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EAN : 9782211207287
299 pages
Éditeur : L'Ecole des loisirs (20/04/2012)

Note moyenne : 4.45/5 (sur 85 notes)
Résumé :
Nous allons changer de nom, et nous devrons tous oublier, le temps de la guerre, ceux qui nous ont été donnés par nos parents. Rachel s'appelle désormais Catherine, Catherine Colin. Lorsque les lois contre les Juifs se sont intensifiées, ses parents l'ont confiée à la Maison des enfants de Sèvres. Mais bientôt il ' n'y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistance organise la fuite des enfants juifs en zone libre. Ils doivent du jour au lend... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (49) Voir plus Ajouter une critique
michfred
  15 janvier 2020
Qu'est ce qui fait qu'on accroche à un livre dit " littérature de jeunesse"...  quand on a largement passé la limite d'âge?
Sauf à  être retombé(e) en enfance, on peut en  lire par nostalgie - "j'ai tellement aimé pleurer sur Sans famille, et si je me le relisais  juste pour l'amer plaisir des larmes?"-  , par autodérision  - "comment ai-je pu adorer le Club des Cinq, cette daube?", par conscience "professionnelle " de prof ou de (grand ) parent ,  - ,  ou ...par erreur, comme ce fut mon cas.
Une erreur qui a été une chance!
Quand j'ai vu que le roman graphique,  cher aux CDI des collèges,  La guerre de Catherine, était l'adaptation d'un roman de 300 pages écrit par Julia Billet,  j'ai cru de bonne foi que ce roman s'adressait aux adultes.
Vu que l'histoire se passe dans La Maison d'enfants de Sèvres , en face de laquelle j'ai habité quelques années, et qui avait, comme le Chambon-sur-Lignon , le statut d'une école héroïque, résistante  ayant caché et protégé des enfants juifs pendant la deuxième guerre, que cette Maison d'enfants fut une des écoles pilotes de l'Education Nouvelle, inspirée de Decroly,  Freinet , Montessori, (une rue plus loin exactement, se trouvait une autre école nouvelle, joyeusement inventive et en perpétuelle ébullition , où pendant presque 25 ans j'ai enseigné sans cesser d'avoir le sentiment d'apprendre) , si on ajoute le fait que cette histoire était  celle  d'une  enfant cachée ...que j'ai connue, vieille dame, incroyable de vitalité et d'énergie, j'avais toutes les raisons  pour me jeter sur ce livre sans hésiter.
La guerre de Catherine est bien un  livre pour la jeunesse, sans conteste,( éditée dans la collection médium de l'école des loisirs) , écrit dans une langue simple, directe, et qui raconte pour des générations de " hitler-connais-pas"  la souffrance et la difficulté d'être un enfant caché dans la France vichyste, antisémite  et collabo des années 42-45, et dans l' immédiat après-guerre,   si  douloureux pour nombre d'entre eux  qui ne voyaient pas revenir leurs parents,  happés par la Nuit et le Brouillard.
Un livre pour la  jeunesse mais pas bêtifiant, pas happy end à tout prix, pas simplificateur, pas simpliste, pas moralisateur, pas pesammment didactique.
Un vrai beau livre, où  Julia Billet  raconte l'adolescence de sa mère, Tamo ( dite France)  Cohen, confiée par ses parents à  Yvonne et Robert Hagnauer, "Goéland" et "Pingouin" pour les enfants de la Petite République de la rue Croix- Bosset où se trouvait ,  jusqu'en 1950 , La Maison d'enfants de Sèvres,  avant son installation au château de Bussières.
 
Un livre qui sait dire avec justesse les amitiés,  les premières émotions amoureuses, la rébellion propres à toute adolescence, mais qui trouve aussi le ton juste pour les mettre en résonance avec  une époque, des circonstances bien particulières.
Une adolescence qui a dû  mûrir tres vite, éprouver  la solidarité,  apprendre le courage, et faire l'apprentissage nécessaire  du mensonge, celui  plus cruel de l'oubli de ce qui fait le  vif d'un enfant -son nom, sa famille, ses souvenirs-,et  celui de la culpabilité  de n'avoir pas pris la mesure d'un au-revoir avec les parents qui était un adieu.
