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EAN : 9781092011488
Éditeur : Anacharsis (22/08/2017)

Note moyenne : 3.69/5 (sur 13 notes)
Résumé :
Beau comme l’antique. Turpidum, la bien nommée, est la dernière cité étrusque indépendante. Larth, son roi à peine sevré, se sent un peu perdu dans son décorum fatigué. Sous le ciel bleu indifférent, la peinture des fresques s’écaille en silence, la populace s’affaire par les ruelles au sol gras.

On prépare le sable pour les jeux dans l’arène. Rome exige l’abdication du petit roi maigrichon, amateur de fruits juteux et bien arrondis. Un énigmatique gl... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (5) Ajouter une critique
Henri-l-oiseleur
  20 septembre 2017
Ce livre, "roi." (ou encore, si l'on veut, "Roi, point final") est le troisième roman de la rentrée littéraire que je lis et commente, dans le cadre du "défi" que jette Babelio à ladite rentrée. Ce livre permet de découvrir les éditions Anacharsis, qui malgré leur nom ne se spécialisent pas dans l'Antiquité, même si la diffusion et la distribution sont assurées par les Belles-Lettres. L'action se passe pendant la République romaine, dans la dernière cité étrusque encore indépendante, drôlement nommée Turpidum (à savoir, honteux, immoral, innommable). L'auteur s'amuse à recréer l'antiquité sans le moindre sérieux, mais avec une imagination baroque débordante, à grand renfort de poules, de navets, de fruits, d'eaux usées et de dieux capricieux. Il use, si l'on veut un repère, des procédés prestigieux du réalisme magique sud-américain, avec une verve et une drôlerie souvent irrésistibles. On est plongé dans un riche univers de sensations, odeurs, lumières, sons, saveurs, dans une langue et un style tourbillonnants, jamais difficiles et toujours drôles. Imaginons un Pascal Quignard pris de folie, fumant la moquette et nous promenant en Etrurie avec sa science et sa fantaisie. Celui qui donne son titre au roman, le dernier roi étrusque, est un pauvre idiot pris d'éclairs de génie, mais l'auteur réussit à rendre comiques les passages apparemment les plus tragiques, car tous les personnages sont hauts en couleurs et bien campés, à défaut d'être attachants. Voilà donc un roman rafraîchissant, qui n'enseigne rien du tout, ne fait passer aucune morale, sauf celle du pur plaisir de la lecture.
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Walden-88
  24 septembre 2017
Turpidum est la dernière cité étrusque à n'être pas encore tombée aux mains des Romains. Ces derniers exigent l'abdication du roi Larth, à peine pubère et qui doit assumer un héritage trop lourd pour lui. Sa femme, Ramtha, capricieuse et vulgaire, préfère partager sa couche avec des esclaves qu'avec son mari. La Reine mère agonise dans son palais, "elle n'est plus qu'un temple froid et vide dans le brouillard".
Le sénateur Tiberius Lutatius Pertinax et dix légionnaires se rendent à Turpidum pour demander un soutien militaire dans la guerre contre Carthage.
C'est l'heure des combats aux arènes, la foule se presse pour voir le combat entre les gladiateurs mais aussi celui entre un ours et un taureau.
Pris par un élan de bravoure et le souvenir douloureux qui a marqué son enfance (je vous laisse la surprise de le découvrir par vous-même), Larth décide d'assassiner les Romains. C'est ainsi que née la légende des UNDECIM, le sénateur et ses dix hommes qui s'échappent de Turpidum en pleine révolte. Roi visionnaire et courageux ou simple idiot, les conséquences seront terribles pour son peuple...
Roman historique affranchi des conventions, Roi est un péplum déjanté et jouissif qui a des airs de série HBO ! L'écriture de Biermann est rythmée et incisive, les phrases sont courtes et vont à l'essentiel. Il arrive néanmoins à recréer une antiquité débordante d'odeurs, de saveurs et de sensations.
"Derrière les arènes, les ruelles rétrécissent. Le quartier des Saligaudis n'est pas relié au grand égout, les nombreux étrons sur la chaussée forcent les habitants à marcher comme des cigognes. L'odeur est riche. Le bois vert qu'on brûle dans les foyers dégage une fumée âcre qui stagne entre les cahutes. Des pans entiers de murs se sont effondrés ; parfois une façade manquante donne vue sur un couple qui baise, un nourrisson qui pleure, un vieux qui meurt. Ici vit une populace à la peau sombre et au verbe coloré ; ici fermente l'Étrurie la plus pure, celle des premiers rois de Rome, celle qui sent le caca des poules et la pierre à feu, celle qui rigole en mangeant, siffle en bandant et pète en mourant."
