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Bernard Sallé (Traducteur)
ISBN : 2869302940
Éditeur : Payot et Rivages (01/11/1989)

Note moyenne : 4.15/5 (sur 147 notes)
Résumé :
Quatrieme de couverture de Jacques sternberg:
«Dans ce dictionnaire. personne n'est épargné. rien n'est respecté. Ni la morale. ni Dieu, ni le diable, ni l'amour, ni la débauche. ni la planète ou du moins ce qu'il en reste sous le scalpel de Bierce.

Que cette vision soit systématique. on ne peut le nier. C'est d'ailleurs ce qu'elle a d'unique. C'est aussi le seul reproche que les esprits béats pourraient adresser à Bierce: son zèle à s'enfonce... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (17) Voir plus Ajouter une critique
ericbo
  12 août 2018
Absolument jouissif ! Ambrose Bierce donne libre cours à son incurable misanthropie, mais souvent avec ironie et humour. Un dictionnaire aux définitions non conventionnelles d'un auteur désabusé par les agissements de l'Humain. N'oublions pas qu'il a participé à la guerre de sécession et ne s'en est jamais remis. Il nous livre ici un dictionnaire sans concession, reflet de son vécu.
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Nastie92
  03 février 2014
Ce dictionnaire porte bien son nom : il est réellement diabolique ! L'auteur manie un humour corrosif et jubilatoire, une ironie mordante, et nous donne à travers ses définitions sa vision féroce du monde et de ses habitants.
Bien évidemment, il ne s'agit pas de lire le recueil d'une traite (auriez-vous l'idée de lire le dictionnaire littéralement de A à Z ?), mais de piocher par petites ou grandes quantités selon l'humeur.
Naturellement, comme dans toute compilation de ce genre, tout n'est pas extraordinaire : certaines passages sont à mourir de rire, d'autres sont moins bien réussis, mais l'ensemble est de très bonne qualité.
Enfin, si certaines définitions ont un peu vieilli, cela ne les empêche pas de faire mouche : personnellement, je suis assez sensible à un certain charme désuet.
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blandine5674
  14 août 2015
Ambrose Bierce a commencé cet ouvrage en 1881 pour le finir 25 ans plus tard. Certaines définitions de mots sont pleines d'humour, d'autres un peu dépassées (normal) face à d'autres qui montrent que finalement l'humain ne s'est pas amélioré. Son côté misanthrope peut parfois déranger. La postface est également intéressante, puisqu'elle y décrit la vie, pas banale, de l'auteur. A avoir sous la main pour en picorer de temps en temps. C'est bien le diable si vous ne trouvez pas ce que vous cherchez dans ce dictionnaire !
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Cyril34
  09 mai 2015
Dictionnaire du Diable (locution invariable) : Bible de l'aigri, manifeste du contestataire, codex du charlatan, abécédaire de l'illettré entêté, Voynich du crétin, Nécronomicon de l'humaniste. le pavé dans la mare opaque de notre société corrompue ; le brûlot implacable à la solde de nos travers les plus inavouables.
Les amateurs d'humour grinçant, de l'aphorisme décapant et définitif seront aux anges. Les bien-pensants et autres technocrates bouffis d'orgueil, en Enfer.
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hurledesanges
  25 août 2014
L'écrivain et journaliste Ambrose Bierce est un personnage hors du commun sur bien des points, et sa vie mouvementée est encore bien moins légendaire que sa mort, dont la date est inconnue mais qui est sans doute survenue au cours de l'année 1910.
L'ouvrage de référence de l'écrivain est "Le Dictionnaire du Diable", un ouvrage satyrique bourré de définitions allant de l'hilarante à la dramatique, en passant bien souvent par les voies de l'humour noir. Citons par exemple la définition du mot Singe : "Animal arboricole qui se sent également très à l'aise dans les arbres généalogiques." Ou encore celle du Chanvre : "Plante dont les fibres produisent un article d'encolure qui est fréquemment ajusté après proclamation publique en plein air, et qui prévient le sujet des risque ultérieurs de rhume." Mais aussi, bien entendu, celle de l'adjectif Opiacé : "Qui déverrouille la porte de la geôle de l'identité. Elle donne sur la cour de la prison."