Une adolescence en butte à  l'insécurité permanente (même passée en zone libre, la jeune narratrice est à la merci d'une dénonciation).   Il faut sans cesse s'arracher à  tous ces bras protecteurs, découvrir  le prix amer de l' autonomie, et la solitude de la liberté .
La  jeune Catherine Colin , le nom officiel de la jeune Rachel Cohen, (Tamo  Cohen dans la vraie vie) éprouve,  vit, apprend,  partage tout cela avec une lucidité et un naturel qui forcent le respect.
Sa force vient aussi  de ce qu'elle interpose , entre sa jeunesse et la guerre cruelle,  le viseur de son Rolleiflex.
 Car Rachel-Catherine est une apprentie photographe. Son professeur bien-aimé,  Pingouin,  lui a donné,  en gage, son Rollei pour qu'elle s'acquitte d'une mission: photographier SA guerre, en porter le témoignage. Si elle revient.
Il faut qu'elle revienne. Témoigner devient pour elle un devoir, une nécessité vitale.
Mais le monde, dans  le viseur du 6x6, elle le voit tête en bas, elle-même doit se pencher sur l'image pour la lire. Ce qui enlève à la réalité un peu de sa violence, de sa prédation. C'est elle qui la traque, la cadre, la prend, la tire. le gibier devient chasseur. Et l'objectif "objective" le réel, le met à distance.
Ce qui, paradoxalement, décuple l'émotion pour le lecteur...quelle lecture bouleversante derrière sa simplicité,  son naturel, sa distance "photographique" ! 
Cette trouvaille romanesque , nous l'apprenons en postface, est née d'une vérité : Tamo Cohen a vraiment photographié sa guerre, toute jeune qu'elle fût.
Un hommage de l'auteure à sa mère, résiliente exemplaire, un vibrant éloge de  l'art qui sauve et qui guérit. 
Et une reconnaissance infinie envers les réseaux de résistance qui comme celui de l'OSE n'ont pas craint le danger, la torture, ni la mort pour soustraire aux bourreaux des enfants persécutés , les protéger, les nourrir, les éduquer, les aimer, leur redonner le goût et l'envie de vivre.

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docidf
  19 octobre 2012
3èmes

La guerre de Catherine / BILLET, Julia
Ecole des Loisirs – Avril 2012 – 108 pages (Medium)
ISBN : 978-2-211-20728-7 - Prix : 14,80 €
Résumé : « Nous allons changer de nom, et nous devrons tous oublier, le temps de la guerre, ceux qui nous ont été donnés par nos parents.» Rachel s'appelle désormais Catherine, Catherine Colin. Lorsque les lois contre les Juifs se sont intensifiées, ses parents l'ont confiée à la Maison des enfants de Sèvres. Mais bientôt il n'y a plus de sécurité nulle part en zone occupée. Un réseau de résistance organise la fuite des enfants juifs en zone libre. Ils doivent du jour au lendemain quitter l'école, leurs camarades et partir avec des inconnus. Ils ne savent pas comment feront leurs parents pour les retrouver. Ils ne savent même pas si leurs parents sont encore en vie. Dans sa fuite, Catherine emporte avec elle un Rolleiflex et quelques rouleaux de film. La directrice de la pension qu'elle quitte lui a confié une mission : « Fais des photos, collecte des images et rapporte-nous tout cela à latin de la guerre. Nous en aurons besoin ». Elle va alors photographier les personnes qui l'hébergent et la protègent, les enfants qu'elle croise, ceux avec qui elle partage la peur et la solitude mais aussi la tendresse et les instants de joie : la petite Alice, qui n'a plus de parents et s'accroche à la pensée que son frère l'attend quelque part, Luco qui n'arrive pas à retenir son nouveau nom. Catherine a le don de saisir la vérité des enfants et des adultes qu'elle photographie. Elle écrit sa guerre en images sans savoir encore jusqu'où celles-ci la conduiront.
Mots- cles: SECONDE GUERRE MONDIALE / JUIFS / RESISTANCE / ENFANTS/ PHOTOGRAPHIE / SOLIDARITE /PEDAGOGIE/
Commentaires : Ce livre évoque avec finesse un sujet très douloureux, celui de la guerre à hauteur d'enfants. Toutefois le prisme de la photo permet une approche particulière.et originale d'autant que c'est dans la photo que l'héroïne puise sa force et apprend à réfléchir. La place des arts, la réflexion sur la pédagogie sont des éléments très intéressants.
