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Hélène Hervieux (Traducteur)
EAN : 9782413030010
180 pages
Éditeur : Delcourt Littérature (30/09/2020)
4/5   15 notes
Résumé :
Une femme tente d'oublier son passé entre son emploi à l'observatoire ornithologique et ses traductions de Dany Lafferrière. Une autre reçoit enfin la réponse tant espérée des services sociaux à l'enfance pour sa demande d'adoption. Une dernière erre dans une zone industrielle, traînant derrière elle une valise à roulettes contenant un chat mort.
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Critiques, Analyses et Avis (6) Voir plus Ajouter une critique
Isa0409
  08 avril 2021

⭐️ « Quelle aventure étonnante que d'habiter un corps de femme. Les cycles l'entraînent dans un manège infernal, les hormones s'amusent à piétiner ses émotions, la douleur s'invite chaque mois, bien décidée à le mettre à genoux. Mais la vraie grande aventure, c'est de découvrir s'il est fertile ou pas et, quand c'est le cas, s'il daigne obtempérer. Une vie de femme commence avec la peur de tomber enceinte, et se poursuit dans la frénésie de l'être. » (p.91)
⭐️ Trois chemins vers la mer ou le destin de trois femmes. On aperçoit la première se promener au bord de la mer avec sa chienne, elle erre pour oublier, pour chasser les souvenirs, mais le ressac des vagues les ramène inlassablement. La deuxième attend un courrier, et chaque matin, sa boîte aux lettres renferme un message qui la sauvera ou la détruira à jamais : l'agence des services à l'enfance acceptera-t-elle de lui confier l'enfant qu'elle attend éperdument ? Enfin, la troisième, une femme renfermée, triste peut-être, traîne derrière elle une valise, métaphore du bagage émotionnel qu'elle porte avec douleur et résignation, et qu'elle destine à celui qui a brisé ses rêves.
⭐️ Ces trois femmes sont respectivement l'Exil, le Corps et l'Etat. le roman suit le destin de ces trois femmes à travers ces trois dénominations, à trois époques différentes. Chacune d'elle se différencie des deux autres, mais on ressent pourtant une grande souffrance, qu'elle se manifeste dans la solitude la plus totale, l'attente impatiente ou la revanche désespérée. D'une écriture poétique et délicate, l'auteure nous transporte dans les affres de femmes tourmentées, auxquelles le destin n'a laissé aucune chance, et qui, pour survivre, se sont soit résignées, soit échappées. de qui, de quoi ? Ce qui aurait pu ou dû être, mais ce que personne ne leur a donné la chance de vivre. « Comment sait-on qu'il est temps de laisser tomber ? Quand se dit-on : j'ai fait ce que j'ai pu, il n'y a plus rien à faire, le moment est venu de tourner la page. Quand ?» (p.84)
⭐️ En véritable portraitiste, Brit Bildoen signe un roman d'une incroyable puissance, accompagné du chant des oiseaux, des vagues indomptables et surtout de cette mélodie intérieure, faible mais persistante, parfois fuyante, qui ne cesse jamais. Elle fait de femmes ordinaires des êtres d'une sensibilité et d'une volonté sans égales. Un petit trésor de littérature que je vous recommande vivement !
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DOMS
  13 novembre 2020
Les chapitres alternent trois thèmes, l'état, le corps, l'exil. Trois femmes parlent tour à tour.
Une femme marche vers la mer. Elle est en exil sur cette partie de terre qui abrite un observatoire ornithologique. Elle refuse toute relation et accepte seulement ses collègues de l'observatoire. Mais qui est vraiment cette femme secrète, solitaire, taiseuse qui chaque jour promène son chien sur la plage.
Une femme tente de comprendre son ennemi. Elle traîne une valise avec un chat dedans. Qui est-elle, et pourquoi va-t-elle si souvent dans la maison de celui qu'elle nomme l'état ? Quelle relation délétère et secrète entre cet homme et cette femme ? Que cherche-telle à démonter, jour après jour, nuit après nuit ?