Bien entendu, les travaux littéraires de Bierce ne se limitent pas à ce seul ouvrage. Entre autres livres, il a écrit plus de cent nouvelles, recueillies ou pas, dont la lecture nous montre aujourd'hui quel fin auteur il a été. Il en est de même dans le domaine de la presse ou l'écriture de certains articles satyriques, notamment pour le "News-Letter & California Advertiser" de San Francisco, dont il deviendra rédacteur en chef en 1868, a provoqué, dans le milieu comme en périphérie, la controverse la plus totale. Mais plus c'était amer, éléctrique ou orageux, plus l'homme qu'il était se sentait l'âme nourrie par la réussite de son seul but dans la vie, à plus grande échelle : générer le chaos. Non pas un désordre gratuit, bien au contraire, mais le souffle d'une énergie incontrôlable, obligeant la masse à se réveiller et à réagir. A cette époque, cela fonctionnait encore bien mais, si Bierce était né à notre époque, il se serait sans doute donné la mort face à l'ampleur de la tâche.
Homme fougueux et débordant d'énergie créatrice, le genre d'individu que René le Senne, le caractérologue, aurait classé parmi les Passionnés, il n'hésite pas, quand c'est selon lui nécessaire, d'entrer en duel ou au combat, que ce soit de sa plume virulente ou de son propre corps. Adulte et mature, son arme favorite était un exemplaire replié du journal, le San Francisco Examiner, avec lequel il lui est souvent arrivé de se battre en pleine rue, mettant parfois une raclée mémorable à plusieurs hommes à la fois. Il faut dire, à ce propos, qu'il a fréquenté très jeune une école militaire et, alors qu'il n'était âgé que de 19 ans, il s'est engagé dans le neuvième régiment de volontaires d'Indiana quand la guerre de Sécession a éclaté. Il sera promu officier grâce à son dévouement au combat dans le camp des nordistes. Blessé à la tête durant la bataille de Kennesaw Mountain, il doit quitter les champs de batailles et rencontrer la Fée Morphine qu'il saura apprivoiser, contrairement à la majeure partie des personnes dans son cas qui devinrent rapidement dépendants.
En effet, durant sa vie, et surtout à son époque, la consommation de drogues diverses touchait très facilement le milieu artistique dans son ensemble, et Ambrose Bierce ne fit pas exception. Mais l'écrivain savait user des substances sans en abuser. Il est parvenu toute sa vie à jouir de l'ivresse des paradis artificiels sans pour autant s'y installer définitivement.
Outre sa bibliographie riche et exceptionnelle, si l'on peut aujourd'hui retenir quelque chose de la vie de cet homme, c'est la façon dont il a décidé de mourir. On suppose qu'il se savait atteint d'une maladie à l'issue fatale et que c'est la raison qui le poussa, à l'âge de 71 ans, à mettre sa mort à profit plutôt que de mourir dans un lit. Il rejoignit l'armée révolutionnaire de Pancho Villa et disparut, à une date inconnue, en se battant aux côtés des paysans et des desperados mexicains.
Il n'a jamais été revu, pas plus que sa dépouille retrouvée.
Cette mort, aussi noble qu'héroïque, a fait travailler les imaginations d'autres artistes. L'écrivain panaméen Carlos Fuentes (1928-2012) a écrit un roman, intitulé "Le vieux Gringo" (1985), inspiré de la fin de la vie de Bierce, où il imagine ce qu'il a pu advenir ; une belle histoire sur le point final héroïque de l'auteur âgé, lancé dans les combats furieux de la Guérilla mexicaine.
Ghislain GILBERTI
"Le Cabaret du Néant"
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Citations et extraits (110) Voir plus Ajouter une citation
pierre31pierre31   14 décembre 2018
Médire : Faire le portrait d'un homme comme il est, quand il n'est pas là.
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pierre31pierre31   11 décembre 2018
Liberté n. 1/ L'une des plus précieuses conquêtes de l'imagination. 2/ Suspension d'une petite douzaines de contraintes parmi les innombrables moyens d'exaction qui sévissent. 3/ Principe que chaque nation se flatte de posséder en exclusivité. 4/ Indépendance. La distinction entre la liberté et l'indépendance n'a jamais été déterminée avec exactitude; les naturalistes n'ont toujours pas été capables de découvrir un spécimen vivant de chaque.
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pierre31pierre31   14 décembre 2018
Mausolée: Sottise finale et grotesque du riche.
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gigi55gigi55   27 mars 2011
Australie : Pays situé dans les mers du Sud, dont le développement industriel et commercial a été épouvantablement retardé par une fâcheuse querelle entre les géographes sur la question de savoir s'il s'agissait d'une île ou d'un continent.

