AccueilMes livresAjouter des livres
Découvrir
LivresAuteursLecteursCritiquesCitationsListesQuizGroupesQuestionsPrix Babelio
Rejoignez Babelio pour découvrir vos prochaines lectures
ISBN : 2234074894
Éditeur : Stock (03/01/2014)

Note moyenne : 3.33/5 (sur 15 notes)
Résumé :
Nous sommes jeunes et fiers est le récit d’un retour aux sources. Mais quelles sources convoque-t-on lorsque celles-ci renvoient au désir d’un monde débarrassé de civilisation ? Produits des discours publicitaire, écologique et culturel, Ivan et Noémie, nouveaux Adam et Ève à l’insatisfaction permanente, bercés par le voeu chimérique d’une vie plus vraie, sont les figures tragiques d’une époque où la quête de sens prend parfois la forme inattendue d’un voyage sans r... >Voir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox
Critiques, Analyses et Avis (8) Voir plus Ajouter une critique
Charybde2
  16 janvier 2014
Roman caustique et réussi du leurre "culturel" et de l'impasse contemporaine.
Publié en janvier 2014 chez Stock, le deuxième roman de Solange Bied-Charreton, après son « Enjoy » de 2012 (où les réseaux « sociaux » servaient joliment de révélateur caustique aux vides tant du socialement sur-intégré que du culturellement soi-disant rebelle), poursuit d'une façon bien particulière sa revue des chimères qui encombrent si aisément l'imaginaire contemporain, en se focalisant sur l'appel du départ et du voyage, là également aussi bien sous sa forme « intégrée » de tourisme, voulu sincère et néanmoins opportuniste, que sous sa forme « rebelle » de tentation d'un retour à la nature et à la simplicité sociale.
Ivan et Noémie, couple « bobo » emblématique, la jeune trentaine, habillé de ses frénésies consommatrices comme de ses élans humains désespérément chaleureux, elle enseignante en collège d'une banlieue parisienne, lui mannequin haut de gamme pour publicités « grande conso », est soumis bien malgré lui à une radicale remise en question lorsqu'un « accident de la vie » (la chute d'Ivan depuis un échafaudage, définitivement handicapante, lors du tournage d'un spot pour un dessert à la banane) vient propulser au sommet de leurs consciences leurs doutes intimes, leurs vacuités et leurs envies de « nouveau départ ».
C'est cette quête soudaine que Solange Bied-Charreton utilise avec habileté et causticité comme révélateur d'un magma culturel, d'un aveuglement ambiant qui permet à tant de « jeunes et fiers » (bel exergue issu du « Jésus de Montréal » de Denys Arcand) de vivre vainement au sein du leurre marchand-spectaculaire, en l'acceptant ou en le rejetant, en s'y conformant ou en y cherchant des échappatoires, mais, en filigrane du roman, toujours en ignorant la vérité du rapport économique pour s'accrocher à des superstructures culturelles.
Trouvant dans sa partie finale (dont il serait dommage de révéler la teneur) des accents qui évoquent les scalpels feutrés d'un Hugues Jallon, nettement plus insidieusement décapant qu' « Enjoy », râpant plus douloureusement les certitudes possibles, « Nous sommes jeunes et fiers » s'affirme comme un très réussi roman de l'impasse contemporaine.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          92
MarianneL
  09 mai 2014
«Il était une fois une époque parfaite, où l'on pourrait concilier de sains délices avec des engouements responsables.»
Le deuxième roman de Solange Bied-Charreton, paru début 2014 chez Stock après "Enjoy", est une satire particulièrement réussie de la société contemporaine et de ses nouveaux Narcisses, autour d'un couple de parisiens trentenaires aisés, Noémie, enseignante de français dans un collège de banlieue, débordante de bons sentiments, et Ivan, modèle pour la publicité que les agences s'arrachent pour vanter les mérites des yaourts, des perceuses ou du papier toilette.
«Il se donnait du mal pour être ce type-là, un monsieur Tout-le-Monde extraordinaire, tout à la fois supérieur et respectueux de la médiocrité, le gendre idéal.»
Ivan et Noémie voient leur vie basculer après un accident, la chute d'un échafaudage pendant le tournage d'une publicité qui va plonger Ivan dans un coma prolongé, puis dans l'inactivité et le désoeuvrement. Leurs certitudes s'effritent ; assaillis par le vide, l'absence de sens de leurs activités, de leur vie sociale, de leur cadre de vie, d'un Paris transformé en musée et en centre commercial, où le passé est omniprésent mais n'a plus aucun sens, leur crève soudain les yeux.
Leurs rêves d'aventure et leur quête de sens vont alors les conduire hors de leur cadre habituel. Rompant les amarres, ils tâtonnent vers un retour aux sources, tels des enfants naïfs en pleine confusion. Cette quête de spiritualité et de nature va les conduire très loin, rappelant, avec moins de noirceur et de brutalité, la voix d'un Hugues Jallon.
