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ISBN : 2246760011
Éditeur : Grasset (13/01/2010)
  Existe en édition audio

Note moyenne : 3.94/5 (sur 1024 notes)
Résumé :
Prague, 1942, opération « Anthropoïde » : deux parachutistes tchèques sont chargés par Londres d'assassiner Reinhard Heydrich, le chef de la Gestapo et des services secrets nazis, le planificateur de la Solution finale, le « bourreau de Prague ». Heydrich, le bras droit d'Himmler. Chez les SS, on dit de lui : « HHhH ». Himmlers Hirn hei t Heydrich le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich. Dans ce livre, les faits relatés comme les personnages sont authentiques. Pourt... >Voir plus
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Critiques, Analyses et Avis (192) Voir plus Ajouter une critique
Crossroads
  30 septembre 2012
Rien compris au dernier Binet moi 
Aucune image , aucun running gag ! Quid de ces héros des temps modernes que furent Robert et Raymonde , cédant désormais la place à cet obscur Heydrich qui , lui , ne me titilla jamais l'ombre d'un zygomatique ! C'est fort de ce constat amer - Michel - que je refermais ce bouquin , frustré et désappointé , quand la vérité dans toute sa simplicité m'apparut enfin ! Allez mettre ça sur le compte du gars enfin touché par la grâce - nan , pas dit la graisse – voire sur celui de mon exceptionnelle perspicacité toute Holmésienne ! Quoi qu'il en soit , et si tout bonnement je ne faillis pas en faisant bêtement preuve d'homonymite aigüe ? Là , ça changeait forcément la donne !
Pas fou-fou des bouquins historiques à la base , j'y ai ici trouvé largement mon comptant ! Un complot visant à supprimer l'éminence grise d'Hitler , une écriture originale ou l'auteur nous fait régulièrement part de ses doutes quand à la véracité des faits énoncés , de ses angoisses de la page blanche et c'est un lecteur heureux d'avoir découvert le premier écrit de ce tout jeune prof de français auréolé fort justement du Prix Goncourt du premier roman . Même si les prix , hein , bon...
" le bourreau de Prague " , "la bête blonde " , " l'homme le plus dangereux du IIIe Reich " , voici quelques uns des plus doux sobriquets accolés à ce joyeux drille , planificateur de la solution finale , qu'était Heydrich ! Juste retour des choses que l'opération «  Anthropoïde «  visant à éradiquer cette bête sans nom , alors 3e dans le monstrueux organigramme du Reich et possiblement appelée à devenir calife à la place du calife !
Historiquement passionnant , humainement terrifiant . Binet , tout en s'interrogeant continuellement et en invitant implicitement le lecteur à en faire de même , parvient à trouver le juste équilibre entre histoire avec un grand H et l'interaction que cette dernière provoque avec son quotidien . Au-delà de ça , l'écriture interactive ne fait pas dans le cours magistral , dans le rébarbatif factuel mais vous entraine dans les nauséabonds méandres de l'Histoire tout en tentant , en plus de vous instruire  , de vous faire réfléchir ! Objectif osé s'il en est mais pleinement atteint ! Avant d'en arriver au dernier tiers addictif du bouquin majoritairement consacré à la tentative d'assassinat proprement dite , Binet pose les jalons de l'histoire dans L Histoire , en en présentant les tenants et les aboutissants , des prémices d'un Nazisme encore balbutiant jusqu'à son funeste destin apocalyptique !
HHhH ,Hemballant Hexaltant hinstructif Hentousiasmant !
Un grand merci à Robert B. pour les quatre derniers adjectifs qui ne me seraient pas venus à l'esprit , là , tout de suite , dans l'immédiat instantané et imminent...
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andman
  26 septembre 2015
L’église orthodoxe Saints-Cyril-et-Méthode à Prague est devenue un lieu de recueillement un peu particulier. C’est dans sa crypte, aujourd’hui transformée en musée, que s’acheva, le 18 juin 1942 à midi, un acte de résistance parmi les plus audacieux de la seconde guerre mondiale.
Trois semaines auparavant, à cinq kilomètres de là, trois parachutistes de l’armée tchécoslovaque en exil à Londres attentèrent à la vie d’un des dignitaires les plus haut placés du Troisième Reich : Reinhard Heydrich. Mais le grain de sable du destin vint, au moment le plus critique, contrecarrer la bonne marche de “l’opération Anthropoïde” si bien qu’il s’en suivi un certain nombre de revirements de situations dignes d’un scénario hollywoodien...
