, elle s'y perd, lâche le morceau et tente de vivre une relation, sans issue, sans vérité, ni consistance, avec un certain Charles Valérien, rencontré lors d'une soirée.
Le cas d'Alexandre est un peu plus atypique ; il est attiré par le mouvement de la Manif pour Tous, persuadé qu'il est de la décadence de la France et de la proche disparition de la société patriarcale si la loi scélérate est votée et ouvre la porte aux pires dérives .Il croit participer aux événements, être en prise avec la réalité, s'engager .Ce qui est admirablement décrypté, disséqué, ce sont les différents états de conscience par lesquels passent ces personnages .
L'auteure est sans complaisance avec eux, elle porte un terrible jugement : « Chacune de leurs actions prouvait leur vie risible, justifiait qu'ils poursuivent leur existence vaine, le tracé convulsif qu'ils avaient entamé sans crever d'opercule. Aucune de leurs actions n'avait le moindre impact, elles effleuraient la vie, célébraient le néant, abolissaient le jour, sa possibilité, où ils seraient rendus à eux-mêmes. » Pourtant, elle entrevoit une résurrection à la fin du roman : la perspective qu'ils se retrouvent, tous, lors de la vente, comme pour se ressourcer et retrouver des fragments de sincérité et de vérité personnelle .Ce roman évoque très bien les relations d'une famille bourgeoise, le poids de l'héritage familial, la place des fausses raisons qui orientent parfois les vies de chacun .C'est très bien écrit, tout en finesse, avec un humour grinçant .Un très beau roman réussi .


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Verdure35
  07 février 2017

C'est le roman de trois générations , celle de la famille Estienne, des brosses à dents depuis 1845, symbole de la vieille industrie française.Le grand père Raoul vient de mourir en ce début d'année 2013à « La Banera » , vieille maison de famille gersoise.
Son fils J.Michel ,a lui, anticipé la mondialisation et a délocalisé en 86 ; Il est divorcé de Chantal de Sainte -Rivière, de vieille noblesse.
Ils ont eu trois enfants, Hortense, chef d'entreprise, Lucile, designer à défaut d'être peintre, et Alexandre, qui milite avec sa mère pour le « mariage pour tous ».
J. Michel décide de vendre « La Banera », et là , l'auteur avec beaucoup de virtuosité dépeint ces héritiers qui se sont dissous dans l'individualisme, cette génération d'après guerre qui n'a pas ou pas su transmettre l'héritage des valeurs qui se retrouvent pour ainsi dire dévitalisées .
Avec cette mort les enfants sont confrontés à la mélancolie de l'enfance ainsi qu'à leurs parents, ce qui donne lieu à de superbes pages. La vie de ces jeunes gens qui veulent tout et vite se fracassera quelque peu à l'épreuve du temps.
Avec beaucoup de lucidité, S.Bied-Charreton observe ce petit monde avec dédain parfois mais pitié aussi. La vacuité de la société contemporaine fait réfléchir, elle donne l'intuition
de deux mondes parallèles »Le peuple de la mémoire » et le « peuple des immédiats » ; ceux qui connaissent tout de la vie de leurs grands-parents et les autres...
Le titre est justifié par cette phrase « Ils n'étaient que des visages pâles, les ombres de ceux qui les ont précédés. »
J'ai beaucoup aimé ce roman qui pourrait donner la réponse à Maurice Druon et à ses « grandes familles » Que sont-elles devenues ? Pas très réjouissant certes, mais tellement vrai On retrouve cette désespérance . à travers toutes les classes sociales d'ailleurs..
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virginie-musarde
  30 octobre 2016
C'est toujours très étonnant de découvrir une plume à la fois élégante et ironique ! Solange Bied-Charreton cisèle ses phrases au scalpel et réussit pourtant à donner à son roman un rien d'acidité, de causticité qui détonne d'autant plus qu'elle évoque (avec finalement assez de détachement) un monde qu'elle connaît bien et dont elle partage pourtant les valeurs (pour rappel, elle est aussi rédactrice en chef adjointe d'un magazine franchement très à droite...).
Son regard sur l'aristocratie et la bourgeoisie parisienne catholique, sur la course à l'argent, sur les idéaux et les valeurs d'une société bobo, ne manquent pas de saveur !
