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EAN : 9782878442359
304 pages
Éditeur : FATON EDITIONS (01/10/2017)
5/5   2 notes
Résumé :
(BEAU LIVRE)

La collection d'orfèvrerie allemande du musée national de la Renaissance à Écouen, la plus importante en France avec celles du Louvre et des musées alsaciens, recèle de nombreux chefs-d’œuvre inédits.
Restées injustement méconnues, ces créations des grands orfèvres de l’Empire des Habsbourg et de leurs voisins germanophones traduisent avec une prodigieuse virtuosité les plus belles thématiques de la Renaissance : plasticité des fo... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (2) Ajouter une critique
oblo
  20 décembre 2017
Livre reçu grâce à l'opération Masse Critique.
Les collections du musée de la Renaissance, à Ecouen, recèlent une importante collection d'orfèvrerie originaire des anciens Etats de l'Empire romain germanique (vaste espace recouvrant l'Allemagne, l'Autriche, les Pays-Bas, la Flandre et quelques autres territoires d'Europe centrale). Désignées sous le vocable d'oeuvres allemandes, ces dernières ont fait l'objet d'un recensement et d'une présentation visant à les mettre, enfin, en valeur. En effet, la rivalité franco-allemande de la fin du 19ème siècle, accompagnée de la montée du fort ressentiment français à l'égard de nos voisins d'outre-Rhin, a contribué à plonger dans l'ombre ces pièces d'art, pourtant lumineuses à de nombreux égards.
Le livre présente d'abord un historique de cette collection du musée d'Ecouen, avant d'en proposer un catalogue où, à côté d'une photographie mettant en valeur l'objet, est écrit un texte le décrivant. Par ses dimensions et le soin apporté à sa confection, Chefs-d'oeuvre d'orfèvrerie allemande est un beau livre dont l'objectif, avoué dès la préface, est largement rempli.
L'orfèvrerie, nous apprend-on, a fort peu existé dans les musées français. A cela, plusieurs raisons : un nombre restreint d'oeuvres qui ont survécu aux siècles (parfois fondues, parfois perdues) et un net penchant pour ce que l'on appelle les Beaux-Arts. D'aucuns rangeraient l'orfèvrerie parmi l'artisanat (et même, heureusement, un artisanat d'art), eu égard à l'utilité première des objets présentés, utilité s'apparentant à de la vulgarité (au sens littéral : ce qui est prosaïque, terre à terre). Mais il suffit de regarder ces oeuvres pour constater que l'esthétique n'y est jamais oublié. Par ailleurs, l'utilité de ces objets n'empêche pas les programmes idéologiques d'y être affichés, répondant ainsi à la fonction symbolique de l'art.
Le livre tend donc à rendre à l'orfèvrerie - et plus encore, à l'orfèvrerie allemande, plus et mieux conservée que l'orfèvrerie française - la place qu'elle mérite. Dans cette optique, il faudra souligner le rôle essentiel qu'ont joué de grands collectionneurs privés, dont Mayer Carl de Rotschild, parfois à contre-courant de la mode de leur temps, dans la préservation de ces oeuvres d'art. Il s'agit aussi de rappeler des noms oubliés, ceux de grands artistes orfèvres géniaux, tel Wenzel Jamnitzer, auteur, entre autres, de la coupe de saint Michel, ou Hans Schlottheim, dont la nef dite de Charles Quint étonne par la profusion des détails et par la délicatesse de ses éléments. Ainsi l'orfèvrerie allemande retrouve-t-elle, dans ces pages, la place de choix qu'elle a occupé parmi les collections royales et princières en France, aux 16ème et 17ème siècle.
Les photographies rendent, quant à elle, un hommage direct aux oeuvres, dont certaines, plus encore que les autres, sont particulièrement marquantes. le nautile monté en coupe, par exemple, témoigne tout à la fois de la finesse du travail d'Ulrich Ment, orfèvre augsbourgeois du 17ème siècle, et de la diversité des matériaux utilisés : ici la coquille d'un mollusque est associée à de l'argent partiellement doré. Autre exemple : la coupe de maîtrise, en forme d'Ancolie, oeuvre d'un maître inconnu. Par sa blancheur, l'objet irradie ; par sa brillance, il impressionne ; par la scène de bataille qui s'y déroule, il témoigne d'un savoir-faire exceptionnel qui fait de cette coupe un objet à admirer, mais aussi à lire. Enfin, la statuette de Daphné, oeuvre de Jamnitzer, où l'argent et le corail dominent, rend compte de la prégnance des thèmes antiques dans l'Allemagne du 16ème siècle : Jamnitzer, ainsi faisant, se place comme l'égal des plus grands peintres ou sculpteurs de son temps : s'il en était besoin, la statuette prouve que l'orfèvrerie possède une place à part entière parmi les arts de la Renaissance, et au-delà.