De nombreux écrits relatent ce haut fait d’armes et mettent en avant l'esprit sacrificiel de Gabčík, Kubiš et Valčík, ces trois soldats dont l’héroïsme bouleversa et ragaillardi tout un peuple.
Un jeune auteur français passionné d’Histoire, Laurent Binet, en a tiré en 2009 un livre au titre bien singulier : ''HHhH''.
Un long travail de repérages dans la capitale tchèque, la consultation d’une énorme quantité de documents d’archives et une rigueur d’écriture presque maladive accouchent au final d’un roman composé de 257 chapitres dont la brièveté favorise une fluidité de lecture du plus bel effet.
Outre l’attentat de Prague et les représailles SS, “HHhH” retrace la montée du nazisme depuis les années 20 jusqu’au printemps 1942 où l’hitlérisme était au faîte de sa puissance. Les accords de Munich et la crise des Sudètes, évoqués longuement, permettent au lecteur d’appréhender graduellement l’escalade mortifère au cœur de l’Europe.
Laurent Binet voulait un roman le plus factuel possible. Force est de constater l’authenticité qui s’en dégage !
La participation de l’auteur en tant que personnage à part entière est une belle trouvaille surtout dans un contexte aussi peu évident. Ses attaques à l’encontre de protagonistes ayant un rôle marginal dans cette époque troublée, le diplomate et poète Saint-John Perse notamment, sont par contre étonnamment virulentes pour ne pas dire excessives.
Concernant le personnage central Reinhard Heydrich, il vaut mieux faire court ; rien que d’écrire son nom une seconde fois me hérisse le poil. C’était un criminel de guerre de la pire espèce. Hitler l’appréciait beaucoup car il trouvait que sa férocité n’avait d’égal que son efficacité : c’est tout dire !
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AgatheDumaurier
  02 juin 2017
Pince-moi je rêve !
Ai-je bien lu ce que je viens de lire ? Je ne sais même pas par où commencer ...
Laurent Binet veut écrire un roman historique sur l'assassinat de Reinhard Heydrich à Prague le 27 mai 1942 par trois résistants tchèques et slovaques...Jusque là, d'accord. Un roman, pas un essai historique. Donc, dans un roman, il y a une part de fiction, de reconstitution, dialogues, vie privée des personnages etc...Mais cela, Laurent ne l'accepte pas, non non non ...Il se pose des questions, il faut que tout soit juste...Déjà, ça part mal. Dans ce cas, on écrit un article dans Histoire, un essai, une thèse...Pas un roman. Donc, je ne vois pas du tout l'intérêt ni l'enjeu de l'écriture, parfaitement vains...Mais le pire est à venir. Laurent va se mettre en scène avec ses hésitations purement géniales...Je ne dis pas géniales gratuitement, l'auteur vise haut, très haut, comme je vais le montrer.
D'abord, la mise en scène du moi écrivant torturé : "Le Slovaque, le Morave et le Tchèque de Bohème attendent eux-aussi et je donnerais cher pour ressentir ce qu'ils ont ressenti alors. Mais je suis bien trop corrompu par la littérature : "je sens monter en moi quelque chose de dangereux" dit Hamlet, et dans un moment pareil c'est encore une phrase de Shakespeare qui me vient à l'esprit. Qu'on me pardonne, qu'ils me pardonnent, je fais tout cela pour eux. Il a fallu démarrer la Mercedes noire [d'Heydrich], ça n'a pas été facile. Tout mettre en place, s'occuper des préparatifs, d'accord, tisser la toile de cette aventure ..." Oui, vous avez bien lu, l'auteur compare son travail d'écriture avec la préparation et les courage des Résistants, et se plaint à eux des difficultés qu'il a...En passant, il se compare à Hamlet et Shakespeare. Les deux, tant qu'à faire. J'ai envie de lui dire ce que j'ai entendu un élève répondre à un autre qui s'énervait tout seul contre lui : "OK, mec"
Dur est le génie qui pèse sur notre auteur : "Pendant quinze ans, j'ai détesté Flaubert, parce qu'il me semblait responsable d'une certaine littérature française, dénuée de grandeur et de fantaisie...S'abîmant avec délice dans le réalisme le plus emmerdant..." OK, mec.
