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EAN : 9782234087590
160 pages
Éditeur : Stock (09/05/2019)

Note moyenne : 3.62/5 (sur 17 notes)
Résumé :
Rue du Pardon : c’est dans cette petite rue très modeste de Marrakech que grandit la narratrice de ce roman, Hayat (« la vie » en arabe). Le quartier est pauvre, seule la méchanceté prospère. Ainsi, Hayat qui est née blonde suscite les ricanements de tous et fiche la honte à sa mère. Une jungle sordide l’entoure, avec un père au visage satanique et des voisines qui persiflent comme des serpents.

Tant de difficultés auraient dû avoir la peau de cette e... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (7) Voir plus Ajouter une critique
cascasimir
  19 octobre 2020
Une ode au féminisme au pays des mille et une nuits !
Mais la musique est "Haram", interdite et la danse aussi pour les islamistes rigoristes...

Hayati est une "sheikhate", une danseuse populaire aussi adulée que méprisée, au ban de la société arabe (une vraie hypocrisie, des artistes comme "Amani" étaient reçues comme des princesses, avant le retour de l'Islam intégriste...)

Hayat va devenir une "Reine de la nuit", (grâce à Mamyta, sa mère adoptive) dans une société hypocrite, cadenassée par les rumeurs du voisinage et la peur de la honte.

Les hommes, devant une danseuse ? "Des yeux perfides et carnassiers, voilant un magma d'interdits et de frustrations."

"Alors, la houle s'empare de sa chair, emprunte le chemin des frissons, atteint le bas-ventre... Et les ondulations deviennent contagieuses, gagnent les convives, qu'elles entraînent dans un roulis fiévreux."

C'est une "Shéhérazade" qui, à travers un folklore de voyantes, de youyous et de "djinns", enchante tout le Magreh, avec sa danse...
endiablée !

Des Djinns?
Ce sont les jumelles, les filles de Mamyta, la diva qui a formé Hayat... Elles utilisèrent du poison, contre leur rivale. Une décoction de "cervelle de hyène, rate de crapaud, oeuf de caméléon..."

Les démons vont-ils emporter l'esprit de Hayat ou la jeune danseuse pourra-t-elle rendre hommage à Mamyta?
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Cannetille
  01 juillet 2019
Hayat, quatorze ans, vit dans une ruelle pauvre de la médina de Marrakech. Abusée par son père et rejetée par sa mère, moquée par le voisinage en raison de sa blondeur qui suscite des soupçons de bâtardise, l'adolescente trouve refuge auprès de son grand-père et de Mamyta, chikka aussi respectée que vilipendée pour ses talents de danseuse populaire et, surtout, pour sa liberté dans un monde qui corsète étroitement la condition féminine. Auprès de cette femme exubérante, sensuelle et maternelle, Hayat trouvera la force d'échapper à sa triste existence pour devenir à son tour une femme libre.

Depuis les ruelles de la médina jusqu'aux palaces de Marrakech, ce court récit nous immerge dans un monde coloré, débordant de vie et riche en contrastes. C'est surtout une plongée dans l'intimité de la vie de quelques femmes au Maroc, dans une ambiance faite de chaleur et de sensualité, de bavardages et de médisances, de mesquineries et de vraie violence, d'ignorance et de croyances, mais surtout d'amour maternel, d'énergie et de courage pour devenir soi.

La violence la plus crue est évoquée avec pudeur, au fil d'une histoire douloureuse dont on ne retient que la trame lumineuse : la longue métamorphose d'une enfant maltraitée en femme libre et célèbre, dans un parcours plein de trous noirs qui contribueront à forger son tempérament et ses talents d'artiste. Dans ce tourbillon émergent deux personnages particulièrement touchants : le grand-père et Mamyta, qui serviront véritablement de tuteurs à la force d'émancipation d'Hayat.

Ce roman est avant tout un délicat hommage aux chikhates, ces danseuses et chanteuses populaires marocaines, qui dérangent autant qu'elles attirent en raison de leur liberté de ton et de moeurs dans une société largement patriarcale.