L'identification est possible à plusieurs niveaux, celle de l'héroïne adolescente, celle des enfants plus jeunes. Quant aux adultes ils ont presque tous une image très positive.
Une belle langue, un témoignage intéressant et émouvant, un récit qui donne envie d'avancer, des sujets originaux et rarement traités dans la littérature jeunesse
Pistes de discussion :
• Connaissiez-vous le sort réservé aux enfants juifs pendant la guerre
• En quoi le Rolleiflex aide-t-il Catherine à traverser la guerre ?
• Quel peut être le rôle de l'art ?
• Que représente pour une personne le nom donné par ses parents ? Imaginez changer d'identité
• Analysez la chaîne de solidarités qui a permis à Catherine de traverser la guerre
• Quels exemples de solidarité rencontrez-vous aujourd'hui ?

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Cannibalecteurs
  18 janvier 2019
Par Lily
Rachel, une jeune fille juive qui vit au temps de la Résistance, se voit forcée de changer de nom et de ville pour être sauvée.
Désormais, elle sera Catherine, et devra souvent fuir pour éviter la mort, à cause des nazis.
Sans nouvelles de ses parents et de ses amis, elle aurait pu abandonner, mais au lieu de ça, elle décide de rester forte et de se servir de sa passion, la photographie, pour raconter tout ce qu'il lui est arrivé à son retour à la Maison des Jeunes, l'endroit où elle habitait avant de changer de nom.
Mais avant tout ça, elle va devoir surmonter de nombreuses épreuves.
Ce livre m'a beaucoup plu, notamment en découvrant la maturité de Catherine, qui a su prendre du recul sur la situation en prenant des photographies, se poser des questions et se demander où est le bien et le mal, chose que beaucoup d'adultes auraient eu du mal à faire, alors qu'elle a réussi en étant enfant.
De plus, j'ai trouvé les photographies de fin très belles, et les dessins me plaisent beaucoup.
Par Aurore
Une jeune fille juive nommée Rachel va faire sa rentrée dans une école appelée la « Maison des Sèvres » au début de la seconde guerre mondiale. Elle se découvre une vraie passion pour la photographie mais bientôt elle doit fuir de son école pour se réfugier dans d’autres endroits plus surs partout en France. Cette fuite va l’obliger à changer de nom, elle sera à présent Catherine.
Ce livre est bourré de suspense et nous réserve des surprises. Va-t-elle se faire tuer ? Va-t-elle être emprisonnée ? Moi qui n’aime pas tellement les bandes dessinées, j’ai trouvé ce livre agréable à lire. Il me plait beaucoup, il est divertissant. Il montre aussi qu’il ne faut pas avoir peur et qu’il y aura toujours des personnes pour nous aider et nous soutenir.
Par Danaé
Rachel est juive. Elle vit à Paris, dans un centre pour orphelins. Passionnée de photographie, elle immortalise chaque moment de sa vie, jusqu’au jour où la seconde guerre mondiale éclate. Les juifs sont maintenant traqués. Rachel doit fuir et changer de nom… Devenue Catherine, elle raconte sa fuite à travers ses photos et mène sa propre guerre…
J’ai beaucoup aimé ce livre, il y a de belles illustrations. On raconte les horreurs de la guerre sans trop de violence… C’est une belle histoire, mais elle est bouleversante par moments. Je le recommande pour ceux qui aiment les livres assez courts et l’Histoire.
Par Cloé M.
Rachel est dans un centre qui sert de refuge aux enfants juifs. Elle a été confiée par ses parents, le temps de la seconde guerre mondiale. Avec une personne qu’elle apprécie beaucoup, elle découvre la photographie qui devient vite sa passion. Mais un jour tout va basculer : elle va devoir changer de nom, de centre… Se détacher de sa vie et de ses amis va tout changer pour elle… Toujours en compagnie de son appareil photo, elle prend des clichés de la vie quotidienne en espérant pouvoir raconter et montrer ses photos un jour à ses parents.