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apcalipticart
  22 novembre 2019
Dans la vie d'un lecteur il est important, à mon sens de se pencher sur les auteurs qu'on ne connait ni d'Adam ni d'Ève, c'est ce que j'appelle l'effet couverture. Un effet qui m'a permis de connaître Biermann ici présent mais pas que, Ballard, Shan Sa, Sorokine et encore quelques uns qui siègent convenablement dans ma bibliothèque.
Il existe 1001 façons de parler de la bêtise de l'homme, toutes sont intéressantes et a son lot d'aficionados, ma préférée reste celle usée par Biermann et Pratchett notemment, l'humour noir et caustique. Procédé qui permet plus de libertés et permet de faire référence à un génocide tout en légèreté, ou encore aux tortures les plus dures en y mettant les formes.
Des sujets affreux et délicats mais qui avec des plumes intelligentes et maîtrisées, passent un message sans faire oublier l'horreur. Entendons nous bien, je n'ai pas dis que c'est drôle de parler de ça, non, c'est le procédé utilisé (l'humour noir) qui peut permettre une plus grande largesse sur le sujet et l'effet en sera que plus décuplé.
Roi., c'est exactement ça. L'histoire du pire roi que le peuple Étrusque aurait pu connaître. Un gamin de 15ans qui, conscient de la supériorité de son ennemi (l'immense peuple Romain), s'en va prendre toutes les pires décisions pour son peuple au lieu de se soumettre. Sage décision ?
Et ben voila, on y arrive... . «Qu'il est difficile d'être le Roi de la dernière région libre de l'Etrurie, je fais la sourde oreille... »
Voilà qui aurait pu être le sous-titre de ce roman très bien écrit. On plonge au sein d'un peuple qui n'a plus rien à perdre et plus rien à gagner, éculé, fatigué, conquis, tout le monde est résigné. Les Romains veulent absolument conquérir toute l'Etrurie même cette dernière ville qui semble (ne pas) trop résister à l'envahisseur.
Biermann signe là un roman intelligent, drôle et peuplé de personnages moins futés les uns que les autres. Une critique du colonialisme, qui à cette époque détruisé déjà des bijoux de civilisation, dans le seul but de conquérir le territoire. .
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Tu_vas_voir_ce_que_tu_vas_lire
  24 janvier 2019
Le roi Larth désespère : personne ne le prend au sérieux. Sa cité est pourtant la dernière poche de résistance étrusque face à l'expansion de Rome. Lui suffira-t-il d'endosser l'armure de son père - bien trop grande pour lui - pour prouver sa valeur ? Roman historique affranchi des conventions, Roi. (Anacharsis Éditions) allie les intrigues d'antichambre de Racine, la débauche kitsch de l'âge d'or des péplums, la luxuriance du salammbô de Flaubert et la réjouissante cruauté d'une série HBO. Mika Biermann y rend avec une force rare les derniers sursauts d'hommes abandonnés de leurs dieux et continue, après le western déglingué Booming et le thriller gore Sangs, à réveiller des genres lourdement codifiés, avec beaucoup d'esprit et un iconoclasme pop teinté d'érudition.
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Charybde2
  05 octobre 2017
Crue et bucolique, cruelle et charnelle, farceuse en diable, une chronique déjantée de la chute de la dernière cité étrusque indépendante, face aux Romains.
Sur le blog Charybde 27 : https://charybde2.wordpress.com/2017/10/05/note-de-lecture-roi-mika-biermann/
Lien : https://charybde2.wordpress...
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Citations et extraits (7) Voir plus Ajouter une citation
Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   20 septembre 2017
Les Etrusques mouraient en grande pompe. L'épée à travers le corps, ils avaient encore la force d'implorer un dieu ou d'appeler leur maman. Les blessés faisaient des gestes exagérés vers le ciel où des oiseaux explosaient en plein vol. On saignait de manière pittoresque et abondamment : rivières rouges sur la peau bronzée, lisse et sans taches. Des larmes coulaient des yeux révulsés dans des barbes frisées au fer. Quelques vétérans se battaient avec la force du désespoir, les Romains s'écartaient respectueusement et les montraient du doigt, avant de les massacrer.

p. 149
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Walden-88Walden-88   24 septembre 2017
Derrière les arènes, les ruelles rétrécissent. Le quartier des Saligaudis n'est pas relié au grand égout, les nombreux étrons sur la chaussée forcent les habitants à marcher comme des cigognes. L'odeur est riche. Le bois vert qu'on brûle dans les foyers dégage une fumée âcre qui stagne entre les cahutes. Des pans entiers de murs se sont effondrés ; parfois une façade manquante donne vue sur un couple qui baise, un nourrisson qui pleure, un vieux qui meurt. Ici vit une populace à la peau sombre et au verbe coloré ; ici fermente l'Étrurie la plus pure, celle des premiers rois de Rome, celle qui sent le caca des poules et la pierre à feu, celle qui rigole en mangeant, siffle en bandant et pète en mourant.