Prolongement sur les Chikhates, danseuses et chanteuses populaires marocaines dans la rubrique le coin des curieux, en bas de ma chronique sur ce livre sur mon blog :
https://leslecturesdecannetille.blogspot.com/2019/07/binebine-mahi-rue-du-pardon.html

Lien : https://leslecturesdecanneti..
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cecille
  27 mai 2019
Nous sommes en plein coeur de la médina de Marrakesh, rue du pardon, dans un quartier aux couleurs variées, aux odeurs stupéfiantes et aux gens exceptionnels, qu'il est très agréable de partager au fil des pages de ce roman.
L'héroïne de cette histoire assez fantastique, s'appelle Hayad. C'est une adolescente fascinée sous le charme incontestable d'une diva du nom de Serghinia, dite Mamyta. Hayad rêve car le quotidien dans son foyer familial est terrible, elle est victime d'inceste sous le regard lâche de la mère.
"Cependant, comme savent le faire si bien les enfants avec leurs parents, je m'étais adaptée aux miens, à l'indigence de leurs sentiments et à leur laideur. Par une mystérieuse alchimie, j'étais parvenue à créer une bulle où je me réfugiais dès que l'environnement extérieur devenait toxique. À l'abri dans ma bulle, je me laissais emporter par le souffle des anges. Cela vous surprend, n'est-ce pas, qu'une nuée d'anges déguisés en papillons entraîne haut dans le ciel une fillette dans sa bulle ? "
A 14 ans elle décide de fuir cette famille, de s'envoler de cette cage pour vivre la liberté tant rêvée. Elle s'engage auprès de Mamyta et de sa troupe. Cette dernière l'accueille comme sa fille. Ce qui va provoquer la jalousie de ses jumelles.
Hayat la narratrice, nous raconte cette enfance, ses rêves, son grand-père vénéré, celui qui lui rendait la vie plus supportable. L'amour de Mamyta, sa protection et toutes ses espérances en elle. La tante Rosalie qui sera là dans les moments délicats de sa vie, quand les Djinns se sont emparés de son être, son corps et son âme.
" La joie est devenue mon métier, la légèreté mon royaume ."
Cette jeune fille va renaître à elle même et retrouver vie, joie et rêves.
L'auteur offre un magnifique hommage à ces femmes danseuses, femmes adulées et détestées, femmes qui luttent dans leur art et leur personnalité pour la liberté essayant de rendre la vie joyeuse et colorée.
Un portrait bien différent de ce dont nous avons habitude de lire en ce qui concerne les femmes Magrébines ! Magnifique.
Un auteur par la même que je découvre avec ce roman et qui me donne envie d'aller plus loin dans son écriture.
Merci à la plateforme Netgalley et aux éditions Stock pour leur confiance.
#RueDuPardon #NetGalleyFrance
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Arthore
  01 septembre 2019
C'est l'histoire de Haya (la vie), «drôle d'histoire que la sienne, improbable et tragique », l'histoire d'une petite rouquine dans la médina, qui aura comme petit nom Houta (poisson), qui va grandir et s'épanouir au côtés de Mamyta (Serghinia) alors que pour ses parents la maltraitance est immédiate.
Mamyta va aller jusqu'à recueillir Haya, apprendre à cette petite frondeuse de la rue du Pardon à se changer en princesse, à devenir une artiste accomplie, étincelante et raffinée.
Ce récit de vie, ce labyrinthe, ce chemin déroutant où nous allons croiser des personnages hauts en couleurs comme le grand père tendre attentionné généreux, comme Zahia la grande amie de mamyta, cartomancienne, Hadda une domestique, est l'occasion pour l'auteure de traiter des sujets aussi forts que la maltraitance d'un enfant, la force de la danse, la liberté des femmes au Maroc.
Roman poignant, il m'a manqué un petit quelque chose pour le rendre inoubliable. Mais un bon moment de lecture
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luparahlam
  05 novembre 2020
La tendresse ne coûte rien et pourtant elle n'a pas de prix" Ce conte moderne et très touchant nous parle de Mamyta, la grande chekhate que chacun respecte et redoute. A travers le récit de Houta, jeune fille qu'elle a pris sous son aile, elle lui apprendra l" art de la danse et du chant. Des personnages tendres et hauts en couleur et d'autres ignobles et perfides de jalousie jalonnent la vie de Houta faisant de sa route de jeune fille puis de femme une épopée pleine de courage. On écoute la voix de Houta nous raconter sa Mamyta et dans la langue merveilleuse de Mahi Binebine elles deviennent comme des amies, des proches de la famille. Ce roman est une ode à l'art et donne la preuve que le sang n'y ait pour rien à l'amour entre une mère et son enfant. J'ai trouvé la dernière partie du récit très visuelle : je lisais avec la sensation de regarder un film, les chapitres étant très cinématographiques.