Elle se moque doucement de ces nantis, de leur conservatisme et de la haute opinion qu'ils ont d'eux-même, en mettant en exergue le vide de leurs vies, leur absolue solitude et la fausse image qu'ils se renvoient, persuadés d'être des individus différents, sans doute supérieurs...
L'auteur dessine ainsi un portrait d'une société qui ne sait plus que faire de ces racines (tourner la page comme Jean-Michel qui écoute Sardou en boucle, ou s'accrocher aux souvenirs et à la transmission comme ses trois enfants qui évoluent pourtant dans des univers ultra modernes et connectés ?).
On retrouve dans ce roman des personnages apparus dans les deux précédents : Charles Valérien (Enjoy), Noémie et Franck (Nous étions jeunes et fiers)...Mais tous ont en commun une espèce de vacuité, symbolisent le repli sur soi et l'égoïsme, l'instabilité d'une jeunesse qui se cherchent des repères. Aucun n'inspire d'empathie, ils sont pourtant, par bien des aspects, le reflet d'une génération.
Merci à Valentine des Editions Stock de m'avoir permis de découvrir ce roman !
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critiques presse (2)
LeFigaro   05 septembre 2016
Avec ce troisième roman, Les Visages pâles, Solange Bied-Charreton s'impose comme un écrivain d'une très grande profondeur et d'une rare sensibilité.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
LeFigaro   02 septembre 2016
Un portrait de jeunes Parisiens de bonne famille sur fond de Manif pour tous.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (9) Voir plus Ajouter une citation
LivresselitteraireLivresselitteraire   21 août 2016
Ils étaient, visages pâles, les ombres de ceux qui les avaient précédés. Ils étaient habités, projetés sur le mur, des corps en distorsion, des animaux étranges qu’on forme avec les mains, des mutants au long bec, aux cris menaçants, plaintifs. Animaux archaïques et fragiles, disparus. Satyres dont le tragique procède de l’inconsistance, masques des bons jours et des plus mauvais, entités d’un système qui plaçait et replaçait des pions interchangeables, maîtres chanteurs de leur banalité et spectateurs d’eux-mêmes, ils n’auraient jamais d’autre pouvoir que celui de parodier.
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BibaliceBibalice   01 juin 2016
Ils avaient pris cette route des centaines de fois mais elle leur semblait neuve. Ils s'étaient agrippés aux poignées de cuir de la voiture, ils avaient encaissé tous les ralentisseurs comme autant de coups de fouet. La nuit était tombée sur une terre inconnue, un paysage lunaire, dont les grands arbres noirs étaient méconnaissables, fondus dans un ressac, le profil des bâtisses, les clochers, les noms des localités s'étaient retirés de leurs mémoires. Leur père était là-bas et il les attendait.
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LiliGalipetteLiliGalipette   14 juin 2016
« Ce tas de cendres, c’était eux-mêmes, et ils se regardaient bien en face dans le miroir, et longuement chacun, Hortense, Lucile, Alex, avec l’effroi de vivre, l’effroi d’être finis, décombres parmi les décombres. » (p. 269)
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LiliGalipetteLiliGalipette   14 juin 2016
« Le problème de ses enfants et des gens de la génération de ses enfants, c’est qu’ils étaient malheureux de n’avoir pas suffisamment souffert. Alors, ils se créaient des contraintes. Il n’y avait qu’à voir Alexandre qui avait demandé à passer son lycée dans un pensionnat de curés, et se laissait séduire par des pensées rétrogrades. En d’autres termes, ils ne supportaient pas que leur vie soit agréable. Paradoxalement, la moindre contrariété les bouleversait durablement. […] Il leur manquait vraiment cette colonne vertébrale que seule la frustration vient prodiguer aux hommes. » (p. 124)
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TRIEBTRIEB   27 juin 2016
Chacune de leurs actions prouvait leur vie risible, justifiait qu’ils poursuivent leur existence vaine, le tracé convulsif qu’ils avare entamé sans crever d’opercule. Aucune de leurs actions n'avait le moindre impact, elles effleuraient la vie, célébraient le néant, abolissaient le jour, sa possibilité, où ils seraient rendus à eux-mêmes.
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Vidéo de Solange Bied-Charreton
Solange Bied-Charreton - Les visages pâles .Solange Bied-Charreton vous présente son ouvrage "Les visages pâles". Parution le 24 août aux éditions Stock. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/bied-charreton-solange-les-visages-pales-9782234078116.html Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
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