"...Et puis j'ai lu Salambô, qui est immédiatement rentré dans la liste de mes dix livres préférés." Flaubert te remercie ,mec.
Ensuite, bon, Laurent a aussi ses idées à lui sur la littérature contemporaine. A propos de Littell et de ses Bienveillantes, du narrateur Max Aue : "En revanche, ce détachement qu'il affiche, cet air blasé revenu de tout, ce mal-être permanent, ce goût pour le raisonnement philosophique, ce sadisme maussade...Mais bien sûr, soudain, j'y vois clair : les Bienveillantes, c'est "Houellebecq chez les nazis, "tout simplement." Tout simplement, mec. Laurent s'inquiète que les Bienveillantes puissent faire de l'ombre à sa grande oeuvre. T'inquiète pas, mec, elles ne te feront pas d'ombre. Elles planent dans les hautes sphères, beaucoup trop haut.
Ensuite (oui, je sais, c'est décousu, mais je pense à Shakespeare, à Hamlet, à Rimbaud, et je souffre beaucoup d'écrire mieux que Flaubert, alors pouët pouët) ensuite Laurent veut reconstituer le passé, oui, il recherche le temps perdu, il le veut tel qu'il fut, il veut la couleur exacte de la Mercedes d'Heydrich : noire, vert foncé ? Ca revient tout le temps...Il l'a vue noire, Natacha (Ah ! Natacha ! ...) aussi...Mais on dit aussi qu'elle était vert foncé...Et en même temps, en même temps, voilà notre génie qui se lance dans une reconstitution de la conférence de Münich, terrible, où la France et l'Angleterre lâchèrent la Tchekoslovaquie à Hitler. C'est parfaitement vrai. Néanmoins, visiblement, si Laurent avait été là avec Daladier et Alexis Léger, alias Saint John Perse, ça se serait beaucoup mieux passé. Donc Saint John Perse se fait traiter de "sac à merde". Moi, je veux bien qu'on s'interroge sur la couleur de la Mercedes, mais il me semble qu'il faudrait d'abord se replacer dans le contexte, et que traiter les diplomates de sacs à merde en 2008 est très facile. Je me souviens de ma professeure d'histoire en khâgne qui nous disaient : "n'oubliez jamais qu'entre les deux guerres, il y a vingt ans, et que vingt ans, ce n'est rien". Avec tout ce qu'on sait et peut lire aujourd'hui sur la première guerre mondiale, je pense qu'avant de traiter la diplomatie de sac à merde, il faut bien se rendre compte que ces hommes qui avaient déjà vécu la première guerre ne voulaient pas y retourner, pour rien au monde. Daladier pouvait-il revenir en France et dire : "c'est reparti les gars, prenez vos baluchons, vos pelles et vos masques à gaz, j'ai signé pour une nouvelle guerre avec l'Allemagne." Moi, avec tout ce que j'ai lu, ça me paraît impossible. Je pense donc qu'il est très malvenu de juger, surtout quand on professe une telle rigueur dans la reconstitution. Pour moi, cela enlève toute crédibilité à ce texte.
Voilà, je pourrais continuer des heures tant ce texte m'a excédée par son arrogance et sa vanité. Les femmes, Aurélie, Natacha, si splendides, qui accompagnent notre grand génie dans sa quête arthurienne. Ah oui, ce passage encore. Spéciale dédicace à mes congénères féminines : "je me demande comment les nazis accommodaient leur doctrine à la beauté des Slaves : non seulement on trouve en Europe de l'Est les plus belles femmes du continent, mais en plus elles sont souvent blondes aux yeux bleus." Je crois qu'on explose tout, là :
-Laurent dénonce les nazis et fait la même chose : les Slaves ont des caractéristiques physiques, elles sont plus belles que les autres.
-Et les Juives et les Tsiganes ? Elles sont pas belles ?
-Et tu fais ton marché ?
-Et merci pour les autres.
Bref, je vais m'arrêter là. Au secours !!!!!!!
