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EAN : 9782081236363
153 pages
Éditeur : Flammarion (15/01/2010)

Note moyenne : 4.13/5 (sur 34 notes)
Résumé :
Yachine raconte comment il a grandi vite et est mort encore plus vite, à Sidi Moumen, cité en lisière de Casablanca, parmi ses dix frères, une mère qui se bat contre la misère et les mites, et un père ancien ouvrier, reclus dans son silence et ses prières. C'est un enfer terrestre qui a l'odeur des décharges publiques devenues terrains de foot, du haschich et de la colle qui se sniffe, des plongeons interdits dans la rivière tarie, des garages à mobylettes déglingué... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
k.ajana__hotmail.com
  09 octobre 2012
Mahi Binebine nous raconte avec une empathie remarquable comment un être, qui aime, qui souffre, qui doute et qui rêve, bascule du statut d'Homme à celui de « Bombe humaine ».
Les étoiles de Sidi Moumen croyaient pouvoir un jour toucher les étoiles. Elles étaient loin de se douter qu'elles tomberaient plus bas que terre.
Le regard de l'auteur sur ses personnages n'est ni tendre ni cruel. Il est tout simplement objectif. Il est dénué de jugement.
Roman écrit à la première personne et probablement nourri d'informations réelles sur les personnes et les lieux. Il sera bientôt porté à l'écran par Nabil Ayouch.
A lire, en particulier au regard du contexte actuel, dans l'espoir d'atténuer par la fiction la douleur d'un drame réel.
Lauréat de la première édition du prix littéraire de la Mamounia en novembre dernier pour ce roman, Mahi Binebine semble être l'un des rares à exceller dans l'éclectisme artistique (il est peintre, sculpteur et écrivain).
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Amoureusedeslivres
  16 février 2015
Nous plongeons avec le narrateur dans le quartier de Sidi Moumen à Casablanca. Les bidonvilles, la déchetterie en plein air, aire de jeux des enfants et adolescents du quartier, les exclus. L'histoire n'est pas tragique. Elle est. Et c'est tout. Elle est et elle mène à un suicide. Mais pas seulement. C'est un attentat-suicide. C'est l'ignorance, la misère, le désespoir absolu dans un quartier qu'un mur sépare des gens sur qui l'on crache parce que eux ne s'intéressent pas à ces exclus de Sidi Moumen. Parce que eux mènent une vie pépère sans avoir à se battre pour manger. Et parce que c'est leur indifférence qui nourrit cette misère, cette ignorance, l'horreur d'une vie sans existence. Tout à coup, le "kamikaze" prend vie, existe à nos yeux d'indifférents... Tandis qu'on oublie qu'il est encore plus victime que les victimes reconnues de l'attentat.
Merci à l'auteur. D'avoir donner une existence à ces oubliés du monde. Et de poser des questions sérieuses sur la responsabilité de chacun face à cette misère. Yeux grands ouverts, lisez.
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karahibe
  16 octobre 2015
Un roman très attachant et même amusant parfois, à la fin tragique; mais peut-on aspirer à autre chose qu'à une fin tragique quand on nait et grandit dans un bidonville? L'intérêt de ce roman est qu'il traite du problème de la pauvreté et de l'exclusion au Maroc et de ses conséquences. En effet, les bidonvilles sont un terreau fertile pour le recrutement des jeunes en perdition que l'on manipule afin qu'ils soient "volontaires" pour le djihad.
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tristantristan
  01 décembre 2017
Dans une langue recherchée, l'auteur ne nous passe rien: l'analphabétisme, la délinquance couverte par les parents dont ils profitent, le viol et l'homosexualité, jusqu'au dénouement.
Si le film "Les chevaux de Dieu" (2012) de Nabil Ayouch, remarquablement filmé et monté est un copié collé du livre, il est si habilement réalisé qu'il en est plus puissant encore.
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sdi_momen12
  26 décembre 2012
bon roman
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Citations et extraits (13) Voir plus Ajouter une citation
k.ajana__hotmail.comk.ajana__hotmail.com   09 octobre 2012
En enfilant le gilet bardé d'explosifs j'étais déjà poussière. Cela me procurait une sensation étrange. Je faisais corps avec la terre, le ciel et les étoiles qui mitraillaient la nuit noire. Les paroles du chaikh scintillaient dans mon esprit et je me sentais invincible. Non, on ne peut rien contre un homme qui veut mourir. Et moi je le voulais ardemment. Nabil, Azzi, Khalil, Fouad, Hamid voulaient aussi mourir. En vivant à Sidi Moumen, cernés de macchabées, d'éclopes et de rampants, nous étions en réalité, presque morts. Alors un peu plus ou un peu moins, quelle importance!
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whiteflagwhiteflag   23 avril 2013
Du fin fond de ma solitude, quand les souvenirs de mon naufrage m'assaillent et me tourmentent,quand le poids de mes fautes devient trop lourd à porter et que mon esprit, déjà vieux et fatigué, se met à tournoyer tel un manège infernal,quand les pleurs de Yemma tombent sur moi comme une averse de feu et que la douleur de Ghizlane dilue dans mon âme son funeste poison, je m'en vais rôder dans le ciel de mon enfance.
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jovidalensjovidalens   13 octobre 2015
Ghizlaine était de plus en plus belle. Je regardais ses seins que ses larges tuniques ne parvenaient plus à dissimuler. Deux poires, presque mûres, surmontées de raisins secs qui piquaient la toile brodée, et qui paraissaient frustrées de ne pouvoir s'épanouir au grand jour. Je les devinais malheureuses, ces poires, et rêvais de les consoler de mille caresses, de mordre dans leur chair fondante, d'y enfouir mon nez et ma raison et de m'y oublier.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mai 2017
La télévision couleur restant inaccessible pour la majorité des sujets de Sa Majesté, on disposait d’un film en plastique coloré qu’on appliquait à l’écran : trois bandes horizontales, bleu azur pour la partie supérieure, évoquant poétiquement le ciel, un jaune pâle au centre, enfin un vert gazon pour la partie inférieure. En résumé, nous avions droit à des étincelles d’images sous un plastique multicolore, souvent rayé et sale. Aussi, en raison de la surdité de mon père, nous mettions le volume si haut que nous étions contraints de voir la même chaîne que nos voisins pour ne pas faire désordre. Et malgré cela, nous nous réunissions tous les soirs, petits et grands, autour de cette lucarne magique, ouverte sans vergogne sur les curiosités du monde.
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rkhettaouirkhettaoui   02 mai 2017
Il est des provisoires qui durent. Les quelques semaines que Ghizlane et Fouad étaient supposés passer chez Mi-Lalla devinrent d’abord des mois, puis des années. Halima venait de moins en moins les voir et ce n’était pas plus mal. Les enfants l’évitaient. Ils s’absentaient de la maison quand ils apprenaient sa venue prochaine. Puis les visites s’étaient réduites aux jours de fête et s’interrompirent définitivement. Nul n’en souffrit outre mesure. Peut-être Ghizlane, un peu. Elle en parlait à Mi-Lalla qui avait le talent d’apaiser les cœurs avec sa phrase magique : « La lumière de demain ouvrira une autre porte. » Les lendemains se succédaient et, au fond, elle avait raison : le temps avait fini par adoucir les tourments de la petite.
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Video de Mahi Binebine (2) Voir plusAjouter une vidéo

Mahi Binebine : Cannibales
Depuis un café de la banlieue de Fes au Maroc, Olivier BARROT présente "Cannibales" de Mahi Binebine, la destinée funeste de candidats à l'exil vers l'Europe.
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