Une femme attend le courrier de l'administration qui va briser sa vie. Elle attend depuis quatre ans le bonheur de pouvoir adopter un bébé. Fausse couche après fausse couche, tout espoir d'être un jour mère s'est envolé. Avec son époux, ils sont en liste d'attente pour adopter un enfant chinois. Mais les années passent, le gouvernement doit renouveler leur agrément. Ils ne sont plus très loin sur la liste d'attente, sur le chemin de l'espoir, plus que quelques mois sans doute et ils auront enfin le bonheur de tenir un bébé dans leurs bras. Pourtant l'administration et les règlements en ont décidé autrement. S'engage alors pour le couple un long combat pour faire valoir ses droits.
Dans ces trois récits, l'état, le corps, l'exil il y a surtout l'espoir de devenir mère, la révolte face à l'administration, puis l'apaisement et l'envie de vivre enfin.
Brit Bildøen met des mots sur la douleur, l'incompréhension, la folie et le chagrin qui détruisent inexorablement les rêves d'une vie. Peu à peu les personnages et l'intrigue se dessinent comme une évidence. Empathique, le lecteur entre en communion avec cette femme, ses interrogations, ses doutes, sa fuite et ses rêves.
Un roman que je vous conseille vivement, tant pour son écriture que pour son atmosphère, émouvant, douloureux, inoubliable.
lire ma chronique complète sur le blog Domi C Lire https://domiclire.wordpress.com/2020/11/13/trois-chemins-vers-la-mer-brit-bildoen/
Lien : https://domiclire.wordpress...
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cathulu
  03 novembre 2020
"Le corps", "L'État", l'exil", tels sont les titres  récurrents des chapitres qui viennent rythmer ces Trois chemins vers la mer.
Trois récit d'itinéraires féminins marqués par la perte mais non le renoncement, dont on perçoit très vite comment ils vont s'agencer avec beaucoup de douceur et de retenue, même s'ils évoquent des faits très douloureux, voire violents.
Il y a cette femme qui tente d'oublier son passé dans une réserve ornithologique où elle bague des oiseaux, fait de longues promenades avec sa chienne, traduit un texte de Dany Laferrière (sur l'exil) et n'entretient que très peu de relations sociales. Cette autre qui échange des courriers avec une administration bornée qui lui refuse le droit à l'adoption.  Cette dernière qui traîne une valise contenant un chat mort...
Le corps féminin, les langages dont nous usons ou que nous subissons,  mais aussi la nature sont au coeur de ce roman très court, 180 pages, qui exerce une réelle fascination sur le lecteur. Nous entrons au plus profond de l'âme humaine ,mais avec poésie, retenue et une sensualité diffuse. Tout est dans le presque rien, mais d'une manière efficace et pérenne. Un énorme coup de coeur ! et zou sur l'étagère des indispensables.
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Aifelle
  10 février 2021
Trois récits rythment ce roman, trois chemins de femmes, intitulés l'exil, l'état, le corps. L'exil nous montre une femme marchant seule avec son chien le long de la mer, en Norvège. Elle s'est réfugiée là pour être loin de tout, elle ne cotoie personne à part ses collègues du centre ornithologique. Dans sa petite maison, elle traduit un livre de Dany Laferrière, chercher les mots avec précision l'apaise. On sent qu'elle porte un lourd fardeau, elle essaie de se tracer une nouvelle vie acceptable.
Dans le corps, une femme a tout tenté pour avoir un enfant. Fausse couche après fausse couche, elle a dû se résigner à renoncer à une maternité biologique. Avec son mari, ils ont fait une demande d'adoption en Chine, et sont sur le point d'être excaucés. Seulement, l'administration leur met des bâtons dans les roues, prétextant leur âge devenu limite. C'est insupportable pour la narratrice et elle a l'intention d'aller au bout des recours.
Le troisième récit, l'état, suit une femme traînant une valise contenant un chat mort. Elle se rend dans une maison, en l'absence du propriétaire, elle finit par s'y introduire et y laisser des traces, avec l'intention de faire peur. Elle en veut beaucoup à l'homme qui vit là et glisse lentement vers une forme de folie, incapable d'arrêter ses intrusions chez lui.
C'est un roman tout en finesse et en sensibilité. le thème central en est l'impossibilité de la maternité et jusqu'où elle peut entraîner une femme qui la refuse. La froideur de l'administration est aussi pointée, avec ses formules glaçantes. La réflexion est poussée sur ce qu'est un corps de femme tout au long de la vie, avec ses aléas et le regard porté sur lui par la société.
