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EAN : 9782913039100
163 pages
Éditeur : Le Bélial' (20/03/2000)
4/5   4 notes
Résumé :
* Éditorial de Olivier GIRARD
* La Tomate vagabonde de Michael BISHOP
* Linda et Phil de Paul DI FILIPPO
* La Transmigration de Philip K. de Michael SWANWICK
* Par la noirceur des étoiles brisées - 6 : A la cour du Roi Cramoisi de Roland C. WAGNER
* Objectif Runes
* Introdicktion de Pierre-Paul DURASTANTI
* Une bulle au milieu de la mousse : Huit rencontres de Philip K. Dick
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Critiques, Analyses et Avis (1) Ajouter une critique
BazaR
  28 septembre 2019
Attention, ce numéro est précieux.
Je ne veux pas dire par là qu'il est collector, ultra-cher, investissement rentable (quoique). Non, non. Je veux dire qu'enfin, après de longues années, je viens de gagner des clés qui vont m'aider à comprendre la littérature de Philip K. Dick.
Y'a pas à tortiller, j'ai toujours eu du mal avec Dick. C'est un euphémisme de dire qu'il me sort de ma zone de confort ; il serait plus juste d'avouer que je rentre dans ses romans la goutte à la tempe tout tremblant en me demandant si la réalité va encore faire des sauts périlleux sous mes chaussures. Voyez-y ce que vous voulez, je suis affolé par les trucs de maladie mentale et de drogues qui fracassent le cerveau, par les récits aux multiples points de vue offerts par des pékins pas bien dans leurs godasses qui forment un écheveau qui ressemble à une intrigue souvent seulement de loin.
Et là, j'ai l'impression d'avoir eu entre les mains une sorte de carte au trésor avec explications en notes de bas de page. Tout ça pour dire que ça va m'aider dans mes futures lectures.
Le dossier commence par une excellente biographie qui dévoile déjà tellement de Dick, de ses traumatismes – dont le pire est peut-être d'avoir perdu sa soeur jumelle après quelques mois de vie seulement – de sa paranoïa, de ses périodes surmédicamentées (mais très peu de vraie drogue, ‘tention), de ses relations si difficiles avec ses femmes, parfois violentes, parfois étouffantes de possessivité. Un état d'homme qui forme un terreau riche pour les romans qu'il écrit.
L'article de Gérard Klein qui suit, qui date de 1969 donc bien avant la complétude de l'oeuvre, offre tellement de clés de lecture. Sa notion d'aliénation de l'homme projetée sur la trame de l'univers qui en perd son équilibre, le pauvre, est percutante. Laurent Queyssi va encore plus loin dans la tentative de formalisation du roman dickien. Un peu trop abstrait pour moi, ceci dit.
On a également droit à une interview de PKD datant de 1974 tout à fait éclairante sur sa définition de la science fiction et largement pourvue en « anecdotes » du genre j'ai tenté de me suicider au Canada.
L'article sur les adaptations cinématographiques date un peu – Minority Report n'était encore qu'un projet incertain – mais pousse à décorréler le film du roman et de la nouvelle, les deux n'ayant pas e même objectif.
Enfin le guide de lecture insiste sur les oeuvres principales de Dick. Il est triste de noter que les romans dits « alimentaires » et donc « inférieurs » sont oubliés, alors que ce sont ceux que j'ai eu l'audace de lire souvent avec plaisir (car ils sont plus SF mainstream même si Dick reste Dick).
Aucune nouvelle du maître n'est présente. A la place : trois hommages « dans le style de ». Les histoires de Michael Bishop et Paul di Filippo sont complètement barrées. Celle de Michael Swanwick joue allègrement avec la réalité (tout ce que j'aime, gasp !) mais maîtrise don art dickien.
Bref, avec ce numéro pas très loin, je pense que je pourrai dans le futur m'attaquer à des romans du coeur de l'oeuvre. Ça c'est un beau cadeau.
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Citations et extraits (5) Ajouter une citation
BazaRBazaR   25 septembre 2019
C'est un des épisodes les plus important de mon existence. J'ai pris l'avion pour le Canada en février 1972 pour prononcer un discours à la Convention de science-fiction de Vancouver, où j'étais l'invité d'honneur. J'ai senti un poids énorme me quitter quand je suis parti. Je trouvais oppressante l'atmosphère de guerre qui régnait ici (*), elle me rendait malade. J'ai donc loué un appartement et coupé les ponts avec mon passé. Mais je n'avais aucun ami là-bas, et j'ai fini par me sentir très seul. J'ai essayé de me tuer en avalant sept cent milligrammes de bromure de potassium. J'avais aussi écrit en chiffres énormes le numéro d'un centre anti-suicide sur un carton grand comme une pochette de 33 tours, au cas où je changerais d'avis. Et j'ai changé d'avis. Heureusement qu'il se terminait par un "1" (**), j'ai à peine eu la force de le composer sur le cadran du téléphone.

(Interview de Philip K. Dick publié dans Vertex - février 1974)

(*) guerre du Vietnam.
(**) rappelez-vous les cadrans de téléphone d'antan, où le 1 était plus rapide à composer que le 9
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BazaRBazaR   20 septembre 2019
Lorsqu'on a lu une nouvelle ou un roman de Dick, on se souvient en général d'une idée, souvent fulgurante, mais non d'une prose. Une étude attentive du style de Dick donne même l'impression qu'il néglige les effets possibles, voire qu'il les gomme, comme s'il voulait éviter de détourner l'attention de l'essentiel, c'est-à-dire de l'idée et de la trame de l’œuvre.

("Philip K. Dick ou l'Amérique schizophrène" - Gérard Klein)
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BazaRBazaR   23 septembre 2019
Le portrait du président Limbaugh était obligatoire dans chaque foyer et sur chaque lieu de travail... Leon Negroponte décora l'image d'un mollard supplémentaire et la fit pivoter pour découvrir un coffre-fort.
"Ouvre-toi, lui dit-il.
— Il manque le mot magique, répondit le coffre-fort.
— Ouvre-toi, merde !
— Non, ce n'est pas ça. Vous êtes censé dire: "S'il te plaît".
— Que penses-tu de ça: "Ouvre ta putain de porte ou je te défonce au chalumeau hydroatomique" ?
— Ça fera l'affaire.

("Linda et Phil" - Paul Di Filippo)
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BazaRBazaR   17 septembre 2019
La découverte du Yi-King contribue sans doute à ramener un certain calme dans son ménage en détournant son attention. Phil est en effet fasciné par ce livre-oracle vieux de 3000 ans, et dès 1961 il le consulte quotidiennement. Il s'en servira même pour composer un de ses chefs-d’œuvre: La Maître du haut-château (1962), interrogeant le Yi-King à chacun des tournants de l'intrigue. On retrouvera des avatars de ce "livre divinatoire" dans Mensonges et Cie (1966) ou Le Guérisseur de cathédrales (1969).

("Une bulle au milieu de la mousse - Huit rencontres de Philip K. Dick" - Gilles Goullet)
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BazaRBazaR   27 septembre 2019
Pour Dick, le cadre du genre S-F apparaît comme un espace de liberté lui permettant d'expérimenter sans trop s'attarder sur l'univers qu'il a bâti.
("Un artisan de génie" - Laurent Queyssi)
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