On aime la couverture !!, merci Mahi Binebine pour la dédicace (le livre a voyagé de Tanger à Lille) merci à Stéphanie Gaou et aux insolites
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critiques presse (1)
Liberation   27 juin 2019
A travers un folklore habité de djinns, de voyantes, d’exorcisme, de youyous et de danse, Rue du pardon nous fait tanguer entre la réalité et le fantasme avec, au milieu, « une histoire d’absence de dix ans […] un trou noir dans une vie déjà criblée de trous ».
Lire la critique sur le site : Liberation
Citations et extraits (33) Voir plus Ajouter une citation
CannetilleCannetille   01 juillet 2019
« Des artistes, disais-tu, les gens ne retiennent que les paillettes, la bonne humeur, la poésie, l’ivresse. Ils ne voient rien des coulisses hantées par le doute, la solitude, l’angoisse, la pitance incertaine, les chutes inévitables quand les muses traînent la patte… » Et tu ajoutais, péremptoire : « Les saltimbanques ne meurent jamais parce que nous avons tous besoin de rêves… »
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cecillececille   27 mai 2019
Je m’appelle Hayat. En arabe, cela signifie « la vie ». Voyez-vous ça ! J’étais « la vie » à moi seule, avec sa fraîcheur, sa lumière et ses promesses. En vérité, les enfants de la terre devraient tous porter le même prénom que moi. Ceci pour rappeler aux adultes que le dernier des marmots qui court pieds nus dans la rue du Pardon est un monde à lui seul. Un monde d’une richesse infinie, complexe, imprévisible, inconstant parfois, mais d’une extrême fragilité.J’ai dû naître sans cheveux car je n’ai pas le souvenir de blessures anciennes. Mère avait dû aimer le bout de pâte blanche qu’elle venait d’enfanter. Pour m’avoir baptisée de la sorte, elle avait dû nourrir de grandes ambitions à mon endroit. La drôle de créature qui gigotait sans cesse portera un prénom qui la dépasse. Tu t’appelleras la vie, mon enfant. Tu seras l’ombre et la lumière, l’eau, le feu, le ciel criblé d’étoiles, la lune muette et Sa Majesté le Soleil. Tu seras le fruit mûr, le sourire de l’ange, la brise des soirs d’été et les saisons capricieuses. Tu seras le fluide qui naît de l’étreinte des amants, la caresse du papillon à l’orée d’un baiser, tu seras le parfum entêtant des belles-de-nuit devenues insomniaques, tu seras, tu seras, tu seras…
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CannetilleCannetille   01 juillet 2019
Dieu est beau et Il aime la beauté. C’est pourquoi Il a mobilisé une nuée d’anges pour veiller sur Ses enfants préférés : les créateurs. S’Il lui arrive de les étrangler ou de les nourrir de vaches enragées et de tourments, il est rare qu’Il les tue. Les artistes ont beau cracher au ciel, pester et blasphémer, ils ignorent que ces épreuves-là sont en réalité un cadeau, des outils indispensables à l’élaboration de leur œuvre. Qui peut raconter la faim mieux qu’un indigent, le désespoir mieux qu’un homme au bord du suicide ? Comment parler d’amour si l’on n’a pas ressenti au creux de sa poitrine le feu de la rupture ? Je sais cela pour avoir longtemps avancé en eaux troubles. Pour m’être battu à armes inégales dans un monde d’hommes, fait par et pour les hommes. Je n’ai jamais baissé la garde, ma fille. J’ai rendu coup pour coup, j’ai lutté bec et ongles pour exercer dignement mon métier. La liberté ne se donne pas, elle s’arrache.
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ArthoreArthore   01 septembre 2019
Et comme toujours, en rentrant à la maison, Mère se défoulait sur ma personne. Les claques fusaient sans raison. Parfois, elle me mordait si fort que j'en gardais longtemps les traces. Elle ne devait pas être dans son état normal pour me battre avec autant de hargne. N'importe! Je m'évanouissais quand ses yeux rouges se confondait avec ceux de Père.
Certains soirs il m'enfermait dans sa chambre pour me punir et m'aimer à la fois. J'aimais m'évanouir car je ne ressentais plus rien.
Parfois, en reprenant conscience, je me retrouvais blottie dans les bras de ma mère. Elle me serrait tendrement et pleurait comme un enfant.
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CannetilleCannetille   01 juillet 2019
Je m’appelle Hayat. En arabe, cela signifie « la vie ». Voyez-vous ça ! J’étais « la vie » à moi seule, avec sa fraîcheur, sa lumière et ses promesses. En vérité, les enfants de la terre devraient tous porter le même prénom que moi. Ceci pour rappeler aux adultes que le dernier des marmots qui court pieds nus dans la rue du Pardon est un monde à lui seul. Un monde d’une richesse infinie, complexe, imprévisible, inconstant parfois, mais d’une extrême fragilité.
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