Je n'ai pas lu la quatrième de couverture et j'ai bien fait, j'ai découvert la construction habile du roman, c'est mieux de comprendre au fur et à mesure l'articulation de ces trois chemins de femme. J'avoue une préférence pour celle de l'exil, dont j'ai aimé les longues balades dans la nature et la connaissance des oiseaux migrateurs.
Lien : http://legoutdeslivres.canal..
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duprez
  19 février 2021
trois femmes, trois moments de vie, trois chemins vers la mer . l'une d elle travaille à l observatoire ornithologique et fiat de longues promenades avec sa chienne le long d ela plage, la seconde marche dans une rue de sa ville avec la vengeance pour seule horizon , la dernier chemine douloureusement vers une lettre et un espoir qui s envole. Brit bildoen est une romanciere reconnue dans son pays ( la norvege) mais dont aucune traduction n aviat ete faite en francais, c est à present chose faite avec ce superbe roman, intimsite et poetique sur un sujet fort, la maternité. l'auteure évoque la douleur de n avoir pas d enfant quand ce désir est profondement inscrit dans le corps et l esprit d une femme. Elle donnà voir avec pudeur les errements de son personnage , sa force et sa fragilité, ses espoirs et sa deseperance jusqua l acceptation de ce qui semblait innaceptable. Magnifique roman sur la résilience
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Citations et extraits (6) Voir plus Ajouter une citation
AifelleAifelle   10 février 2021
Une créature surnaturelle malveillante. La femme a décidément été tenue pour responsable de tous les maux au fil des siècles. Inquiétante, dans ses années de jeunesse insouciante, plus inquiétante encore dans la laideur de la vieillesse. Comme elle les effrayait, jadis ! De jour comme de nuit, ils avaient craint celle qu'ils désiraient et qui les répugnait tout à la fois, s'insinuant malgré eux dans leur coeur pour mieux les ligoter, parce qu'elle avait reçu le don de procréer. Parce qu'elle avait ce pouvoir, au plus profond de ses entrailles.
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cathulucathulu   03 novembre 2020
Elle s'était imaginé la vie comme un élastique, sur lequel il suffisait de tirer pour allonger le temps et faire durer les bons moments . Et voilà qu'elle était arrivée à un point où il était soudain trop tard pour beaucoup de choses. Les portes claquaient autour d'elle à la vitesse grand V.
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Bookworm84Bookworm84   16 décembre 2020
Pourtant, il m'a trahie sur un point crucial. Je n'ai jamais compris pourquoi ce corps, qui a fonctionné à la perfection pendant plus d'un demi-siècle, n'a pas été en mesure de porter un enfant. [...] Tant de secrets liés au corps ont été percés à jour, mais quand on en vient aux questions de la fertilité et de la maternité, tout s'entoure d'un voile mystérieux.
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Bookworm84Bookworm84   16 décembre 2020
Quelle aventure étonnante que d'habiter un corps de femme. Les cycles l'entraînent dans un manège infernal, les hormones s'amusent à piétiner ses émotions, la douleur s'invite chaque mois, bien décidée à le mettre à genoux. Mais la vraie grande aventure, c'est de découvrir s'il est fertile ou pas et, quand c'est le cas, s'il daigne obtempérer. Une vie de femme commence avec la peur de tomber enceinte, et se poursuit dans la frénésie de l'être. Des mois et des années de sang, de sueur et de larmes. Et quand sonne la fin du combat, de l'attente et du chagrin, alors c'en est fini pour de bon.
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Bookworm84Bookworm84   16 décembre 2020
Une créature surnaturelle malveillante. La femme a décidément été tenue pour responsable de tous les maux au fil des siècles. Inquiétante, dans ses années de jeunesse insouciante, plus inquiétante encore dans la laideur de la vieillesse. Comme elle les effrayait jadis ! De jour comme de nuit, ils avaient craint celle qu'ils désiraient et qui les répugnaient tout à la fois, s'insinuant malgré eux dans leur coeur pour mieux les ligoter, parce qu'elle avait reçu le don de procréer. Parce qu'elle avait ce pouvoir, au plus profond de ses entrailles.
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