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Charybde2Charybde2   05 octobre 2017
Les Romains se battaient avec une absence de romantisme que seule l’expérience confère au soldat. 20 % de fatalisme, 50 % de réalisme, 15 % d’autisme, 10 % de sadisme, et 5 % d’héroïsme, l’ensemble forgé dans les montagnes de Bénévent et dans la poussière sicilienne. Un légionnaire qui a fait déguerpir un éléphant de combat en armure à l’aide d’un simple glaive ne peut craindre trois hoplites novices d’un peuple gras à l’éternel sourire. Pan, dans la gueule, vlan, les tripes à l’air, zip, la gorge tranchée, pas de quoi en faire un flan.
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Charybde2Charybde2   05 octobre 2017
En temps de guerre, tout le monde a son mot à dire :
Le général d’infanterie : « Les tailles moyennes, qui peuvent se ramasser sous le bouclier, valent mieux à la guerre que celles qui dépassent les autres, et qui offrent en tous sens une grande surface aux blessures. »
Le jeune hoplite du quatrième rang : « La pièce d’équipement la plus importante, avant de marcher sur l’ennemi, et qu’il faut traiter avec le plus grand respect et soin, est la sandale. Un lacet de sandale défait peut défaire une armée entière. »
Le chef de la cavalerie : « En temps de paix, les fils ensevelissent leurs pères ; en temps de guerre, les pères ensevelissent leurs fils ; entre les deux, tout le monde enterre un peu tout le monde là où il y a de la place. »
Le stratigos : « Si nous voulons que la gloire et les succès accompagnent nos armes, nous ne devons jamais perdre de vue : la doctrine, le temps, l’espace, le commandement, la discipline. »
Le wêzir : « Le devoir d’un roi n’est pas de songer à la victoire, mais de savoir quand il faut y renoncer. »
Le vieil hoplite du premier rang : « En toute bataille les premiers vaincus sont les yeux. »
Le lieutenant d’infanterie : « La tendance d’un carré d’hoplites à dévier vers la gauche en avançant est due aux premiers soldats à droite de chaque rangée, dont la moitié droite n’est pas protégée par le quart du bouclier de son voisin de gauche, et qui serre instinctivement à gauche pour mettre son côté droit à l’abri. On a déjà vu des formations ennemies se rater complètement à cause de ce phénomène. »
Le potier : « Ce n’est pas parce qu’un homme tend un hamac entre deux arbres qu’il n’est pas patriote. »
La prostituée : « Allez-y, messieurs, au retour, c’est gratuit. »
Le chef de rang : « Si ton épée est trop courte, allonge-la d’un pas ! »
Le joueur d’aulos : « Une bataille sans musique ? Plutôt mourir ! »
Le sonneur de buccin : « Si on veut connaître un peuple, il faut écouter sa musique. »
Le marchand de vin : « Je paierais volontiers quelqu’un pour se faire tuer à ma place, mais ça m’embête de payer quelqu’un pour vaincre à ma place.’
Ramtha, reine de Turpidum : « Je voudrais qu’on fasse une pyramide avec les couilles coupées aux Romains, et je donnerais des coups de pied dedans pour les éparpiller aux quatre coins de l’Italie. »
Larth, roi de Turpidum : « Je me demande depuis toujours où est la place du roi dans une bataille. »
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Henri-l-oiseleurHenri-l-oiseleur   20 septembre 2017
Vingt archers au premier rang ont armé leurs arcs. Si jamais le Romain s'en sort, vous l'abattez, mais attendez mon signal, a dit Hirume. Qui attend, lui, le signal du roi. Lequel n'est pas dans sa loge. Le public est indécis. "Epargnez le vainqueur!" s'écrient les riches marchands. "Chien de Romain!", "Vas-y Hercle", "Bravo le Romain !", Vengeance pour Helmet!", "Romains go home!", éructe le peuple dans une belle cacophonie.

p. 98
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Videos de Mika Biermann (6) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Mika Biermann
Mika BIermann Sangs éditions P.O.L: où MIka Biermann tente de dire pourquoi il a voulu écrire un roman horrible et insupportable après avoir lu "Justine où les Malheurs de la vertu" de Sade et "American Pyscho" de Bret Easton Ellis, à l'occasion de la parution aux éditions P.O.L de "Sangs", à Marseille le 12 février 2017 "Chez les Romains, « famille » signifiait réunion de serviteurs ou d?esclaves. Dans l?analyse marxiste, la famille a une origine purement économique et intéressée. C?est aux États-Unis dans les années soixante que l?amour est déclaré ciment familial. Ça va saigner."
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