Ah oui, aussi, le monsieur parle tellement de lui qu'à la fin, j'ai été obligée d'aller me renseigner sur Wikipédia tellement je n'avais rien appris sur les personnages historiques. Par contre, j'en sais beaucoup trop sur le sieur Binet.
Quelques passages bien écrits.
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cannibalector
  13 novembre 2015
Laurent binet a souhaité nous raconter l'irrésistible ascension de Reinhard Heydrich au sein du troisième reich nazi et son assassinat par un commando tchécoslovaque en 1942.
Tout pour faire un superbe roman. En effet, la tchécoslovaquie, née sur les ruines de l'empire austro-hongrois en 1918, s'est trouvé disloqué suite au desastreux accord de Munich de 1938. La Boheme Moravie (actuelle Tchéquie) devient une province allemande et la Slovaquie un pays satellite du reich. Leur président, Bénés, en exil à Londres, a du mal à faire entendre la voix de ce petit pays qui n'intéresse pas grand monde. Il décide donc de monter l'opération "Anthropoid": organisation d'un commando qui doit éliminer le " protektor" de la Boheme moravie: le général Heydrich.
Pour faire un bon roman, il faut un bon méchant; ce général, théoricien et initiateur de la solution finale est parfait.On aurait pu donc avoir un superbe roman héroique, épique, à la gloire de la liberté et de la résistance.
Ah, non! Beaucoup trop populaire ( excusez moi, de nos jours il faut dire populiste), beaucoup trop simple pour un génie comme l'auteur. Il aurait pu faire un roman réaliste mais" je ne supporte pas la littérature réaliste "
( bye bye Stendhal, Balzac, Flaubert..).
" Je veux faire un roman non fictionnel" " j'invente un nouveau concept: l'infra roman". Qu'est ce à dire?
- Binet veut nous montrer toute la difficulté de relater un fait historique sans avoir recours à la fiction tout en restant dans la littérature.
- Pour cela il se met en scène (autofiction) et nous livre toutes ces hésitations, il écrit un dialogue, puis, 3 pages plus tard nous dit que c'est faux et nous en propose un autre.
- Il nous montre toute la fragilité de la recherche historique. 2 tramays interviennent sur les lieux de l'attentat mais quel est leur numéro? Le 22 ou le 24? Les photos de l'époque montre que Heydrich s'est fait tué dans une mercedes noire; mais était-elle vraiment noire ou vert foncé ( on en prend pour 10 pages)
- et puis il nous raconte sa vie, tous les films et livres qu'il a étudié sur cette période historique, evidemment il en montre les faiblesses et lui fait beaucoup plus mieux!
L'auteur est , en outre, trés véhément voire insultant sur certaines personnalités historiques: c'est le diplomate Alexis Léger plus connu en tant que Saint John Perse qui tire le gros lot: " sac à merde". C'est ce qui me gene le plus: ce regard anachronique et outrancier sur cette période bien complexe.
Le plus triste, à mon avis est qu'il a reçu le prix goncourt du premier roman; c'est ça le futur de la littérature française?
Je crois que je vais arreter de lire et me mettre à la broderie.
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Bigmammy
  05 août 2011
Tout d'abord, il faut prononcer HA ! HA ! HA ! HA !, en aspirant correctement chaque H, et là, le jeu de mot en allemand prend tout son sens.....Et c'est un roman haletant, personnel, précis et documenté, passionnant jusqu'à la dernière ligne. Un roman émanant d'un jeune professeur de lettres de l'âge de ma fille aînée, justement couronné par le Goncourt du 1er roman.
HHhH raconte l'histoire de l'attentat réussi en mai 1942 contre Reinhard Heydrich, Protecteur SS de la Bohême-Moravie et metteur au point de la Solution Finale lors de la Conférence de Wannsee, puis de la folle traque qui s'ensuivit pour s'achever dans une église au centre de Prague où sept hommes soutinrent un siège de sept heures face à sept cent SS.
Reinhard Heydrich, la bête blonde, le boucher de Prague, « l'homme le plus dangereux du IIIe Reich », était le bras droit d'Himmler mais chez les SS, on disait « HHhH », ce qui signifie : « le cerveau d'Himmler s'appelle Heydrich » (Himmler's Hirn heisst Heydrich)
Une roman historique de plus ? Non, bien plus que cela...L'auteur s'implique totalement dans "l'investissement" de ses personnages, il vit avec eux, en eux, et nous fait part de ses doutes : "a-t-il prononcé cette phase, à vrai dire, je n'en sais rien....Mais il a dû le dire comme ça...."