«Or si tout le monde se ressemble, à quoi bon voyager ? La Terre était périmée. Partout les mêmes immeubles, les mêmes centres commerciaux. Les mêmes murailles en ruine. Partout Italie 2 et pourtant de vieilles ruines, qu'on appelait et qu'on photographiait. le même voeu d'en découdre avec l'ennui, la soif de découverte, la recherche de tout autre chose.»
Le portrait talentueux de ces "bobos" qui dénoncent tout mais ne s'engagent dans rien, accros à la consommation autant qu'aux idéaux, ouverts et souriants, croyant être authentiques, toujours prêts à défendre la diversité du monde mais mélangeant tout et n'agissant jamais, est une version romancée tout à fait délectable du comportement de ces nouvelles élites parfaitement décrites par Christopher Lasch.
«Le "multiculturalisme" leur convient parfaitement, car il évoque pour eux l'image agréable d'un bazar universel, où l'on peut jouir de façon indiscriminée de l'exotisme des cuisines, des styles vestimentaires, des musiques et des coutumes tribales du monde entier, le tout sans formalités inutiles et sans qu'il soit besoin de s'engager sérieusement dans telle ou telle voie.» (Christopher Lasch, La révolte des élites)
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          50
Drych
  11 avril 2014
Avec un humour caustique savoureux, Solage Bied-Charreton nous décrit l'univers de deux "bobo" parisiens. Leur décalage des réalités, la vacuité de leurs projets et de leurs idéaux, et leur désabusement, y sont décrits avec les accents de vérité de celle qui connait, et on sourit tout au long de cette lecture. le style des phrases est parfaitement en adéquation avec le sujet. Pour rire aussi de nos propres illusions.
Commenter  J’apprécie          110
claraetlesmots
  17 mars 2014
Ivan et Noémie jeunes trentenaires parisiens sont un couple de bobos qui excellent dans le chic à avoir des avis sur tout et sur le monde, à se plaindre pour tout et pour rien. Lui est mannequin et elle professeur dans un collège en banlieue. le couple est adepte de la consommation qui leur est offerte sur un plateau d'argent ( il faut bien vivre avec son époque). Mais Yvan victime d'un accident perd son travail, l'image du beau et jeune trentenaire qu'il représentait est brisée.
Avec un cynisme aiguisé, l'auteure décortique au scalpel la vie d'Yvan et Noémie. Leurs habitudes, leurs principes leurs grandes idées sur la culture, sur la France, leurs contradictions " ils aimaient tout autant manger bio que prendre leur voiture pour faire les courses dans Paris ", la fierté dédaigneuse et hautaine qui les habitent. Un couple produit par notre société actuelle : " ce monde c'était le leur, à la fois d'opulence et de dénouement, de plaisir et de restriction, de profit et d'interdiction. Ce qu'il y avait de mieux, c'était le contrôle, c'était tout, c'était rien. C'était anxiogène, ça avait besoin d'anxiolytique. C'était pollué, ça réclamait très vite de l'air frais, mais coup de froid, il fallait du chaud. Des désirs sans direction, d'incessants paradis paradoxaux s'offraient à eux. Deux extrêmes appendices, des mamelles du bonheur, profusion et vigilance, participaient à la même assurance, luttaient en fait contre la même angoisse. "
Mais le couple privé d'un revenu s'éloigne de ses idéaux et prend conscience que cette course effrénée qu'ils mènent est stupide.
la suite sur :
http://fibromaman.blogspot.fr/2014/03/solange-bied-charreton-nous-sommes.html
Lien : http://fibromaman.blogspot.f..
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          90
NinonStein
  18 mai 2015
On pourrait qualifier ce texte d'essai romanesque, tant c'est une forme littéraire d'analyse du monde contemporain, dans un style très fin et dynamique, réaliste et sensible aux effets des choses, comme un Houellebecque d'une génération plus jeune - ce qui fait entre autres la saveur de l'ouvrage.
