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EAN : 9782881822179
88 pages
Éditeur : Editions Zoé (30/11/-1)

Note moyenne : 4.32/5 (sur 11 notes)
Résumé :
Emeretia 1713 est l’histoire d’une enfant qui a existé. Son père est un Seigneur et sa mère une simple paysanne. La mère meurt, le père se remarie avec une grande dame qui place la petite fille dans un autre village, chez un curé doyen renommé pour la fermeté de sa foi. Elle a sept ans. Elle refuse de réciter ses prières, et hait le bon Dieu qui lui a enlevé sa mère. Ni le fouet, ni le pain sec, ni les humiliations ne le changeront. Elle n’aime que les animaux, les ... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (3) Ajouter une critique
amartia
  15 mai 2017
Ce court récit reprend celui de la "Petite Mérette" que Gottfried Keller, autre auteur suisse, avait écrit entre 1853 et 1855. Mais S. Corinna Bille l'inscrit dans le Valais, au début du XVIIIe siècle, alors que le Rhône n'était pas "corrigé" et que la plaine était soumise aux débordements du fleuve.
C'est l'histoire d'une gamine de 7 ans, orpheline de mère, et qui dès lors, refuse de dire ses prières. Son père, mais surtout sa belle-mère, s'en débarrassent et la placent à la campagne auprès d'un prêtre à la cruauté dont l'imbécilité égale la frustration. Ce dernier tient un journal.
"J'ai bien reçu, ce jour, de la haute et pieuse dame de M., la pension due pour le premier trimestre, que j'ai aussitôt quittancée et portée en compte.Par après j'ai administré à la petite Mérette (Emerentia) sa correction régulière de la semaine qui a été plus rude, parce que je l'ai couchée sur le banc et fouettée avec une verge neuve, non sans lamenter et soupirer vers le Seigneur, pour qu'il veuille bien mener à bonne fin la triste besogne. En vérité, la petite a poussé des cris douloureux et demandé pardon avec humilité et désolation, mais elle ne s'est pas moins obstinée dans son endurcissement et elle a fait mépris du livre de messe mis sous ses yeux par moi pour son étude."

Ce qui justifie la reprise du thème par S. Corinna Bille, c'est le rapport empreint de poésie qu'elle établit entre la "sauvagerie" du fleuve et le lien que la petite fille entretient avec celle de la nature, au point que très vite, on murmure dans le village que c'est une sorcière.
"Sur le Rhône apparurent des troncs noircis; des serpents qui s'enfonçaient, se dressaient soudain retenus par les pierres, repartaient repris par les remous.
Sur les rives, au risque de s'enliser, les paysans tiraient à eux à l'aide de perches munies de crocs ces épaves. le fleuve s'étendit encore, les marécages se dédoublèrent. D'eux s'élevaient des brouillards allant aussi vite que le vent. Un roulement de nuages au-dessus du roulement des eaux. ça faisait autant de tapage que l'invasion des armées.
Au loin, criaient les oies, des cris méchants, lacérés comme les joncs."
Tout le plaisir est dans la lecture de cette prose si poétique. En quelques mots, quelques phrases, l'auteur crée l'atmosphère d'un univers pas si lointain, où la bienséance, le respect des dogmes religieux, la crainte mêlée de respect des populations paysannes envers les nobles de la ville, pouvaient engendrer les assassins d'une fillette en proie à la révolte.
Lien : http://meslecturesintantanee..
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mallollo
  31 décembre 2015
Emerentia - 7 ans - au bûcher?
"La petite fille a existé. Elle est sortie du livre Henri le Vert de Gottfried Keller qui avait entendu parler d'elle dans son enfance, avait vu son portrait à l'huile assombri et retrouvé le journal de l'ecclésiastique, repris ici."
Epoque: 1713
Lieu: une bourgade du Valais suisse
Personnages: un ecclésiastique - une marâtre - une fillette - des arbres, des fleurs et des animaux des bois.
Emerentia a 5 ans lorsque sa mère meurt et son père, riche bourgeois, se remarie avec Mme de M. Qui estime rapidement la petite ingérable. Celle-ci refuse de réciter les ave et les pater, et montre la plus grande violence à l'égard de la religion. Douleur d'avoir perdu celle qui l'aimait tant? Que nenni, Mme de M. n'excuse pas son comportement et envoie Emerentia en pénitence chez le doyen d'un petit village de la vallée.
Au fil des mois, de châtiment en maltraitance ("pénitence" - aurait-on dit à l'époque), Emerentia se replie sur elle-même et n'accepte d'autre contact que celui de la nature et des enfants du village. Elle parle aux arbres, aux oiseaux, aux poissons, ce qui la rend aux yeux du doyen et de certains villageois, coupable de sorcellerie.
"- Emerentia ne descend plus dans la cour dessiner des triangles et poser en cercle ses cailloux, remarquèrent les gens.
- C'est pourquoi les pigeons viennent moins nombreux sur le toit de la cure...
Emerentia ne pouvait plus leur lancer des miettes de son pain ni leur dire les jolis noms qu'elle inventait pour eux autrefois: "mon soyeux, mon opaline, mon Saint-Esprit tout blanc." Ces mots qu'elle avait sus, qu'elle avait chantés, elle commençait à ne plus s'en souvenir. Elle s'enfonçait lentement dans un marécage sans lumière où les algues l'étouffaient, s'agitant autour d'elle avec convoitise."
Voilà la vie que l'on réserve à cette époque à une petite fille différente, qui cache un chagrin jamais écouté dans une relation avec les seuls êtres qui ne la jugent pas.
Emerentia 1713 est un récit très court, qui mêle des passages du journal du doyen à une narration très épurée, presque indifférente. le texte parle pour lui, ce qui donne des passages très forts.
Un récit très court, trop peut-être. J'aurais aimé m'attacher plus à vivre le quotidien d'Emerentia, ses errances dans les bois, sa relation avec les autres enfants. J'aurais voulu avoir une vision plus nuancée du doyen, et des villageois à qui cette fillette inspire autant de peur que de respect.
Mais un très beau récit tout de même...
Lien : http://www.critiqueslibres.c..
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Farinet7
  05 novembre 2018
Corinna Bille nous raconte l'histoire d'Emerentia, une petite fille accusée de sorcellerie, dans un Valais religieux est marécageux.
Commenter  J’apprécie          10

Citations et extraits (1) Ajouter une citation
mallollomallollo   31 décembre 2015
- Emerentia ne descend plus dans la cour dessiner des triangles et poser en cercle ses cailloux, remarquèrent les gens.
- C'est pourquoi les pigeons viennent moins nombreux sur le toit de la cure...
Emerentia ne pouvait plus leur lancer des miettes de son pain ni leur dire les jolis noms qu'elle inventait pour eux autrefois: "mon soyeux, mon opaline, mon Saint-Esprit tout blanc." Ces mots qu'elle avait sus, qu'elle avait chantés, elle commençait à ne plus s'en souvenir. Elle s'enfonçait lentement dans un marécage sans lumière où les algues l'étouffaient, s'agitant autour d'elle avec convoitise.
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