Va-t-elle arriver à les retrouver ? Va-t-elle arriver à raconter son histoire à ses amis ?
Une fille qui n’a pas de liberté… Va-t-elle la regagner ?
J’ai bien aimé cette histoire, même si elle est triste. Les illustrations de cette BD sont développées, colorées, ce qui fait de ce livre un livre joyeux même si l’histoire est triste.
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Asil
  12 décembre 2012
Ce texte est tiré d'une histoire vraie, même si les noms ont été modifiés et les faits romancés.
Rachel est une enfant juive qui grandie pendant la deuxième guerre mondiale. Lorsque les lois contre les juifs deviennent plus fortes, ses parents la confient à une école avant-gardiste dans le but de la protéger. Là bas elle découvre la photographie, qui devient sa grande passion. Les pressions contre les juifs sont de plus en plus fortes et les enfants doivent changer de nom puis fuir.
Rachel devient Catherine et entame un long périple à travers la France, aidé par un réseau de résistance. Ce voyage sera l'occasion pour elle de faire des rencontres qui changeront sa vie. Dans sa fuite, elle emporte son appareil photo, pour garder une trace de toutes les personnes qu'elle rencontrera et faire de ses clichés les témoins de ce périple.
Ce roman parle de la seconde guerre mondiale, mais d'un point de vue que l'on a rarement l'occasion de voir. Rachel, Catherine, n'est pas du coté des combats, ni même des sévices infligés aux juifs, mais bien de la résistance. Ce texte nous parle surtout d'une jeune fille qui grandi, cherche à survivre, se lie d'amitié, vit ses premiers émois amoureux.
J'ai vraiment été conquise par cette histoire, par la galerie de personnages qui nous est présentée. Ici pas de stéréotypes, les familles qui hébergent Catherine, ceux qui l'aide sur sont chemin ne sont pas forcément des résistants forts, puissants, ce sont des gens comme vous et moi qui suivent ce que leur conscience leur dicte.
Le sujet est traité avec finesse et justesse, l'auteur ne tombe jamais dans le voyeurisme, ne cherche pas à nous apitoyer. Je conseille vraiment ce roman, que l'on soit intéressé par l'histoire de la seconde guerre mondiale ou pas.

Lien : http://calokilit.wordpress.c..
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Arthore
  02 août 2019
Magnifique roman tiré d'une histoire vraie. Tout en émotions, en finesse, en justesse malgré un thème qui aurait pu facilement faire tomber son auteur dans le "trop".
Le sujet : des enfants juifs sauvés durant la guerre grâce à la force, au courage des réseaux de la résistance et aux changements de nom de ces enfants. Imposés car vitaux, ces changements n'en resteront pas pour autant difficiles, voir insupportables.
Nous découvrons la Maison des Enfants de Sèvres et Rachel Cohen, désormais Catherine Colin, que ses parents ont confié à cette institution, les lois contre les juifs s'étant intensifiées.
Mais très vite, plus aucune sécurité n'existant en zone occupée, Catherine devra aller de famille en famille. Chaque attachenement sera suivi des douleurs de la séparation, de la peur de ne jamais se revoir.
Alors pour immortaliser ces moments, "sa guerre" mais aussi pour garder un lien avec la vie, Catherine va emporter avec elle un Rolleiflex et plusieurs rouleaux de film. Elle n'aura de cesse de photographier les personnes qui l'hébergent, qui la protègent, les enfants qu'elle croisera, qu'elle même protégera.
Roman graphique grâce au fil rouge de la photographie, sa force en est décuplée.
Témoignage de courage, d'amour, de l'importance de l'art pour garder foi en la vie, une lecture à mettre sur votre pile des livres à lire.
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critiques presse (3)
BDGest   26 mai 2017
La guerre à hauteur d'yeux d'enfant. Le portrait, tout en finesse, d'une belle personne prise entre deux belligérants, mais qui a su garder toute son authenticité par la richesse de ses rencontres.
Lire la critique sur le site : BDGest
Ricochet   24 juillet 2012
Très beau récit signé Julia Billet, qui nous convie à un voyage émouvant vers le passé.
Lire la critique sur le site : Ricochet
Lexpress   19 juillet 2012
L'écrivain Julia Billet […] a composé ce livre poignant en s'inspirant de l'histoire de sa mère Tamo Cohen et de la Maison d'enfants de Sèvres, école avant-gardiste.