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michel.carlier15
  09 janvier 2018
Pour des raisons politiques et historiques , l'orfèvrerie allemande de la Renaissance est restée longtemps inconnue en France .
Pourtant , nos rois , princes et hauts dignitaires ecclésiastiques ont été d'ardents collectionneurs de cette riche période .
Par exemple François 1er , Charles de Lorraine , François de Noailles , Mazarin (chez qui on a inventorié jusqu'à deux tonnes d'art "allemand") , qui a probablement été à l'origine du goût prononcé du roi Soleil pour l'orfèvrerie allemande .
Au 18ème siècle , on se désintéresse de celle-ci , l'orfèvrerie ou la vaisselle de métal précieux sont vendus à part et au poids lors des successions .
Les guerres napoléoniennes ne vont rien arranger en dispersant les collections .
Heureusement , au 19ème , certains collectionneurs passionnés tels Mayer Carl de Rotschild ou Wolfgang Merkel , ont réussi à acheter et à réunir ces précieux objets . Ils ont pu profiter , entre autres circonstances , de la situation financière préoccupante de leurs propriétaires .
Par la suite , le baron de Rotschild va transmettre ses collections à sa fille aînée Adèle . A sa mort , elle lègue le tout au musée de Cluny , qui hérite des 252 pièces .
Cependant , l'Etat français , en 1971 , décide de transférer ce legs au château d'Ecouen , devenu musée national de la Renaissance (musée à visiter absolument !) . Seules 9 pièces sont restées au musée de Cluny et 18 au musée du Louvre .
Petite anecdote croustillante à propos des experts parisiens qui ont évalué la collection de la baronne de Rotschild à sa mort en 1922 , ils ont particulièrement brillé par leur ignorance et leur incompétence .
Ils sont par exemple incapables de déceler les faux , confondent cuivre et argent doré , décrivent le lapis-lazuli comme "argent niellé" , et les datations des oeuvres sont complètement aléatoires .
Mieux encore , l'ensemble est décrit comme "art allemand" , c'est un peu simpliste pour des pièces qui viennent de l'Empire romain germanique , c'est-à dire que des oeuvres néerlandaises , flamandes , hongroises , tchèques , brésiliennes , suisses , roumaines , ottomanes , portugaises et espagnoles (j'en oublie) sont désignées comme "allemandes" .
Plus lamentable que cela , tu meurs !
Pour donner une image précise de cette collection (peut-on réellement décrire une oeuvre d'art avec des mots , je ne crois pas ) , j'ai choisi de vous parler de "Clélie sur son cheval" , une aiguière de Christoph Lencker (Augsbourg) , façonnée autour de 1585-1590 .
On a longtemps pensé qu'il s'agissait d'une nymphe à cheval . En réalité , il s'agit de Clélie , figure de l'histoire romaine , qui , en 507 avant J-C , retenue comme otage avec d'autres jeunes femmes par les Etrusques , réussit à s'enfuir à cheval , traverse le Tibre avec ses amies , et rend celles-ci à leurs familles .
C'est une sculpture réalisée en argent , le groupe représente Clélie montant en amazone et regardant vers l'arrière , et le cheval qui l'emmène est cabré , une puissante gerbe d'eau jaillit au-devant du cheval , sous les deux pattes antérieures , suggérant la vitesse et la puissance de la course .
La cavalière , partiellement dénudée , porte une robe plissée laissant ses jambes découvertes .
Sa coiffure , très élaborée et dorée , les bijoux émaillés de bleu , de blanc , de rouge et de vert qu'elle porte au cou et aux bras , tout comme la ciselure précise des motifs de sa robe , complètent ce portrait raffiné d'une cavalière représentée à l'antique .
L'ensemble mesure 36 cm de hauteur sur 31 cm de longueur , autant dire que cette aiguière est un tel concentré de raffinement et de beauté que j'en suis subjugué (j'aurais pu dire que j'en suis sur le cul , mais , pour un expert de la belle langue , ça aurait pu faire mauvais genre ) .
Je tiens à remercier les éditions Fanon et Babelio pour ce fabuleux cadeau de fin d'année . Cela m'a permis de découvrir tout un pan de l'histoire de l'art de la Renaissance , que j'ignorais quasiment .
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