Laurent Binet a lu tous les ouvrages et vu tous les films qui retracent cet épisode extraordinaire, où des Résistants venus de Londres ont réussi à atteindre l'un des personnages les plus odieux du IIIème Reich. En particulier, il cite l'interprétation de Kenneth Branagh dans le film"Conspiracy" : voilà l'image que j'ai de Reinhard Heydrich....une tête d'ange et un coeur de démon. Et il décrit aussi les invraisemblables représailles qui suivirent l'attentat comme la destruction du village de LIdice et de toute sa population, sur la foi d'un élément totalement étranger à l'affaire...Mais les SS n'en étaient pas à ça près après les forfaits des Einsatzgruppen à l'Est.
Avec une écriture précise et poétique, des scènes d'action encore plus explicite qu'un film puisque lire permet d'aller plus lentement, d'apprécier chaque détail, de revenir en arrière si on craint de ne pas avoir tout saisi, tout concourt à ne pas vous laisser abandonner ce livre. Pourquoi cette fascination de l'auteur pour Prague et ses cent tours ? Il y a vécu, aimé, enseigné, et cette histoire l'obsède :
"Ceux qui sont morts sont morts, et il leur est bien égal qu'on leur rende hommage. Mais c'est pour nous, les vivants que cela signifie quelque chose. La mémoire n'est d'aucune utilité pour ceux qu'elle honore, mais elle sert à celui qui s'en sert. Avec elle je me construis, et avec elle je me console." (p.244)
HHhH constitue ainsi un antidote aux "Bienveillantes", livre qu'il ne m'a pas été possible de terminer, ayant le coeur trop sensible et lassée de tant de sang.
Avec HHhH, on vibre, on souffre, on espère, alors même qu'on connaît la fin dès la première ligne. C'est ça, la Littérature ! Avec un grand l'!
Lien : http://www.bigmammy.fr
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critiques presse (2)
LaLibreBelgique   21 août 2012
Le résultat est passionnant, même s’il n’y a ni scoops, ni analyses politiques fouillées. C’est le récit d’un témoin sur le grand cirque de la politique.
Lire la critique sur le site : LaLibreBelgique
LeFigaro   07 septembre 2011
C'est un récit remarquable mené de main de maitre […] Une grande réussite.
Lire la critique sur le site : LeFigaro
Citations et extraits (129) Voir plus Ajouter une citation
JoedeCarcJoedeCarc   15 novembre 2017
Hitler peut bien pester. La France et l'Angleterre lui ont grand ouvert une porte dont il n'avait pas la clé. Et évidemment, l'ont incité, en affichant une telle complaisance, à recommencer.
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JoedeCarcJoedeCarc   15 novembre 2017
Il est midi, il a fallu près de huit heures aux huit cents SS pour venir à bout de sept hommes.
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balooobalooo   17 septembre 2010
Gabcík, c'est son nom, est un personnage qui a vraiment existé. A-t-il entendu, au-dehors, derrière les volets d'un appartement plongé dans l'obscurité, seul, allongé sur un petit lit de fer, a-t-il écouté le grincement tellement reconnaissable des tramways de Prague ? Je veux le croire. Comme je connais bien Prague, je peux imaginer le numéro du tramway (mais peut-être a-t-il changé), son itinéraire, et l'endroit d'où, derrière les volets clos, Gabjík attend, allongé, pense et écoute. Nous sommes à Prague, à l'angle de Vyšehradska et de Trojijka. Le tramway n° 18 (ou 22) s'est arrêté devant le Jardin Botanique. Nous sommes surtout en 1942. Dans Le Livre du rire et de l'oubli, Kundera laisse entendre qu'il a un peu honte d'avoir à baptiser ses personnages, et bien que cette honte ne soit guère perceptible dans ses romans, qui regorgent de Tomas, Tamina et autres Tereza, il y a là l'intuition d'une évidence : quoi de plus vulgaire que d'attribuer arbitrairement, dans un puéril souci d'effet de réel ou, dans le meilleur des cas, simplement de commodité, un nom inventé à un personnage inventé ? Kundera aurait dû, à mon avis, aller plus loin : quoi de plus vulgaire, en effet, qu'un personnage inventé ?