Lire la critique sur le site : Lexpress
Citations et extraits (17) Voir plus Ajouter une citation
michfredmichfred   13 janvier 2020
Je me souviens comme je me suis séparée de papa et maman, pressée de les voir partir, alors qu'eux me serraient dans leurs bras avec cette force que je saisis aujourd'hui: la peur de ne jamais revenir. Mes parents savaient déjà ce que signifieraient le manque et l'absence. J'étais trop impatiente, trop insouciante aussi pour me rendre compte qu'ils me disaient peut-être adieu à ce moment-là. Je n'avais rien compris et les avait vus partir avec soulagement.
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psamboupsambou   18 mai 2014
Je vais dans mon élan jusqu'à lui exprimer ma théorie sur les images qui préexistent dans un monde invisible, ces images qui attendent que l'on capte leur lumière. Notre rôle de photographe comme passeur d'images, venant révéler un monde que personne ne voit, mais que l'appareil photo permet de déceler puis de saisir si on est prêt. (p.121)

Donner le temps à chaque cliché, attendre le bon moment, ne pas hésiter quand je sens que quelque chose s'inscrit dans mon viseur et laisser mon doigt en suspens quand je ne suis pas sûre de la construction de l'image ou de la luminosité... Les images ont une architecture intérieure, et tant que le photographe n'a pas reconnu cette organisation précise, il ne peut être dans la justesse. C'est sans doute pour cela que je n'arrive pas, à certains moments, à déclencher. (p.171)

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ArthoreArthore   01 août 2019
Ne pas penser à mes parents.
Ne pas me demander comment ils me retrouveront si je ne suis plus moi.
Ne pas me demander s’ils seront fâchés que j’ai moi même choisi un nouveau prénom si différent de celui qu’ils ont décidé de me donner avant ma naissance.
Ne pas me souvenir comment ils ont choisi ce prénom, choisi parce qu’il rimait avec belle et parce qu’il leur rappelait le jour de leur rencontre.
Ne pas penser, aller débusquer la lumière de fin d’apres-midi, me couper de toutes ces questions, ne plus entendre Sarah qui hésite entre Sabine, Simone et Sonia, pour être sûre de garder au moins son initiale.
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michfredmichfred   13 janvier 2020
Je ne vois pas le temps passer, trop occupée à me réconcilier avec le monde, et c'est à la brune, quand la lumière se voile doucement tout en offrant une acuité particulièrement vive aux couleurs, juste avant de s'éteindre pour laisser place à l'obscurité, que je fais mon plus beau plan, j'en suis convaincue: dans une flaque d'eau, j'ai attrapé mon visage et j'ai cliqué sur le déclencheur. "Autoportrait entre chien et loup", me suis-je dit à l'instant même où l'image s'est fixée sur le film.
Moi qui pensais ne jamais pouvoir refaire de portrait, je me suis photographiée, en passant par le filtre de l'eau, à l'envers.
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michfredmichfred   13 janvier 2020
Je pense à cette soudaine renaissance et il me semble que je comprends: pour l'instant, j'ai besoin de transformer les images, de faire avec leur reflet, comme j'ai pu faire avec les ombres. C'est sans doute la seule façon qui me reste pour aborder la guerre, ma guerre. Happée par ce nouvel élan, je redescends en courant sur le chemin de la ferme, dans le tourbillon de mes cheveux qui volent au-dessus de ma tête, tout à coup légère, légère. Je suis toujours photographe, j'ai eu si peur d'avoir tout perdu de ce feu que je vais retrouver mon chemin, dans le double des choses, dans cette douceur feutrée de l'entre-deux. Je le sais, je le sens.
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Videos de Julia Billet (2) Voir plusAjouter une vidéo
Vidéo de Julia Billet
Davy Mourier présente les albums de la Sélection Jeunesse ép.6 "La Guerre de Catherine" de Julia Billet & Claire Fauvel Ed. Rue de Sèvres
Lire les 1ères pages : http://bit.ly/GuerreCatherine
Programmation et infos sur www.bdangouleme.com ou sur les réseaux avec @actudufauve #partageonslaBD
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