Un couple de trentenaires parisiens, cherche dans la complexité de leur quotidien affairé et sans répit, ce qui pourrait les relier à l'authenticité, aux sources de l'humanité, aux pratiques et aux savoirs ancestraux. Mélange de sarcasme et d'objectivité, descriptions d'un Paris, d'un monde, et d'une vie qui s'étiole dans le confort et l'angoisse de son sens, ce livre capte l'attention par la justesse de son trait et l'ampleur des vacuités qu'il parcourt avec une langue inventive et audacieuse. Un tournant dans la vie des personnages ouvre une seconde version de la même vie, légèrement plus sombre, légèrement plus amère, traversée de délires et d'hétérotopies inquiétantes, pour conduire le texte vers une fin un peu décevante et bien moins vigoureusement sentie, eut égard à ce qu'il avait ouvert comme rapport aux choses et aux affects, jusque-là. Par cette « non-fin », en quelque sorte une boucle, le lecteur est laissé pantois, et un petit peu déçu. Mais avec le souvenir d'une lecture très enrichissante, très « activante » pour un regard sur le genre de monde qui peut être le nôtre. En ne décrivant que du très banal avec une très grande lucidité, il prouve que c'est à construire du « commun » que ses héros échouent, malgré quelques tentatives qui feront sourire ou pleurer les collègues de l'éducation nationale. On eut évidemment préféré les voir ré-inventer ce « commun » qui fait défaut, mais après tout, à l'endroit où on les laisse, tout est possible.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          10
Citations et extraits (4) Ajouter une citation
BibaliceBibalice   16 décembre 2013
Ensemble ils avaient eu des désirs d’ailleurs, mais ce n’était jamais un ailleurs misérable. Le dénuement pour vivre mieux, pas pour mourir. La vie dans des huttes, si l’on voulait, mais dans une ambiance détente, où ne se trouverait aucun clochard. Ils auraient eu peur de rencontrer de vrais pauvres. Enseignante en banlieue nord, Noémie en fréquentait pourtant tous les jours, mais c’étaient des pauvres accessibles, qu’on aimait instruire, issus de la diversité, et qui l’enrichissaient de leurs différences. Avec les autres, on ne savait pas, c’était trop loin, ils avaient sans doute des maladies, des bras en moins. Ce loin pourtant qu’ils chérissaient se devait de comporter des dangers, des surprises. Ils s’y préparaient pour quand ils se décideraient à franchir le pas, aller là-bas, à l’autre bout de la Terre, sans savoir où.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          120
Charybde2Charybde2   16 janvier 2014
L’âge adulte leur avait ouvert de nouvelles perspectives. Ils se targuaient d’avoir su intégrer autant d’automatismes en si peu de temps, de ne plus se griser du moindre jour de chance. Chaque année, Ivan et Noémie prenaient du galon, ce qui avait été exceptionnellement accordé hier était devenu un acquis. L’émotion gravitait, brûlante puis anodine. À présent ils évitaient de s’émerveiller pour rien. Car tout était normal, ils devenaient sérieux. Une manière d’accepter qu’ils ne compteraient pas, aussi bien qu’ils mourraient oubliés. Ils acquiesçaient difficilement, ils n’étaient pas armés pour sortir de l’histoire. Ils n’y étaient pas entrés mais c’était la même chose.
+ Lire la suite
Commenter  J’apprécie          40
josteinjostein   20 juin 2014
On se contentera donc d’imaginer la jalousie de ces esclaves d’eux-mêmes restés en France dans leur tout petit monde devenu un musée géant, en cravate et veste de costume, avec leur souris d’ordinateur, leurs épouses Weight Watchers et leurs enfants sous Théralène.
Commenter  J’apprécie          20
josteinjostein   20 juin 2014
L’importance de la représentation sociale, le crédit apporté aux masques, toute notre vie réelle camouflée dans du faux. Un plan machiavélique pour dominer le monde, y parvenir avec facilité et en tirer une certaine reconnaissance, comme les deux fouets d’un batteur électrique fondent la paix sociale, obtiennent des résultats grandioses dans le domaine de la cuisine des familles.
Commenter  J’apprécie          10
Videos de Solange Bied-Charreton (4) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Solange Bied-Charreton
Solange Bied-Charreton - Les visages pâles .Solange Bied-Charreton vous présente son ouvrage "Les visages pâles". Parution le 24 août aux éditions Stock. Rentrée littéraire 2016. Retrouvez le livre : http://www.mollat.com/livres/bied-charreton-solange-les-visages-pales-9782234078116.html Visitez le site : http://www.mollat.com/ Suivez la librairie mollat sur les réseaux sociaux : Facebook : https://www.facebook.com/Librairie.mollat?ref=ts Twitter : https://twitter.com/LibrairieMollat Instagram : https://instagram.com/librairie_mollat/ Dailymotion : http://www.dailymotion.com/user/Librairie_Mollat/1 Vimeo : https://vimeo.com/mollat Pinterest : https://www.pinterest.com/librairiemollat/ Tumblr : http://mollat-bordeaux.tumblr.com/ Soundcloud: https://soundcloud.com/librairie-mollat Blogs : http://blogs.mollat.com/
+ Lire la suite
autres livres classés : boboVoir plus
Acheter ce livre sur

FnacAmazonRakutenCulturaMomox





Quiz Voir plus

Charade-constat

Première saison d'une épopée

Iliade
Bible
Saga
Genji

6 questions
40 lecteurs ont répondu
Thèmes : sociologie , météorologie , vacancesCréer un quiz sur ce livre