Gabjík, lui, a donc vraiment existé, et c'était bel et bien à ce nom qu'il répondait (quoique pas toujours). Son histoire est tout aussi vraie qu'elle est exceptionnelle. Lui et ses camarades sont, à mes yeux, les auteurs d'un des plus grands actes de résistance de l'histoire humaine, et sans conteste du plus haut fait de résistance de la Seconde Guerre mondiale. Depuis longtemps, je souhaitais lui rendre hommage. Depuis longtemps, je le vois, allongé dans cette petite chambre, les volets clos, fenêtre ouverte, écouter le grincement du tramway qui s'arrête devant le Jardin Botanique (dans quel sens ? Je ne sais pas). Mais si je couche cette image sur le papier, comme je suis sournoisement en train de le faire, je ne suis pas sûr de lui rendre hommage. Je réduis cet homme au rang de vulgaire personnage, et ses actes à de la littérature : alchimie infamante mais qu'y puis-je ? Je ne veux pas traîner cette vision toute ma vie sans avoir, au moins, essayé de la restituer. J'espère simplement que derrière l'épaisse couche réfléchissante d'idéalisation que je vais appliquer à cette histoire fabuleuse, le miroir sans tain de la réalité historique se laissera encore traverser.
+ Lire la suite
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CrossroadsCrossroads   27 septembre 2012
(...) dans un souci d'efficacité très allemand , les SS , avant de les abattre , faisaient d'abord descendre leurs victimes au fond de la fosse , où les attendait un " entasseur " . Le travail de l'entasseur ressemblait presque en tout point à celui des hotesses qui vous placent au théatre . Il menait chaque Juif sur un tas de corps et , lorsqu'il lui avait trouvé une place , le faisait étendre sur le ventre , vivant nu allongé sur des cadavres nus . Puis un tireur , marchant sur les morts , abattait les vivants d'une balle dans la nuque . Remarquable taylorisation de la mort de masse . Le 2 Octobre 1941 , l'Einsatzgruppe en charge de Babi Yar pouvait consigner dans son rapport : " Le Sonderkommando 4a , avec la collaboration de l'état-major du groupe et de deux commandos du régiment Sud de police , a exécuté 33771 Juifs à Kiev , les 29 et 30 septembre 1941 . "
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lanardlanard   08 novembre 2016
125

J'ai lu un livre génial qui pour arrière-plan l'attentat contre Heydrich. C'est un roman écrit par un Tchèque, Jiri Weil, qui s'intitule "Mendelssohn est sur le toit".
Le roman tire son titre du premier chapitre qui se lit presque comme une histoire drôle: des ouvriers tchèques sont sur le toit de l'Opéra, à Prague, pour déboulonner une stature de Mendelssohn, le compositeur, parce qu'il est juif. C'est Heydrich, épris de musique classique et récemment nommé protecteur de Bohème-Moravie, qui en a donné l'ordre. Mais il y a toute une rangée de statues et Heydrich n'a pas précisé laquelle était Mendelssohn. Or, à part Heydrich, il semble que personne, même parmi les allemands, ne soit capable de le reconnaître. Mais personne n'oserait déranger Heydrich pour ça. Le SS allemand qui supervise l'opération décide donc d'indiquer aux ouvriers tchèques la statue qui a le plus grand nez, puisqu'on cherche un juif. Mais catastrophe: c'est Wagner qu'on commence à déboulonner!
La méprise sera évitée de justesse, et, dix chapitres plus loin, la statue de Mendelssohn finalement abattue. Malgré leurs efforts pour ne pas l'abîmer, les ouvriers tchèques lui casseront une main en la couchant. Cette anecdote cocasse est fondée sur des faits réels: la statue de Mendelssohn a bien été renversée en 1941, et a eu, comme dans le roman, une main cassée. Je me demande si la main a été recollée depuis. En tout cas les pérégrinations du pauvre SS préposé au déboulonnages, imaginées par un homme qui a vécu cette période, sont un sommet de burlesque typique de la littérature tchèque, toujours imprégnée de cet humour si particulier, doucereux et subversif, dont le saint patron est Jaroslav Hasek, l'immortel auteur des aventures du brave soldat Chvéïk.
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