Aborigènes: Personnes de moindre importance qui encombrent les paysages d'un pays nouvellement découvert. Ils cessent rapidement d'encombrer; ils fertilisent le sol.

Bacchus: Divinité complaisante inventée par les anciens pour excuser leurs excès de boisson.

Bruit: Puanteur dans l'oreille. Musique non domestiquée. Produit principal et signe authentique de civilisation.

Cadavre : produit fini dont nous sommes la matière première.

Cannibale: Gastronome de l'ancienne mode qui reste attaché aux saveurs simples et qui milite pour l'alimentation naturelle pré-porcine.

Cerveau. Appareil avec lequel nous pensons que nous pensons. Ce qui distingue l'homme qui se contente d'être quelque chose de celui qui souhaite faire quelque chose.

Chat: Automate doux et indestructible fourni par la Nature pour prendre des coups de pied quand quelque chose ne va pas dans le cercle familial.

Chemin de fer: Le plus important des dispositifs mécaniques qui nous permettent de nous déplacer de là où nous sommes à là où nous ne serons pas mieux.

Chou-fleur: Légume potager à peu près aussi gros et aussi réfléchi que la cervelle d'un homme.

Cochon: Animal (Porcus omnivorus) Étonnamment proche de la race humaine par la vivacité et la splendeur de son appétit, qui néanmoins lui est inférieur dans sa portée, car il n'inclut pas le cochon.
Comestible: Susceptible d'être mangé et digéré, comme un ver pour un crapaud, un crapaud pour un serpent, un serpent pour un cochon, un cochon pour l'homme et l'homme pour le ver.
Conversation: Foire où chacun propose ses petits articles mentaux, chaque exposant étant trop préoccupé par l'arrangement de ses propres marchandises pour s'intéresser à celles de ses voisins.

Cynique: Grossier personnage dont la vision déformée voit les choses comme elles sont, et non comme elles devraient être. De là l'ancienne coutume scythe d'arracher les yeux d'un cynique pour améliorer sa perspective.

Dictateur: Chef d'une nation qui préfère la pestilence du despotisme à la plaie de l'anarchie.

Dinde: Gros oiseau dont la chair, quand on la mange à l'occasion de certains anniversaires religieux, a des vertus de ferveur et de grâces. Incidemment, c'est un excellent mets.

Distance: La seule chose que les riches soient prêts à accorder aux pauvres, en souhaitant qu'ils la gardent.

Égotiste: Personne de goût médiocre, plus intéressée par elle-même que par moi.

Expérience: Lucidité qui nous permet de reconnaître comme une fâcheuse vieille connaissance la folie que nous venons de commettre.


Foi: Croyance sans preuve dans ce qui est affirmé par quelqu'un qui parle sans savoir, ou qui pense sans comparer.

Froment: Céréale dont on peut tirer un whiskey raisonnablement bon, non sans se donner un peu de mal, et qui permet également de faire du pain.

Immigrant. Individu mal informé qui pense qu'un pays est meilleur qu'un autre

Interprète: Individu qui permet à deux personnes de langues différentes de se comprendre mutuellement, en répétant à chacune ce qu'il aurait été intéressant pour l'interprète que l'autre eût déclaré.

Inventeur: Personne qui fait un ingénieux arrangement de roues, de leviers et de ressorts, et qui croit que c'est la civilisation.

Logique. Art de penser et de raisonner en strict accord avec les limitations et les incapacités de l'humaine incompréhension.

Mammifères (n.): Famille d'animaux vertébrés dont les femelles, à l'état de nature, allaitent leurs petits, mais, une fois civilisées et éclairées, les confient à une nourrice ou utilisent un biberon

Océan. Masse d'eau occupant à peu près les deux tiers d'un monde destiné à l'homme - lequel est dépourvu de branchies

Piéton. Mouvante (et audible) partie de la chaussée pour une automobile.

Procédure: Machine dans laquelle vous entrez tel un cochon et dont vous ressortez comme une saucisse.

Raisonner: Peser des probabilités sur la balance du désir.

Réalisme: Art de dépeindre la nature telle qu'elle est vue par les crapauds. Charme qui ressort d'un paysage peint par une taupe, ou d'une histoire écrite par un asticot.

Réflexion: Démarche de l'esprit à travers laquelle nous percevons avec clarté notre relation avec les événements du passé, et qui nous rend capable d'éviter à l'avenir les périls que nous ne rencontrerons plus.

Sauce: Le plus incontestable des repères de la civilisation et de l'élévation de l'esprit. Un peuple qui n'a pas de sauces possède un millier de vices; un peuple qui n'a qu'une sauce n'en possède que neuf cent-quatre-vingt-dix-neuf.

Savoir. Forme d'ignorance qui distingue les studieux

Travail: l'un des processus par lesquels A accroît la propriété de B.

Vin: Jus de la vigne fermenté connu par les Ligues de Femmes Chrétiennes comme une «boisson», quelquefois comme «du rhum». Le vin, Madame, est pratiquement le plus beau cadeau que Dieu fit à l'homme.

Violon: Instrument qui titille les oreilles humaines par le frottement d'une queue de cheval sur les boyaux d'un chat.
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coco4649coco4649   08 octobre 2016
 RIRE (n.). Convulsion interne déterminant une dé-
formation des traits du visage, accompagnée de
bruits inarticulés. Le rire est contagieux et, bien
qu’intermittent, absolument incurable. Le fait
d’être sujet à des crises de rire est une des ca-
ractéristiques qui distinguent l’homme des ani-
maux, ceux-ci étant non seulement insensibles
à la provocation de son exemple, mais encore à
l’épreuve des microbes qui ont la compétence
voulue pour conférer la maladie. Le rire peut-il
être communiqué aux animaux par inoculation
de germes prélevés sur l’homme ? ce problème
n’a jamais été résolu par la voie expérimentale.
Le docteur Meir Witchell prétend que le carac-
tère contagieux du rire est dû à la fermentation
instantanée de la salive diffusée en pulvérisa-
tion. en raison de cette particularité, il a appelé
la maladie Convulsio spargens.

p.251-252
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Videos de Ambrose Bierce (3) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Ambrose Bierce

"Remède à la mélancolie" sur France Inter - "Épigrammes" d'Ambrose Bierce
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